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Février 553 AD (Jusqu'au 30 Septembre 2020)
 
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 [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)

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Message [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyVen 22 Mai - 19:36
Où es-tu petit Chaperon rouge ?
Tu n'oserais pas dire non ?


L'étrange promenade dans les forêts ombrageuses de Transylvanie m'avait faire rencontrer cet étranger du nom de Zvezdan. Rencontre étonnante. Après avoir rejoint la caravane, je continuais de m'amuser et chanter avec la troupe. Nous arrivâmes dans un petit village, des pauvres hères écarquillèrent les yeux à la vue des étrangers. Oh non pas de joie mais plus de peurs et aussi de suspicions assez lourdes. Je ressentais que les visites étaient peu appréciées. Amusé par la situation, les saltimbanques avaient commencé à installer leurs étals et la petite scène pour notre spectacle.

Testant les instruments de musique, les enfants venaient nous voir régulièrement. Au moins, au contraire de leurs parents, ils étaient capables de curiosité. Quelques tours de magie, on amusait les enfants de nos arts secrets. D'autres compagnons, dresseurs d'ours et de loups, faisaient déjà quelques spectacles aux rares villageois venus nous voir. Il allait être difficile de faire ici sa pitance. Soupirant, on continua de mettre en place tout ce qu'il fallait et après une longue journée, on installait de grands feux et certains partirent à la chasse. Deux chevreuils furent ramenés et il était temps de faire cuire cela. On invitait même les habitants à participer à nos festivités.

Lentement, ces derniers devinrent de mois en moins méfiants. Les danses fantasques amusaient alors que les dames montraient tout leur éclat par des poses lascives, telles ses muses de l'antiquité grecque. Serviles, des hommes se rapprochaient d'elles en espérant quelques parties agréables. Mais, c'était oublier qu'elles étaient avant tout des artistes, la séduction, l'art de l'amour demandait énormément de patience. Aphrodite elle même n'aurait pas été affecté par une telle vie...

Pendant que les cerveaux se balançaient dans les vapeurs de l'alcool et des amusements, un petit chaperon rouge s'était approché, curieuse ?




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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyVen 22 Mai - 23:23
Une silhouette menue allongée à même le feuillage et l’humus. Il fait si froid… Des douleurs dans chaque parcelle de son corps. Si afflictif… Comme de se faire ronger de l’intérieur… de petites fourmis carnivores circulant en lieu et place de son sang, déchirant les parois de ses veines… microscopiques. La soif, d’accentuer la peine. Car l’air circulant dans la trachée donne l’impression de constituer des milliers de lames très fines. Les lèvres asséchées. Le vent relève ci et là sa chevelure de jais. La tête péniblement tournée sur le côté, la lueur lunaire lui laisse apprécier le cendré de sa main à même son champ de vision.


Qui est-ce ? Cette main… si proche… à qui appartient-elle ? De baisser doucement les yeux orangés… Rien. Pas signe d’une autre carcasse étendue à ses côtés. Des tressautements au niveau des doigts. C’est… cette chose est vivante ? L’expression harassée, une étrange lueur luit dans son regard en se rendant compte que ces doigts s’agitant fébrilement étaient les siens. Qu’est-ce… Une crispation sur ses lèvres. Dans son ventre, une énergie de naître pour exploser en son sein. Se redresse son torse. Une force appuyée contre son genou, pour l’aider à se relever. Debout, le vent vient mordre sa chair, glacial. Ses plaies sur son corps, de se réveiller. Pas à pas, elle s’avance, en proie à la perdition.

Tout autour, elle regarde. Les arbres. Le mouvement des branches en pleine nuitée. Les bruissements des buissons. Les formes que dessinent l’imagination par le jeu d’obscurité. Elle marche… chancelante. Que fait-elle ici ? Une image de lui venir. Le buste dépouillé de sa chair, les viscères à l’air, ce visage livide, ensanglanté, la figure déformée par la douleur. Ce visage… celui de Maïwenn. Que s’est-il passé ? Maïwenn… Sa propre sœur… Qui ? Qui a pu faire ça ? Une céphalée de lui prendre soudainement. La main portée contre la tempe. Ça tape et résonne, de plus en plus fort. Le genou contre terre, à se tenir le crâne… sa tête, sur le point d’exploser. Saletés de visions… de qui viennent-elles ? Ces petites mains qui arrachent les boyaux, déchirent l’estomac, font ressortir ce que le corps peut produire de plus visqueux et collant. Qui… Qui ? Sa main de réapparaître devant ses prunelles orangées. Un frisson. Les siennes ?

Des réminiscences… Mais c’est impossible… Comment aurait-elle pu ? Ça ne peut être… Ses jambes de reprendre leur marche, de trottiner, maladroite. Les pieds nus sur la ronce. Les branches lui frappent de partout et esquintent encore un peu plus sa peau. Seulement, la douleur semble avoir disparu, secondaire quand des réminiscences venaient étouffer sa raison. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est impossible… L’acouphène de déranger ses sens, tardant à remarquer des présences alentours. Alors, elle détourne son attention à droite, pour y trouver une paire de yeux réverbérant doucement la lumière de la lune. Cette fourrure. Ce museau. Ces grognements menaçants. Un loup. Non, pas un seul. La petite fille tourne une fois sur elle-même, cernée par une meute. À peine le remarque-t-elle que sa course reprend, emportée par l’instinct le plus primaire. Cette sensation… la même qu’avant de rencontrer cette créature… Arachné…

Pourquoi y pense-t-elle maintenant ? Cet écho faisant d’elle un animal… une proie, la plus déshumanisée. Elle ne veut pas… Pas comme ça… Et pourtant… N’est-ce pas là un châtiment approprié ? Un poids sur son dos, très lourd, la ramenant au sol. Des crocs se fichant dans sa gorge. La pression de cette mâchoire… Si insupportable. Une même douleur sur son tibia. Les griffes commençant à l’écharper. Désorientée. Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qu’il se passe ? La panique l’emporte. À moins que ce ne soit qu’un rêve ? Oui… elle va bientôt se réveiller, c’est obligé… Ce cauchemar est sur le point de prendre fin. Mais a-t-elle déjà eu si mal dans ses songes ? Ça a l’air si réel…

Parasite… Hypocrite… Tu l’as tuée… Tu les as tous dévoré… La dernière sur la toile, ça a toujours été toi. Et à présent, il ne reste plus personne devant toi. Finies les échappatoires. Tu n'es qu'un morceau de viande et d'os. Petit monstre réduit à l’état d’herbivore sans défense. Et pourtant… des griffes et des crocs, n’en possèdes-tu pas ? Faut-il que tu continues de t’entretenir dans cette Mascarade d’innocence ? Tu es cette meurtrière. Tu es cette prédatrice. Et ces loups, tes proies.


