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 [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric

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Cuirasse de la Pestilence

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Message [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptySam 25 Juil - 6:16

Enfin. L'Appel de la Guerre les avait guidé. Pour arriver sur ce champ de bataille. Là où la terreur des combats fait rage. Là où la violence, la cruauté, n'a visiblement que sa place. La stratégie. Celle qui peut mener à la victoire. Un assaut. Entre des fauves et des chiens. Entre des Soldats et d'autres Soldats. Un impact. Violent, oui. Sanglant, assurément. Un carnage, oui, dirigé par le Cardinal de la Guerre en personne, a-t-il cru comprendre.
Car il n'avait entendu l'Appel qu'aux côtés de ses compagnons. Acamas, le Père. Le Créateur. Le Maître, dont il est l'apprenti. L'ombre, dont il est l'ombre. L'érudit, qui lui a offert un fragment de sa connaissance – qui lui en offrira plus, il l'espère. Haldor, l'Ours. Car avant même qu'il ne soit enfin porteur de cette Cuirasse – quel spectacle agréable de voir enfin cet homme réagir à cette Rage Bestiale –, il avait été désigné comme le Cavalier Pâle. La Mort.

Une Mort sans faux. Car il avait son arme. Cette arme violente. Brutale. Qu'il a porté pour lui, alors qu'il comatait durant une partie de leur périple. Cette arme puissante. Qui est maintenant entre les mains de son propriétaire légitime.

Oui. C'est à leurs côtés qu'il est arrivé. Qu'il a observé Haldor prendre possession de sa Cuirasse pour la première fois – ou peut-être est-ce finalement l'inverse ?
Qu'il a observé son propre prescripteur venir ordonner qu'il était temps de s'engager aussi dans cette bataille. Quels avaient été ses mots … ? « Ne le laissons pas prendre trop d'avance. Nos amis nous attendent. »

Et il obéi. Alors que sa monture se cabre. Laissant entendre un hennissement sinistre. Alors que la brume vient lentement à l'accompagner. Une poigne étrange, la sienne, vient chercher la bride de sa jument innommée, tandis que dans sa main gauche s'étire le symbole protéen de son titre. Un bâton, une crosse aimerait-on dire pour un Cardinal, à l'extrémité chaotique. Et le voilà qu'il part au galop. Rejoindre cette bataille. Pour y apporter un nouveau souffle. Un nouveau carnage, alors que son cosmos vient les entourer, lui et sa monture, protégée elle-aussi d'une cuirasse immaculée.

Les sabots piétinent les corps. La belle monture ignore sa propre faim.
Un mouvement circulaire. Et voilà que l'extrémité chaotique s'enfonce dans le premier crâne venu. Un soldat adversaire, dont les yeux n'ont guère eu le temps de voir venir le coup. Les sabots sont lourds, certes. Mais dans une bataille où les cavaliers s'animent, ils sont monnaies courantes.

Pourtant il ne meurt pas. Il en vient à ressentir chaque excroissance de cette arme atypique s'étirer, pour venir frapper ceux qui l'entourent. Un carnage doit être fait chez les troupes ennemies. C'est sa mission. Son ordre. Et il laisse sa propre énergie glisser dans son arme, dans l'extension de son propre corps. L'extraction est violente, tout comme la chute des silhouettes, corrompues. Le sang coule, altéré, infecté.
« Votre propre vie ne nourrira pas que cette bataille. » Non. Elle nourrira la Terre. L'air. Qui s'infeste lentement de cette nouvelle puanteur.
Il laisse le bâton glisser des doigts. Qui vient frapper lourdement le sol, avant de revenir entre ses doigts. L'immaculé s'élève, sous la forme d'excroissance distordues.

Apprenez cela. Chiens d'Athéna.
Apprenez cela …


Il avance. La vermine avance, toujours sur sa monture. Alors qu'il fait tourner son arme. Alors qu'un éveillé téméraire vient s'écraser contre celle-ci. Que le cosmos fade s'écrase contre son ivoire. Un éveillé, qui sentira sa gorge être attrapée, le pendant au-dessus du sol. Au-dessus de Mérion. Apprenez cela … Un éveille, qui sentira sa respiration devenir difficile, avant qu'une violente douleur traverse son buste, la crosse du Cardinal cherchant le cœur.

Apprenez que la Pestilence est là.
Apprenez que c'est face à la Nature que vous êtes.


Couronnée d'Ivoire, la bête innommée accompagne Guerre et Mort.
Lion, Ours et Vermine.
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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyLun 27 Juil - 23:41
    Quand on fait la guerre, il faut parfois accepter de passer de Charybde en Scylla. Et c’est le cas de cette bataille. Longtemps, les forces de la guerre n’ont tourné que par elle. Oubliant leurs autres instincts, leurs autres formes et leurs autres vies. Mais plus maintenant. La rumeur a grondé, parmi les forces ennemies que les cardinaux sont de retour, que guerre n’est plus la seule maîtresse d’Arès. Et j’aurais l’occasion d’être aux premières loges de ce nouveau spectacle. Pendant longtemps donc, Guerre et moi avons combattu dans ce théâtre et avons partagé ce qui nous unit : l’essence du soldat. Finalement, j’ai appris à connaître d’une certaine façon cet homme étrange, cet homme rongé par la haine. Et j’ai également appris à l’apprécier pour ce qu’il est : un soldat. Oh, il me tuerait sans hésité s’il en avait l’occasion et la réciproque est vraie, mais nous respectons ce trait l’un chez l’autre. Pour le reste, la guerre reprend toujours ses droits, et prélève toujours son du. Une fois de plus, nous nous sommes donc battu et une fois de plus, il eut été difficile de décider s’il s’agissait d’une victoire ou d’une défaite, de l’un comme de l’autre.

