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Février 553 AD (Jusqu'au 31 Août 2020)
 
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 [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo]

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Message [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo]   [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo] EmptyMer 27 Mai - 4:05

Le moment semblait enfin venu. Depuis son retour au Sanctuaire, et puisqu’il ne lui avait pas été révélé de mission, Algebar s’était fixé un but. Il avait appris que l’armure d’argent du Cerbère, celle de son maître, était rentrée seule au Sanctuaire, il y avait de cela quelques semaines. Bien sûr, dans un piteux état, ce dont il ne s’étonna pas. Après tout, il avait été témoin, ou plutôt même participant… Cela encore, le descendant d’Orion avait du mal à l’accepter. Et l’ennui dans lequel il se trouvait globalement depuis son retour n’y arrangea rien, ne lui donnant que trop de temps pour y repenser, se repasser mentalement les scènes, encore et encore. Mais heureusement, notamment pour sa propre santé mentale, il avait trouvé un moyen de rendre hommage à son maître, et avait reçu du Pope Childéric la permission de l’appliquer. Des outils lui avaient même été confiés, marteau et burin du précédent forgeron attitré, ainsi qu’une mystérieuse poudre. Et bien qu’Algebar n’avait aucune idée sur la manière de faire pour réparer l’armure de son maître, il tenterait du mieux qu’il pourrait, en y jetant chaque once de sang, de cosmo-énergie et de volonté qu’il le pourrait.

Il n’avait donc plus utilisé son énergie depuis son retour. Et avait passé un temps considérable à méditer, catalyser et canaliser son Cosmos. Une habitude prise lors de son entraînement à Hatra déjà, et qui avait le mérite de lui faire du bien. De vider un peu son esprit de la culpabilité qu’il pouvait ressentir. Andreas avait réclamé de lui, pour parachever son entraînement, qu’il abatte sept adversaires. Qu’il les domine au point qu’ils ne puissent plus se relever. Le porteur du Cerbère avait été le dernier. Celui face à qui Algebar s’était enfin éveillé au Septième Sens. Après quoi les ruines s’étaient écroulées, et la suite des événements n’avait laissé que peu de doute sur la potentielle survie des deux derniers Sibitti. L’annonce du retour du Cerbère au Sanctuaire n’avait été que l’ultime confirmation, mettant fin à un espoir vain et illusoire.

Et alors qu’il se concentrait sur son but, méditait dans ce local où reposaient les armures endommagées en l’attente d’un nouveau forgeron, l’étoile de Bételgeuse s’était installé en tailleur face au chien à trois têtes, le gardien des portes de l’Enfer.

Spoiler:
 

Il ne portait pas la sienne pour sa part. Une tenue simple et sobre, qu’il ne serait pas dérangeant de tacher, car bien sûr il n’escomptait pas sortir d’ici sans que le sang ne vienne souiller le lin. Car c’était bien là la seule chose qu’il savait pour acquis à propos de la réparation d’une armure : le don du sang d’un être éveillé était indispensable.

Son recueillement est profond. Son esprit, après s’être vidé, vogue désormais sans qu’Algebar n’ait la moindre commande sur lui. Ce qui arrive inexorablement lors d’une méditation, toujours un moment où des scènes ou réflexions semblant venues d’ailleurs venaient peupler l’esprit. Laisser filer, ne pas tenter d’y prendre part plus active, ni de l’arrêter. Juste préserver son attention sur le fait d’élever son Cosmos, de le concentrer. En son esprit pourtant, des formes se précisent.

