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 Alastair - Berserker du Dragon-Serpent

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AlastairAlastairArmure :
Cuirasse du Dragon-Serpent
Message Alastair - Berserker du Dragon-Serpent   Alastair - Berserker du Dragon-Serpent EmptyDim 17 Mai - 9:09
Alastair
Qui est-il ?


    Nom : Alastair
    Date de naissance : Dix-septième jour de Novembre 519
    Âge : 33 ans
    Sexe : Masculin
    Armure demandée : Cuirasse du Mushrushu / Dragon-Serpent (prévu, à obtenir inRP)


Comment est-il ?


    Une ombre parmi les ombres. Cette chose sans visage que craignent les enfants lorsqu’ils fixent leur placard au milieu de la nuit. Cet être inéluctable qui attend que vous ayez le dos tourné, pour simplement prendre place de manière à répondre à votre cri d’effroi par le plus beau des sourires.

    Alastair n’est malheureusement pas très passe-partout. Et pourtant, il est si souvent éclipsé. On se demande bien comment. Car s’il n’est pas réellement large, ou corpulent, Alastair est grand. Assez grand pour que c’en soit malaisant. Dépassant aisément les deux mètres, une créature non pas chétive, mais juste… svelte. Presque trop. Ce genre de carrure qui ne semble pas naturelle, et qui fait se hérisser les poils sur la nuque des gens alors qu’il se penche lentement, paisiblement, pour regarder ses interlocuteurs avec des yeux à l’allure surnaturelle. Des pupilles grises, qu’on pourrait parfois voir refléter une lueur argentée, et empreints d’un tel calme, une telle intensité. Une concentration singulière, comme si chaque chose qu’il regarde valait sa pleine attention. Entre ça et les longues mèches d’ébène tombant sur son torse et jusqu’à ses omoplates, un tableau unique. Le sourire perpétuel rempli de dents qu’on pourrait jurer confondre avec des crocs n’aide sans doute pas à donner un air digne de confiance.

    Fut une époque où Alastair avait une complexion qu’on aurait pu juger normale. Humaine. Fort malheureusement, les aléas de sa vie et de ses… fréquentations ont mis à mal cet aspect de son corps. Histoire d’en rajouter encore sur une liste d’aspects déjà si invitante. Du fait des dernières années de sa vie plus précisément, sa peau est devenue d’abord pâle. Crayeuse. Non pas malade, juste… blanche. Puis, au fil du temps… Dans la solitude, la crasse et l’abandon, la saleté s’ajoute. Et s’ajoute. Et s’incruste. Au point qu’après quelques années, le teint blafard d’Alastair a fini par laisser place à une complexion grise, sombre. Tout sauf naturelle. Mais qui, ironiquement, s’accorde en fait davantage avec le reste de ses… attributs plus visibles. Comme quoi le destin, aussi tordu soit-il, semble en fait quand même porter attention aux détails. Avec une petite touche d’humour malsain.

    Le reste du corps est longiligne. Disons ça pour rester polis. Un long torse, de longues jambes, de longs bras. Et sans surprise, de grandes mains aux doigts fins. Fins, mais fermes comme le fer. Et sans doute aussi froids par la même occasion. Des ongles devenus assez longs pour être à moitié vus comme des griffes. Histoire de rajouter quelque chose de dangereux à cette apparence désagréable. Quand aux vêtements… peu importe. Réellement. Un jour, il aura peut-être le temps, le luxe, et le loisir de choisir ses propres vêtements. De larges tenues fastes et amples, lui offrant enfin la prestance à laquelle il pourrait peut-être prétendre s’il en avait seulement l’opportunité. Des tissus sombres mais beaux, lisses, lui permettant de se mouvoir avec la fluidité qui lui est propre, tel un courant d’air. Car c’est la dernière chose qui achève d’être notée par toute interlocuteur. L’aspect presque liquide de ses mouvements, à l’apparence lente mais précis. Comme si chaque pas était une danse, chaque mouvement de main une chorégraphie. Une prestation étrange et perpétuelle, semblant faire partie de l’être, et de la façon d’être d’un énergumène insolite.

    Et si les apparences sont parfois trompeuses, elles peuvent aussi être l’essence même de la vérité. Alastair est un être… musical. Passionné. Dédié à ce qu’il croit, à ce qu’il fait, au présent, passé, futur. Mais non pas par intention, et c’est bien ce qui désarme souvent les partis extérieurs. Certains appelleraient la chose une forme de folie, ou d’autisme. D’autres y verraient simplement une passion naturelle unique. La beauté d’une telle chose résidant dans le fait qu’elle ne nécessite pas l’approbation ou le soutien d’autrui pour survivre. Voire même, éclore et s’épanouir. Depuis longtemps maintenant, Alastair a eu une vision singulièrement simple du monde autour de lui. Il aime le monde. Le monde entier, et tout ce qu’il contient. Toute sa beauté, sa prestance, sa vitalité. Mais également toute sa violence, son horreur et sa mortalité. Toute sa vie, Alastair a été confronté à la volonté humaine de survivre, de persévérer. Fut une époque où il admirait ce genre de chose. Il lui avait fallu de nombreuses années pour réaliser que derrière ce mince voile se cachait le visage de l’égoïsme. L’égocentrisme de la race humaine, se jugeant elle-même en droit de décider ce qu’elle veut de la vie. Au diable la balance et l’ordre naturel, l’humain ne veut que les bonnes choses de la vie. Une vie facile, et une mort paisible.

    Quel gaspillage.

    Il existe une symphonie perpétuelle en ce monde, pour quiconque peut tendre l’oreille et l’entendre. Un capharnaüm purement unique et incompréhensible. Mais qui vaut mille fois le fait de passer toute une vie à tenter de l’écouter. Et Alastair a appris à développer ses talents de musicien avec les années. Il voit les riches, les pauvres. Les forts, les faibles. Les hommes, femmes, enfants et doyens. Tout autant qu’ils sont, régis par les mêmes lois, mais faisant tout leur possible pour échapper à autant d’entre elles que possible. Et il s’en divertit. Il s’en fascine, un peu plus chaque jour. Car c’est une autre chose qu’il a réalisé ; le monde est constamment en train de changer. Il se renouvelle. Et c’est ce qui en fait une joie perpétuelle. Comme assister à la meilleure pièce de théâtre jamais inventée, sans qu’elle ne s’arrête jamais.

    Malgré tout, il n’est pas homme à ignorer qu’il vaut mieux bien utiliser la parole et savoir s’adresser aux gens – se parler à soi-même a des limites. Après tout, même ceux qu’il juge durement de par ses croyances méritent bien le minimum de civisme. Il n’est pas un animal ou un sauvage. Et la politesse n’empêche pas de trancher les jambes d’un homme s’il s’avère confirmer une nature indigne et en manque d’humilité. Un autre trait qu’Alastair considère manquant chez tellement d’individus ; l’humilité. L’hubris et l’orgueil humain. Une lame à double tranchant s’il en est. Se croire supérieur à autrui n’est pas un trait qu’Alastair a jugé utile à cultiver avec les années. Après tout, le fait de croire ne change – généralement – pas le monde. Il préfère pour sa part agir, et le monde décidera bien de qui lui est inférieur ou supérieur. Il s’en voudrait de gâcher la surprise.