    L’explosion a été violente et j’ai laissé ma marque dans le sol. J’ai dû me relever rapidement car déjà la bataille reprenait son droit. Il fallait que je retrouve rapidement le Pope, je n’aime pas le laisser seul au coeur de la bataille. Mais pourtant, j’aurais du chemin à faire avant de le retrouver. Le chemin va être long, d’autant que je ressens un cosmos étrangement malade non loin de là. Un cosmos nouveau, dont je ne connais pas vraiment le porteur. Mais il est fort, très fort. Ce n’est donc pas celui d’un ordinaire chien de guerre, mais bien l’un de ses prêtres. Alors marchons, de la guerre à la maladie et de la maladie à la mort ! Je m’élance donc dans le champ de bataille, prédateur sur son terrain de chasse. Je ne m’attarde pas sur le menu fretin, je sème la mort simplement par devoir, car c’est dans quoi j’excelle. Et je finis par remonter la source du cosmos.

    Il est là, parer de blanc à semer le chaos, miroir malade du soldat. Il combat avec son arme et répand la mort, mais je reconnais celui qui porte le vice en son sein. Je me souviens de la violence des vices des porteurs de la maladie et en garde le souvenir amer sur mon torse. Une cicatrice marquée, pour une leçon apprise. Ne pas laisser le temps au vice de se rependre. Qu’à cela ne tienne. Les crocs du lion mordent n’importe quoi. Je continue ma course vers le cavalier blanc. Mon corps est meurtri, endolori de mon combat précédent contre Zvezdan. Je concentre mon cosmos, ou du moins ce qui en reste. Pour porter l’une des premières arcanes du croc du lion. Un arcane qui incarne au mieux ce que ces dents représentent. La soif de la bête de tout dévorer sans distinction, l’entropie pure de la chasse. Une légion d’éclair de lumière fondant sur la cible d’une manière désordonné, imprévisible, à la vitesse égale à ce que permet l’or. Voilà qui devrait lui donner un avant-goût de notre rencontre, un avant-goût du chaos et un avant-goût de mes crocs. Je continue ma course et m’avance vers lui, profitant de mon assaut pour ceci.

    « - Je vois donc le nouveau porteur de peste. Les rumeurs qui courent sur le champ de bataille sont vrais, les cardinaux d’Arès sont bel et bien de retour... »

    La cuirasse n’a pas la même forme par contre qu’avant et seul l’expérience particulière que j’ai faite des deux cardinaux précédents m’a permis de le reconnaître. Surtout de celui qui fût pontifex, celui qui m’a laissé sa marque. Mais ce dernier ne ressemble à rien de ce que j’ai croisé. Les cuirasses changent et évoluent visiblement avec leur porteur, avec ce qu’ils représentent et ce qu’ils incarnent. Lui, il est la maladie que laisse le conflit derrière lui. Les soldats qui se vident de leurs entrailles dans les camps, ceux qui meurent avec leur membre qui pourrissent horriblement. La peste aussi, qui se repend dans une zone marquée par le conflit et la mort. La famine aussi n’est jamais loin. Voilà de quoi s’entoure Arès, l’incarnation de ce qu’il est. Alors, quel genre de maladie représentes-tu, cardinal ? Quel genre de mort et de conflit amènes-tu avec toi ? Rapidement, nous allons parler de tout ça, car fatalement, ce n’est pas moi qui suis passé de Charybde en Scylla. J’ai perdu la piste de la guerre, alors très bien, mordons à mort la peste. La bête ne se soucie pas de l’état de ce qu’elle dévore.


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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyMer 29 Juil - 0:33

Éclat de lumière. Foudroiement incessant. Grondement puissant. C'est ainsi que je te rencontre donc. C'est donc toi le premier visage paré d'or que je croise ? Je ne connais pas ton nom. Je ne connais pas ton existence. Mais je t'entends. Je te vois. Même alors que l'éclair arrive. Je te vois. Et je sens cette puissance. Mais surtout. Je l'entends. Ton rugissement.

Le choc est violent. L'attaque foudroyante ne laisse guère de faille à exploiter. Alors c'est à l'instinct. Sentir ses bras venir se croiser les uns contre les autres. Pour que cet impact violent ne se transforme pas en catapultage. Car des appendices viennent vivement s'accrocher à lui, se plantant dans cette Cuirasse d'Ivoire pour le cramponner à cette base. Pour tenir. Debout. Face à lui. Pour parfois le recouvrir. Protéger. Avec une efficacité modérée face aux crocs qui viennent mordre cet entremêla étrange, à l'aspect naturel.
Et dans ce foudroiement. Il l'entend. Approcher. Son pas brutal. Guerrier. Qui s'écrase dans ce mélange boueux de terre et de sang. Il entend sa respiration. Vive. Il entend ses muscles bouger. Les os faciaux commencer à danser alors que la voix arrive jusqu'à lui.

Tu La connais.
Tu ne me connais pas.
Alors tu vas apprendre à La redécouvrir.
Mais oui … tu as raison … Nous sommes là.


Une impulsion. Les appendices rentrent vivement dans le corps, alors que le drapé s'ouvre, laissant voir complètement la Cuirasse. Un exosquelette. Une vermine fragile. Les orbites semblant vide fixent violemment cet homme. Ses doigts s'ouvrent difficilement, encore parcourus d'éclairs. Mais il bondit, en avant. « Les rumeurs sont parfois terribles. Non ? » Une vibration parcours alors le tissu étrange, qui commence à s'étirer, en pointes. De longues excroissances qui viennent créer des courbes. Suivant et cherchant à se planter toutes au même endroit …

Dans son corps.

