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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 [Janvier 553] Les damnés de l'errance

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Cuirasse de la Chimère

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[Janvier 553] Les damnés de l'errance Nd58
TRANSYLVANIA ᚾᚱᚣᚺᛋᛘᚳᚵᚣᚺᛁᚣ


Déchéance. Il n’était là que parce qu’il avait été ensorcelé par ce qu’ils avaient jadis appelé le Mal de Milan à défaut d’en connaître la véritable cause, ce qu’aujourd’hui il savait être en réalité des pulsions déchaînées par la Chimère. Dévore-les tous. Mais savoir d’où venait sa propre hérésie ne l’aidait pas à s’en protéger et malgré toute sa bonne volonté et ses efforts pour raison garder, son esprit ne semblait être à présent plus qu’un terrain de jeu dans lequel sa Cuirasse se divertissait, usant du corps de son otage comme d’un pantin. Elle avait enfoncé ses crocs dans sa chair si profondément qu’à présent il ne pouvait plus s’en défaire, ce qui relevait d’une véritable torture tant la douleur infligée par la Chimère était intense et lancinante. Nourris-moi.

Il avait erré dans le Dédale. Le Lion lui avait donné la force de se battre, de lever la tête et d’avancer pour se mettre en quête de quelque chose. D’autre chose. Le Bouc plus inquiet de ses blessures l’avait aidé à s’en remettre et en lui montrant la voie le poussait à présent à comprendre son environnement. Mais le Serpent, lui, était plus pernicieux et s’était imbibé de sa mémoire, déversant son poison dans son cortex, contaminant son esprit par la haine distillée dans ses veines et provoquant son fiel. Mais le pire se situait dans l’hétérogénéité-même de leur présence, par la discrimination tant de leurs rôles que de leurs intentions, ainsi que par la lutte de pouvoir qui semait la discorde dans l’esprit de leur élu ; schizophrénie de la Cuirasse à trois visages. Carnaval des névroses au carrefour de la folie pure.

Perdu, il s’enfonça dans les murs, passa les chairs, sentît les entrailles ornant le Dédale lui laisser le passage et se déchirer en le prenant pour le rejeter de l’autre côté, avant de cicatriser comme par le fruit d’un enchantement. L’errance organique ne faisait qu’amplifier le chaos qui régnait dans son crâne grisonnant, alors même que son dernier œil cherchait, à éparses endroits où la Foi régnait pour la Mort, la Famine, la Guerre et la Pestilence, une raison d’être, un itinéraire à suivre, une créature à détruire. Depuis longtemps il marchait, croisait parfois d’autres enragés, évitait en se dissimulant les plus dangereux. C’était un monde qu’il ne connaissait encore que peu, apocalyptique, terroir des damnés.

Dans une artère où il s’était égaré, et qui était assez large pour laisser passer une foule, il hurla. Il hurla alors que la Cuirasse de la Chimère, assoiffée, croquait ses membres, incisait sous sa peau pour apparaître sur elle. Sur son corps nu, des morceaux de métal s’étirèrent en saillant, plaques formant la Cuirasse qui avait pris possession de lui. Mais il prit sa tête, se mit à genou, et résista. Des bribes de mémoire traversèrent son esprit. Il hurla encore, encore. Matraqua la chair de ses poings. Obligea la Chimère à se résorber. Il devait apprendre à la soumettre, au risque d’y laisser son âme. Le Bouc. Il devait compter sur le Bouc pour rester lui-même.

Détruis-les tous.

Il se releva, titubant, essoufflé, et continua sa progression. Au loin, il vit une obscure silhouette se dilater dans ce paysage infernal, rouge comme le sang.


Spoiler:
 


Dernière édition par Brohos le Mar 26 Mai - 10:12, édité 1 fois
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Message Re: [Janvier 553] Les damnés de l'errance   [Janvier 553] Les damnés de l'errance EmptyLun 25 Mai - 1:59
Il pouvait entendre un battement de cœur. Subtil, discret, et pourtant si omniprésent. Comme un rythme musical, une batterie battant la mesure d’une vie contre-nature. Le choc et l’ébahissement initial étant passés, il ne pouvait qu’apprécier une telle création, maintenant. Seul dans un couloir, immobile à l’intersection. Tel un pilier parmi tant d’autres dans un décor de chairs entremêlées. Et pourtant, plus le silence tombait autour de lui… plus il s’effaçait pour révéler tout ce qui se cachait derrière ce mince rideau de calme. Les plaintes ténues, les chairs en mouvement. Il pouvait même sentir le souffle rauque d’une bête invraisemblable, donc il foulait littéralement le corps en ce moment même.