    Toujours est-il, il reste un homme incompris. Incompréhensible selon certains. Il faut bien avouer, que penser d’un homme qui vous salue chaudement une minute, et peut décider de vous briser la nuque la minute suivante? Est-il dangereux? Est-il habité d’une haine ou d’une folie furieuse telle qu’il ne peut s’exprimer que par le meurtre et le sadisme? Quelle odieuse bête.

    Bien sûr que non. La mort n’a pas besoin de haine, et la vie n’a pas besoin d’amour. Alors pourquoi s’évertuer à vouloir restreindre le monde en rangs bien ordonnés, et en logiques inamovibles? Où est le plaisir à bêtement suivre la vision des autres venus plus tôt? Un orchestre peut être magnifique, mais rien ne battra jamais l’émotion et la beauté d’une œuvre unique, créée dans le feu de la passion d’un moment. Une pensée fugace, qui ne reviendra jamais, et ne réapparaitra jamais. Ces moments uniques et fabuleux ne peuvent être prévus, organisés, régularisés. La spontanéité a du bon.

    Et qui sait s’il ne pourrait pas devenir un merveilleux musicien?


Son Histoire

    « Regarde, il arrive. »
    « Shhhhht! Il va t'entendre! »
    « Ha! Quoi, t'as peur du Crochu? »

    Les deux jeunes garçons s’accroupissent de plus belle, cachés derrière une pile de tonneaux. Un mélange d’amusement, de crainte et de fascination, alors qu’ils espionnent discrètement les quelques personnes progressant sur le sentier. À peine de quoi en parler comme le plus petit des cortèges. Mais un groupe mené par quelqu’un d’important malgré tout. Au devant de quatre jeunes filles, une cinquième marche fièrement. Le menton levé, une chevelure blonde flamboyant de quelques éclats rougeâtres sous la bonne lumière. Un mince sourire sur les lèvres, une intelligence fière et espiègle dans le regard. Les gens font un pas de côté quand ils croisent son chemin, accompagnant d’un geste de respect envers cette qu’on croirait être la reine locale.

    Et trainant derrière elle, un jeune garçon au teint pâle, aux longs cheveux noirs. Un regard vert teinté de gris qui regarde autour avec nervosité. Et une posture inconfortable, courbé qu’il est pour rester à la hauteur de celle qui le devance, alors qu’il cavale avec un air un peu ridicule à sa suite.


    Alastair - Berserker du Dragon-Serpent Untitled_2
    ~¤'°O°' Chapitre Premier '°O°'¤~
    Enaid addfwyn

    Dál Riata. C’est le nom sous lequel sa terre d’origine serait connue et consignée à l’histoire, dans le futur. Une terre en bord de mer, rocheuse, difficile. Et créant un peuple tout aussi difficile à contenir. Après tout, les gens se souvenaient encore de la légende de Fergus Mór mac Eirc, à peine quelques décennies plus tôt. Une fierté encore vive, un environnement qui pousse à mériter sa survie. Rien de tel pour créer un peuple unique.

    De même que certaines anormalités. De tout temps, Alastair avait toujours eu quelque chose de dérangeant. Trop mince. Trop grand. Trop penché. Trop pâle. Il avait un visage doté d’un charme certain, avec des traits fins encadrant un regard qui en mystifiait plus d’un. Mais il mettait quand même mal à l’aise. Pour être tout à fait franc, il aurait probablement fini ses jours en tant qu’orphelin abandonné dans les bois, s’il était né simple paysan. Par chance, il avait vu le jour au sein d’une famille d’influence. Pas la plus haute noblesse, mais des descendants de nobles et fiers guerriers malgré tout. Un nom respectable. A l’époque. Mais même avec ce nom protecteur, il aurait sans doute eu du mal à être réellement accepté de ses pairs s’il n’avait pas reçu la faveur de l’héritière de la famille. Lyanna, la fille aînée du leader de leur clan. Une jeune femme fière, intelligente, et belle comme un rêve. Et dès son plus jeune âge, elle avait décidé d’exiger la compagnie de son cousin du même âge, où qu’elle aille. Personne ne comprenait pourquoi. Mais personne ne savait si c’était réellement une bonne idée. Mais personne n’aurait jamais pu convaincre Lyanna de faire autrement.

    À une époque, il s’était demandé si elle ne l’avait pas fait par malice cachée. Garder le cousin bizarre auprès d’elle, un peu comme un chien dressé qui ferait ce qu’elle veut. Mais ces pensées n’avaient pas eu la vie longue, quand elle s’était mis à sermonner et reprocher à d’autres leur attitude envers lui. Elle avait même presque foutu des coups de bâton au fils du forgeron à l’âge de huit ans, quand il lui avait lancé une motte de boue au visage en se moquant de lui. Elle l’avait toujours défendu, alors qu’elle ne lui avait même jamais dépassé les épaules. Mais elle était habitée d’un feu inextinguible. Et les gens l’aimaient pour ça. Les gens la respectaient pour ça. Et pour sa part, il avait fini par juste être heureux de pouvoir rester au chaud près des flammes.

    Jusqu’à ses quatorze ans, quand il avait dû commencer à s’entraîner au combat, comme tout le monde. Clan de guerriers, coutume de guerriers. Ils savaient tous qu’ils allaient finir par être armés un jour, et on leur dirait de se cogner dessus les uns les autres pour que les vrais guerriers du clan puissent voir à quoi ressemblerait la relève. Certains attendaient ce moment avec impatience, d’autre le voyaient se rapprocher avec appréhension. Alastair était… à mi-chemin entre les deux. Malgré ses airs qui dérangeaient certaines personnes, sa taille laissaient espérer à plusieurs qu’il aurait un talent certain pour l’art martial. Ne serait-ce qu’au moins quelque chose de visible qui pourrait être affiné avec de l’entrainement. Jusqu’à maintenant, il avait démontré ses talents dans deux domaines : la traque sauvage et l’artisanat. Il comprenait les signes de la forêt, et il savait comment bricoler des choses efficacement grâce à la précision de ses mains. Grand bien lui fasse.

    Il apprendrait à être précis avec une arme.

    Sauf qu’il n’était pas précis avec une arme. Il n’était pas doué avec une arme. Il n’était pas dangereux avec une arme. Une épée ne lui restait pas dans la main quand quelqu’un d’autre cognait dessus. Une hache dérapait sur le bouclier de son adversaire. Un marteau le faisait presque tomber sur le côté en ruinant son équilibre. Certains riaient, d’autres soupiraient. Tous jugeaient. Une telle taille gaspillée sur un grand benêt incapable de se battre. Même quand il en était à uniquement se défendre face aux assauts – une énième arme lui ayant été éjectée des mains -, personne n’avait réellement eu le courage de s’avancer pour mettre fin au combat. Jusqu’à ce que son bouclier vole en éclats. Un moment de frayeur, les guerriers aux alentours sentent leur sang se glacer en voyant le fils du forgeron, ivre de fantaisie sur ses grandes capacités de guerrier légendaire, s’apprête à redonner un violent coup de hache sur son adversaire maintenant sans protection. Plusieurs personnes lèvent la voix, quelques uns s’avancent trop tard, et les gens voient déjà le crâne du grand benêt malchanceux être fendu en deux. Et les voix s’arrêtent, les pas se figent, quand tous réalisent – Alastair compris – qu’il avait instinctivement agrippé le poignet de son assaillant, l’enserrant dans une poigne qui surprenait son vis-à-vis. Alastair cligne des yeux, une fois, deux fois. Et sans plus de cérémonie, se redresse, empoignant la ceinture de l’autre garçon, pour brusquement le soulever et le faire passer par-dessus lui en lui arrachant un cri de surprise et de peur. Une seconde plus tard, Alastair est penché sur le fils du forgeron, le genou sur son torse, maintenant son bras armé au sol dans une poigne de fer alors que le vaincu se débat sans succès. Et alors qu’il cligne encore des yeux, incrédule de sa propre action, Alastair ne remarque pas les quelques hommes qui observent la scène avec une nouvelle lueur d’intérêt dans le regard. Tout ce temps perdu à vouloir lui donner une arme.