Elles sont d'ailleurs plusieurs à se diriger vers son visage, cherchant à ajouter plusieurs balafres à ce corps qu'il imagine couvert de cicatrice. Lui arracher un œil. Peut-être. Non, tu n'es pas ce genre d'ennemi. Je ne t'aurais pas comme ça. Je ne veux pas t'avoir ainsi. Je veux te La faire connaître. Encore !
Et une torsion. De son corps. Alors que cette attaque crée un espace plus réduit. Alors qu'il avance lui aussi, le tissu s'adaptant à sa propre position. Protéiforme. Soit le. Soit le pour ton Maître. Capable de tout. Mais surtout capable de réfléchir comme un véritable guerrier.

Son instinct.
Mon instinct.
Qui lui dit de créer cette diversion. Mais aussi cet espace étriqué. De ne lui laisser qu'une seule possibilité. Une stratégie. Qu'il a tissé sans s'en rendre réellement compte, naturellement. À l'image d'une araignée. Car c'est bien ce qui se déroule. Les excroissances s'adaptant à la vitesse du Cardinal, s'adaptant à son mouvement. Pour créer une cage autour d'eux. Pour déranger tout mouvement de côté. Pour empêcher tout retrait. Car elles arrivent. Les pointes. Dans son dos.
Viens à moi.

« J'espère que vous savez danser. » Car moi oui. Du moins celle-ci. Cette danse que nous appelons combat. Une impulsion. Le bâton se brise alors. En plusieurs éclats. Qu'il vient attraper. D'un bond brutal. Deux épées courbes viennent maintenant accompagner ses mains.

Le pied se pose.
Bouge. Comme ça.
Son corps se tord légèrement.
Et frappe.

Et il frappe, alors que les lames, purement animées de son corps, viennent chercher l'or et la chair à une formidable vitesse. Un enchaînement vif. Faucher les jambes. Chercher à déstabiliser en premier. Frapper ensuite en direction du foie. Ou peut-être d'un tendon. Danser, tout simplement. Voir son sang couler alors qu'il lui a fait l'honneur de venir au corps à corps directement. Lui qui ne ressemble pas à cela. Et l'homme pourra sûrement sentir cette énergie, oui. Quelque chose de violent. Quelque chose de profond. Quelque chose qu'il a déjà en lui …

La nature.
Celle qui peut détruire comme protéger le corps humain.

Montre moi ! Danse avec Ma Pestilence. Laisse-moi entendre comment ton corps joue avec. Laisse-moi entendre tes muscles et tes os se protéger contre ça. Contre Elle.
Je veux l'entendre. Ton existence. Apprends moi comment un Chevalier d'Or souffre de la Pestilence …


Merci beaucoup Gawa pour l'avatar.
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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyJeu 3 Sep - 21:22
    Il y a quelque chose de différent avec celui-là. De plus malsain. J’ai combattu la pestilence par deux fois déjà. J’ai vu les porteurs de cette cuirasse changer. Mais je n’ai jamais vu la protection faire ce qu’elle fait avec lui pour le tenir debout malgré mon attaque. J’ai eu l’avantage de la surprise et de l’initiative, il a aura celui de l’endurance. Il est difficile de comprendre ce qui se passe dans ce chaos, mais je dois retrouver rapidement le vieux. Malgré les cosmos, ils explosent de partout et il est difficile de lire en détail ce qu’il en est. Mais je sens qu’il se bat contre un adversaire puissant. Oui, elle est différente. Elle ne ressemble pas aux porteurs d’avant, mais aucun doute qu’il s’agit du cardinal de la pestilence. Décidément, cette chose attire à elle les monstres les plus détraqués de l’armée d’Arès. Je ne sais pas quelle sorcellerie il pratique, mais ces tentacules qui s’agitent et se dirigent ensuite sur moi ne sont pas de bonnes nouvelles.

    Je ne suis pas resté stoïque et je peux dévirer ma course pour éviter de me faire lacérer par ces fouets protéiformes. Je vois où il veut en venir avec cette diversion. Elle est simple, éculée mais efficace. Il me faut réagir vite. Si je ne veux pas me faire engluer dans sa toile. Oh, se jeter dans un piège, c’est savoir à quoi faire face et donc, déjà une étape vers sa résolution. Oui. Je vais jouer ton jeu cardinal. Je vais te laisser mettre en place ta danse et je vais simplement te laisser t’enfermer avec moi. Une chose que tu regretteras. Mais je cours et dévie ma course, essayant de dépasser par la vitesse simple ces appendices que tu contrôles. Pour l’instant, je m’en sors bien, je feins d’être celui qui ne voit pas se poser le piège. Mais tu apprendras que dans la guerre, je n’ai qu’un seul égale et il en est l’incarnation.

    Là où par contre il me prend légèrement de cours, c’est quand son arme change de forme et quand d’un bâton, il passe à deux épées et vient me chercher sur mon propre terrain ! Il me faut réagir vite et là, je ne peux que simplement compter sur l’armure. Je ramène rapidement mes bras devant moi pour opposer à son acier mon or et me préparer à danser avec lui. Il est plutôt bon escrimeur. Les mouvements que nous entamons sont rapides et je doute que quiconque soit capable de suivre la danse à laquelle nous nous livrons. Même pour nous, je pense, il doit être difficile de tenir un rythme si rapide. Mais pas besoin de le garder longtemps. Je sens l’acier mordre mes flancs à certains endroits, les failles de l’armure, mais j’y suis habitué maintenant. Je ne sens pas encore la morsure du poison, mais je pense qu’il viendra bien assez tôt. Par contre, c’est à mon tour.

