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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]

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Message [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyLun 10 Aoû - 16:08
Citation :
Ce rp se déroule avant les événements en lien aux événements "Flotte de Narsès" et "Mission Pacifique"

Il avait eu l'information de Drystan et ensuite de Deukalyon de l'arrivée d'un Oracle en son sanctuaire. Une information qu'il avait prit plaisir à entendre étant donné sa volonté de pouvoir discuter avec un de ces émissaires du Soleil. Ces derniers n'avaient pas eu de chance au cours de ces dernières années - un peu comme les Atlantes d'ailleurs - et avaient même perdu leur propre domaine. Ordre avait été donné d'accueillir l'homme comme il se devait, tout en s'assurant que celui-ci ne vienne pas troubler l'ordre public. En dehors des hommes du Kraken, Orphéus avait veillé à ce qu'une autre personne suive l'Oracle. Une double sécurité qui avait aussi pour vocation de sécuriser Rudjek. Tous n'était pas favorable aux Oracles au sein d'Atlantis et il était hors de question que l'on vienne insulter un invité. Pas avant de savoir s'il serait utile en tout cas.

S'il aurait aimé le voir de suite, il avait été dans l'obligation d'attendre un peu avant de pouvoir se libérer et d'aller à sa rencontre. Les affaires d'Atlantis ne pouvaient souffrir d'aucun retard et le Merinita avait été contraint de reporter la rencontre. Que ce soit à cause des Muiens, de la préparation pour la délégation d'Asgard ou même de ses projets plus personnels, il n'avait pas eu un instant à lui.

Mais aujourd'hui, il avait du temps. Et il avait alors demandé à ce que le commandant Kelarch puisse conduire leur invité ici, au Temple de Poséidon. Pour une fois, l'accueil ne se ferait pas dans l'hémicycle mais plutôt dehors, permettant d'avoir une vue plus globale de la cité en elle-même. Permettant aussi de voir plus distinctement les piliers qui préservaient la quiétude et la sécurité de cet endroit. Nul doute que la vue plairait à l'Oracle, s'il se fiait au rapport de l'Hippocampe. Sa soeur à ses côtés, ils patientaient. Plongé dans ses réflexions. Une table avait été dressé derrière lui, avec quelques mets. Mais Orphéus semblait ailleurs. Il sentit la main de sa soeur se poser sur son bras et porta alors le regard vers elle.
    - Tu es soucieux, n'est-ce pas ? Tu crains qu'il n'ait aucune réponse aux questions qui sont les tiennes, je le vois.

Elle le connaissait si bien. Les jumeaux se ressemblaient beaucoup, jusque dans les vêtements qu'ils portaient. Pour ce jour, Orphéus avait opté pour une chemise à manche courte, blanche, laissant apparaître le bracelet d'Orichalque. Symbole de son autorité. Une cape pourpre avec les armoiries de sa famille au dos et le symbole de Poséidon sur le devant complétait sa tenue. Quant à sa soeur, elle était presque habillée de la même manière, les cheveux attachés en arrière, une épée à la taille. Il était clairement visible qu'ils avaient de l'argent. Mais en dépit de la haute qualité de leurs vêtements, il n'y avait rien d'ostentatoire sur eux.
    - Il y a de ça, je dois l'admettre. Mais même s'il n'a aucune réponse, il ne faut pas négliger l'importance d'une telle rencontre. N'oublie pas que nous avons croisé leur Augure, il y a quelques années de cela. Fermer la porte à leur faction sous prétexte que l'un d'eux ne peut pas nous aider serait absurde. Je suis curieux, voilà tout.

Elle allait lui répondre lorsqu'un garde annonça l'approche du commandant et de l'Oracle. Le Légat fit signe à ce dernier d'aller chercher leur invité et de demander au Commandant d'attendre dans le grand Hall. Il n'avait pas besoin du chaperon pour l'entretien. Après tout, Aurora s'occupait de la protection de son frère et celui-ci n'était pas sans défense. Mais surtout, Orphéus estimait qu'il n'y avait rien à craindre ici. De ce qu'il avait appris, l'homme avait été émerveillé par Atlantis. Ce pourquoi d'ailleurs il avait fait en sorte de l'accueillir ici.