    Alors qu’il était déjà une arme lui-même.


    Alastair - Berserker du Dragon-Serpent Untitled_3
    ~¤'°O°' Chapitre Second '°O°'¤~
    S.P.Q.R.

    Dix ans. Dix ans de combats.

    Même après sa supposée chute, Rome avait toujours su rester une capitale d’importance. Une mégalopole gigantesque, un carrefour des civilisations. Et une telle cité continue à avoir des appétits de conquête même après être tombée en disgrâce. L’Empire Romain n’était plus ce qu’il avait été autrefois, mais il n’avait jamais réellement disparu. Même au fond des terres Celtes, on en sentait encore les effets, et la présence occasionnelle. Ils avaient laissé des traces qui ne s’effaçaient que difficilement. Ce qui n’empêchait pas les clans de s’acharner à la tâche.

    Il avait appris. Appris à utiliser son corps. Ses mains, ses bras, ses jambes, même sa tête et ses dents, s’il le fallait. Il n’était pas une brute, ne l’avait jamais été. Mais il était plus grand que les autres. Plus vif que beaucoup. Et il avait une plus grande allonge. De façon inattendue, ses talents de traqueur et de chasseur l’avaient bien servi une fois qu’il avait commencé à s’entraîner au pugilat et au combat à mains nues. Il avait les réflexes, l’instinct, la fluidité, que ce soit pour pourchasser les proies ou esquiver les prédateurs mécontents de s’être pris une flèche dans le flanc. Il avait suffi d’adapter cette aptitude à d’autres êtres humains. Et avant même d’atteindre la vingtaine, certains de ses congénères lui avaient donné le surnom de Barde de Guerre. Car dès qu’il se battait, on aurait cru qu’il accomplissait une chorégraphie. Pivotant, zigzagant au milieu des adversaires, comme emporté par une musique qu’il était le seul à entendre. Avec le bruit de ses poings en guise de percussions, et les cris de ses ennemis qui s’élève en un chant à son honneur.

    Les membres de son clan l’acceptaient pleinement, maintenant. Les regards douteux sur sa posture auparavant voûtée et incertaine avaient fait place aux regards de fierté de ses frères de bataille. Le dépit des uns avait été remplacé par l’admiration des autres. Il était un guerrier hors-pair, et il faisait honneur à ses congénères. Lyanna y compris. De chien de poche – sans qu’il ne s’en soit jamais plaint â l’époque -, il était devenu protecteur de la dame du clan. Après tout, qui de mieux? Qui aurait pu être davantage digne de confiance? Sans compter qu’il fallait bien quelqu’un en mesure de voir venir d’avance les éclats et autres moments forts dont on pouvait s’attendre de la part d’un tel caractère. Les gens aimaient Lyanna pour son caractère. Mais les gens savaient aussi qu’il pouvait parfois s’embraser trop fort, trop loin. Il avait donc le rôle de raison en plus de celui de protection.

    Protection parfois nécessaire, quand la première dame du clan décide qu’elle veut participer à une bataille au front. Ou qu’elle décide d’insulter un officier ennemi lors de pourparlers. Ou quoi que ce soit quand elle décidait d’agir comme bon lui semblait, en dépit des conseils autour d’elle. Elle était la preuve qu’on ne peut pas dompter le feu ; il réchauffe et brûle tout à la fois.

    Toujours est-il, résistez à un ennemi assez longtemps sans fléchir, et il finira par vouloir faire la paix. C’est comme ça que pensent les faibles, comme le diraient ses confrères. Mais, malgré tout, la paix est une chose à désirer. Une véritable paix. Un calme nouveau assuré par des alliances et des pactes solennels, pas simplement trois semaines d’accalmie entre deux escarmouches. Les guerriers prennent les armes pour défendre leurs terres, leur peuple, leur fierté. Mais les guerriers sages savent qu’il faut parfois poser les armes pour le bien du plus grand nombre. Et juste comme ça, ils étaient partis à l’étranger. Une délégation de quarante personnes, menés par Lyanna, sa fidèle ombre protectrice derrière elle, vers les murs lointains et mythiques d’une Rome vieillissante. Refusant de mourir. Mais assez opiniâtre et persistante pour qu’on se donne la peine de vouloir entrer dans ses bonnes grâces à l’occasion. Dix ans à combattre, pour finalement parcourir la moitié du monde connu et faire la paix. Une logique saugrenue.

    Pourtant, il le fallait. Alastair avait beau faire de la musique avec ses mains sur un champ de bataille, il n’en demeurait pas pour autant insensible à l’idée d’une mélodie plus calme. Après dix ans de combat, il pouvait se permettre de vouloir souffler. S’asseoir. Regarder l’avenir un peu plus loin qu’une semaine à la fois. Et c’est comme ça qu’ils arrivèrent à Rome. La Rome grandiose, surpeuplée, surenchérie. Ils n’étaient pas les seuls représentants d’une ‘’peuplade barbare’’. La ville en était remplie à moitié maintenant. Ce qui constituait l’identité romaine avait disparu depuis des générations. Mais les gens aimaient encore vivre sur les ruines. Grand bien leur fasse. Avec un peu de chance, l’une de ses ruines les verrait rencontrer un officiel du gouvernement pour négocier qu’on les laisse enfin en paix. Qu’on les laisse poser les armes. Pour de bon.

    ~¤'°'0’°'¤~

    Il avait passé toute la fichue journée à se promener en ville. Cette cité était beaucoup trop grande pour son propre bien. Même en courant, il avait pris une éternité à remplir la mission que Lyanna lui avait confiée. Quatre heures pour délivrer personnellement trois messages. C’était ridicule. Il avait protesté. Pour une des rares fois en plus de quinze ans. Il était sensé la protéger elle, pas courir les rues à jouer les messagers. Surtout dans cette poubelle à ciel ouvert qui se prétendait une cité. Ils avaient beau être ici pour négocier la paix, ils étaient quand même entourés d’ennemis. Et il n’aimait pas l’idée de la laisser, entourée du reste de sa garde ou pas. Mais il savait qu’il ne pourrait pas la faire changer d’idée. Les négociations allaient bon train, elle n’avait plus qu’une rencontre à faire, et les messages qu’elle lui demandait de mener à bon port étaient importants. Il n’avait qu’à se dépêcher s’il ne voulait pas rester à l’écart longtemps. Ce qu’il avait fait. Toutes les traques forestières, les chasses sauvages et les années d’entraînement l’avaient bien servi, alors qu’il revenait en direction du lieu de rencontre d’un pas rapide. Vivement qu’ils puissent mettre toute cette histoire derrière eux.