    Profitant d’un moment dans la danse, je commence doucement à faire battre mon tempo. Il est donc sage d’ouvrir par quelques percussions. Je profite d’une passe laissant sa lame glisser sur le côté de mon torse, embrassant le mouvement de mon corps. Je me sers de la dynamique pour reprendre donc le contrôle et envoyer avec force et violence mon front droit dans le sien. Sans arrêté, j’enchaîne avec un coup de pied son abdomen pour le repousser au loin. Je fais monter mon cosmos et doucement, je me fais plus oppressant et prédateur. Devant lui, doucement se fait l’ombre d’un fauve terrible et sans merci. D’une créature affamée qui rêve de se repaître de la chair de la proie qu’elle traque. Une vision que même la guerre a crains un instant. Une vision qui le rendra, même brièvement, moins vif, moins agile, plus mesuré surtout. Et c’est de ça qu’il est question : de rythme et de mesure !

    Ses coups commencent à s’accumuler et bien qu’ils ne s’agissent de rien de décisif, je dois faire attention. Je ne suis pas complètement remis de mon combat contre Zvezdan et je dois faire attention. Si le combat dure, il gagne, s’il se termine rapidement, je devrais pouvoir m’en sortir et aller aider le Pope. Bien, alors il est temps de ne pas jouer avec la nourriture. Doucement, mes yeux perdent leur nature et changent. Ce sont maintenant deux iris fendus de prédateur qui le regarde avec une froide ambition. Celle de la faim. Alors il était temps. Temps de sortir les crocs et de manger. Car c’est simplement de ça qu’il est question ici. Manger ou être mangé. Vivre pour continuer de mourir et aller crever dans son propre sang contre le prochain adversaire, mais pouvoir continuer de faire son devoir. C’est ça la guerre et c’est là le pinacle de notre destinée. Ici, plus rien ne compte ! Il n’y a que la faim et le combat.


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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyVen 4 Sep - 20:34

L'acier d'ivoire caresse la chair. Sans tendresse, oui. Elle l'écorche, fend. Le sang glisse, ruisselle, contre les arabesques qui décorent ces lames. Mais blessure ne rime pas avec victoire – du moins, pas dans cet actuel élan de poésie guerrière. Ne pas se reposer sur ses lauriers. Contrôler le tempo, le rythme. D'un mouvement, une lame est inversée. Le mouvement de trop peut-être. Car le Guerrier d'Or épouse le nouveau pas. Il entend, les muscles du cou de cet homme se préparer, se contracter. Définir un coup aussi brutal que primitif, mais qui peut se révéler redoutable. Bien trop. Alors ses propres muscles se tordent. Approchant de l'impact. Sa réflexion est rapide. Martiale autant que naturelle. Laisser passer ce coup … Trop dangereux.
Alors il frappe. De son front. Contre le sien. Pour éviter d'être bien plus déstabiliser qu'il ne le serait. Même si l'avantage n'est pas pour lui à ce niveau, il n'a pas l'hésitation de la souffrance. Préférant garder un semblant de contrôle. Plutôt que de reculer, bien plus. Car reculer, il le fait. Suite au sifflement de douleur qui traverse sa carcasse immaculé – accompagnée de quelques craquements distinctifs –, suite à sa résistance, le pied du combattant vient s'enfoncer dans son abdomen.

Repoussé, le Cardinal l'est. Brutalement il enfonce ses lames dans le sol. Deux sillons qui viennent profondément marquer ce mélange de boue et de sang. Deux sillons qui ralentissent sa progression. La douleur traverse son corps. Lui arrache quelques frissons et tremblements. « Fort … » La réalité résonne. Conscient. Conscient de faire face à quelqu'un de fort. De plus fort. Plus fort que moi. Plus fort que Haldor, sûrement. Et pourtant dieu sait que les frappes de l'Ours peuvent être brutales. Violentes. Habiles aussi.

Mais lui. Cet homme. Ce Saint. Ce combattant.
Ses muscles chantent cette partition avec une précision inégalée.
Il tient debout. Malgré de nombreuses blessures. Malgré qu'il entend certains nerfs se tordre. Alors qu'il revient à la charge. Alors que viennent parer un nouveau coup. Plus violent. Plus sauvage. Plus animal. Un nouveau frisson. Un nouveau tremblement. Alors qu'il devient autant danseur que spectateur d'un ballet bestial, violent. Terrifiant. Stupéfiant.

Une danse qui ralenti. Parfois. Bouge. Une danse dont il ne contrôle à peine le rythme alors que ses défenses se font plus incertaines, alors qu'une fissure commence à se prolonger le long de son heaume couronné. Deux lames devenant une lance. Une lance devenant un bouclier. Frapper. Écraser. Mais il est fort. Fort. Bestial. Déterminé. Déterminé … Bouge... Déterminé … Ne le sont-ils pas tous ? N'ont-ils pas tous une raison de l'être ? Pourquoi lui plus qu'un autre ? Pourquoi lui plus que ceux qui se mélangent à la boue ? Pourquoi lui plus que lui, la Pestilence ?
Un mouvement. Un sifflement agacé. Alors que son corps est perturbé. Par cette aura. Mais une idée. Car si la guerre doit prouvée la détermination … Alors l'homoncule avait de quoi prouver.

Un mouvement. Un coup arrive. D'un éclat l'arme reprend sa forme originelle. Et dans ce même instant, une excroissance qui vient s'enfoncer dans le corps de son propre propriétaire. Une douleur. Nouvelle. Qui l'arrache à l'apathie dans laquelle sa silhouette s'engouffrait. Et le coup qui arrive. Et son corps qui vient danser autrement, une esquive alors que pendant un instant le drapé semble prendre la forme d'ailes. Créer une distance. Sans pour autant abandonner. Pas après ce geste. Pas après cette façon de réagir.