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Une chaleur étouffante, épouvantable. Et pourtant, c’était un jeune homme qui avait passé l’épreuve du Soleil ! Mais en vérité, rien ne pouvait tout à fait préparer à ça. Rien ne pouvait vous habituer à une telle oppression. Puis, après cette première impression, les formes floues s’affinent peu à peu. Il descend des marches, lentement, affaibli. Mais avant que les images ne redeviennent claires, c’est un mot qui se fait entendre, retentissant.
- Rigel !
Un trait d’énergie bleutée fend les airs. À peine perceptible, le transperce au genou droite, lui provoquant la plus importante douleur qu’il n’avait jamais ressenti de toute son existence. Pour une fois, ce n’était pas Andreas qui lui avait offert l’une des piqûres écarlates dont il avait le secret. Quelqu’un d’autre semblait déterminé à lui en faire voir. Et bien que la couleur différait très nettement des traits d’énergie d’Andreas ou des pâles imitations de flammes concentrées d’Algebar, la morsure n’en était pas moins tout aussi précise et mortelle sans doute.

Enfin, à terre, il peut prendre le temps de l’observer. Cheveux relativement courts, blancs et désordonnés. Et débordait de lui cette aura d’un même azur caractéristique de son trait. Ce qu’il se dégageait de lui… ce n’était pas un simple éveillé à ses yeux, mais véritablement un chevalier, qu’importe l’absence de son armure. Était-ce réellement le sixième Sibitti ? Les précédents esprits de la destruction avaient été principalement bestiaux, brutaux. Pas un seul n’avait prononcé le moindre mot, pas un jusqu’à leur dernier soupir. Et voilà que celui-ci avait très clairement cité la seconde étoile majeure d’Orion, se tenait droit et fier, esquissant un rictus.
- Il tient du respect que de se présenter à l’adversaire que l’on va terrasser. Maintenant que j’ai pris un peu d’avance, je me permets donc : je suis Eschyle de l’Étoile de Rigel. Ton adversaire en cet étage, sixième et dernier Sibitti que tu rencontreras. Abandonne ici tous tes espoirs, car tu n’iras pas plus loin...


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Message Re: [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo]   [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo] EmptyDim 31 Mai - 0:45
Les semaines, les mois s’écoulèrent sans qu’il n’y ait de progrès. Algebar et Eschyle s’affrontaient de leurs flammes respectives, cramoisi et azuréen s’affrontant. Et la flamme d’Eschyle, semblant plus pure, plus puissante, venait toujours à bout de l’étoile de Bételgeuse. Celui qui était né sous cette dernière ne pouvait que s’en maudire. Maudire ces six blessures qui s’étaient accumulées sur son corps, ces six piqûres, ces six sceaux qui venaient ternir sa cosmo-énergie, la maintenir tout en l’handicapant physiquement. « Que se passerait-il si j’avais pleine possession de ma puissance ? Le vaincrais-je aussi aisément qu’il me terrasse, ou bien son niveau demeurerait-il si éloigné du mien ? ». Voilà la question qui le hantait, alors qu’encore et encore, repos et combats se succédaient sans fin.
- Y prends-tu du plaisir ? À me torturer ainsi sans jamais m’achever ?
- Tu sais que je n’ai pas le choix… C’est la volonté de notre maître : que les sept années de ton épreuve s’écoulent, et que tu sois toujours en vie pour affronter ton échec. C’est seulement ainsi qu’il nous a été donné à nous, Sibitti, la possibilité de nous racheter et de reprendre notre place.
Ce fut encore une victoire pour Eschyle, et Algebar de mordre la poussière. Son rival s’était assis paisiblement sur le socle d’une statue détruite, attendant de voir si le combat allait se poursuivre un peu, ou bien si l’heure du repos serait proclamée pour aujourd’hui. Eschyle avait été un aspirant tout comme lui. L’un de ceux qui n’étaient jamais revenus de leur entraînement avec Andreas, tout comme les cinq précédents « esprit de la destruction » qu’il avait affronté et abattu.