    La nuit n’était pas encore tombée. L’air se rafraîchissait doucement, même si ça ne diminuait en aucun cas l’intensité des odeurs omniprésentes de cet endroit. Une odeur de pourriture permanente, comme un cadavre laissé à l’air. Il agita une main devant son visage, plus par réflexe que par réel espoir de s’éclaircir les narines. Puis, à mesure qu’il avançait, sa cadence se mit à ralentir. L’expression sur son visage change progressivement, alors qu’il regarde de plus en plus autour de lui, semblant chercher quelque chose d’absent. Une lueur de peur apparaît peu à peu dans son regard, alors qu’il repart au pas de course en direction des marches de la villa où il se rendait.

    Il n’y avait aucun garde.


    Il avait pu sentir l’odeur du sang depuis la rue voisine. Les portes étaient abandonnées, entrouvertes. Un silence de plomb régnait sur les environs. Pas de discussions. Personne au travail. Pas même un oiseau dans les arbres. C’était un silence de mort.

    Il se rappellerait longtemps de la scène. Dès le moment d’entrer dans la villa, le clapotis sous un de ses pieds témoignait de la scène à venir. Ils étaient partout. Les gardes. Les servants. Tous. Étalés sur le sol, dans le bassin, sur un meuble dans une posture impossible. Égorgés, éviscérés, décapités. Il y avait de tout. Dans toutes les directions. Ils étaient tous morts. Abandonnés sur place, comme une pièce de théâtre macabre en attente de son public. Il était devenu versé dans l’art de la mort. La guerre et les combats l’avaient forcé à faire face à plusieurs horreurs. Mais ce qu’il voyait le fit chanceler, l’espace d’un instant. Une main sur la porte, retrouvant sa respiration et son sang froid. Pour finalement entendre un son plus loin dans le bâtiment. Les sens soudain aux aguets, il s’avance. Passant entre les corps, concentré sur un point encore invisible devant lui. L’atrium, un premier couloir, un deuxième couloir menant aux chambres. Les bruits se multiplient, et deviennent plus distincts.

    Les chambres. Les bruits viennent de là. Un remue-ménage, qu’il identifie finalement à un homme habillé de noir, un voile remonté sur une partie du visage. Il semble affairé à fouiller les meubles. L’expression d’Alastair se durcit, alors qu’une vague de haine fait s’élever en lui une mélodie sombre qui fait ressurgir celui qu’on appelle le Barde. Un dernier instant, et le mouvement est fulgurant. L’homme n’a même pas le temps de pousser un cri de surprise, que l’avant-bras de son assaillant le percute à la gorge, le repoussant jusqu’à aller le plaquer contre un mur, à moitié soulevé du sol.

    « Tu as cinq secondes pour me dire qui tu es, et ce qui s’est passé ici. »
    « Gaaah… qu’est-ce que- »
    « Quatre. »
    « Va crever, fils de- »
    « Trois. »
    « Mais crève avec ta salope, espèce de... »
    « De... »

    Il ne l’avait pas vue en entrant. Elle était pourtant facile à voir. Allez savoir, il l’avait peut-être ignorée à dessein. Au moins en partie. Détournant lentement le regard de l’homme en train de s’étrangler sur son avant-bras, il finit par poser les yeux sur elle, et la musique se fend brutalement. Les notes sont pointues. Acérées. Elles le meurtrissent. Elles poignardent chacun de ses souvenirs. Sans pitié, sans relâche. Le souvenir de sa tenue favorite est remplacé par celle de la lance enfoncée dans son torse. Ses mains menues sont maintenant couvertes de sang séché. Ses braies sont déchirées, et des lacérations sont visibles sur ses cuisses… Alastair n’entend plus les gargouillis paniqués de l’homme qu’il enfonce presque dans le mur, jusqu’au son de sa nuque qui se rompt brutalement au dernier soubresaut de son assaillant, qui fixe le visage de la femme avachie contre le mur opposé. Un corps désarticulé tombe sur le sol, alors que son bourreau se précipite en quelques enjambées paniquées, désemparées, vers le seul cadavre qui l’intéresse.

    Elle est si froide. Sa peau est glacée. Sa chevelure est défaite, et des ecchymoses sont visibles sur son visage. Il fixe son regard vide, perdu dans un vide insondable. Loin, là où il ne peut la suivre. La flamme est éteinte. Lyanna n’existe plus. Comme ça, en l’espace de quelques heures. Disparue, volée, sacrifiée. Il l’enserre dans ses bras, la berçant doucement, comme s’il espérait qu’elle allait se réveiller. Il ne peut pas détacher les yeux de son visage. Il ne veut pas. C’est injuste. Injuste. Et il reste ainsi, prostré, s’accrochant au souvenir déjà envolé de la femme qu’il avait voulu suivre jusqu’à la fin de ses jours. Il refuse de la laisser partir. Elle ne peut pas. Elle ne peut pas le laisser seul.

    Pas comme ça.

    Des voix s’élèvent dans la villa, mais il ne les entend pas. Des pas de course, des bruits d’armure métallique. Il les ignore. Ils ne sont pas là. Il ne veut pas les voir. Sa mélodie est maintenant une ode funèbre, et elle ne les regarde pas. Ils n’ont pas leur place ici.

    « Ici! On en a un! »
    « ... »
    « Rendez-vous sans faire d'histoire. »
    « ... »
    « Ne résistez pas, ou vous serez abattu. »
    « Vous venez pour me l'enlever, vous aussi. »
    « Pardon? »
    « Vous ne l'aurez pas... »

    Peu à peu, l'air semble s'alourdir autour de lui. Une obscurité soudaine se manifeste, comme si elle émanait de la large forme accroupie devant les soldats. Des tremblements secouent ses épaules. Une respiration de plus en plus rauque, saccadée, alors que l’homme commence à bouger. À se redresser peu à peu. Une de ses larges mains se pose sur une commode, attirant l’œil d’un des gardes. Des veines noires sont visibles à même la peau, les ongles noirs et longs éraflent le bois alors que les doigts se referment. Trois soldats, d’abord alertes, perdent peu à peu leur assurance alors qu’une forme achève de se redresser, les dépassant aisément d’une tête, Sa chevelure noire semble onduler, se hérisser. Et leur sang ne fait qu’un tour lorsque la créature devant eux se retourne lentement, dévoilant des traits tirés par la haine, les lèvres retroussées pour montrer ce qu’on pourrait confondre avec des crocs.

    Et le regard métallique, perçant, à la frontière de la bestialité, les fixe avec intensité alors que les trois hommes ne peuvent que déglutir comme tout instinct face à ce qu’ils voient devant eux. Des larmes rouges coulent lentement sur son visage, allant s'écraser sur son torse. La respiration de la bête se transforme en grognement, et il se penche vers l’avant.