L'homme approchait tandis que le garde se retirait. Aurora restait deux pas en arrière par rapport à son frère. Le Légat s'approcha de l'Oracle, un franc sourire sur le visage, inclinant très légèrement la tête en guise de salutation. L'Onde de l'Atlante s'échappait de son corps, de manière presque imperceptible, afin de capter "le chant" de son invité. Cette mélodie qui était si propre à chaque personne et qui permettait au borgne de mieux cerner les émotions des hommes.
    - Ah, vous voilà. Je vous prie de m'excuser pour cette attente. J'aurai aimé pouvoir vous recevoir avant mais certaines de mes obligations ont nécessitées une attention plus grande que je ne l'avais escompté. Je suis Orpheus Merinita, Légat de mon Seigneur Poséidon, et je suis ravi de pouvoir vous accueillir en ce lieu.

Du bras, il désignait la vue. Et la table derrière eux. L'invitant à le suivre, il fit quelques pas dans la direction de celle-ci.
    - J'espère que la vue vous plaira. Permettez-moi également de vous présenter ma soeur. Aurora Merinita.

Celle-ci s'inclinait à son tour, un petit sourire aux lèvres. Une fois de plus, Orphéus taisait le rôle qui était le sien. Afin de ne pas mettre de pression sur les invités. Afin de ne pas attirer l'attention sur elle plus que nécessaire.
    - J'espère que les conditions d'hébergements vous conviennent. Nous avons veillé à ce que vous soyez reçu comme il se doit. Installez-vous, si vous le voulez bien. Nous avons de quoi nous sustenter tout en discutant.

Il n'y avait que peu de doutes quant à cela. Deukalyion connaissait son sujet et Orphéus avait une foi aveugle en son bras droit. D'ailleurs, le commandant qui avait été affecté à sa protection et à sa surveillance n'était pas le premier venu. Le Merinita observait l'Oracle. Entrer dans le vif du sujet serait une nécessité mais pas de suite. Pour l'heure, il était intrigué.
    - Le Général Drystan m'a conté en quelques mots les circonstances de votre rencontre. Alors, que pensez-vous de notre cité ? Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'en faire part. J'essaierai d'y répondre le plus sincèrement possible.

Une mise en bouche en quelque sorte, tandis que deux serveurs versaient une liqueur odorante dans les verres des trois protagonistes.

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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptySam 15 Aoû - 21:27
Le jour était finalement venu.
Rudjek s'y préparait depuis son arrivée dans la cité de Poséidon. Non, depuis sa rencontre avec Drystan, en vérité. Peut-être même avant? Sa course guidée par le Soleil ne l'avait-elle pas préparé au final à son insu pour ce moment fatidique? Une rencontre avec l'un des dirigeant d'une cité légendaire, mythologique! L’Égyptien n'aurait pu rêver meilleure scène pour enfin faire tomber le masque du simple voyageur sous lequel il se cachait depuis des années. Il avait assez endormi la méfiance des yeux atlantes ces derniers jours, en se comportant comme un modeste touriste avide de découverte -ce qu'il ne niait pas être pour autant-. A présent, il lui fallait créer la surprise.