Une blessure nouvelle. Au niveau de son flanc. Alors que l'excroissance se retire. De l'obsidienne qui s'écoule. La même qui habite son regard. Toujours stable. Toujours vide. Un corps fragile, oui. Face à la puissance d'un Lion aussi sanguinaire.
« Déterminé. » Faisant tourner alors son arme, il l'enfonce dans le sol. Alors que l'obsidienne s'est mélangée à cet ivoire étincelant. L'arme s'enfonce. Disparaît. Désarmé ? Peut-être. Mais après tout le Lion n'a que ses crocs. La Vermine peut bien n'avoir que … ce qu'elle est. Et c'est à cet instant que son corps éclate. Venant se distiller lui aussi dans le sol, différemment. Venant soulever boue et la teindre d'ivoire, autour d'eux. Une nouvelle impulsion, et la voilà qu'elle se cristallise, se solidifie, en une forêt de ronces sinistres et imposantes. Autours. Et entre eux. Contrôler le terrain.

Et il approche, à nouveau. Alors que sa Cuirasse s'adapte à ce terrain. Une main se pose sur l'écorce d'ivoire, se propulsant vers lui pour frapper une première fois. Une nouvelle fois. Rythmé. Suivre le rythme de cet homme. Imposer le rythme qu'il a lui-même imposer. Pour voir jusqu'où cette Bête est capable de s'adapter. Continuer de restreindre ses mouvements, oui. Même si pour cela il doit se prendre des coups. Car au fond, il n'est pas le seul à attaquer. Car la forêt n'est pas là que pour créer un terrain favorable. Certaines ronces se déploient, pour venir accompagner les coups. Une danse contre la nature.

Mais aussi contre lui. Car après avoir frappé d'un coup de pied violent, son doigt se claque. Veinules d'obsidiennes apparaissant alors dans l'écorce. Des lames. Plusieurs. Fines. Mais aussi tranchantes que des rasoirs. Aussi piquantes que ces mêmes ronces. Qui naissent dans cette forêt. Pour venir se planter dans le corps de ce Lion d'Or.


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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyMar 3 Nov - 17:35
    Il est malin. Frapper de sa tête en même temps que moi lui permet de gagner du temps et d’éviter d’être trop sonné par le coup. Il faut toujours accompagner ce jour d’attaque quand on peut et il le fait bien. J’aurais été dessus que ça soit facile. Je me souviens des autres combats contre la pestilence. Je me souviens de la large cicatrice que m’a laissée Thivan et je me souviens du vide dans lequel m’a plongé le masque blême en me retirant tous mes sens un par un. Une sensation aussi dérangeant que détestable, mais c’est le fardeau de l’or de continuer à combattre malgré ça. Et c’est ce que j’ai fait, encore. Toujours. Nous sommes soldats et je suis ici chez moi, dans ce champ de bataille, dans cette cage qu’il nous a préparé. Oh oui, tu es enfermé avec le lion et il ne fait pas bon de tenir ce genre d’animaux en cage. Une leçon que tu vas apprendre à tes dépens, cardinal ! Une erreur que guerre n’aurait pas commis.

    Mais quelle est cette étrange créature qui semble, non pas saigner le sang rouge d’un mortel mais le noir d’un poison ? Contre quoi, exactement, suis-je en train de me battre ? La pestilence attire toujours les monstres, les vrais. Ceux qui sont loin de l’humanité pour en comprendre les bases. Ceux qui se sont tellement éloignés de l’homme qu’ils sont devenus un danger envers une espèce toute entière. Son sang porte-t-il si profondément le fiel et le vice qu’il en a perdu son humanité ? Mais après tout, qu’est-ce que j’en ai à faire ? Rien. Il n’y a que la faim et la guerre maintenant, les questions viendront après. Les questions sont pour les survivants. Merde, il a créé suffisamment de distance avec ses ailes pour que je ne puisse pas l’empêcher de faire ce qu’il prévoit de faire. Alors il ne me reste qu’à me tenir près.

    Car le combat va passer à un nouveau seuil, je le sens. Son corps devient son arme et rapidement, un instant trop tard, je comprends ce qu’il fait. Il commande au sol et à la terre pour qu’ils deviennent sa nouvelle arme. Voilà qui s’avère un poil plus malin que je ne le pensais mais il en faudra plus pour venir à bout du lion et de ses crocs. La terre et les ronces se mangent aussi facilement que la chair et les os. Je le vois avancer vers moi et laisse son premier coup porter, bougeant simplement pour éviter qu’il ne frappe un point vital. Après tout, si tu veux venir me chercher, créature, il va falloir t’approcher de mes crocs. Oh mais, je comprends enfin ce que tu veux faire. Tu penses que cette cage et ta terre vivant m’empêcheront de te mordre ? Rien n’échappe aux crocs du lion. Alors nous dansons et mon sang coule. Jusqu’à la suite.

    Je ne pourrais pas éviter ça. Trop rapide, trop large. Alors, ce qu’on ne peut pas éviter, et bien, il faut le manger. Je concentre rapidement mon cosmos pour activer la bête et fatalement, lui laisser plus de marge. Il comprendra son erreur, trop tard je l’espère. La légion de dard s’enfonce dans mon corps et rapidement disparaissent à mesure que la bête les dévores. Il me faudra économiser mes forces mais si je me préserve trop, je ne pourrais plus continuer longtemps. La créature après tout, reste cardinal et il doit être considéré comme tel. Je concentre alors un peu de cosmos dans mon poing et je frappe dans le vide. En réponse à mon coup, une légion d’éclairs, aussi imprévisible que rapide, incarnation du chaos, se précipite sur lui et déchirant au passage la terre et les ronces. Les crocs dévorent tout.