Cet endroit était sorti tout droit du plus tordu des rêves éveillés.

Pas qu’il s’en serait jamais plaint. Autrefois, peut-être. Fut une époque où il aurait eu la même réaction qu’à peu près n’importe qui, en ouvrant les yeux dans le Dédale de Chair. Un mélange d’horreur et de terreur, devant l’entité chtonienne au sein de laquelle il se trouvait. Il pouvait les imaginer. Ces rongeurs effrayés courant à en perdre haleine dans des couloirs interchangeables armés d’yeux et de dents voraces. C’était là toute la beauté d’une telle forteresse ; le Dédale n’était pas conçu pour empêcher ses ennemis d’y entrer. Il était conçu pour faire en sorte qu’ils ne puissent jamais en ressortir. Tels des morceaux de viande hurlants, dévalant les boyaux à leur insu vers un destin affreux. Après tout, une bête doit se nourrir, d’une façon ou d’une autre.

« Nature cruelle, nature juste... »

Un ricanement s’empare de lui. Un parmi tant d’autres. Son sens de l’humour était malheureusement difficile à assimiler pour une grande majorité, lui avait-il semblé. C’était regrettable, mais surmontable. Il saurait bien trouver son public un jour ou l’autre.

Ses doigts griffus s’allongent avec douceur, et raclent la surface du mur le plus proche avec une délicatesse prononcée. Il pouvait sentir le battement cardiaque, maintenant. Lourd, puissant, et ô combien enivrant. Il pourrait écouter battre le cœur de la Bête pendant des jours, il était sûr, et ne jamais s’en lasser. Ce rythme avait quelque chose d’apaisant, de bienfaisant. Il résonnait dans son esprit, calmait ses pensées… comme un domicile longtemps oublié. À peine arrivé, il prenait déjà ses aises.

Un cri le tire de ses réflexions, le forcent à rouvrir ses yeux d’acier. Les prunelles parcourent l’obscurité, les oreilles sont tendues, et survient un nouveau rugissement de souffrance, un cri de désespoir et d’angoisse tout à la fois. Il en avait presque des frissons. Ses pieds se soulèvent, et sans réellement y réfléchir plus avant, la créature grise s’avance vers la prochaine intersection, à la recherche d’un chanteur si passionné. Et le voilà, genoux pliés sous le poids de son propre calvaire, pleurant sa détresse aux murs indifférents. Des points métalliques, rougies et tranchantes, achevaient de se résorber dans sa chair, excroissances brutales et sans pitié. Qu’avait-il donc trouvé en ce moment fatidique?

« Mi-homme, mi-Bête... qui donc cela peut-il être? »

Il était maintenant visible, sa voix ayant trahi sa silhouette cauchemardesque qui se détachait en partie des ombres. Un sempiternel sourire de crocs affutés, tête penchée sur le côté. Il avance à pas mesurés, les doigts entrelacés. S’il n’avait pas été beaucoup trop grand, beaucoup trop maigre, avec une peau grise contre-nature et une expression sortie d’un cauchemar d’enfant, il aurait pu avoir l’air… concerné pour la situation de sa nouvelle rencontre. Maintenant, allez savoir ; il s’approchait peut-être simplement pour être à portée de lui ouvrir la gorge. Tout était possible en ces lieux.

Ses pas ne font presque aucun son alors qu’il s’avance encore, et encore, et encore… pour finalement arriver devant l’homme mûr agenouillé devant lui, achevant de se remettre des maux de son propre corps. La silhouette se penche souplement, surplombant l’écorché avec un air mi-aimable, mi-prédateur.

« Tant d’agonie, pour une seule voix. »

Et le battement de cœur s’accélère.