Mais à la différence d’eux, celui-ci parlait… Ses précédentes épreuves s’étaient déroulées contre ce qui avait tout l’air d’être des démons, des fantômes, des esprits malfaisants. Des êtres brutaux qui n’étaient capables que de grognements. Pour eux donc, il n’avait pas été difficile de se concentrer sur le fait qu’il s’agissait de Sibitti, même s’il voyait bien aux cadavres qu’il laissait derrière lui qu’il s’agissait bel et bien d’être humains. Avec Eschyle tout était différent donc. Il n’était pas l’un des leurs ; il était l’un des siens ! Tout comme lui, il aspirait à devenir le chevalier d’Orion. Tout comme lui, il avait subit l’épreuve du Soleil. Tout comme lui, sans doute, Andreas lui avait enseigné tout ce qu’il savait afin qu’il s’élève sur la voie que le Cerbère lui dessinait. Un échec, mais dont une rédemption avait été promise, par la liberté enfin, et le droit de servir pleinement Athéna, s’il respectait les exigences d’Andreas une dernière fois.

De longs mois s’écoulèrent encore, perpétuant le cycle qui s’était solidement installé entre eux. Les doutes et le désespoir se mirent à entrer dans la danse, en sus d’une fatigue toujours de plus en plus exacerbée, dans ce monde souterrain où il était impossible de percevoir la lumière du jour et où une chaleur atroce régnait en maître. Sans compter le poids psychologique de sentir les jours défiler à telle vitesse, sans toutefois se sentir capable de venir à bout d’un si redoutable adversaire. Cela ne faisait pas l’ombre d’un doute, Eschyle le dominait toujours de sa puissance, face à un Algebar lourdement handicapé.
- Pourquoi te fatigues-tu donc encore à te relever ? Tu devrais aller te terrer dans un coin et attendre. Il ne te reste plus qu’une poignée de jours après tout, et il est évident que tu ne parviendras pas à me surpasser en si peu de temps...
Ne lui restait-il réellement que si peu de temps ? Serait-il en effet encore capable de faire quoi que ce soit face à un tel adversaire ? Algebar se laissa retomber au sol, sur le flanc droit. Était-ce fini ? En était-ce terminé de lui ?
- Voilà, tu comprends enfin. Cela fait presque deux ans que nous nous connaissons, t’en es-tu rendu compte ? J’ai apprécié ta persévérance, Algebar. Mais tu n’as pas ce qu’il faut pour être un chevalier d’Athéna. Il ne me plaît pas de te faire souffrir ainsi, tu sais ?
Approchant de lui peu à peu, Eschyle n’avait pas l’air de le considérer comme bien plus qu’un cadavre en devenir cependant.
- Je suis heureux que nous en terminions ainsi. Ce n’est même plus amusant en vérité. L’écart entre nous est tel que je pourrais t’abattre lorsque je le voudrais, de la manière qu’il me plairait !
Défiant, il s’était approché jusqu’à se retrouver au dessus de lui, le dominant, une jambe de chaque côté de sa « dépouille », se penchant vers lui.
- Admets ta défaite Algebar, car face à moi elle est inéluctable !
La main gauche de ce dernier s’élève alors prestement, venant se poser sur le cœur d’Eschyle. Dans le mouvement, un trait composé de flammes concentrées s’est tracé, et qu’il relâche en l’instant. Rapide. Précis. Mortel. La quintessence de ce que lui avait enseigné Andreas, l’accomplissement de sa flèche cramoisie. Comme la piqûre du scorpion avait terrassé le géant Orion, trop orgueilleux, il avait profité de la vanité de son adversaire, et s’était engouffré dans la seule ouverture qu’il avait offert… Eschyle titube, ébahi. Puis chute lourdement dans un râle signant sa fin.

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En pleine méditation, de lourdes larmes se mirent à couler sur les joues de l’héritier d’Orion. Les deux derniers disciples d’Andreas s’étaient ainsi affrontés jusqu’à ce que s’octroie la victoire celui qui avait le mieux digéré ses préceptes. Des méthodes d’une rare cruauté, mais il lui était difficile de voir cette simple vérité en cet instant précis. Il voyait là la perte d’un rival. Une relation intense qu’il n’aurait pas eu sans ce rite de passage totalement tordu. Cela l’avait fait grandir. L’avait appris à maîtriser ses pouvoirs à un point qu’il n’aurait peut-être pas pu atteindre avec des méthodes conventionnelles. Comme bien des victimes, il avait fini par se sentir redevable de son tortionnaire...