Que file le sang, le cosmos immergeait doucement son petit corps. Ce collier autour de son cou, de s’animer d’une étrange lueur. La cuirasse, de la couvrir. Un premier jappement venant de la première bête ayant embarrassé son dos. L’un de ses fouets venait de lui transpercer les côtes. Dans le même temps, un hurlement strident s’échappait des lèvres de la fillette ; désespérée, enragée. Une scène de violence extrême, où l’horreur changeait rapidement de camp. La proie était devenue la prédatrice, et vice versa. Ses crocs passant le cuir épais de son gibier, pour se gorger de ce fluide carmin, s’en abreuver, toujours plus. Ses blessures, de se régénérer partiellement, imparfaitement. Mais bien trop rapidement pour une simple humaine. Un monstre.

Chancelle, cette créature humanoïde. Trébuche quelques fois contre les racines. Se relève, désarçonnée, le regard creux. Ses épaules s’allègent alors de cette armure qui l’avait si longtemps dominée. Qui est-elle ? Que fait-elle ? Que se passe-t-il ? Pourquoi… Pourquoi faut-il qu’elle souffre tant ? De la lumière… De la chaleur… N’importe quoi qui la détourne de cette impression crasse… de n’avoir jamais été humaine… Elle se prend de rêver, d’espérer. Quelqu’un, n’importe quoi… Alors, émerge devant ses yeux, une lueur onirique. Est-ce réel ? Des voix… Non, des chants. S’avance, sa silhouette fébrile. S’approche, de cette animation. Des ombres dansantes. Habillée d’une simple robe paysanne, déchirée. Des prunelles orangées qui illuminent doucement dans l’obscurité. La chevelure de jais. Les pieds nus. La peau cendrée. De nombreuses blessures sur le corps. Des plaies, des morsures, des griffures, des estafilades. À se demander comment elle pouvait toujours se tenir debout. Le sang recouvrait ses vêtements, sa peau. Le regard creux.

Toutes ces formes, si floues. Est-ce le rêve qu’elle attendait ? Si doux. Si chaleureux. Elle n’entendait pas bien, mais ces sons… Elle les reconnaissait. Si familiers... Si enviés... De la joie. De la simplicité. Des émotions qu’il lui avait toujours manqué. Qu’elle n’avait fait qu’observer. Elle s’en approchait, se dégageant des bois pour rejoindre cette troupe. Sans doute, son apparence sèmerait-elle du grabuge. De cela, elle n’en savait rien. Seulement, ces mêmes ombres, si floues, toutes autour. Que faisaient-elles ? Que disaient-elles ? Existaient-elles vraiment. Des visages de se confondre avec la réalité. Maïwenn ? Était-ce elle ? La lumière, de devenir plus vive. Des couleurs, de s’entremêler par-delà le voile de ses pupilles pendant qu’elles se levaient, passant sous les paupières. Son corps, de s’effondrer de tout son poids.

Le chaperon rouge avait bien failli se faire dévorer tout cru par le grand méchant loup.


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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptySam 23 Mai - 0:01
Danse, feu crépitant, tout le monde s'exténuait au son des instruments de musique. L'ambiance était heureuse en ce début d'été. Tout le monde oubliait un peu les durs labeurs de la journée. Rien n'allait fort pour eux, ils voulaient reprendre un peu de cette vie qu'ils avaient oublié. J'étais heureux de ne pas m'ennuyer, de tout oublier dans une farandole endiablée. Soudain, un froid. Plusieurs personnes crièrent devant une jeune femme au teint cendré. Elle venait de tomber, ventre contre terre.

Je fis signe aux musiciens de continuer alors que j'invitais les enfants à aller voir les magiciens d'un geste amical. Puis, je détacha la fibule de ma cape afin de la poser sur elle. Enveloppée dans une cape rouge, le petit chaperon était relever doucement avant de l'amener à l'arrière d'une roulotte. Vérifiant son état de santé, je sentis un léger mouvement de son coeur. Elle vivait. Soufflant de satisfaction, je profita de son sommeil et pris quelques victuailles avant de revenir vers elle. Cette peau était singulière... Je n'avais jamais vu une "peau" aussi étrange. Un cosmos ? Non, je ne ressentais rien de spécial. D'où venait elle ? Qui l'avait blessé ? Je pouvais voir un peu de sang sur sa robe. Pensif, je savais que les Berserkers n'étaient pas loin de cette région et j'espérais que cela n'était pas de leurs faits.

Je posais les victuailles sur une petite assiette en bois : trois pommes, un morceau de chevreuil et du pain au miel. Le regard un peu perdu, je pris une serviette et la trempa dans une bassine d'eau. M'agenouillant, je lui nettoyais le visage et retirais les feuilles mortes dans ses cheveux, ainsi que les brindilles entremêlées. Je ne savais pas quoi faire d'autres et ne comptais pas laisser les autres enfants lui faire du mal. Je savais que la nature humaine n'appréciait pas ce qui leur était étranger.

Cherchant dans ma sacoche, je pris une flute à bec et commençais à y jouer tranquillement. La musique était douce, apaisante. Soudain, elle trembla un peu. Elle se réveillait. Assis à côté d'elle, je lui demandais comme un chuchotement.

" Bienvenue dans le monde petite demoiselle ! "

La musique et les chants continuaient en arrière plan, la scène était en place. Il était temps que le premier acte s'accorde avec les forêts ombrageuses.




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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyDim 24 Mai - 21:56
J’ai froid… Si froid. Pourtant, ne suis-je pas entourée de vie ? Je les vois, se constituer en des agglomérats de foyers. Ce garçon pour qui la destinée a voulu qu’il trouve femme et fonde une famille. Comment s’appelait-il ? Où était-ce ? Il n’avait rien. Seul. Pourtant, était-il inquiet ? Non. Il travaillait la terre, s’occupait des corvées, suivait la tradition. Ses articulations pouvaient être liées à un marionnettiste que cela serait revenu au même. Il ne pensait pas. Il avançait, simplement. Et sur sa route, on mit ce que le monde avait préparé pour lui. Cette vieille madame, n’est-ce pas pareil ? Je la vois, sur ce banc, décrépie, à contempler le même paysage, ses nuances de saison en saison. Elle n’avait plus aucune utilité sociale. Et pourtant, sa progéniture de s’occuper d’elle. De lui parler. Tant d’anecdotes qu’elle entendait… Elle souriait, avec cette expression insondable que l’on prête souvent aux anciens. Elle voyait devant ses yeux son œuvre. Sa descendance. Des personnes qui se souviendraient de son nom, quand bien même elle avait perdu. Ses parents. Ses frères et sœurs. Son mari. Ultime survivante de sa génération. Seulement, cette chaleur ne l’a jamais quitté. Je n’en ai rien vu en tout cas.

