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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 Diogène, Oracle de la Corne

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DiogèneDiogèneArmure :
Oracle de la Corne

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Message Diogène, Oracle de la Corne   Diogène, Oracle de la Corne EmptyJeu 21 Mai - 0:25
Diogène
Qui est-il ?


    Nom : Diogène
    Date de naissance : 5 mars 517
    Âge : 36
    Sexe : Homme
    Armure demandée : Chlamyde de l'Oracle de la Corne.


Comment est-il ?

    Diogène est un homme carré avec de larges épaules, une musculature présente malgré les excès. L'homme mesure vers le mètre quatre-vingt-cinq pour un poids d'environ quatre-vingt kilos. Bien qu'il lui arrive de sauter des repas, il prend de temps en temps un travail physique, le boulot temporaire qui lui donne l'argent pour picoler deux ou trois jours convenablement, ce qui lui fait sa petite activité physique. Ses yeux sont couleur émeraude, un regard songeur plein de poésie. On peut déceler dans ce regard une certaine malice mais aussi de la mélancolie, voire de la tristesse si on s'y plonge assez profondément. Mais ils sont aussi plein de charme, deux pierres précieuses qui savent faire fondre le cœur des jeunes femmes. Malheureusement ils sont trop souvent rougis par ce qu'il s'enfile dans le gosier, ce qui fait qu'au final c'est plus les Marie-couche-toi-là qui finisse dans son lit, quand il en a un.

    L'homme a les cheveux couleur ébène, il les porte longs jusqu'aux épaules, voir un peu plus. Il les attache avec une queue de cheval ou les laisse naviguer au vent, coinçant le plus souvent ses mèches derrière les oreilles. Il ne se cache pas derrière sa longue tignasse, ce qui permet aux autres de voir un certain aspect physique particulier de sa personne. Cette particularité est la cicatrice qui lui barre le dessus de l’œil droit, découpant même son sourcil. Ce souvenir lui vient d'une bagarre dans une taverne il la justifie par un souvenir différent à chaque fois, contant une histoire à certains, une autre à d'autres. Diogène porte la barbe, il la laisse souvent pousser pendant quelques jours, voir deux semaines puis la rase complètement et cela recommence. Sa peau porte les séquelles de ses excès, rougeurs et diverses traces au niveau des yeux, des joues et du nez.

    Diogène ne porte pas de bijoux, il les a vendu il y a pas mal de temps déjà, besoin de payer sa vinasse bien-sur. Il a juste un bracelet de cuir noir avec des plaquettes de fer à chaque poignet. Il est le plus souvent habillé d'un pantalon de cuir noir ou en lin de couleur foncée avec des bottes aux pieds. Pour le haut c’est le plus souvent chemise en lin blanche, noire ou grise ou veston de cuir. Une outre en peau de chèvre est constamment accroché à sa ceinture.

    C'est est une personne à l'humeur changeante. Tout va dépendre de son état en fait. Il peut être bougon, voire exécrable. Ou bien être gentillet, aimant, voir trop aimant si vous voyez ce que je veux dire. C'est un alcoolique, il est imprévisible. Un jour le vin le rendra de bonne humeur, il sera drôle et presque poli. Et un autre jour ce sera un vrai connard, violent qui vomit des salacités et autres grossièretés. Lui qui était si joviale et enjoué auparavant, c'est un crève-cœur que de le voir être devenu ainsi. La boisson a attaqué sa voix, il monte moins haut qu'avant et il tient moins bien ses notes. Malgré cela il garde tout de même encore un bel organe. Son répertoire a évolué malheureusement. Petit il chantait des ballades populaires. Adulte c'était de belles chansons classiques, d'amour ou tragique. Maintenant il a ajouté la corde paillarde, salace, insultante. Il dit des choses sales, sales comme il est car se réveiller dans la rue, dormir dans une étable, ce n'est pas forcément le luxe. L'homme s'est perdu, dix années d'excès l'ont totalement transformé mais derrière cela il reste encore l'artiste raffiné qu'il était. Il faut juste réussir à faire ressortir ce côté-là de sa personnalité.