    « VOUS NE ME LA PRENDREZ PAS! »

    Pour la seconde fois de la journée, les cris d’angoisse envahissent la villa. Des cris terrifiés, rapidement surpassés par des rugissements tenant davantage de l’animal que de l’humain. Un vacarme atroce de meubles brisés. Les gens fuient les alentours. Les animaux font pareil. Même les chiens les plus téméraires n’osent aboyer qu’à distance respectable du lieu. La patrouille entrée sur les lieux n’est jamais ressortie. Et le silence finit par retomber, au bout d’une dizaine de minutes. Un silence de cauchemar. Un silence effrayé que personne n’ose briser.

    Plus tard, des gens raconteront que la dernière chose qu’on a vu, c’était un groupe de soldats des Scholais Impériaux se diriger vers les lieux, menés par un homme en armure que personne n’aurait su reconnaitre. Si les bruits de combat reprirent l’espace de quelques minutes, ce furent cette fois les soldats impériaux qui repartiraient sans plus d’explication, un homme – possiblement? – inconscient et enchaîné, le visage recouvert, encadré de lances. Deux autres hommes, portant sur leurs épaules l’homme en armure qui les avait menés sur les lieux, suivraient le mouvement sous peu.

    Il faudrait un certain temps avant que les gens des environs osent seulement s’approcher à nouveau de la villa en question. Durant les années à venir, elle finira par être simplement abandonnée, réputée maudite de par les horreurs qui s’étaient produites entre ses murs. Tout ce qu’on en saura d’ici la fin, c’est l’histoire d’une délégation celte massacrée par une bête atroce. Un monstre vorace sorti des entrailles de la vieille cité.

    Et les corps furent brûlés. Jusqu’au dernier.


Et vous, qui êtes vous ?

    Age : 29 ans
    Avatar : Sauf erreur de ma part, c'est un personnage original, non-tiré d'une série, anime ou autre oeuvre quelconque.
    Quelle est votre expérience des forums RP : Mon premier forum RP date de 2003, si je me trompe pas. Il est possible que je me trompe et que ça date d'avant. J'ai fait du Bleach, du Naruto, du One Piece, du D. Gray Man, mutants, post-apo, et pleiiiiin de concepts originaux. Plusieurs pauses plus ou moins longues au travers. Reprise du RP maintenant après un hiatus d'une bonne durée.
    Comment avez-vous connu le forum : J'en entends parler 2-3 fois par jour sur Discord. Et je suis pas encore sur le Discord AoG.





Dernière édition par Alastair le Dim 17 Mai - 9:11, édité 1 fois
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AlastairAlastairArmure :
Cuirasse du Dragon-Serpent
Message Re: Alastair - Berserker du Dragon-Serpent   Alastair - Berserker du Dragon-Serpent EmptyDim 17 Mai - 9:10
Alastair
La suite de son histoire

    Alastair - Berserker du Dragon-Serpent Untitled_8
    ~¤'°O°'Chapitre Troisième '°O°'¤~
    Absens haeres non erit

    Le silence règne. Un silence lourd, tout juste interrompu à l’occasion par un sifflement qui se fait entendre quand une bourrasque se fraye un chemin jusqu’à une des meurtrières. L’air est froid. Les murs et le sol aussi. Surtout pour les locataires. Un rongeur se faufile, discrètement, prudemment. Il parcourt un passage creusé à même la pierre à la base d’un mur, approchant de la source de lumière la plus proche. Le cliquetis de ses pas ralentit, alors qu’il renifle l’air à l’approche de la sortie. Rien en vue. Aucune odeur sortant de l’ordinaire. Le rat s’avance à pas précis, sortant de sa cachette en reniflant l’air de plus belle. La voie semble libre.

    Une main s’abat brusquement sur lui, et le saisit sans ménagement. L’animal se débat, pousse des cris aigus, tente de mordre, de griffer. Les couinements stridents s’intensifient… puis s’arrêtent aussi sec. Le silence reprend son droit. Un silence lourd. Tout juste interrompu à l’occasion par le craquement des os.

    La Tour des Vents. L’endroit méritait bien son nom. La chose avait sûrement un aspect positif aux niveaux supérieurs. Le vent frais, vivifiant. Une bourrasque bienvenue en fixant la lumière éclatante du soleil. Après tout, les servants d’Apollon avaient bien pris la peine de construire leur Sanctuaire le plus près possible de leur patron divin. Ce qu’on ne dit pas, par contre, c’est que plus une lumière est intense, plus les ombres sont larges. Et les ombres dans les geôles de la tour n’avaient aucune limite.

    Il lui avait fallu plusieurs semaines pour même retrouver ne serait-ce qu’un semblant de clarté. Et encore, clarté est un bien grand mot. Il s’était simplement réveillé assez longtemps pour constater où il était. Pour voir les éraflures partout sur les murs. Pour voir la saleté couvrant tout son corps, ses cheveux sales, ses ongles ensanglantés. Il avait dû être nourri de force, semblait-t-il. Selon ses capteurs, en tout cas. Les soldats d’élite de l’empereur Justinien avaient fini par avoir raison de lui, lui disait-on. Il avait presque fallu lui briser les deux bras pour qu’il finisse par lâcher le cadavre auquel il s’accrochait en beuglant. Maintenant qu’il semblait s’être calmé pour la première fois en presque deux mois, certains espéraient des réponses de sa part. Une explication au carnage dans lequel il avait été trouvé. Quelque chose.

    Ils n’auraient droit qu’au mutisme.

    Ils s’étaient relayés pour demander des réponses. Puis pour exiger des réponses. Puis pour menacer s’il ne donnait pas de réponses. Quelle importance? Seraient-ils plus heureux de le voir rouvrir à vif ses souvenirs? Peut-être souhaitaient-ils simplement le voir souffrir. Ils étaient en retard sur ce compte. Rien ne pourrait changer ce qui était arrivé. Il n’y avait rien à faire. Rien à récupérer. Rien à espérer. Il ne lui restait plus qu’à compter les jours jusqu’à ce que ses yeux se ferment… pour ne plus s’ouvrir.

    Jour cinquante-deux.

    Les soldats avaient arrêté de l’interroger. Ils y venaient à tous les jours au début. Lui-même, il restait simplement sur place, assis au sol, immobile. Le regard perdu devant lui. L’ode funèbre dans son esprit lui était plus que familière, maintenant. Il pouvait en réciter chaque note, chaque variation, chaque partition. Elle faisait partie de lui. Omniprésente, sans fin. Comme sa propre vie.

    Sauf quand un nouvel individu était venu le voir. Un inconnu à l’aura brillante, éclatante. Aveuglante dans l’obscurité intrinsèque de sa cellule. Un soudain éclat de soleil dans un lieu oublié, si bien qu’il cause plus de dommages que de bien. Il avait beau être chez Apollon, ce dernier n’avait pas sa place ici. Il devait partir. IL DEVAIT LE LAISSER EN PAIX. Le laisser finalement mourir, en silence. Dans le noir.