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Message Re: [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo]   [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo] EmptyDim 7 Juin - 13:57
Malgré la peine, malgré la difficulté à revoir ces scènes avant tant de précision, Algebar parvient à préserver sa concentration. Son Cosmos s’élève toujours, s’accumule, et les émotions qu’il y mêle ne le rendent que plus intense. Sans doute par force de l’habitude tant il s’y était exercé durant son long et difficile apprentissage, la méditation du jeune chevalier était restée intacte. Ses pensées le guident plus qu’il les dirige donc, et inexorablement, focalisé sur sa propre respiration, d’autres souvenirs viendront s’imposer au premier plan de sa conscience sans qu’il ne fasse rien pour les en empêcher…

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- Nous voilà arrivés. Voici Hatra, et son enceinte sacrée. Ce fut la capitale d’un royaume puissant, finalement détruite et abandonnée. Nous n’irons pas plus loin. Soit tu repartiras d’ici en tant que digne chevalier d’Athéna, soit tu n’en repartiras jamais. Suis-je clair ?
Il était encore un enfant. Et après un long voyage où il avait appris à garder le silence auprès de son maître, voilà que ce fut ce dernier, de coutume si taciturne, qui se mit à parler sans sembler s’arrêter. Car à ces quelques mots suivirent la présentation des lieux et les règles qui s’imposeraient à son enseignement. Ou plutôt, ce qui ne s’avérera qu’un test. Un test cruel qui déterminerait s’il était assez digne que pour passer à la véritable épreuve, comme il l’apprendrait deux années plus tard.

Deux ans de cette épreuve du Soleil. Du jugement de Shamash. Garant de justice et d’équité, avait dit Andreas, faisant écho à ce qu’on lui avait enseigné enfant, alors qu’on le préparait à être le descendant d’Orion :

« Les pêcheurs sont punis. Ainsi, le géant Orion a-t-il été aveuglé en représailles de ses méfaits.
Mais les Dieux peuvent aussi accorder leur pardon, Hélios rendant la vue au pénitent.
Toutefois, ils ne tolèrent pas l’arrogance, la sienne lui ayant valu la mort par l'aiguillon du Scorpion.
Alors, soit toujours respectueux des Dieux, Algebar. Des Dieux et de leur implacable justice. »


Implacable, c’est en effet un très bon avant-goût de ce qu’il vécu alors. Laissé seul, à l’abandon, avec pour interdiction de se soustraire à la morsure du soleil de l’aurore au crépuscule. Il avait failli devenir fou ; se laisser terrasser par un scorpion, comme dans l’histoire d’Orion. Mais Andreas l’avait sauvé. Sévèrement roué de coups et grondé, aussi. Mais son maître avait partagé un repas avec lui, copieux et savoureux. De la viande rouge de gazelle, tranchant avec les lézards qu’il faisait rôtir quand il parvenait à en attraper un. C’est ce jour là que le Cerbère lui avait raconté son histoire, du moins la partie concernant son apprentissage sous le Pope Bélisaire. Le souhait de ce dernier de faire de lui un potentiel successeur au Scorpion. Du respect qu’il avait voué à cet homme qui avait accepté de le prendre sous son aile, de tenter à transformer ce qu’il avait de plus brutal en un esprit et des capacités bien plus affinées. En avait profité pour dispenser dans la conversation de nombreux conseils quant à l’utilisation du Cosmos, une sorte de passation de savoir en somme. En disant « Bélisaire me disait toujours de... » c’était aussi une manière pour lui de transmettre ce savoir à Algebar, il en avait conscience à présent. Le garçon n’avait pas eu à coeur de l’interrompre, trop peur de briser ce moment. Aussi cela n’eut rien d’une discussion, plutôt un long monologue, mais pour la première fois le futur Orion avait eu l’impression qu’ils partageaient réellement quelque chose.