    Je concentre à nouveau mon cosmos et l’aura de mes crocs se matérialise autour de mon bras, incarnation physique de mon cosmos et des vibrations de mon poing. Il s’habille de son manteau d’énergie, semblable à une aura de foudre, mais il s’agit de cosmos pur. Je couvre alors la distance entre lui et moi et abat avec violence mon poing. Au moment où l’impact a lieu, il pourra voir certains des épieux sombres que mes crocs ont dévorés lui être régurgité au passage et il trouvera son corps et son âme secoué par le brutal contact de mon cosmos. Engourdi, amolli, enrayé. Voilà qui devrait m’offrir le temps dont j’ai besoin et me permettre d’économiser du temps. Je ne dois pas rester là longtemps, déjà, je ne perçois plus l’aura d’Akrites… Qu’est-ce qu’il fait ce con ?


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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyJeu 5 Nov - 22:35
Puissance. Faim. Destruction. Bestialité. Tant de musiques qui viennent frapper. Écraser. Déchirer. Briser. Foudre impétueuse, chaotique, qui vient briser cette forêt d'ivoire. Force cosmique, déterminée, qui sépare d'un simple mouvement la distance entre eux. Le goût du sang dans la bouche. Le goût de l'Obsidienne dans la bouche de l'autre. Non pas du sang. Mais une manifestation différente. D'un cosmos, du sien. Le sang, lui, s'écoule. Lorsque la foudre déchire. Et lorsque le poing frappera. Écrasera. Martèlera.
Puissance. Faim. Destruction … Bestialité. Mots qui résonnent alors que le vide oculaire croise le regard foudroyant, sauvage, du Lion de Némée. Bête … Bête … Bête … Bête … Son corps frissonne. Son cœur éclate à chaque battement. Et avant même que la frappe ne vient contre lui, il la voit. Cette Pestilence qui s'est éveillée en lui. Cette bestialité anormale. La Mort qui s'est éveillée en Haldor. Plus bestiale encore.

Tu aurais fait un parfait Berserker … Il s'apprête. À l'accepter. À sentir cette forme d'existence. Une lueur ambrée pulsant à l'intérieur de son regard. Alors que la simple proximité de cette puissance crée une terrible pression contre son corps, augmentant les fissures déjà présentes contre sa Cuirasse. Son poing se ferme. Puis s'ouvre. Cherchant à agripper la gorge du Lion. Avant que le coup ne frappe. Avant qu'il ne l'écrase complètement. Une tentative vaine. Il le sait. Il le ressent. Dans chaque centimètre de sa vie factice.

Un battement de cœur qui semble s'arrêter. Alors que l'impact s'écrase contre son corps. Unique. Un coup qui résonne à travers sa Cuirasse, à travers son Obsidienne. À travers ce qu'elle cache. L'ivoire flanche, se brise, alors que la main ne réussi à peine à avancer. Un tremblement de ses doigts. Alors que cette force résonne, oui. Comme le ferait une cloche. Comme le ferait le son d'une pierre à la surface de l'eau. Chaque vibration s'étendant. Encore. Et encore.
Ressentir chaque partie de son corps. À nouveau. Mais pas par l'éveil. Par cette sensation de perte. De mort proche. Les doigts qui se ferment. Alors que son corps tombe en direction de ce sol libéré de ses altérations. Son heaume couronné se brisant sur toute la gauche. Laissant alors voir cette obscurité.

L'obsidienne. Qui bouge. Vibre. Qui se cristallise. Lentement. Un œil, ambré, qui le fixe.
Le temps semble si long en cet instant. Alors que ses lèvres s’entrouvrent en un cri sourd. Et pourtant. Si rapide. Lorsque sa carcasse vient percuter le sol. Depuis les hauteurs, la Bête Innomée est venue s'écraser. Mélange de la force de cet homme bestial et de l'accélération de cette gravité naturelle. Faible. Si faible.

Le silence. Profond. Alors que la poussière du champ de bataille retombe. Brisé. Ainsi devrait être le Cardinal de la Pestilence. Et sûrement l'est-il. Alors que sa vie semble lui échapper. Un instant. Puis, une sensation. À travers le sol dans lequel son corps s'est enfoncé. Une vibration. Qu'il reconnaît. Ses doigts qui se referment. Violemment. Avant qu'une main ne sorte de cette crevasse. S'appuyant sur cette terre dévorée. Une lueur s'est éveillée. Grandissante. Une autre s'éteint lentement. Il se redresse. Chancelle. Alors que son expiration résonne bruyamment tandis que ses lèvres laissent échapper du sang en une toux violente. Des yeux, qui se redressent vers lui. Un pas. Vers lui.
Mérion regarde le Lion de Némée. Visage totalement libéré de sa Cuirasse. Les sclères noires faisant luire l'ambre d'un éclat macabre. Il tient debout. Alors que l'intensité au loin continue de s'éteindre. Avant de disparaître …

Le Grand Pope Akritès se meurt. « Personne … » Il avance. Encore d'un pas. « Ne pourra … » Un nouveau pas. Plus difficile. Il pourrait tomber à tout moment. « Le … sauver … » Sa main se lève légèrement. Tendue vers lui. Une gerbe noire s'arrachant de ses yeux. Formant de multiples lames, qui s'unissent. Lance. Qui s'étire, lévitant au-dessus de lui. « Bravo … » Son corps tombe alors en avant. Bien qu'il réussisse à se rattrape. À ne pas être au pathétique qu'il ne puisse le montrer. « Tu as vaincu … la Pestilence … » Faible Pestilence.
Des mots faibles. Qui glissent au rythme de cette lance qui vibre légèrement. Il a perdu. Un Cardinal a échoué. Il a échoué à tuer. Pathétique … performance. Pourtant, il se redresse … encore. La Pestilence est vaincue. Oui. Mais Il se tiendra encore debout. Pour un dernier acte.