    L’homme avait des questions. Des questions différentes. Il lui parlait de choses qui lui étaient inconnues. De nature spirituelle. De mission divine et de destin. De cosmos. Il n’eut pour toute réponse que des sifflements de haine mélangés à des sanglots, alors que le prisonnier se recroquevillait dans un coin de la cellule en battant l’air, comme s’il voulait chasser une chose que lui seul pouvait voir. Il voulait que la lumière parte. Il fallait qu’elle parte. Chaque instant de lumière, chaque moment de chaleur était une souffrance. Car à chaque moment, il se rappelait un peu plus de ce qu’il avait perdu. Il commençait à se souvenir d’un visage, chaud, rayonnant, magnifique. Il ne voulait pas se souvenir. Il ne voulait pas la revoir. Qu’elle le laisse enfin en paix. Qu’elle le laisse l’oublier, et s’éteindre comme elle l’avait fait.

    L’homme revint par deux fois. D’abord trois jours plus tard, puis une semaine encore plus loin. Toujours les mêmes questions. Les mêmes tentatives. Les mêmes réponses. Les réactions de plus en plus négatives à chaque fois. Les dernières paroles qu’il l’entendrait dire seraient à propos d’un jugement à rendre. Ce qui lui arriverait pour ses crimes. Ses jours étaient comptés.

    Jour cent-vingt-sept.

    Oublié. Ignoré. Peu importe la raison, ils ne viennent plus, maintenant. Il entend tout, maintenant. Il perçoit chaque craquement, chaque frottement, chaque voix lointaine derrière autant de murs de pierre. Ils ont arrêté de le nourrir. Tant mieux. Il avait déjà à peine la volonté de se nourrir. Il se laissait dépérir, lentement. Jour par jour, heure par heure. Minute par minute. Attendant une fin qui semblait toujours s’éloigner. Pourquoi était-il encore ici? Pourquoi n’était-il pas mort? Il voulait mourir. Il attendait de mourir. On lui avait même promis la mort. Mais les promesses avaient été brisées, et son corps refusait de lui obéir. La vie s’accrochait à lui comme une maladie persistante. Il était une véritable farce ambulante.

    Jour trois-cent-neuf.

    Était-il mort? Était-il vivant? Son cœur battait encore, mais sa peau était celle d’un cadavre. Il était dans les ténèbres, mais voyait pourtant comme en plein jour. Les odeurs se mêlent désormais, autant la sienne que celle des ossements. Les ossements de rongeurs, d’oiseaux… ses propres ossements. Il mangeait ce qu’il pouvait, quand il le pouvait. Il avait fini par comprendre. Même la Mort l’avait oublié. Abandonné dans un enfer silencieux et froid. C’était sa véritable sentence. Il resterait ici pour l’éternité. Incapable de sortir. Incapable de s’échapper. Incapable d’y mourir. Même lorsqu’il avait arraché l’un de ses propres doigts pour la première fois, tiraillé par une faim animale, il avait eu une preuve de son supplice le jour suivant. Le doigt était revenu.

    Il avait tout oublié, maintenant. Il était oublié. Une chose inexistante, hors de la mémoire des hommes et du temps. Son nom. Son passé. Ses joies, ses souffrances. Il ne restait plus rien. Ces murs avaient vu mourir son identité, sa mémoire, son esprit. Il ne restait plus qu’un corps affamé, un vestige persistant d’une époque révolue. Même la musique se faisait à peine entendre, maintenant. Un murmure, à peine audible. Une simple note perpétuelle, inachevée, sans aucune fin en vue. Le dernier fil qui refusera toujours de se briser.

    Jour mille-sept-cent-vingt.

    Alastair - Berserker du Dragon-Serpent Untitled_11
    ~¤'°O°'Chapitre Quatrième '°O°'¤~
    Oderint, dum metuant

    Un cauchemar. Un tremblement puissant, profond. La fin du monde et l’explosion de ses contraintes physiques. Dans les entrailles sombres d’une ancienne cité, le monde a cessé d’être. Et il s’est recréé en un évènement cataclysmique.

    Flammes, lumière et son. Tout était arrivé en un seul tonitruant chant de destruction. Les murs avaient volé en éclats. Le sol s’était séparé sous ses pieds. Dans les coins les plus sombres, la lumière vive d’Apollon, jusqu’alors inconnue et crainte. Et il fut emporté. Emporté sur un vent de catastrophe, ses sens meurtris, son corps dévasté, son esprit terrorisé et recroquevillé dans les derniers recoins de son âme. Et il tomba. Longtemps. Loin. Si loin. Un débris parmi tant d’autres. Une relique de chair oubliée, propulsée par un renouveau impossible vers le monde auquel il avait depuis longtemps renoncé. La Tour des Vents avait subi les affres de la guerre et de la violence. Et elle s’était effondrée sous le poids des coups. Son cœur avait disparu, et son enceinte s’était éparpillée aux quatre vents.

    Perdant par la même occasion le chapitre inconnu d’un conte oublié.

    ~¤'°'0’°'¤~

    Douleur, cris et souffrance. Il lui avait été accordé de vivre une seconde naissance.

    Son corps était brisé. Son sang écoulé. Son esprit écorché, et son âme exacerbée. Il ignorait qui il était. Où il était. Pourquoi il y était. Et il lui faudrait plusieurs jours avant de même pouvoir envisager chercher une réponse à cette question. L’explosion aurait dû le tuer. La chute aurait dû le tuer. L’hémorragie aurait dû le tuer. Et pourtant, le virus qu’était sa vitalité continuait de refuser ce verdict. Lentement, douloureusement, les os se ressoudèrent. Les nerfs retrouvèrent leur souplesse. Le sang revint en lui, et il put faire ses premiers pas.

    Il était entouré de débris. De morceaux de roc, de bois, et de chair. Rien d’autre à l’horizon que des arbres écorchés, brûlés sur place. Suis, cendres et désolation. De lourds nuages éclipsaient encore le soleil, comme si Apollon avait refusé de se résoudre à regarder ce qui était arrivé à son Sanctuaire. Honte ou déni, qui aurait pu le savoir. Il n’avait rien à demander à Apollon. Et il ne lui devait rien depuis longtemps. Tout ce que ce nom lui apportait, c’était la douleur. Son esprit serait la dernière chose à lui revenir. Et il se souvenait. À travers la souffrance et le désespoir, l’abandon et l’ignominie, il se souvenait. Apollon avait eu sa chance. Ses soldats avaient eu leur chance. Le monde avait eu sa chance. Et pourtant, il vivait toujours. Une pensée dont personne ne se souvenait, c’est ce qu’il était. Quand à lui, un seul souvenir lui importait. Alors que les derniers fragments de sa vie revenaient à son crâne tel des coups de poignard, le forçant sur ses genoux, il la voyait. La source de la mélodie qu’il entendait depuis le premier jour. Un visage effacé, souriant, réconfortant. La dernière parcelle d’humanité qui refusait elle aussi de le quitter.

    Et il pleura. Dans les débris de son propre tombeau, meurtri par le dernier souvenir d’une époque où il aurait pu être appelé humain.

    ~¤'°'0’°'¤~

    « Quoi, t’as jamais entendu parler du Démon Rieur? »
    « Hein? Quel démon? C’que tu racontes encore comme connerie? »
    « Shhhht. Le capitaine veut pas que les gens en parlent. Baisse la voix. »


    Intrigué, le garde resserre la fourrure autour de ses épaules, se penchant au-dessus du brasero qui le sépare de son compère de fortune ce soir. Les nuits en Transylvanie ne pardonnaient rien ni personne, surtout à cette époque de l’année. Les vents glacés avaient de quoi faire perdre une main ou un pied à quiconque était trop imprudent – ou trop con – pour s’équiper proprement. En ces longues nuits d’hiver, un feu vif valait plus aux yeux de tout homme que n’importe quelle bourse d’or.