Son Histoire


    "Qu’est-ce que l’art ? L’art doit-il toujours être beau et apprécié ? Ne peut-il pas être choquant voire révulsant ? Si la bienséance veut que ce qu’on appelle art soit du goût de tout le monde, bien des œuvres ont créé le malaise lorsque les gens les ont découvertes. Des peintures dérangeantes, des sculptures repoussantes, des chansons choquantes… L’art évolue aussi, des fois on va trouver horrible un nouveau concept car il sort des canons actuels, on ne l’appréciera donc guère. Qu’est-ce que de l’art ? Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ? Qui juge cela ? L’avis populaire ? Cet avis qui fait que rien n’avance ? Ce peuple qui stagne dans ses idées, effrayé par l’évolution ? L’art n’est pas que douceur, joie ou amour. Il est violent, angoissant, morose, effrayant voir dangereux ! Qui es-tu donc pour me dire que l’ode envers ta personne était à chier ? Elle ne reflète que les idées que ta face de porc m’inspire quand mes prunelles se posent sur ta tronche."


    C’est assis parterre le froc plein de pisse et de cervoise que j’ai jacté ce discours introspectif à celui qui vient de me foutre au sol. Le nez en sang, coulant sur mes lèvres, le liquide vital dépose son goût ferreux sur ma langue pendant que je ricane comme un con. Ma vision est trouble et ce n’est pas que la cause de la magistrale praline que l’olibrius borgne m’a collée. J’ai bu. Oui j’ai bu comme tous les jours depuis maintenant presque quinze ans. Je ne suis qu’un ivrogne, un poivrot, un biturin… Et pourtant si ce gars savait qui j’étais auparavant, quels surnoms les gens me donnaient il y a encore une décennie. Adolescent les spectateurs m’avaient donné le sobriquet de Joyeux Pinson, ma voix fluette et cristalline attisait la joie dans leur cœur. Plus tard quand ma voix gagna dans les graves, c’est le surnom du Roi du Contre-Ut qui me fut donné. J’avais tout pour réussir, j’avais réussi mais c’était sans compter sur la malédiction qui pesait sur moi. Et c’est cette même malédiction qui était la raison du fait que j’étais à terre la gueule en sang, le pantalon trempé de pissat. Dire que tout cela vient du fait d’un enfant de cinq ans qui avait juste soif…

    -------------------------------

    Je m’appelle Diogène. C’est ce nom que me donnent mes parents à la naissance en plein pendant les Dionysies. Vous allez me dire les Dionysies à cette époque . Eh oui… Disons que mes parents sont des païens qui vouent un culte à un ancien dieu, Dionysos. Dionysos, dieu du vin et des excès. Autant dire celui du pinard et des sauteries à plusieurs, les bien grosses... J’ai quelques images fulgurantes venant de ma petite enfance où je vois mes parents et d’autres adultes danser nues autour d’un feu puis jouer à la bête à plusieurs dos, oui pas deux… plus…
    Mais pourquoi ce prénom ? De cela je n’en sais foutre rien, à croire qu’ils savent d’avance que je finirais par dormir dans la rue ou dans l’auge à cochon d’un aubergiste de troisième zone. À croire qu’ils veulent que je devienne un mendiant en m’offrant le même blaze que le cynique de Sinope. Je leur demanderai un jour si je les croise en enfer, de toute façon ils ne pourront être que là d’après nos braves petits prêtres, ceux que mes parents combattent férocement.

    Donc oui, ce sont des païens qui font partie d'une communauté religieuse se trouvant au pays d'Hannan au sud de l'Euphrate. Ils ne sont pas natifs d'ici mais de Grèce, c'est a priori de là que leur vient leur envie de me nommer Diogène. Comment sont-ils arrivés ici? Pourquoi je n'en sais rien et je ne le saurais jamais aussi. Tellement d'énigmes. Il faut dire qu'au final je ne les ai pas trop connu, je ne me souviens même plus de leur tronche c'est pour dire. J'ai quelques souvenirs ici et là, des danses sauvages, des chants qui ressemblaient plus à des cris. Mais presque rien... De toute façon qui voudrait se souvenir des lâches qui vous abandonne à cinq piges? De vrais en... Bref... Passons...