« Mais … » La lance part violemment, sous une ultime impulsion cosmique. « Tu … ne le … sauveras pas. » Qu'importe la mort. Si cela peut permettre de réaliser le dessein de celui qui détient maintenant le titre de Pontifex.

Être vaincu … ne signifie pas finalement pas être en incapacité de faire quelque chose. Non. Cela signifie simplement que l'unique chose possible … est de ne pas crever. Pour ne pas être plus pitoyable. Pathétique. Qu'il ne l'est déjà.
Bref. Continuer. Et apprendre de cette défaite.


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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyLun 30 Nov - 1:31
Ce guerrier n’est que l’ombre de ce qu’il sera. Je regretterais de ne pas avoir pris le temps de le tuer maintenant. Mais du temps… du temps c’est ce qui me manque. Je sens les cosmos exploser et déjà, celui du Pope ne parle plus. C’est mauvais signe, surtout après l’assaut violent que j’ai pu percevoir il y a quelques secondes, minutes ? Perdu dans le combat, le temps passe à un rythme différent. Les secondes deviennent des minutes et les minutes des heures. Pousser son corps à ses limites, lutter contre soit même et pour sa survie, tant de chose qui font que le temps coule différement. Il s’arrête en attendant de voir qui sortir du sang et des entrailles. Qui aura le droit de marcher de nouveau vers un combat suivant ou une bataille prochaine. Oui, le temps… l’ami du soldat. Il s’en est fallu de peu pour qu’il ne m’agrippe la gorge et les étreintes de la pestilence m’ont laissé quelques mauvais souvenirs.

Déjà je regarde ailleurs. Ce combat est terminé. Je devrais le tuer maintenant. Mais une nouvelle course commence. Je sais que je vais regretter de ne pas avoir mis fin à ses jours maintenant, mais je dois me dépêcher, si jamais le corps d’Akrites venait à être perdu, le dédale ou les spectres pourraient faire d’infâme expérience sur lui et surtout, lui arracher les pires secrets. Ça ne doit pas arriver, sous aucun prétexte ! Alors oui, je ne vais pas te tuer aujourd’hui, bête qu’on ne nomme pas. Je te laisse pour plus tard, pour quelqu’un d’autres dans cette même bataille, peut-être. Mais moi, moi je n’ai pas le temps. Le devoir dicte son tempo sur mon âme. Et je retourne mon regard vers lui quand il commence à parler.

J’ai péché. Je n’aurais pas dû perdre du temps. Mais, j’ai la maîtrise pour moi. Rapidement, je fais exploser mon cosmos à la proximité de son paroxysme. Passant la barrière des mortels, passant la barrière de l’éveil. J’atteins vite cet état de communion parfaite avec le monde et le cosmos. Cet étant dans lequel un chevalier d’or tire sa toute-puissance. Alors il pourra voir se former autour de moi, légion de petites sphères de lumière. Trop nombreuse pour les compter. De ces dernières, il pourra sentir une forme de vide étrange, des crocs. Simplement. Des fragments d’une bête qui n’aspire qu’à dévorer ce qu’elle croise, sans distinction, sans souffrir de conséquence. D’un prédateur alpha parfait, qui ne souffre jamais d’aucune déconvenue. Quand bien même il viendrait à croiser un guerrier plus puissant, il y a toujours quelque chose dans lequel mordre.

Alors en réponse à la lance sombre qui se dirige vers lui, dans un hurlement bestial, qui n’a fatalement rien d’un cri d’humain, je laisse exploser mon cosmos et les sphères de faim se dirigent droit vers la peste et sa lance. L’explosion est terrible et je porte mon bras devant mon visage pour m’en couvrir. Je sens l’impact des forces me faire légèrement reculer. Il reste un guerrier puissant, mais… oui, inexpérimenté. À vrai dire, c’est logique. Zvezdan a porté seul les armées d’Arès pendant toute la guerre. Il est impossible d’arriver avec une armée formée. Vraiment, je devrais prendre le temps de le tuer… Il serait un gros problème plus tard pour nous. Tuer un des nouveaux cardinaux porterait un coup au moral des forces d’Arès mais… pas autant que devoir se battre contre Arkites et ses secrets arrachés.

« - Tu n’es pas la première pestilence que j’ai dévorée. Et tu ne seras pas la dernière, mais tu as raison, je n’ai plus le temps de jouer avec toi. Il est mort, mais c’est son corps qui est plus important que sa vie de toute façon, tu le sais aussi... »

À vrai dire, je ne sais même pas trop où il est dans ce chaos et je n’ai pas le luxe d’attendre que la poussière redescende. J’espère qu’il est mort. Mais la vermine trouve toujours un moyen de survivre et déjà, je prends la route vers le véritable combat. Il me faudra un peu de temps pour le retrouver, mais, après tout, dans une bataille le temps n’est plus linéaire et dans une bataille, il est l’ami du soldat.


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Message Re: [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric   [Juillet 552] Une Tradition d'Or et d'Ivoire ~ Childéric EmptyLun 18 Jan - 11:18

S'il y a bien des histoires à conter, celle-ci serait peut-être la première que je raconterai. Ou du moins, l'une des premières. Un souvenir qui s'est gravé dans la chair de la poupée de sang et d'os que je suis. Une histoire étrange, portée par la défaite. Ma défaite. Face à tes yeux. Face à ton glorieux rugissement. Peur. La peur existait. Présente. Dans ce corps. Résonnant dans chaque cellule. La peur de disparaître. La peur perdre ce seul fil qui me maintenait à ce monde. Mon rôle. Ma fonction. Ma puissance était ce devoir, ce rôle, cet objectif implanté dans chaque organisme qui compose ma chair. Mais, maintenant, je peux le dire, c'était aussi ma faiblesse.
Ce jour-là, Lion d'Or, Acamas a gagné. L'armée des Berserkers s'est montrée plus forte. Ce jour-là, l'ancienne Guerre, Zvezdan, a dû composer avec de nouvelles têtes sur cet échiquier. Ce jour-là, l'Ursidé Pâle s'est dressé sur ses pattes et dévoré, pour la première fois, ses victimes en tant que porteur de Mort.