Je les ai vues, toutes ces personnes qui pouvaient bien manquer de richesse, mais qui possédaient quelque chose de si précieux, de si naturel… Comment font-ils… Cela a l’air si facile à les observer… comme de cueillir une pomme. Alors pourquoi… pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? Tout ceux que je rencontre finissent par disparaître. Aucun de ceux que j’aime ne se souvient. Il n’est que des étrangers. Des fantômes me guettant sur mon chemin, pauvre instrument à leurs ambitions égoïstes. Je ne veux plus survivre… Je ne veux plus m’évader de la réalité. Me dessiner ces songes idéaux. Ces mensonges. J’en ai assez… Je veux vivre. Je veux toucher du doigt la simplicité de la joie. La chaleur d’un regard désintéressé. Celui que peut nous renvoyer un parent. L’ai-je déjà ressenti ? Au plus loin que je me rappelle, il est ce visage glaçant. Finis ton assiette… me disait-elle, avant d’enfoncer sa lame dans son cou. De se vider de son sang, la peau livide, sans que son regard glacial ne se détache du mien. Je suis fatiguée de cette Mascarade… si fatiguée...

Pourquoi faut-il qu’elle m’ait choisi, cette sorcière ? Pourquoi faut-il que je sois devenue si différente ? Je n’ai jamais rien demandé de tout ça. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je serais comme les autres. Insignifiante. Mais je vivrais comme je suis née, en une petite fille, une adolescente, une femme, une vieillarde… Ce corps inhumain ne cesse de me rappeler ce que je ne posséderai jamais. Un avenir. Pourquoi… Pourquoi faut-il que la mort me colle à la peau ? Je ne le supporte plus… Je me déteste… Je veux en finir, m’échapper… Renaître.

Pauvre sotte… Ignores-tu où finissent les gens mauvais ? En enfer. Là où on ne se relève jamais. À jamais, enchaînée à la chair. Tu ne seras jamais libre. Tu ne l’as même jamais été. C’est ainsi. Il est des êtres qui ne sont nés que pour être châtiés. Des damnés. Personne n’a voulu d’eux. Pourtant, ils existent. Pourquoi, me diras tu ? Pourquoi faut-il donner une raison à tout, franchement… N’es-tu pas toi-même une créature capricieuse ? Ton semblant de « bonté » ne s’affiche qu’à l’instant où quelque chose te fait tant défaut que tu en souffres. Penses-tu que cela soit sain ? Tous ne vivent que pour eux-mêmes. Toi, tes victimes, tes bourreaux. Tous. Ils peuvent bien aider, donner, s’oublier, ils le font avant tout pour eux. Hypocrites ignorants de leur véritable nature… Maudits les, tous ces êtres méprisables qui se permettent de te juger. À leur contraire, tu ne possèdes rien. Alors voles. Tues. Dévores. L’enfer est sur terre. La chair emprisonne l’esprit. Les désirs commandent l’âme. Suis seulement le sang. Car à la fin, le sang te commande. Le sang est Tout. Je t’en prie… Petite imbécile… Ne gâches pas ton passage sur terre… Il n’est pas de passion plus ennuyeuse que celle du renoncement.

Si glacial… Je le pensais… jusqu’à cet instant où je sentis en mon cœur une chaleur doucereuse. La douleur qui m’assaillait s’apaise, sans que je ne comprenne. Mon esprit se tranquillise, enivré par un bruit agréable résonnant dans mes pensées, jusqu’à constituer une mélopée comme je n’en entendis jamais. Cette émotion… Cette paix… Je veux que cet instant dure à jamais…

À peine se vœu énoncé qu’une voix susurrée vient caresser ses tympans. La bienvenue lui était souhaité. Doucement, ses paupières s’ouvraient. Des lumières lui apparaissaient pour plus tard représenter des formes, puis des traits ; une figure. Bientôt, un bruit de fond lui parvenait. Une fête, selon toute vraisemblance. Un frisson. Elle veut se relever, mais sitôt s’éveillent les lacérations sur sa chair. Les blessures encore vives. Une grimace. Elle a mal. Bien trop mal. Alors, elle reste ainsi, se repose. Ses prunelles orangées rencontrent celles de cet homme, perdues.

– Je… C’est quoi tout ça ? Où je suis ? Qui vous êtes ? Je… Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

En d’autres circonstances, sans doute se serait-elle laissée emporter par la panique. Cependant, ici, elle se sentait en sécurité. Ou plutôt, elle ne ressentait pas d’hostilité. Une impression rare, bien éloignée de son quotidien, au point d’en devenir irréelle. Rêvait-elle ? Une crispation.

– C’est ça ? La mort ?

Prenant conscience de cette possibilité, son regard s’éclairait d’une lueur qui pouvait étonner, à la considération de ce qu’elle venait de dire. La mort…

– Est-ce que ça veut dire que je suis libre ? Enfin ?

Funeste espoir d’un chaperon rouge qui aurait mieux fait de se laisser écharper.


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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyLun 1 Juin - 11:03
La mort ? J'avais bien entendu ? Un sourire aux lèvres, me demandais de quel enfer elle sortait pour s'être mis dans un tel état. Libre ? Réfléchissant aux environs, je me demandais de quelle prison elle pouvait sortir. Je pris une pomme et la lança dans sa direction. Tournant la tête sur la droite, j'observais les amis en train de danser et s'amuser près du foyer du campement.

" Non. Tu n'es pas morte ! Je suis le Cuchulainn et tu viens d'où comme ça ? "

Le sang sur ses vêtements. Elle avait été visiblement blessée mais par qui ? Pourquoi ? Elle avait l'air choqué et d'un signe, je fis signe à Antonius - un de nos hommes d'arme - d'être prudent pour l'occasion. On savait jamais avec ces régions, il fallait craindre le pire. La couleur des yeux de l'inconnue m'interrogeait aussi, c'était pas commun... Soupirant légèrement, il fallait que je sache au moins qui elle était.

" Et tu t'appelles comment ? "

C'était une manie d'arriver devant les gens sans se présenter. Enfin bon, tombée comme un sac de pois chiche sur le chemin, limite en sang, c'était une coutume locale qui m'interrogeait. Je savais qu'Arès avait eu dans le passé une certaine influence dans la région. Je m'asseyais.