    Il avait déjà monté la garde quelques fois avec ce type. Il était pas foncièrement mauvais, mais il fermait jamais sa gueule. Alors pendant plusieurs sur les remparts, ça pouvait devenir un problème. C’est déjà pas le meilleur boulot de garder une tour de prisonniers, alors s’il fallait qu’il se fasse casser les oreilles pendant le travail en plus… Enfin, soit. Pour une fois, il le laisserait causer un peu. Il se passait rien de toute façon, cette nuit.

    « Bon, alors? C’est quoi c’t’histoire de demon? »
    « Ça date d’un peu plus d’un an. J’ai entendu les officiers en parler au repas du soir. Ça avait l’air de les foutre mal à l’aise. »
    « Quoi, t’espionnes les officiers toi, maintenant? Tu veux finir dans une des cellules ou t’es juste con? »
    « Tu veux entendre l’histoire, oui ou merde? »
    Les deux hommes se fixent quelques secondes, et le deuxième finit par acquiescer en soupirant par les narines. Un air de satisfaction un peu mutin se peint sur le visage du premier, qui se penche au niveau de son vis-à-vis pour commencer à raconter. « À l’époque, y avait des paysans du coin qui étaient venus se plaindre. Une histoire de créature maléfique dans les bois, qui foutait la merde depuis plusieurs mois. Choppait le bétail, laissait les carcasses éparpillées un peu partout, sur les chemins ou dans la forêt. Puis, peu à peu, c’était les gens qui avaient commencé à disparaitre. Un, puis deux, puis trois… à la fin, y avait presque une dizaine de disparus. Et eux avaient jamais été retrouvés. Du coup, tu crois bien, les autres ils ont choppé la bonne grosse trouille. Ils avaient fini par engager un p’tit groupe de mercenaires de passage dans la région. Les économies rassemblées, ils ont filé ça aux gars, leur ont indiqué par où aller, et ont demandé à ce qu’ils rapportent la tête de la chose, quoi que ce soit. Cinq mecs expérimentés, y parait. Ça s’voyait qu’ils avaient déjà buté pas mal de trucs. »

    Un moment de silence volontairement trop long plus tard, le deuxième garde finit par menacer l’autre de lui mettre une baffe dans la gueule s’il continue pas. Quel sac à merde quand même, ce type.

    « Trois jours plus tard, y a un des mercenaires qu’est revenu au village. Un seul. Il avait perdu un bras, il avait plusieurs lacérations sur le corps, et ses yeux avaient été crevés. C’est des fermiers du village qui l’ont trouvé en train de pleurer au bord d’un ruisseau. »
    « …Tu t’fous d’ma gueule. »
    « Juré, mon gars. Il a fini par crever de l’infection. Mais avant de mourir, il a pu raconter ce qui leur était arrivés au capitaine. Les paysans l’ont trainé ici en guise de preuve. »
    «Et alors? Il a dit quoi? »
    « Aucune idée. »
    « …Hein? »
    « Personne sait ce que le mercenaire a raconté. Le capitaine l’a rencontré tout seul. Mais ce qu’on sait par contre, c’est que le jour suivant, le capitaine a rassemblé vingt gars, et ils sont partis avec les paysans. Armés, cuirassés, la totale. »

    La surprise pouvait se lire sur les traits du second garde. Ils étaient un peu isolés par ici. Ils n’avaient pas une garnison débordante. Tout au plus, une cinquantaine d’hommes, sans compter les ouvriers et les serviteurs pour un peu tout ce qui se passe au quotidien. En temps normal, la garnison reste à la tour. C’est leur travail officiel. Mais il peut arriver, en cas de réelle nécessité, que le capitaine soit amené à décider d’agir en dehors de l’enceinte pour faire respecter l’ordre. Si une troupe de brigands fout la merde, ou un incendie de forêt se produit. Quelque chose qui met en danger direct les quelques villages des alentours.

    …Mais pour que le capitaine décide d’armer et emporter avec lui presque la moitié de la garnison? De mémoire, c’était jamais arrivé. Ou alors, pas depuis assez longtemps pour que personne à la tour maintenant s’en souvienne. C’était au minimum anormal, au maximum une décision complètement tarée. Qu’est-ce qui pouvait bien foutre lui avoir foutu la trouille à ce point? Interrompant ses pensées, le second garde reporte le regard vers le conteur, qui le fixe d’un air satisfait alors qu’il voit le questionnement dans les yeux de son camarade. Un signe de tête, et le conte continue.

    « Ils sont revenus une semaine plus tard, avec huit hommes en moins. Et ils ont ramené… quelqu’un avec eux. Une personne. ‘fin, c’est ce qu’on dit. Un type maigre, tellement grand que même le plus grand des gardes lui arrivait à peine au menton. Ils l’avaient enchaîné aux mains, aux pieds, au cou, et y avait même quatre hommes qui tenaient des cordes nouées à sa taille. Personne s’approchait à moins de deux mètres de lui. »
    « Bon, c’est décidé. T’as tout inventé, assuré. T’es vraiment un con. »

    Sans même en prendre compte, le conteur enchaîne aussi sec.
    « J’ai entendu un des officiers en parler. Il a dit qu’encore aujourd’hui, c’était pas son apparence qui lui filait des cauchemars. C’était sa tête. Son sourire. Un sourire de bête sauvage. C’était des crocs qu’il avait, pas des dents. L’officier a pas voulu en démordre. Il avait souri pendant tout le chemin de retour, jusqu’au moment où ils l’ont enfermé. »
    « … »
    « Quand aux mecs morts, personne sait ce qui leur est arrivé. Parait que le capitaine a défendu aux hommes de l’expédition de parler des détails. Et personne a encore désobéi à c’t’ordre à ce jour. Si on essaie d’insister sur la question, on risque une semaine en isolement aussi sec. »

    Le silence retombe, alors que le conteur prend une pause volontaire pour se lever, et aller chercher l’outre de vinasse qui traine sur la table dans le poste de garde. Le second garde, interdit, est en proie à un débat intérieur alors qu’il hésite à savoir s’il doit croire l’histoire racontée ou décider où envoyer son poing dans la gueule de son collègue de nuit. Il avait été transféré ici depuis quelques mois, maintenant, et il ignorait encore quoi croire et quoi ignorer. La région était riche en mythes, légendes et histoires incroyables sur des créatures surnaturelles. Tout le monde avait sa version d’un monstre horrible qui dévore les enfants et décapite les hommes. Mais la vraie question reste toujours la même ; est-ce qu’ils racontent tous des conneries, ou est-ce qu’il faut craindre qu’une histoire soit véridique de temps en temps?