    -------------------------------

    Un jour, je me réveille loin de chez moi, loin d’eux sans savoir ni pourquoi ni comment. Les enfoirés m’ont tout bonnement abandonné. Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça ? À l'époque je n’en sais foutre rien, j’ai absolument tout oublié de ma petite connerie. Ce n'est pourtant rien, juste une gorgée de rien du tout. Une bêtise d’enfant non ? Un peu extrême comme punition l’abandon ? Tant qu’ils y étaient pourquoi pas m’avoir égorgé sur l’autel où se tenait le pinard ? Alors me voilà maintenant seul dans les rues de la ville de Basra, abandonné. Pendant toute une journée je ne bouge pas. Je pleure, je chiale, je pionce, je rechiale… Deuxième jour, je fais pareil, je me pisse même dessus, ouais c’est une habitude, par peur de bouger et que je ne sois plus là quand ils reviendront me chercher. Oui je crois encore que ça va arriver. Le soir une vieille me file un quignon de pain par pitié, le lendemain matin, un marchand me file deux fruits à moitié pourris quand il passe à côté de moi. Je tiens, je ne bouge pas d’un poil. Durant trois jours, je n’ai pas bougé de plus de six pas de mon petit pan de mur de cette rue de la ville. Le quatrième jour je m’effondre.

    Le lendemain je me réveille sous la toile d’une carriole. Une pauvre âme m’a ramassé dans la rue. Plusieurs en fait. Il s’agit d’une troupe d’artistes itinérants composée d’une dizaine de personnes. Ils m’accueillent donc parmi eux, m’adoptent, je deviens donc l’un des leurs. On file d'abord vers Damas, puis ce sera Jérusalem. La troupe est alors constituée des deux ainés et fondateurs, Mama Warda et Papa Ledzep, cantatrice harpiste et joueur d’oud comédien. Il y a aussi Brönn le jongleur, Claudia la comédienne et Horace qui joue de la flûte et qui est aussi peintre. Ils font partie de la seconde génération. Pour la troisième tranche d’âge, Isadora et Pavel les danseurs, Sabin comédien et chanteur. Il y a aussi Jacob qui fait des cymbales, ancien apprenti ébéniste avant qu’il fugue et enfin la petite dernière de trois ans de plus que moi Sarah qui suis formé à la comédie et à la danse. Tout ce petit monde forme la troupe de la Jacinthe Blanche. Je ne parle pas pendant les deux premiers jours, si bien que Mama Warda et Isadora me surnomment le moineau puis je m’ouvre petit à petit à ce qui allait devenir ma nouvelle famille. Les mois passent, on me met au travail. C’est moi qui passe avec l’écuelle parmi les spectateurs pour revendiquer l’obole qui nous fera vivre. Un jour on m’offre une corne dans laquelle je dois souffler dedans lorsqu’on arrive dans une bourgade, dans une nouvelle ville pour dire au peuple que la troupe arrive. Cette même corne sert aussi à marquer le début de nos spectacles par la suite. Deux années passent, j’aide à nourrir les chevaux, je fais le ménage, voir la popote maintenant.

    Mama remarque que je chantonne les airs qu’elle entonne pendant les spectacles, ma petite voix fluette lui plaît. Elle décide alors de me prendre sous son aile du côté artistique. Elle forme ma voix, fait d’elle un soprano et un alto, m’apprend les tierces, les quintes et tout le tralala musical. Les années passent, j’ai mon petit succès, on me file le surnom de Joyeux Pinson. La troupe marche de mieux en mieux. Je grandis, je chante de plus en plus, je suis presque la tête d’affiche de la troupe. Je suis adolescent maintenant, Sarah est mon premier amour, on se pelote dans la paille des chevaux certains soirs. Je me déniaise un soir avec une fille de joie dans un bordel de Sardes payé par le vieux Brönn pour mes quatorze ans. Il faut savoir que je ne buvais pas encore à l’époque, genre je devais boire deux coupes de vin par an. Mama me l’a interdit pour que je garde ma voix et puis de toute façon Papa n’aime guère que la troupe boit trop. J’apprendrai dans quelques années le pourquoi de cela, Ledzep s’est fait bannir de Constantinople à cause de la boisson et de certaines choses qu’il a faites en ayant picolé. Justement Constantinople c’est mon rêve, je veux y chanter mais pour le moment cela m’est impossible. On ne reste jamais longtemps dans un même endroit. Une semaine dans les gros villages, deux semaines les petites villes et maximum deux mois dans les grosses cités. Une fois on est resté six mois à Tyr. Pavel s’était fait emprisonner pour avoir chapardé de la bouffe, il avait pris trois mois de cachot et trois mois de travaux forcés. La Jacynthe Blanche était donc resté en ville pour l’attendre et pouvoir lui rendre visite.