" Tu es libre oui, je te rassure. "

Libre. Oui. La question se posait pour son geôlier. Son teint grisâtres indiquaient qu'elle avait peu connu le soleil... Pour l'instant, je ne voulais pas en dire plus, je la laissais se restaurer sur le petit repas qu'on avait prévu pour elle. J'allais pas abrutir une gamine de questions ce soir, c'était pas trop le style de la maison. La soirée faisait que commencer après tout...



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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyMar 2 Juin - 21:28
Se sortant progressivement de la prison de ses affectes, l’Araignée intégrait les informations sensitives qui circulaient dans son environnement. La lueur de ce feu qui éclairait des personnes en pleine procession. Que faisaient-ils ? Sitôt se posait-elle la question qu’une pomme frappait contre son buste pour retomber au sol et rouler à quelques centimètres de là. L’homme lui faisant face, il lui souriait. Qui était-il ? Sa réponse… On se serait attendus à lire un ample soulagement sur son visage enfantin. Au contraire, celui-ci se décomposait brusquement, pour ne plus montrer aucune émotion. Au regard qu’elle lui renvoyait, on aurait pu y voir un cadavre. Une attitude pour le moins inquiétante, contrastant de beaucoup avec la joie qui s’épanouissait tout autour.

Bientôt, des larmes parurent lui monter aux yeux. Dans quelques instants, on se serait attendus à ce qu’elle craque. Mais au lieu de cela, un sourire se dessina soudainement. Évacuées la peur, la tristesse et le désespoir. Dans le même temps, ses blessures se refermaient à une vitesse inhumaine, de quoi lui permettre de se dégager de sa posture alitée pour aller ramasser la pomme par terre. Croquant dedans à pleine dents, la fillette semblait observer d’un œil nouveau les saltimbanques en présence, avant de revenir vers son interlocuteur. Derrière ses prunelles orangées se lisaient une forme d’intensité dominée par la curiosité.

– D’où je viens ? D’un endroit que je te déconseille de visiter, pour ton propre bien.

Prenant une nouvelle bouchée, elle laissait entendre ses bruits de mastication, désinvolte. Distraite, l’ambiance devait l’entraîner dans de légers pas dansants. Esther s’adaptait, artificiellement, à ce qu’elle voyait et ce, au mépris de ce qu’elle avait montré. La voix chantante, elle donnait son nom.

– Je m’appelle Esther !

À peine déclina-t-elle son identité qu’elle gagnait en assurance dans ses mouvements, se laissant aller plus franchement dans ses pas de danse, faisant se balancer ses bras, sautillant avec une maladresse si assumée que cela lui faisait gagner en élégance.

– Tu as raison, petit papillon de nuit ! Je danse et me balance au bout du fil ! Je vole ! Libre ! Si libre ! Comment cela a-t-il pu m’échapper si longtemps ? C’est impensable !

Tournoyant sur elle même, une silhouette apparut fugacement dans son champ de vision, à la lisière des bois. Un sentiment de familiarité. S’arrêtant brusquement, elle manqua de perdre l’équilibre. Là où son regard avait vu cette femme, ne se trouvait plus personne.

– Aubrée ? C’est toi ?

Aucune réponse. Et en dépit de ce silence éloquent, l’enfant, de s’entretenir dans son délire.

– N’aies pas peur ! Viens ! Approche !

Invitant d’un signe de main une forme invisible, elle s’arrêta net. Sa poigne relâchait la pomme à moitié entamée. La posture plus affable. Le sourire évanoui. L’expression placide. Elle se tournait vers l’homme qui l’avait sauvée. Le considérant de haut en bas, l’Araignée le jaugeait manifestement.

– C’est donc à vous que je dois sa survie. Comment pourrais-je vous en remercier ? Monseigneur… Cuchulainn ?

Sa voix était devenue plus douce, maîtrisée, froide. Prenant en considération la petite fête improvisée sur le territoire d’Arès, Esther prenait un air circonspect.

– Avez-vous conscience d’avoir allumé feux, déposé charrettes et reposé gens dans la gueule de la Bête ? Un homme de votre nature ne devrait pas l’ignorer.

Effectivement, cet inconnu dégageait un quelque chose de particulier. Rien de comparable avec le commun des somnambules. Du cosmos. Une nouvelle recrue pour l’armée d’Arès ? Son profil ne correspondait pas vraiment avec ce que l’on pouvait attendre d’un Berserker… Enfin, il cachait peut-être son jeu.


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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyMar 9 Juin - 0:59
Un papillon. Elle était comme de ces papillons évanescents qui évoluaient au fil des semaines. Je ne saurais dire l'étrange impression qu'elle me donnait, j'avais l'impression de rencontrer une forme enfantine de ce qu'aurait pu être la vieille folle, qui avait été mon maître. Pensif, je la laissais s'habituer à son environnement et une phrase me fit tiquer. Des rumeurs aussi folles les unes que les autres parlaient ici du "Dédale", d'un lieu aussi mystérieux qu'invisible au commun des mortels. Et cette petite... Elle n'avait rien de naturel.

Un miroir. Il existait ce genre de choses quand on regardait l'eau cristalline d'un lac. Elle me faisait penser à ça quand je la vis lentement s'approprier l'ambiance de la fête de notre compagnie. Libre, fugacement douce et menaçante en même temps dans ses mots. Puis, vint cette histoire d'Aubrée... Je me tourna évidemment dans la direction que l'on m'avait proposé et ne vit rien. Mais qu'était ce que ... Alors que cette ombre invisible s'approchait, la menace voilée fut de retour. La Bête. Je devais dire qu'elle savait attirer l'attention et qu'avoir ce genre de petits spectacles serait pour le moins appréciable.

" Esther est un très beau prénom. Sois en fier ! Mais ne t'inquiète pas, j'ai conscience de certaines choses mais il me faudrait quelques précisions... Un lieu ? Aubrée ? Tu me dois rien, tu n'es pas obligée de répondre. Je ne demande jamais rien. Si tu vis pleinement ton existence ca m'ira ! Mais un point attise tout de même quelques questions, qui t'a blessé ? "

J'avais conscience qu'elle était une Eveillée et vu ses propos, je comprenais plus ou moins son affiliation. Mais dans le doute, préférais m'en assurer. Cependant, son état... Qui avait été le connard qui l'avait mis dans un tel état ? Je ne comprenais pas comment on pouvait s'abaisser à de tels comportements. A ce moment là, mes pensées allèrent vers mon ancien mentor qui ne disait que pis que pendre des Mortels. Voyant ce qu'on avait fait à Esther, je ne comptais pas laisser le criminel en fuite. La vengeance et la rancune étaient certainement mes pires défauts.