Cette fois-ci, il se présenterait autrement. Juste pour les yeux du Légat, il prendrait le soin de se vêtir en faisant honneur aux Oracles qu'il représentait, ainsi qu'aux anciens Rois-Soleils dont le sang coulait dans ses veines. Des affaires qu'il avait récupéré auprès des siens, Rudjek avait sorti ses plus beaux atours.
Bijoux, boucles d'oreilles, bracelets, colliers et bagues à l'artisanat exquis, respirant l'opulence. l'Oracle les avait accumulé durant ses voyages, certains provenant même des tombeaux dans anciens seigneurs d'Egypte. Cependant, malgré la richesse qu'il affichait, les lois de l'élégance lui dictaient de ne pas se surcharger d'or outre mesure. La beauté se trouvait dans le détail et dans l'équilibre plaisant à l’œil. Rudjek avait aussi pris le temps se soigner sa coiffure, la rejetant en arrière, afin de mettre d'avantage en évidence le maquillage qu'il avait appliqué autour de ses yeux. Encre d'azur, et poudre d'or, pour faire ressortir l'éclat solaire de ses iris. Il était même allé jusqu'à étaler du vernis sur ses ongles. Enfin, pour les vêtements, il avait opté pour la légèreté. Un cache-bras sombre couvert en partie par une tunique de soie d'un bleu profond, ouverte sur son buste où son glabre nu s'exposait, un pantalon blanc et des sandales décorées.

Lorsque l'invité était sorti des appartements où il logeait pour se faire accompagner jusqu'au cœur de la cité, l'effet avait été à la hauteur de ses attentes. Les gardes ne s'étaient pas attendu à ce que le voyageur se dévoile avec un port royal digne de leur propre noblesse. Le Légat saurait-il être plus digne? Ou s'attendait-il lui aussi à rencontrer un triste nomade sans terre ni richesse? La même surprise se lirait-elle dans ses yeux, assez pour bousculer ses à-prioris? Rudjek avait hâte de le découvrir.

Guidé par le Commandant Kelarch, dont la présence commençait à se faire familière pour l’Égyptien, il traversa les multiples niveaux de la cité, dépassant enfin la zone extérieure dans laquelle il avait été confiné pour atteindre le cœur de celle-ci. Les yeux du visiteur brillaient de plus belle, maintenant qu'il pouvait contempler les bâtiments qui gagnaient en superbe et en beauté au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient du cœur du pouvoir d'Atlantis, ce palais au pied du Pilier Central.
Rudjek fut conduit aux travers des halls et couloirs somptueux, aux formes et dimensions qui semblaient se jouer des lois de l'architecture. Ce qu'il pu entrevoir pendant ce bref transit le laissa rêveur, mais il su se contrôler pour ne pas manquer une nouvelle fois aux règles de la politesse, comme cela avait été le cas lors de son arrivée dans la cité. Enfin, ils débouchèrent sur un large espace ouvert, où le commandant se retira pour le laisser avec ses hôtes.

Les lieux avaient été aménagés pour donner des allures de réception privée. Nul doute de l'emplacement avait été choisi en tenant compte des goûts de leur invité. Quelle intention charmante. L'Oracle allait devoir faire preuve de retenue devant cette vue inégalable sur le reste de la cité. Aucun mot n'avait encore été énoncé que déjà le Légat le mettait en difficulté. Cela était prometteur pour la suite.
S'avança alors vers Rudjek un homme vêtu somme toute assez simplement, mais dont la qualité de sa chemise comme de sa cape indiquait le statut. Des cheveux blancs comme la neige, et un regard à demi masqué dont l'unique pupille à la teinte de l'Océan déjà portait un regard inquisiteur vers ce visiteur venu de la surface, fort bien caché derrière son éblouissant sourire. Le serviteur du Soleil ne fut pas en reste. Ce fut avec une expression radieuse qu'il accueillit les premières introductions du Légat, et qu'il entreprit de lui rendre cette politesse.

    - Je suis honoré de faire enfin votre connaissance, Légat Orpheus. Je vous en prie, il n'y a pas matière à vous excuser. Quelques jours d'attente sont au contraire un délai bien court, pour ménager vos responsabilités et prendre le temps de rencontrer un visiteur impromptu tel que moi. Sachez que je vous suis reconnaissant de l'importance que vous avez accordé à cette rencontre. Permettez-moi de me présenter officiellement : mon nom est Rudjek, Oracle de Kephri, Patron de la Sculpture, Pythie d'Argos... Et architecte itinérant.