    On bouge on va on vient, de Carthage jusque Sardes en passant par Alexandrie, Jérusalem, Antioche et tout autre cité se trouvant sur ce chemin longeant la mer. Les années défilent. Brönn nous quitte on l’enterre à Sidon. Tarek équilibriste nous rejoint, nous recueillons une orpheline Dina, elle sera formée pour la comédie et le chant par la suite. Ah oui j’ai oublié de vous dire, Mama et Papa n’ont jamais eu d’enfant. Fausses couches et mort-nés furent ce que Warla offrit à ses enfants. C’est ainsi qu’ils commencèrent à recueillir des orphelins, des artistes sans abri, des parias pour leur troupe. Ils se créèrent leur propre famille, celle dont je fais partie.

    -------------------------------

    J’ai vingt ans maintenant, ma voix a mué, changé. J’ai encore un peu d’alto mais je chante vraiment dans le ténor, j’arrive même à descendre au baryton. Plusieurs octaves, plusieurs tessitures j’ai du talent. Diogène le Pinson est connu au sud et à l’est de Méditerranée, j’ai quelques exploits à mon actif. On me propose un contrat à Alexandrie, c’est la chance de ma vie, je quitte la troupe. J’arrive à faire engager aussi dans ce théâtre Isadora et Pavel, je me sens moins seul comme ça. La troupe ne va plus que de Carthage jusqu’à Jérusalem, Papa et Mama veulent garder un œil sur moi sûrement mais l’âge les rattrape. J’ai du succès, j’ai de l’argent, je suis reconnu. On m’appelle le Roi du Contre-Ut. C’est le bonheur ! Le paradis ! Papa et Mama finissent par partir mais ils ont connu mon succès, ma réussite. Cela me remplit de fierté.

    Le succès, l’argent, les sorties et l’alcool. J’ai vingt-cinq ans, je me prends une cuite, une murge, une décalquée incroyable. Je n'ai jamais connu ça j’ai toujours fait attention. Après deux verres, je sentais toujours un truc bizarre, une sensation, un appel, un truc qui me disait de boire, de continuer, de boire ! J’avais toujours réussi à faire fi de ça, mais la non. Cette cuite est spéciale, je tombe ivre mort dans l’auberge. Je pars en crise, j’ai des visions. Je revois mes parents, les enfoirés qui m’ont abandonné. Je vois un temple et des personnes à moitié à poil, les femmes ont les nibards à l’air. Il y a des amphores de vin partout, tout le monde boit comme des trous. Je me vois marcher au petit matin au milieu de tout ce monde-là, entre ceux qui sont ivres morts, ceux qui se dégueulent dessus et ceux qui baisent. Je passe dans la salle d’après, très peu éclairé. Il y a un autel. Sur cette dernière une coupe avec du liquide dedans et de la bouffe. J’ai faim, j’ai soif. Mes parents me n'ont rien filé à becter depuis l’après-midi de la veille, pas de souper, pas de petit-déjeuner. Je m’approche de l’autel, je choppe la coupe d’or et de pierres précieuses et j’y trempe mes lèvres. Je tombe à la renverse. Ce goût ! Ce putain de goût ! Tout me revient en mémoire maintenant. Une présence se fait connaître à moi, pleine de colère, une voix surpuissante qui vrille mes oreilles de petit garçon. Je vois deux adultes à poil arriver, ils sont horrifiés. Je sens une présence derrière moi. La voix résonne.

    « Pour ce crime divin, sois maudit petit être de chair. Quand le bonheur frappera à ta porte, quand tu commettras ton premier véritable excès, la grande soif de Liber tu recevras en don. »

    Il y a un rire, énorme. La salle tremble, des objets tombent et se brisent. Pour le gamin que je suis c'est le dieu de mes parents qui vient de me punir. Mais c'est sûrement le grand prêtre de leur communauté qui vient de me surprendre. Je ne sais pas et je ne saurai surement jamais qui c'était. Je m'écroule au sol, inconscient. Le reste on le connaît, je me réveille plusieurs jour plus tard dans un lieu inconnu.