" Ta réponse est importante. Chez moi, toucher un enfant est un sacrilège, la jeunesse appartient à l'innocence... Pour le feu et les charrettes, je m'en cogne un peu. On ne fait pas de mal à quiconque et nous savons nous défendre, ne t'inquiète pas ! "

Aubrée. Bonne question tiens ! Je ne savais pas de qui elle parlait, une soeur ? Un trouble après ses blessures, je craignais le pire.

" Tu étais avec Aubrée quand tu as été blessé ? "

Inquiet, je me demandais bien en effet dans quelle gueule du loup j'étais tombé. Cuilan sentit mon trouble profond et s'approcha dans les fourrées, il était lui aussi sur ses gardes. Par contre, pourquoi il refusait de s'approcher ? Il restait à l'écart de façon indubitable. Pourquoi ? Encore un mystère. Le serpent dansait quelque part et je comptais bien lui couper la tête. Je pris un peu d'eau et le servit dans un verre de bois à la petite Esther, j'espérais qu'elle puisse me répondre. Qu'elle en ait la force.



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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyMer 10 Juin - 20:39

– Oh ! Le compliment me va droit au cœur ! J’avais bien dit à mon époux qu’écouter les conseils de ce prédicateur serait de meilleur aloi pour notre tendre fille !

Le sourire de convenance, il faudrait un moment pour réagir à la question que son interlocuteur venait de lui poser. Il lui demandait qui était cette Aubrée. Allons… n’était-ce pas évident ? Elle lui aurait bien répondu au tac au tac, mais sa timidité à cueillir les réponses recherchées l’amusait secrètement. Quant à savoir qui l’avait blessée, la Tarentule dessinait un arc de cercle en marchant, retrouvant subrepticement une attitude plus guillerette. À nouveau, les structures de ses pensées changeaient. Portant le doigt sur les lèvres, elle regardait en l’air, songeuse. Qui l’avait blessée, déjà ? Mais oui ! Frappant du poing sur la paume, ses prunelles orangées rejoignaient celles de Cuchulainn.

– Je me souviens ! C’était les poilus ! Des animaux à la grande gueule, aux longues griffes et aux crocs acérés ! L’un d’eux m’a prise au cou, un autre au mollet… si je m’étais pas défendue, ils m’auraient mangée toute crue ! Personne ne veut se faire manger. Ils avaient qu’à pas m’embêter ! C’est leur faute s’ils sont morts maintenant, tu n’es pas d’accord ?

Pour un peu, on verrait dans cette petite histoire une réécriture du petit chaperon rouge. Et l’héroïne avait ici un rôle bien plus macabre qu’on aurait pu l’anticiper. Chaque fois qu’Esther avait parlé d’une de ses blessures, elle montrait à son vis-à-vis l’endroit, découvrant ci et là des espacements de chair où ses vêtements avaient pu être déchirés, imbibés de sang, mais où la chair ne donnait pas signe de la moindre plaie. Décidément, ses facultés de régénération avaient grandement progressé depuis que… Depuis que quoi déjà ? Rebelote, on la retrouvait à se perdre dans ses réflexions, un peu maladroite dans sa démarche. Ne venait-elle pas de manquer de trébucher sur une racine alors qu’elle se déplaçait à gauche à droite ? Enfin, son environnement proche ne l’intéressait pas vraiment. L’essentiel se passait dans la tête. Il suffisait du plus petit stimulus pour que son identité change, de sorte à suggérer une forme de folie.

La jeunesse appartient à l’innocence ? Mais de quoi il parlait lui encore ? Il se moquait de perdre son convoi ? Mais à quel jeu il jouait au juste ? Aubrée ? Mais il est complètement stupide ? Regardant la coupe en bois de cet homme, l’expression d’Esther se fit soudainement plus incisive, chassant d’un revers de main le récipient pour répandre son contenu par terre. Le sourire mauvais, elle l’observait avec un franc mépris.

– Pauvre imbécile ! Ne vois tu pas quel pantin tu fais à boire ses paroles ? Cette chose est complètement fêlée ! Sur un coup de sang, elle m’a tuée ! Cette crevure… après toutes ses promesses… Tends lui la main, laisses toi visiter par ce venin putride, et tu seras fiché sur sa toile dégueulasse comme un gros débile ! À moins que tu veuilles crever comme le dernier des chiens errants ? Vu la considération que tu portes à la sécurité de ta bande de demeurés, je ne serais pas étonnée !

Hautaine, son visage se défigurait brusquement, des larmes venant couler le long de ses joues, désespérée. L’énergie de ses appuis paraissaient s’être évanouies en un instant, tombant à même la terre. Des gémissements, de se faire entendre. Des sanglots.

– Pourquoi… Pourquoi tu es si méchante… C’est pas moi… Je ne voulais pas…

Elle ne le voulait pas… Revenait-ce à accepter la réalité de son crime ? Mais… Non… Elle n’y était pour rien… Innocente… Jamais de la vie elle n’aurait désiré cette fin… Et pourtant, ces images, de lui revenir. Ce sang. Leur sang à tous. Et en filigrane, ce regard, de la toiser froidement. Se sentir transpercée. Une douleur insupportable. Se tenant la tête, le front à même le sol, l’Araignée n’en pouvait plus… à bout… Elle suppliait… pathétiquement…

– Maman… Je t’en prie… Pitié… Laisse moi… Je n’en peux plus…

Dans sa cage thoracique, un battement cardiaque venait la secouer. Les yeux écarquillées, elle tournait vivement sa figure terrifiée vers Cuchulainn. Voûtée, elle le regardait à l’instar d’une aveugle. À cet instant, ce n’est pas lui qu’il voyait.

– Toi… Qu’est-ce que tu regardes ?! Je n’ai rien fait ! Je le jure ! Ce n’est pas moi ! J’ai rien fait ! Rien ! RIEN RIEN RIEN !

Tétanisée, des tremblements parcouraient chaque parcelle de son corps. En panique, ses prunelles balayaient frénétiquement l’environnement. Ce feu. Ces personnes. Cet homme. Les charrettes. La forêt. La lune. Ces ombres. Ces formes. Leur regard. Ils la regardaient tous. Qu’ils cessent. Se recroquevillant au sol, elle se mordait la main, emportée par une fureur ineffable. Du sang, de s’échapper de ses crocs. Une bête sauvage qui cherchait tant bien que mal à se canaliser.


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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyLun 15 Juin - 15:24
Le récipient vola dans les airs avant de répandre son contenu dans la terre humide. Un frisson parcourait mon corps, je mis quelques instants afin de comprendre comment la situation avait pu se détériorer ainsi en quelques secondes. Peu de temps avant, elle avait montré ses blessures avec une normalité alarmante... Si j'avais été dans une autre région du monde, me serais demandé si j'étais pas tombé sur un monstre ancien des mondes souterrains.