Ce jour-là, j'ai eu peur. Mais je n'ai pas laissé celle-ci prendre possession. À ta force destructrice, j'ai répondu le silence. Mais j'ai répondu en brisant les propres frontières de cette réalité. Une fatalité sans fin. Qui s'est mélangée à tes crocs. Bestialité du Lion contre Pestilence de la Bête Innomée. Oui, ce jour-là, j'ai perdu. Mais j'ai pu t'entendre. J'ai pu lever lentement une main, alors que tu partais. Dans ta direction, comme si je cherchais à attraper quelque chose. Qui t'étais accroché. Et je l'ai senti, à ce moment-là. Ce que j'avais déjà pu ressentir, en frissons. Que tu avais déjà rencontré ma tendre âme sœur. Cette Pestilence qui me colle à la peau. Qui fait partie de moi. De ma carcasse.

La Peste est patiente. Le sais-tu ?
Elle évolue. Apprend.
J'ai survécu à notre combat. Appris certaines choses. Découvert certains secrets.
Et je me suis relevé.

Tu étais parti. L'infection de ma dernière arcane nourrissait déjà mon corps de ce qu'elle touchait, de ce qu'elle dévorait. J'ai titubé. Avant de me faire encerclé. Par quelques autres pantins de celui dont tu as voulu récupérer le corps. Ah … si seulement mon infection avait eu le temps d'atteindre celui-ci avant toi. Si seulement elle avait pour le protéger de ta pragmatique possession. Peut-être. Peut-être que l'Alchimiste de Sang aurait pu récupérer quelque chose. Peut-être que j'aurai pu, moi aussi, récupérer quelque chose. Mais je devais me contenter de ma défaite. Et de sentir cette pitoyable humiliation. Ces yeux belliqueux, qui pensaient pouvoir profiter de l'état de faiblesse, catatonique même, dans lequel je me trouvais.

Plic. Ploc … Je l'ai entendu. Dans mes entrailles. Cet instinct. Violent. Ce désir. Intense, mais que je ne pouvais nommer. Plic … Ploc … Ils s'approchaient de ma silhouette immobile. Plic … Ploc … J'ai senti mes lèvres s'étirer. Sourire. Tseh. J'étais déjà Cardinal à cette époque. Je ne devais pas. Je n'allais pas. Mourir ainsi. Disparaître ainsi. J'avais un rôle. Alors pendant que tu recherchais celui que tu devais récupérer, j'ai nourris ma Cuirasse de l'Infection qui s'abattait sur ces guerriers imbéciles. La bataille était déjà terminée. La tête du Serpent avait été tranché. Mais le corps continuait de bouger. Erratique.
Alors je m'occupais de ceux qui se mettaient en travers de mon chemin. Malgré la douleur. Et je laissais le sang souiller l'immaculé. Peinture aux attributs nutritifs.


***

Mi-Mars 553
Au Dédale.

« Hm. C'est un beau souvenir que tu m'as laissé là. » Dans ses quartiers, le Cavalier Blanc observe son reflet à travers un miroir. Un reflet partiellement dénudé, scarifié. Une cicatrice le long du torse. Déchirure et souvenir datant de cette guerre dans laquelle sa mémoire s'est plongée, un instant. Caressant du pouce cette marque, un léger sourire se pose sur ses lèvres. Amusé ? Mutin ? Sibyllin, cela est certain. Que faut-il penser de cette défaite ?
Le Lion d'Or était un adversaire puissant. Sans aucun doute l'un des plus grands combattant des ouailles de la Sagesse. Sans aucun doute un rival perpétuel du Pontifex Zvezdan.

Pourtant. Il se souvient. Et ce frisson revient contre lui. La Pestilence s'est accrochée à lui. Une fois. Une première fois. Un souvenir dansant entre les frontières de l'Exosquelette Immaculé que forme sa Cuirasse. Une infection qu'il a déjà rencontré. Sous une autre apparence. Qu'il rencontrera sûrement encore, toujours sous cette apparence. Quoique ... Des choses auront changé, oui. Un regard. Une force. Mais lui aussi aura changé. Peut-être, oui, peut-être qu'il serait sûrement encore plus puissant qu'auparavant, ce Lion d'Or.

Et pourtant, ce n'est pas la première question qui vient à l'esprit du jeune homme, alors qu'il se redresse, approchant de la longue tunique blanche. Qu'il attrape de ses doigts fins. Blanche. De belle facture. L'ombre ne le recouvre plus, en effet. Mais oui. Alors qu'il cache la cicatrice - bien que partielle visible au niveau de son encolure - par le tissu de sa tunique, la question s'accroche à ses lèvres, étirées en ce fin sourire. « Sûrement n'est-il pas à sa place à Ses côtés. » Les choses changent. Les Pontifex changent. Les regards changent. Les mentalités changent.
Ouvrant et fermant sa main gauche - au bras dénudé, à l'inverse de son jumeau -, le jeune homme s'étire, faisant rouler contre sa peau de cendre les tatouages blancs. Il ferme les yeux, alors que ses bras retombent contre lui.

Pense au visage du Soldat.
Au visage de la Bête. Du Lion.
À ce visage de Berserker couvert d'Or.


Quel gâchis.

HRP a écrit:
Et voilà ma petite conclusion.
Merci pour ce RP !


Merci beaucoup Gawa pour l'avatar.
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