Rudjek s'inclina, d'une profonde révérence faite en écartant ses bras. Il se présentait à eux, cette fois sans taire ses multiples titres que même le Kraken et l’Hippocampe n'avaient pu entendre. A ceux-là, il aurait certainement pu en ajouter d'autres... Mais même si les atlantes semblaient porter le droit du sang et du lignage aux nues, son lien avec les anciens rois d'Egypte n'avait pas d'intérêt à être ici mis en évidence. Pas encore, du moins.
L'Oracle emboîta le pas du chef militaire de la cité d'Atlantis afin qu'il lui présente la seconde personne présente. Sa sœur, donc. Leur lien familial semblait évident, à y regarder de plus prêt. Même traits fins, même chevelure argentée... La dénommée Aurora prouvait par sa seule présence et son code vestimentaire mériter autant d'honneur que son frère. Rudjek s'inclina également devant elle, cette fois en maintenant le contact visuel et en portant sa main à son cœur.

    - Dame Aurora, c'est un plaisir. Je vous rassure, le Général Deukalyon a été un hôte exemplaire : je n'ai en effet manqué de rien durant mon séjour dans sa Capitainerie... Vous me comblez, Légat. La beauté de votre sœur rivalise celle du paysage de votre cité. Je ne saurai où poser mon regard lors de cet entretien.

Les yeux dorés de l'Oracle s'étaient à présente reporté sur le Légat. Il ne s'était pas attendu à le rencontrer en présence d'un tiers autre qu'un des Généraux qu'il avait pu croiser, mais c'était là une agréable surprise. Une douce odeur de mystère planait sur le rôle qu'elle venait remplir durant cette entrevue, qui se mariait parfaitement bien avec l'énigmatique aura que Rudjek veillait à entretenir. La chaleur et les secrets du désert l'accompagnaient à chacun de ses pas, et il devait en rester ainsi tant qu'il n'aurait pas déterminé ce qu'il pouvait apporter à la Grande Atlantis... Et ce qu'elle pourrait lui apporter à lui, l'élu du Soleil.

Passé ces présentations, commença alors le premier acte de cette danse du verbe à laquelle ils allaient s’adonner. Orphéus commença par demander l'avis de Rudjek sur la cité qu'il avait pu découvrir avant d'être reçu. L'Oracle était conscient qu'il ne s'agissait là que des premiers repères posés dans la discussion entre lui et la fratrie Méritina, peut-être même simplement une question dictée par la politesse... Mais pour l'amoureux des arts et des pierres, le sujet était vaste. Bien plus surement que le Légat le soupçonnait. Mesurer ses propos sur ce terrain allait être nécessaire, bien qu'allant contre sa nature. Il y avait cependant en effet, à propos de la cité, une question qui lui brûlait les lèvres depuis plusieurs jours, et qu'il gardait pour lui en attendant de pouvoir l'adresser à une personne digne de lui fournir une réponse valable. Le moment était idéal.

    - J'ai profité de ces quelques jours pour découvrir Atlantis et les merveilles qu'elle renferme. Je n'ai pas été déçu, loin de là. La cité comme son peuple sont un symbole resplendissant dédié à la gloire du Seigneur des eaux. Bien peu de choses à la surface peuvent soutenir la comparaison face à elle. Là sera justement ma seule question, celle qui m'a taraudé pendant mes errances et que je vous réservais... Pourquoi garder un tel joyau dans ces profondeurs, hors du monde, alors qu'il mériterait d'y briller au sommet, pour y répandre sa radiance?

Le verre des hôtes comme de l'invité furent remplis dans le silence et la diligence des serviteurs rompus à l'exercice. Rudjek n'y porta cependant pas encore ses lèvres. Son regard, porté sur Orphéus à l'origine, avait glissé vers le splendide paysage de la cité d'Atlantis qui s'étalait sous leurs yeux. Là était peut-être la véritable interlocutrice avec qui il souhaitait s'entretenir. Le Légat serait-il, comme son titre le laissait penser, sa voix lors de cette rencontre?