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Ce fut la première, mais pas la dernière, heureusement. Ses visites suivantes prirent un rythme tournant plus à l’annuel, laissant au maximum Algebar se préparer et s’entraîner seul. Mais à chaque visite d’Andreas, le rituel restait plus ou moins le même : il lui apportait de quoi partager un repas. Il devait encaisser de lourdes critiques sur la période écoulée, et recevait quelques conseils afin de faire mieux ensuite. Mais ce que le natif de Bételgeuse attendait plus impatiemment, c’était la discussion qui s’ensuivait toujours. Deux nuits durant où ils avaient des heures durant parlé des étoiles. Des constellations liées au quatre-vingt-huit. Des mythes qui y étaient liés, et dont Algebar devint très rapidement friand. Deux visites, avant que ne soit proclamée son aptitude à passer à la véritable épreuve.

Les cinq suivantes furent dans les tréfonds des profondeurs sous les ruines de l’enclos du soleil. Un étage pour chaque année, qu’Algebar ne pouvait descendre que lorsqu’il en avait vaincu le gardien, le Sibitti, l’esprit maléfique dont il apprendrait plus tard qu’il s’agissait juste d’anciens élèves du Cerbère ayant majoritairement perdus la raison à cause de son brutal enseignement. De quoi le craindre. Le maudire. Le haïr encore plus. Et pourtant, chacune de ces visites était accueillie avec la plus grande bénédiction. Car il pourrait obtenir d’autres conseils pour devenir plus fort et s’en sortir. Car ils parleraient encore des Dieux, de leurs légendes, de tout ce qui chargeait les Cloths d’histoires et d’Histoire. Andreas était intarissable sur le sujet, et Algebar buvait ses paroles et explications. Pour lui, c’était un moyen de se connecter avec le monde, d’une certaine manière. Une échappatoire de cette prison, de cet éternel pugilat dans lequel il s’estimait être enfermé. D’étranges moments où le geôlier devenait source d’évasion...


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Message Re: [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo]   [Mi janvier 553] Des adieux au Cerbère [PV solo] EmptyMer 10 Juin - 0:52
Algebar, plongé dans ses souvenirs, pesait pleinement les mots dont avait usé le Grand Pope Childéric lors de leur rencontre, à propos de sa relation avec son maître. Que c’était un homme qu’il avait sûrement détesté autant qu’aime. Si sur l’instant, aucun de ces termes n’avait vraiment parlé à l’héritier d’Orion, se sentant plus dans un mélange de colère et de respect, il commençait à comprendre que ces émotions extrêmes que Childéric avait évoquées n’étaient finalement pas si loin de la vérité. Il avait tout fait pour que ses sentiments soient anesthésiés, ankylosés par un regard d’ambre pointé vers l’avenir. Et si l’oisiveté au Sanctuaire en attente de ses ordres avait déjà émaillé cette fragile coquille, l’introspection à laquelle il se livrait malgré lui terminait de l’anéantir. Colère et respect. Haine et amour. D’une certaine manière, un père pour celui qui n’en avait jamais eu, un guide pour l’orphelin qui ne savait que faire ou que suivre.