    Un vent perçant se lève, et il raffermit la fourrure sur ses épaules. Son regard dévie sur le ciel sombre, et la lune presque pleine qui brille avec force dans l’obscurité. Il ne détache pas tout de suite les yeux alors que le premier garde revient s’asseoir face à lui, prenant quelques gorgées de vin avant de lui tendre l’outre. Après une brève hésitation, il apprécie quelques gorgées, et pose l’outre de côté. Il est inconfortable, et remue sur son siège. Son regard parcourt les environs, comme s’il avait soudainement peur d’être surpris par quelqu’un d’autre. L’homme en face sait à quoi s’attendre. Il a déjà raconté cette histoire à d’autres auparavant. Il sait comment bien la raconter.

    « Du coup, il est arrive quoi au type? Ils ont fait quoi avec? »
    « Ils l’ont pendu »
    « Quoi? »
    « Pendu au bout d’une corde. »
    « …T’es sérieux? C’est quoi cette fin de merde? Il est juste mort? »
    « J’ai jamais dit qu’il était mort. »
    Un moment de silence interdit, et le conteur laisse apparaitre un sourire espiègle et satisfait de son effet. « J’ai dit qu’ils l’ont pendu. »
    « Eh bah? Un type crève quand on le pend, non? »
    « Un type normal, oui. Mais celui-là, il est juste resté au bout de sa corde, comme si de rien n’était. Fixant le capitaine avec le même sourire de fils de pute. Comme s’il s’amusait. »
    « …Et…après? »
    « Ils ont essayé une deuxième fois. Puis, ils ont essayé de lui couper la tête. La lame s’est coincée dans sa nuque, et une minute après, il s’est relevé. Encore son putain de sourire sur le visage. »
    « ... »
    « À la fin, plus personne osait même l’approcher pour essayer une nouvelle méthode. Il est juste resté là, à sourire, et à fixer le capitaine. Ils ont fini par lui refoutre les chaînes, et à le trainer dans la cellule la plus profonde et isolée qu’on puisse trouver. Ils ont même construit une deuxième porte dans le couloir qui mène à la porte. Par précaution, qu’y disent. »

    Le second garde déglutit, et n’ose pas poser une autre question. Il ne sait pas quoi croire. Soit il est en train de se faire avoir comme le dernier des imbéciles, soit il est en train de se laisser effrayer par quelque chose qu’il aurait préféré ne jamais savoir. Il s’imaginait maintenant, descendant dans les entrailles de la tour, juste pour aller poser son oreille sur la porte la plus lointaine. Pour savoir s’il trouverait une erreur de la race humaine, ou simplement une cellule vide, remplie uniquement par les fantasmes et les terreurs imaginaires de toute une garnison. Il devrait plutôt chercher à oublier cette histoire le plus rapidement possible.

    Et pourtant, la curiosité humaine est fameuse pour une bonne raison.

    « Mais si c’est un démon, s’il leur a fichu la trouille à ce point, pourquoi ils ont pas prévenu quelqu’un? Pourquoi ils ont pas envoyé un courrier au seigneur local? »
    « Pour dire quoi? Qu’ils ont capturé un type, qu’ils sont incapables de le tuer, et qu’ils en ont tellement la trouille qu’ils l’ont juste caché dans un coin sombre en espérant qu’il sortirait pas tout seul pour les buter? Ça ferait une missive intéressante, tiens. »
    « … »
    « C’était y a un peu plus d’un an. Depuis, l’histoire se perd, mais y en a encore qui en parlent à mi-voix. Un peu comme s’ils avaient peur qu’en parler ouvertement invite le Démon Rieur à sortir de sa cellule et venir les bouffer vivants. L’officier que j’ai entendu a fini en disant qu’il a voulu savoir si cette saloperie était encore vivante, depuis le temps. Il est descendu tout en bas, a ouvert la porte blindée, et s’est approché de la porte de la cellule. Il voyait rien à travers la meurtrière, alors il a posé l’oreille. Il a entendu des grattements, un rat ou deux… et un son faible. Comme un murmure. Un chant étranger, à voix basse. Une petite chanson portée par une voix grave et profonde, qu’il a dit. Puis, la chanson s’est arrêté. Et quand il a relevé la tête, il a failli crever d’une putain de crise cardiaque. »

    Dernier moment de suspens. Et pour une fois, le deuxième garde retient le réflexe en lui de vouloir foutre une mandale au conteur. Il veut savoir la fin, comme si ça a allait répondre à une question dont il avait même pas conscience il y a cinq minutes. Mais maintenant il veut savoir. Il veut savoir si un monstre horrible somnole dans le sous-sol de la tour carcérale où IL travaille depuis plusieurs mois.

    « Tout ce qu’il a vu avant de prendre ses jambes à son cou, c’est une paire d’yeux brillants et métalliques… et un sourire rempli de crocs. »




Dernière édition par Alastair le Dim 17 Mai - 9:16, édité 1 fois
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Cuirasse du Dragon-Serpent
Message Re: Alastair - Berserker du Dragon-Serpent   Alastair - Berserker du Dragon-Serpent EmptyDim 17 Mai - 9:10
Hello!

Juste pour qu'il n'y ait pas de questions ou de doute ; cette présentation est bel et bien terminée.

J'adresse d'avance un point ou deux, vu qu'ils ont été abordés d'avance avec certains membres du Staff (Cuchulainn, Acamas qui serait mon chef de faction, et Zvezdan, vu que la cuirasse que je convoite ferait partie de son armée).

Le fait qu'il n'y ait aucune mention faite de l'acquisition de l'armure est normal, car je n'ai pas acquis l'armure du Dragon-Serpent. La présentation est faite dans le but de créer le personnage et déterminer son niveau d'Éveil de départ (que j’espère haut quand même, c’est que j’ai des projets futurs, moi. ( ͡° ͜ʖ ͡°) ), à partir duquel son introduction au camp des Berserkers se fera inRP depuis le tout début, à savoir la première rencontre d'Alastair avec sa future faction. Les détails ont été discutés avec certaines personnes concernées, et normalement, la chose est prévue et claire pour le futur proche.

En dehors de tout ça, j'ai fait plusieurs mentions de différents royaumes et groupes de l'époque, en essayant de m'informer au possible pour ne pas tomber dans le piège des mauvaises références historiques. J'espère m'en être bien sorti, mais si des anachronismes ou des non-sens se sont glissés dans l'écriture, je serai heureux de les rectifier pour ne pas poser problème.

Voilà donc, en espérant que le résultat s’avérera satisfaisant.

Au plaisir!


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Statistiques
HP:
Alastair - Berserker du Dragon-Serpent G-bleu1/1Alastair - Berserker du Dragon-Serpent V-bleu  (1/1)
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CC:
Alastair - Berserker du Dragon-Serpent G-jaune1/1Alastair - Berserker du Dragon-Serpent V-jaune  (1/1)
Message Re: Alastair - Berserker du Dragon-Serpent   Alastair - Berserker du Dragon-Serpent EmptyDim 17 Mai - 13:00
Bienvenue sur AoG.

Tout ça me semblant en ordre, et les détails particuliers ayant en effet été vus au préalable, je ne vois pas de raison de ne pas te valider.
Tu bénéficies donc d'un Éveil 5 (équivalent Or) ainsi que de la somme de 75 XP en raison du bonus octroyé aux nouveaux joueurs.

Bon jeu !


Alastair - Berserker du Dragon-Serpent JtTovMb
The blood makes us human
Makes us more than human
Makes us human no more.
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