Me relevant lentement, sur mes gardes, je continuais de l'observer. Le ton, la colère, la peur, "Maman"... Tout semblait se mélanger dans la psyché de cette petite fille. La seule chose dont j'étais sûr, c'était qu'elle était issue d'un autre monde que le nôtre. Et... Par les anciens Dieux.... Voilà qu'elle était maintenant en position en train de sucer son pouce. Enfin se mordre le pouce, façon de voir les choses... Perturbé, je me déplaça lentement afin que la scène ne soit pas perceptible par mes compagnons à une dizaine de mètres de là.

Je repris le bol et le posa sur un coin de la roulotte.


Puis, je pris ma harpe accrochée sur l'un des pans de la roulotte et me mis à jouer. La musique était douce, apaisante. Lentement, chaque note résonna dans les environs. Les danseurs s'arrêtèrent les uns après les autres, les musiciens s'arrêtèrent aussi peu à peu. Ma musique enveloppait peu à peu chaque personne dans un profond sentiment de nostalgie et de mélancolie.

Comme des bras enlaçant les épaules d'un ami cher, la musique était en train d'apaiser les peurs et les craintes. En pinçant chaque corde, je voulais que mes notes touchassent l'esprit de la jeune demoiselle afin de l'apaiser, de la protéger d'elle même. Qui était cette mère qu'elle craignait ? Qui étaient ces "Poilus" ? Il avait compris la mise en garde de l'une des personnalités d'Esther. Il avait appris au cours de sa vie que certaines vies avaient été maudites, plusieurs âmes vivant dans un même corps. L'anamorphose d'Esther était évidente.

Une toile ? Un piège ? Était-elle donc un assassin sous le sceau d'une demoiselle ? J'avais du mal à le comprendre. Dans un sens, quand un prédateur devenait trop dangereux on l'abattait. Ma musique laissait entendre mes propres doutes sans que je m'en rende compte, mes amis étaient de plus en plus sur leurs gardes. C'était inconscient, les pincements des cordes continuèrent leurs oeuvres et le frôlement de Cuilan me rappela de ne pas aller plus loin. Il était clair que si ma musique gagnait en intensité, la fibre primaire et artistique risquait de se concentrer sur la petite d'une façon violent.

Aucun mot, je voulais simplement protéger cette petite Esther des autres forces de sa psyché. La protéger, protéger son innocence mais était ce une erreur ? Je ne le savais pas, j'ignorais mes propres craintes. Il fallait essayer après tout. De toute façon, quelques questions seraient posées !



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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyLun 15 Juin - 21:28
La peur… elle m’étouffe. Je me noie. Impuissante à respirer. Une vive douleur à la poitrine. Mon champ de vision se rétrécit. L’obscurité. Les formes alentours perdent de leur netteté. Incertaines. Bientôt, l’imagination domine mes sens. Les silhouettes m’apparaissent comme des créatures monstrueuses aux crocs affamés et aux griffes sanguinaires. Tous… tous cherchent à me dévorer. Je veux me dégager de leur regard prédateur, mais quelque chose m’attache au sol. Une toile collante et visqueuse. Je suis emprisonnée dans ton œuvre… Je l’ai toujours été. Ces mots… Assures toi de ne jamais être la dernière sur ma toile, ou alors, tu finiras comme toutes tes victimes. Tes sacrifices. J’ai si peur… Pourquoi faut-il que je sois si vulnérable ? D’où me vient ce sentiment… de se sentir coupable ? Qu’ai-je fait ? Ces visages. Des masques, par milliers. Tous flottent autour de ma silhouette chétive et fébrile. Ils me regardent, habités par la haine… Qui sont-ils ? Pourquoi faut-il que leur odeur me soit familière ? Cela ne peut être qu’un cauchemar… Rien de cela n’est réel…

Partez… Allez-vous en… Ce n’était pas moi… Ses fils tenaient mes articulations… Ne pouvais tu pas résister ? Mais si je l’avais fait, elle m’aurait tuée… Qui donc ? Ma mère… Qui est-elle ? Son nom… Arachné. Quand l’as tu rencontrée ? Je… je ne sais plus. Est-elle vraiment ta mère ? … Je ne sais pas. Il y avait cette grotte… Je fuyais quelque chose. J’étais terrorisée, comme peut l’être une proie traquée par son prédateur. Mais ce prédateur, qui était-il ? Je ne sais pas… En es-tu sûre ? Je le jure… Bon sang… Laissez-moi tranquille…

Tseh… Ta peine est bien misérable à côté de ce que tu as détruit. Nos vies sont perdues à jamais. Tu nous as offert en pâture à cette créature. Celle-là t’as certes manipulée, mais tu n’es pas innocente pour autant. Chaque vie est liée à un arbre d’existences. Une branche attachée à un immense tronc. Tu peux l’arracher, les lianes viendront te pourchasser, t’attraper, t’enfermer dans l’attente que soit rendue ta sentence. Nos regards te sont-ils corrosifs ? Cela t’est-il désagréable ? Il fallait y réfléchir à deux fois avant de fouler du pied le pire tabou de l’humanité ! Tu les as tué Esther. Toi seule. Tu es l’unique responsable. Voilà pourquoi tu es damnée. Voilà pourquoi tu souffres. Voilà pourquoi ta destinée est scellée. Tu ne seras jamais libre. C’est là le châtiment des meurtriers. Nous ne saurions te pardonner, car il nous est impossible de nous délier de ta prison de chair. Pour nous libérer, il nous faut briser ta coquille. Si tu le comprends, il te faut accepter ton sort, Esther. Et cette fin ne saurait être joyeuse. Tu dois bien t'en être rendue compte, à présent...

Se recroqueville… l’impardonnable araignée… Celle qui ne saurait un jour goûter le pardon. Une enfant torturée qui s’est perdue dans sa collection de masques, incapable de discerner le vrai du faux. Elle voudrait être seule. Elle voudrait être oubliée. Elle voudrait trouver la paix. Ce vœu, venait-il d’être entendu ? Une douce mélopée, de traverser le mur de ses démons. Tous ces visages, de s’effriter délicatement, dégageant de ses interstices des filets de poussière reposant contre le sol. Cette poussière, de se changer en sable, puis en terre, en bois, en métal. Une pièce, de se constituer. Elle se voit, à table, avec un homme et une femme, à manger un pot-au-feu. Une scène d’une grande simplicité, inspirant en son cœur une profonde joie. De la paix. Qui sont ces personnes ? Spectatrice de leur conversation, elle les entend la complimenter sur son travail dans les cultures. Ses efforts pour désherber les adventices de la parcelle.