Il l’avait réprimandé pour ses mauvaises actions. Lui avait transmis tout ce qu’il savait, tout ce qu’il aimait, en espérant qu’il y adhère autant que lui. « Prouve-moi que tu n’es pas un échec, comme moi ». Mentalement, il revoit toute cette scène. En connaît fatalement la finalité. Celle où son maître le repoussa dans ses derniers retranchements, sur un dernier laïus. Cette phrase en particulier pourtant à une résonance déterminante. Ce désir que son disciple réussisse. Qu’il ne sombre pas dans l’échec qui l’avait lui même frappé. Mentalement, il se revoit possédé par le Cosmos qu’il faisait exploser, qui s’élevait sans cesse tandis qu’il crucifiait Andreas de six flèches cramoisies. Et lui de s’enthousiasmer. Et de lui accorder ses derniers mots : « Tu y es presque… le Septième Sens… Tu vas enfin y arriver... ». Ses derniers mots avaient été pour lui. Un dernier encouragement, alors qu’il savait lui aussi très bien où cela menait. Alors qu’il avait conscience que pour accomplir ce qu’il attendait de lui, son élève devrait l’abattre, ici, maintenant.

Une dernière flèche incandescente, comportant la puissance de son Cosmos pleinement maîtrisé : Crimson King. Cela avait été ses derniers mots pour celui qu’il réalisait avoir tant compté. Amer… Comment ne pas l’être à présent qu’il réassemblait les pièces ? Aujourd’hui, il rendait hommage à la seule personne qui avait véritablement compté à ses yeux… mais dont il avait dû prendre la vie pour prouver sa valeur. Algebar ne serait sans doute plus tout à fait le même après l’expérience qu’il venait de vivre, et qu’il s’apprêtait à poursuivre comme ses yeux s’ouvraient. L’armure d’argent du Cerbère se tient toujours là, face à lui, tandis que son Cosmos d’un rouge profond vient s’y refléter. Son regard est embué par les larmes qu’il n’a pu empêcher d’échapper, mais déterminé à réaliser ce pourquoi il était là, à présent.

Algebar se lève et s’approche. D’un mouvement brusque de sa main gauche, s’entaille le poignet droit et élève son bras au dessus du Cerbère, le laissant boire son offrande. Andreas avait donné sa vie pour lui, aussi il serait ingrat de lésiner sur son propre don. Parfaitement concentré après une si profonde méditation, il fixe son esprit sur son propre état. Tente d’oublier ce liquide chaud qui s’écoule. Cherche le moment précis où il aura donné le plus qu’il pouvait offrir tout en restant apte de poursuivre le procédé. Enfin… celui qu’il s’était imaginé à la vue des outils tout du moins. Lorsqu’il pense être parvenu à sa limite, il reproduit le geste vif de sa senestre sur sa plaie, mais cette fois il produit l’intensité de ses flammes cramoisies qui viennent la cautériser. Cette douleur lui fait du bien, ravivant son esprit, raffermissant son Cosmos. Cosmos dont il voit son sang déborder, tandis qu’il lance une poignée de cette poudre inconnue sur l’armure en fin de vie, et se saisit du marteau et du burin.

Algebar se concentre alors sur son Crimson King. L’art de concentrer la puissance de son Cosmos dans un travail de précision. Cela résonne comme une révélation en son esprit. Comme guidé, habité, il frappe un premier coup. Y insuffle ses flammes, son énergie. Mais cette fois ce n’est pas pour détruire, mais pour réparer. Pas pour tuer, mais pour ramener à la vie. Une seconde fois encore, le regard fiévreux, tâchant d’y mettre le fruit de tout ce qu’il avait appris, tout ce qui l’avait passionné, ce lien qu’il avait avec son maître, de par l’amour voué aux Quatre-vingt-huit. Un dernier coup encore, en un souffle ultime, en une dernière résonance, courant le Cerbère d’un éclat nouveau. Un novice ne pourrait pas offrir un travail aussi poussé qu’un forgeron. Et bien sûr, cette réparation ne serait pas parfaite. Mais elle n’avait pas servit à rien, il en avait la conviction ! De proche de la mort, elle respirait à nouveau, il le sentait, en une espèce de communion qui le dépassait. Fier, heureux, mais surtout épuisé, le jeune chevalier d’argent s’écroula alors, ayant tout donné...

Citation :
Fin du solo.


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