    -------------------------------

    C’est donc le début de ma déchéance. J’ai envie de boire, je dois boire. J’ai besoin de boire ! Au début j’essaye de me retenir au maximum mais j’ai cet appel au plus profond de moi. J’étanche alors ma soif, vin, cervoise, liqueur tout y passe. Ma carrière en prend un coup. Si au départ j’arrive à me retenir jusqu’à la représentation, ça en devient dur. Je monte sur scène en ayant bu par la suite. Puis ivre. On finit par me virer. J’ai honte, si Mama Warda et Papa Lepzed avait vu ça… Je ne peux même pas rejoindre la troupe, elle n’a pas survécu à la mort du patriarche et de la matriarche. Je me terre dans les rues d’Alexandrie. Je squatte les établissements des riches à la recherche d’une cuvée phénoménale qui se rapproche de la divine coupe que j’avais goûtée. Mais rien n’y fait, rien ne s’approche assez du vin de Dionysos. Je passe ensuite aux tavernes de marchands, puis ceux des marins vers les quais. Presque toute ma fortune passe dans la picole et les prostituées. Je décide de partir, je reprends la route pour Jérusalem, dans chaque ville je m’enfonce dans les ruelles mal famées, où le mauvais alcool coule. Je ne peux plus que me permettre cela maintenant. Je bois, je bois de tout mon soul. Je bois, je me bats, je bois à me vomir dessus. Je suis toujours à la recherche du vin du dieu. Je remonte au nord. Je suis à Constantinople. C’était mon rêve d’y chanter. Et j’y chante. . J’y chante dans les rues tout en faisant la manche quand je ne suis pas assez bourré pour tenir encore debout. Je passe ma vie dans les rues à mendier ou à porter des caisses quand on veut bien de mon aide. Je porte vraiment bien mon premier quand je me réveille dans la rue le matin contre un muret. Quand je ne bosse pas, je traîne dans les tripots et les caboulots de la basse ville. Mon endurance s’accroît, il m’en faut toujours plus. Je bois plus qu’un homme normal pourrait pour moi, sûrement un coup de la malédiction du dieu de l’excès. Je commence à essayer de mélanger la vinasse avec ce qu’il me passe sous la main. Herbes, huiles, poison. Je tente des trucs mais rien… Je renonce même à chercher quand je quitte Constantinople. Je file vers l’ouest. La Grèce, Rome puis les royaumes francs. Je ne suis qu’une loque qui fuit.

    -------------------------------

    Un jour à Marseille, je me réveille dans une cage sans savoir pourquoi. Ce n’est pas la première fois que j’oublie comment je me suis viré dans la merde. Mais il s’avère que pour une fois, le responsable de cela me connaît. Non il me connaissait plutôt. Le gars, un nobliau m’ont reconnu, il sait qui j’étais pour m’avoir vu chanter à Alexandrie. Le mec veut que je chante pour lui, je refuse, on me colle des pains. Il revient quelques heures après, je lui chantonne une ode bien vulgaire à son encontre, on me cogne. Le lendemain pareil mais c’est une chanson paillarde que j’entonne, on me frappe nouveau. Rebelote une autrefois, je ne chante pas et l’accueille en rot et flatulence… Encore deux jours comme ça. J’ai eu le droit qu’à un peu d’eau et du pain sec. Je suis totalement en manque. Je tombe en véritable crise de delirium, je crois entendre une femme murmurer mais c’est inaudible. Je vois des chevaux autour de moi, les crinières deviennent flammes et ils commencent à courir dans le ciel. J’ai perdu la raison, cela ne peut être que cela. Le nobliau revient, il m’annonce qu’il reviendra au coucher du soleil pour sa chanson et qu’il me fera couper la tête si je ne le fais pas. L’après-midi passe, je vois toujours les chevaux courir dans le ciel. La voix murmure toujours je la reconnais c’est Mama Warda. Elle me supplie d’obéir au noble de lui chanter quelque chose. Je crois sentir sa présence, cela me réchauffe le cœur, cela faisait si longtemps que je n’avais rien ressenti de tel.

    Le soleil se couche, il est devant moi, on me donne de l’eau. J’accepte de boire. Je me lève difficilement de ma cage, je fais des vocalises, inutile de dire que j’ai perdue de la voix mais elle reste toujours agréable et bonne, supérieure à monsieur tout le monde. Je frappe contre les barreaux avec ma main et mon écuelle pour donner le rythme et je commence mon art. C’est une reprise d’une chanson que m’avait apprise Mama, je la chantais quelquefois sur scène mais j’en ai modifié les paroles pour ce soir.