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TRANSYLVANIA ᚾᚱᚣᚺᛋᛘᚳᚵᚣᚺᛁᚣ


Grand, lugubre et décharné, fantôme de sang dans l’enfer de chair, Alastair s’accrocha au désespoir du Chimérique comme s’il semblait vouloir se repaître de sa souffrance. Dans ce chaos de l’existence les fous n’étaient plus fous, à tel point que sans consentir à perdre une part de soi-même on succombait à l’horreur ; alors, pour espérer survivre, il fallait accepter de s’imprégner de cette ambiance biscornue, sauvage, infâme, devenir soi-même comme une extension de la destruction. Ne résiste plus.

Pour autant le bout d’humanité qui le suspendait à son identité propre était encore là, s’accrochant désespérément à une branche trouvée dans sa chute, et cela n’en rendait son calvaire que plus merveilleux pour un esprit aussi détraqué que semblait l’être celui de l’hôte du Dragon-Serpent. Et c’était bien parce qu’il y avait cette part de Serpent en lui qu’il devait être si sensible à la déchéance de ce vieillard rongé par cette mascarade d’Arès. Succombe.

Mais il n’était pas encore tout à fait perdu et c’est pour cela qu’il continuait en dépit des souffrances et de la difficulté à lutter avec tant d’ardeur. Si bien qu’au lieu d’une mort lente, c’était bien à une lutte que s’exposait l’esprit du damné. Un spectacle qui dans son sinistre développement méritait toutes les attentions car il était beau, autant qu’il était émouvant.

« Ne… »

Il n’était pas nécessaire qu’il exprime son calvaire. Son désespoir était visible, autant que la Cuirasse qui s’amusait à apparaître par endroit, puis à disparaître tout de go, mordant à chaque fois dans son épiderme pour instiller la torture dans ses chairs et alimenter la tourmente dans son âme. Il était à l’évidence contaminé, traqué par un poison intérieur qui tentait de s’emparer de lui. Le Serpent. Le Serpent prenait possession.

Le regard trouble et méfiant, il observa la forme que prenait son spectateur. Ce moment fut comme suspendu à tout le reste, déconnecté d’une réalité défigurée. Les paroles qui furent les siennes résonnèrent dans sa tête comme un écho. Elle était riante mais dans cet état de joie il y avait quelque chose de déchirant, d’insondable et de malsain. Un diable. Le Lion se réveille. L’armure aussitôt s’élargit, des couteaux de métal lui ouvrent la chair par un réflexe défensif en le torturant de l’intérieur pour le protéger de l’extérieur. Ses orbites s’injectent tout à coup de sang, comme si tout à coup le liquide remplissait sa tête, sortait des artères pour inonder tout le reste. Ouvre ta mâchoire. Dévore-le.

Le Serpent siffle par excitation. Le Lion veut rugir mais quelque chose le retient. Le Bouc. Il est le seul à ne pas avoir une nature prédatrice. Au contraire des deux autres, son instinct lui dit de fuir. Brohos est un Slave. Il sait que lorsque la menace est trop grande, il faut s’échapper.

Il se redresse, une jambe et puis l’autre, survivant d’une fracture. Ses muscles grossissent en se contractant, danse au rythme des lambeaux d’armure qui viennent cisailler son corps. Il hurle. Sa voix résonne dans la longue artère rutilante où ils se trouvent. Puis il parle, un masque de haine défigurant ses traits.

« Rien ne nous sauvera ! Félonie ! Calvaire ! Par le sang des Saints, nous mourrons ! »

D’un mouvement spontané, il prend appui sur ses jambes, traverse le chair et se sauve. Sa course est déstructurée, en cause le déséquilibre que lui infligent les apparitions désordonnées et imprévisibles de sa Cuirasse, qui par sursauts le secoue. Il court à en perdre haleine, couard et déchaîné, l’impression d’être puissant mais pas assez sûr de pouvoir se maîtriser. Son esprit est trop trouble. Il a senti, se diffusant de cet être maléfique, une aura de malfaisance tel qu’il aurait pu le mordre, comme lui jadis avait arraché des phalanges avec les dents. Avant de le trancher, il devait se redécouvrir. Se réapprendre.

Le Bouc continuait de le faire courir. Le Serpent pestait. Le Lion patientait. Telle fut la première rencontre entre Alastair et Brohos.
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