Cette complicité… Ses parents ? Mais… pourquoi ne se souvient-elle pas de leur nom ? Pourquoi faut-il qu’elle se sente si éloignée de ces personnes pourtant si proches ? Qu’a-t-elle perdu, ce jour-là ? … De quel jour parle-t-elle ? Figée à observer leur visage, comme essayant de les ancrer dans son esprit, la musique continuait de résonner dans son monde intérieur. Si douce… Quand bien même, la Tarentule ressentait à ce moment une profonde tristesse. Prenant la mesure de ce qu’elle avait laissé derrière elle, des larmes glissaient le long de ses joues. Ces mêmes larmes transparaissaient sur son visage partagé entre nostalgie et désespoir, au-devant de cet étrange musicien qui s’était fait appeler Cuchulainn. La posture vaguement redressée, déparée de la moindre énergie, l’Araignée regardait dans le vide.

Pour la première fois depuis une éternité, elle était seule. Ce qu’elle avait toujours espéré. Du moins, le pensait-elle… Pour se rendre compte – par le glacial de cette solitude retrouvée –, qu’elle n’avait toujours fait que lutter contre ce sentiment… Cependant, cette fois, son désert s’était enrichi d’une oasis inattendue, du fait de cet homme ainsi que de la troupe qui l’accompagnait. Aussi se prit-elle à diriger son attention vers lui, apaisant son spleen à la faveur d’un émerveillement à l’endroit de cette représentation. Il se dégageait de ces notes une telle chaleur… Ce qu’elle avait perdu… à cet instant, ne l’avait-elle pas retrouvé, ne serait-ce que momentanément ? Ce cocon protecteur. Cette famille. Cette plénitude. La petite fille savait l’apprécier. Cette joie, aucun aspirant à l’armée d’Arès n’était capable de la partager. Ce pourquoi, à la fin de ce spectacle improvisé, elle se prit d’une réflexion à son endroit.

– Tu n’appartiens pas à cette terre, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que viens tu faire là ? Pourquoi est-ce que tu es aussi gentil avec moi ? Pourquoi est-ce que tu m’aides ? Qu’est-ce que tu cherches à faire ?

Derrière ses prunelles orangées se lisaient une authentique incompréhension. Quand bien même elle avait passé des éons à surveiller ces Saints qu’elle ne cessait d’envier pour une raison qui l’échappait… cet homme resplendissait de quelque chose de comparable… mais en même temps, différent.


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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyMar 16 Juin - 0:36

Des souffles. Un souffle. Une lumière. Soudain, la musique s'emportait avec deux musiciens qui s'asseyaient à mes côtés. Ils prirent leurs bohdrans et deux femmes s'approchèrent en jouant de la flûte traversière. Suivant les notes de l'harpiste, les couleurs se mirent à prendre une teinte de plus en plus nettes. La nature devenait un tableau vivant où la beauté et les danses suivaient.

Une voix.

Tu n'es plus seule !

Les joueurs de bohdrans donnèrent de la musique et, soudain, quelque chose se dessinait dans l'air. C'était comme si un pinceau invisible dessinait ce qui lui tenait le plus à coeur à Esther. Vision d'espoir, elle était celle qui tenait le pinceau sans s'en rendre compte, son âme, son goût pour la beauté était appelé au plus profond de son être.

Danse, danse petite fée !

La création d'Esther se mit à danser. Elle était là. Devant elle, avec grâce et légèreté. Les pincements de chaque corde de la harpe tissaient des liens invisibles qui entraient dans la psyché de l'Araignée. Était-elle modifiée ? Non. Il n'était qu'un souffle dans un monde obscur, un appel à la création et aux arts. La forme ? Elle n'était que l'expression de l'artiste et le futur Augure enchantait les âmes afin de développer leurs créations.

Pense, aime, ne te détourne jamais !

Lentement, la danse se fit plus calme. Cela dura quelques secondes. Dans la pénombre, des lucioles se mirent à danser en compagnie des artistes qui se mirent à tourner autour de la petite demoiselle. Elle était le centre de la sarabande, au centre de leurs amitiés et de leurs plaisirs. Tout était beauté et douceur, la chaleur du printemps épousait la froideur de l'hiver sans aucune once de déplaisir. Soudain, de la givre et des plantes, quelque chose sortit du sol. Un élément fait de bois et de métal qui était sculpté par la chorégraphie de la troupe.

Pénombre, c'est mon nom.

Une main semblait se poser dans cette forme minérale qui avait pris une forme inconnue. L'art était à son comble. Quelle forme prendrait l'oeuvre qui se sculptait ? Qu'est ce qu'Esther avait dessiné dans l'air sans le vouloir ? La danse continuait, encore et toujours, le cosmos de Cuchulainn éclata enfin en mille radiances rappelant l'été et la chaleur. Douces et protectrices, comme le foyer dans lequel elle aimait vivre.





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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptyMer 17 Juin - 1:12
Pour seule réponse, l’Araignée voyait s’engager un nouveau concert, cette fois accompagné par les autres artistes qui composaient la troupe de ce Cuchulainn. L’expression médusée, il lui était impossible de penser à quoi que ce soit en l’instant. Juste, transportée par le tissu d’émotions venant l’emmitoufler. Tu n’es plus seule, entendait-elle. Tournant la tête sur le côté, la Tarentule cherchait l’origine de cette voix. Et ce faisant, elle découvrit des formes danser dans l’air, à l’instar de rubans s’entremêlant pour représenter une toile onirique. De là où elle se tenait, une robe glaciale figeait ses articulations. Mais bientôt, son regard se détacha de son enveloppe charnelle, se libérant des entraves matérielles. S’élevant, Esther redécouvrait un sentiment oublié. Cette fois où elle était restée un temps sempiternel dans cette cavité gelée, plongée dans une obscurité et un silence où il ne lui était pas permis de rêver, de penser, d’exister. Elle se souvient… de cette légèreté à traverser cette prison de pierre pour s’abandonner dans l’infini de l’horizon. Si légère, à traverser les nuages, à voleter et dévorer du regard l’immense paysage qu’elle pouvait alors saisir dans le creux de sa paume.