    Spoiler:
     

    Le noble laisse couler sa petite larme devant l’artiste déchu que je suis. C’est ma meilleure prestation depuis une décennie. Il veut que je reste à son service mais je refuse. Le gars me file tout de même une petite bourse de pièces et me demande d’y réfléchir. Moi je file droit vers le premier troquet que je trouverai, je suis sec comme un panier d’osier. Je m’enfonce dans une ruelle pour essayer d’aller au plus court et je trébuche comme un con sur une pierre. Je me vautre parterre comme un déchet, de toute façon c’est un peu ce que je suis. C’est alors qu’une voix de femme se fait entendre. J’essaye de la regarder mais je vois que ses pieds enrobés dans des cothurnes. Elle dit s’appelait Terpsichore et être l’une des muses d’Apollon. J’ai envie de rire mais quelque chose bloque ce rire dans ma gorge. Elle se dit avoir été ému par mon récital et que je devrais continuer ainsi. Cette femme, cette muse me dit qu’il est temps que je m’éveille et que j’ai un rôle dans cette fin de cycle. Elle continue, me dit que je jouerais du cor pour Apollon que je serais sa corne. Cela me rappelle quand je soufflais dans ma corne petit pour annoncer notre arrivée dans une ville, nostalgie… Je secoue la tête, tente encore de la lever mais je suis trop faible pour ça. Je ne sais pas si je suis encore en plein delirium ou si c’est la réalité, d’un côté je me dis que ça peut-être que mon cerveau qui vrille par le manque d’alcool. Mais lorsqu’en pleine nuit, la ruelle s’éclaire comme en plein jour pendant l’été, je comprends qu’elle dit la vérité, en moi se crée un déclic et j’accède petit à petit à des connaissances qui m’étaient alors complètement inconnues. La lumière s’éteint tout comme moi. L’inconscience… Je me réveille le lendemain au lever du soleil. Je regarde l’astre luisant sortir du sol pour venir éclairer cette nouvelle journée, nouvelle comme moi je suis nouveau. Me voilà un Oracle, l’Oracle de la corne… Quel merdier ! Je me relève, il est temps d’aller déjeuner. Omelette et cervoise seront au menu ce matin, on ne se refait pas. J’ai beau être un Oracle maintenant, la malédiction de Dionysos est toujours présente en moi. Après ma collation matinale, j’achèterai un cheval et des provisions, je devais prendre la route…


Et vous, qui êtes vous ?

    Age : Pareil
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    [b]DRAGON AGE[/b] → [i]Edmond Trevelyan[/i] est [b]Diogène[/b].
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    Comment avez-vous connu le forum : DC



En chaque homme il y a le meilleur mais aussi le pire. Le problème, c'est de cultiver le meilleur et d'éliminer le pire.

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DiogèneDiogèneArmure :
Oracle de la Corne

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Diogène, Oracle de la Corne G-bleu1000/1000Diogène, Oracle de la Corne V-bleu  (1000/1000)
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Diogène, Oracle de la Corne G-rouge1200/1200Diogène, Oracle de la Corne V-rouge  (1200/1200)
CC:
Diogène, Oracle de la Corne G-jaune1100/1100Diogène, Oracle de la Corne V-jaune  (1100/1100)
Message Re: Diogène, Oracle de la Corne   Diogène, Oracle de la Corne EmptyLun 25 Mai - 18:56
Présentation finie.

Merci d'avance.


En chaque homme il y a le meilleur mais aussi le pire. Le problème, c'est de cultiver le meilleur et d'éliminer le pire.

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CuchulainnCuchulainnArmure :
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Diogène, Oracle de la Corne G-rouge240/240Diogène, Oracle de la Corne V-rouge  (240/240)
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Diogène, Oracle de la Corne G-jaune356/356Diogène, Oracle de la Corne V-jaune  (356/356)
Message Re: Diogène, Oracle de la Corne   Diogène, Oracle de la Corne EmptyLun 25 Mai - 19:22
Hello ! Je te valide au Rang 4 d'Eveil avec 18 PC

Notons que tu as donc une malédiction de Dionysos sur les épaules, et donc quelques ennemis potentiels en Orient.

Pour la Muse, j'aurait préféré plus de l'inspiration d'une apparition claire et nette de la Muse. C'est possible en effet vu ce qui est noté dans les Présentations des Oracles mais c'est au plus simple dirons nous.

Quelques expressions un peu hors cadre, c'est dommage, cela nuit à ton récit je trouve.

Sinon, à part ces quelques remarques, très agréable à lire et très fluide.

Cuchulainn


Diogène, Oracle de la Corne Unknown
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Diogène, Oracle de la Corne
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