Ce don, sans doute était-ce l’unique bénédiction à tirer de sa malédiction. À cette hauteur, les tribulations de la solitude et de l’infestation n’avaient plus lieu d’être. Inatteignable, avait-elle vraiment le droit de goûter à cette joie ? Sitôt ces doutes apparaissaient-ils que des toiles vinrent s’attacher à sa chair spirituelle, comme des reliquats de sa culpabilité. Des éléments de sa cuirasse n’existant que pour tuer dans son esprit cette étincelle d’humanité qui ne cessait de se raviver. Du dégoût. Il fallait qu’elle se déteste pour devenir l’enfant docile de sa mère. Car ainsi, aucune de ses initiatives personnelles ne sauraient trouver de valeur. La plus petite lueur de rébellion s’éteignait sitôt apparue.

Seulement, alors que s’apaisait la musique, une inquiétude émergeait. Si elle pouvait suivre sa propre voie, s’échapper de celle d’Arachné, à quoi pourrait-elle ressembler ? Et quand bien même elle la suivait… qu’est-ce qui empêcherait sa mère de l’en dégager plus tard ? L’enfant pouvait bien s’éprendre de retrouver les sensations perdues, destinées à disparaître. Elle ne pouvait pas s’attarder éternellement sur le passé, ses pertes, ses regrets. Il lui fallait rêver. Alors, dans la fugacité de ces songes, l’Araignée découvrait que ses réminiscences avaient achevé d’éclipser ses espoirs. Cette famille artificiellement reconstituée dans son entourage. Sans cesse. Pour qu’à la fin, la même tragédie soit répétée. Inlassablement. Ces souffrances, n’accentuant que plus sa perte. La banalisant. L’enfermant sur les pas de ce monstre… De cela, elle n’en voulait plus. Si elle devait avoir un souhait, ce serait de s’en échapper. De sortir de cette spirale infernale. Une liberté… si éphémère soit-elle.

Ce qu’elle désirait, c’était de ressentir sa propre essence. Ne plus s’amalgamer à sa condition d’outil. Ne plus s’estimer comme l’appât de repas voraces. Ce qu’elle désirait, la réalité d’un lien. Une vérité. De s’évader enfin de ses propres illusions. De se retrouver. À mesure que les contours de sa volonté ressuscitée se définissaient, sa silhouette retrouvait pied. À terre. Des danseurs et autres lucioles de tournoyer autour d’elle. Un frisson, loin de ce à quoi elle était habituée. Au centre de l’attention. Non plus à la marge. En spectatrice invisible. Tous ces gens… la voyaient-elle ? Subjuguée, c’est alors que quelque chose sortit du sol. Un minéral, qui se sculptait seul, à son propre étonnement. Dans le même temps, l’impression qu’une part d’elle-même taillait cette pierre. Et quand l’œuvre toucha à sa fin, ses prunelles orangées se mirent à trembler. Une statuette représentant une femme tenant son bébé dans les bras, chaleureuse, maternelle. Un visage qui avait été effacé de sa mémoire ; celui de Gudrün. Sa véritable mère. Une personne que son esprit n’identifiait pas, incapable de donner son nom. Mais son cœur lui, se rappelait, viscéralement.

Figée, des larmes lui montaient aux yeux. Après un moment de flottement, Esther approcha fébrilement ses mains de cette statuette, craintive de l’effleurer. Et lorsqu’elle le fit, son expression de se décomposer. Des sanglots de se faire entendre. Mais non plus de la tristesse. De la joie, ce que cet artiste avait commandé. Difficile ceci dit de voir cela derrière ses pleurs, alors même que l’ombre d’Arachné s’éloignait de son corps chétif, avant de s’évanouir pour une durée incertaine. Les regards inquisiteurs, de l’abandonner. Finalement, elle avait été incapable de se projeter dans l’avenir. Elle était simplement revenue à celle qu’elle était. Mais au moins, avait-elle bien existé. Mais au moins, avait-elle bien été humaine. Mais au moins, avait-elle bien appartenu à une famille.


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Codes couleur dialogues : Esther, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure.
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Message Re: [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther)   [Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) EmptySam 11 Juil - 15:03
Une mère aimante. C'était donc l'oeuvre que la petite fille avait créé de par son esprit. Soudain, le bébé se mit à pleurer. Innocence que tout cela, le visage pierreux de la statue se levait lentement en direction de la petite Esther. Sa main se leva et se posa sur sa joue, aimante. Ses lèvres semblaient bouger, que disait elle ? Dur à dire. La musique s'emballait, joyeuse, éthérée et rêveuse en même temps. Puis, elle prit la petite araignée entre bras, avec tendresse.

J'observais l'étrange ballet qui se déroulait. En quelques instants, je comprenais le drame qu'elle avait dû subir, elle avait donc perdu sa famille d'une manière ou d'une autre. M'approchant, alors que la musique continuait son office, je concentrais mon cosmos sur la statue vivante. Cette dernière entoura le cou de la petite afin de laisser un petit collier d'étain avec un magnifique rubis taillé dans un écrin de bois qui fit office de pendentif. L'allégorie du coeur était ainsi la dernière scène de ce spectacle. La musique perdait lentement en intensité, plus douce, plus calme, elle s'éteignit lentement et ne laissait qu'une statue de poussière qui caressa la peau d'Esther avant de repartir à son état naturel.

M'agenouillant face à elle, je levais son petit menton avec un sourire, je séchais une larme invisible.

- Tu as maintenant ce petit trésor que je t'offre, il te suffira de l'observer à midi quand le soleil est le plus élevé pour revivre ce moment.

Alia, notre " Dame des cuisines " comme on l'appelait, vint à son tour afin de poser sur le petit tabouret une grande cuisse de sanglier rôti accompagné de navets qui avaient rissolé pendant le temps de la danse.

- Mangez mam'zelle, on sait pas qui vous mangera ! Quand on mange quelque chose qui vient du coeur, on se sent mieux non ?

Souriant, je la laissais offrir son repas. Je ne savais pas quoi penser, pendant un instant j'avais eu l'impression de sentir quelque chose la quitter. Mais de quoi et comment ? Pourquoi ? C'était les affaires de la "demoiselle" comme l'appelait Alia. C'était un signe d'acceptation de notre "Maman", une voyageuse et musicienne accomplie depuis des années. Puis, cette dernière prit une brosse dans sa besace et commença à le peigner avec délicatesse. Elle prit aussi une lotion de sa connaissance afin de rendre le cheveu aussi soyeux que de la soie.

- Vala, mam'zelle aura ainsi les cheveux d'une princesse.

Le temps continuait, lentement. Les torches et les lanternes s'éteignaient les unes après les autres. Je continuais de me demander si elle n'était pas l'un de ses terribles Berserkers dont on parlait dans la forêt. Mais, comment Arès aurait pu prendre à son service une simple petite fille ? Ce ne serait que folie... Justement, ce ne serait que "folie".




[Juin 550] Petite araignée au clair du soleil (ft. Esther) Unknown
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