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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyMar 18 Aoû - 6:45
Les premières impressions étaient souvent déterminantes pour Orphéus. Ainsi fut-il agréablement surprit de voir arriver l'Oracle avec de tels atours. L'homme n'était clairement pas le premier Vulgaire venu, tant par sa manière de s'habiller que dans celle de s'exprimer, et le borgne appréciait cela à sa juste valeur. Ainsi son sourire n'était pas surfait alors qu'il tendait l'oreille suite à sa propre introduction, visiblement ravi de pouvoir échanger avec quelqu'un qui en était véritablement capable.

Il prit note des titres avancés par Rudjek. Orphéus avait lu bien des choses les concernant, surtout dans les rapports de son prédécesseur, concernant les anciennes rencontres entre leur nation. Il n'était donc clairement pas au fait des rangs et titres de l'élite d'Apollon, en dehors des plus connus. Toutefois, le terme de "Patron de la Sculpture et Pythie d'Argos" n'étaient pas anodins, même pour lui. Ainsi donc, sans le vouloir, Drystan avait attiré à Atlantis un Oracle avec un certain rang. Son sourire s'étira et il s'inclina très légèrement suite cela.
    - Voilà des titres intrigants, Rudjek. Et bien je crois que notre magnifique Atlantis comblera aisément les attentes d'un architecte tel que vous. Ses trésors n'ont rien de comparables avec la plupart des cités se trouvant à la surface, après tout.

Il n'y avait là aucune fausse modestie. Seulement, Orphéus avait voyagé des années durant et s'il devait admettre que certaines villes et cités méritaient que l'on s'y attarde, aucune n'était comparable à la prodigieuse cité Atlante. Mais il laissait toutefois la porte ouverte au débat en précisément "plupart". Après tout, chacun avait sa propre conception de la beauté et un architecte tel que cet homme face à lui pouvait très bien avoir eu l'occasion de voir des trésor que lui-même n'avait pas eu le loisir d'étudier. Il était un spécialiste après tout, là où le Merinita n'était qu'un néophyte.

Alors que l'homme vantait la beauté de sa soeur, celle-ci lui adressa un petit sourire, inclinant elle aussi la tête en guise de remerciement. Orphéus ne put contenir un petit rire. Nulle moquerie dans ce dernier, seulement de l'amusement face au discours de Rudjek.
    - Je vous l'ai pourtant dit. Atlantis recèle bien des trésors et il est évident qu'elle en fait partie.

Le regard de sa soeur se posa sur lui avant de revenir vers l'Oracle. Il était clair que l'homme savait y faire et elle devait admettre qu'il l'intriguait. En tout cas, même s'ils n'en avaient pas doutés, le Général Deukalyion avait une fois encore été à la hauteur du titre qui était le sien. Il n'était pas évident de pouvoir accueillir et surveiller quelqu'un sans lui faire comprendre qu'il était ici un indésirable. Les Atlantes ressentaient pour la plupart une haine immense à l'égard du peuple d'en haut. Les Vulgaires comme ils étaient appelés ici. Et ils avaient du mal à croire que certains puissent être différents des autres. Alors que pour le Légat, bien que ressentant la même aversion envers les non-Atlantes, reconnaissait volontiers qu'il ne fallait pas tous les mettre dans le même panier.
    - Le plaisir est partagé. Il n'est pas si fréquent de rencontrer quelqu'un possédant votre art pour manier ainsi les mots. Même ici. J'apprécie vos compliments.

Elle avait raison et le Merinita appréciait lui aussi le début de cet échange. Toutefois, il n'oubliait pas la raison l'ayant poussée à vouloir rencontrer cet homme. Il le laissait répondre à sa question et ne fut pas si surprit d'entendre sa propre interrogation quant au statut particulier de sa cité.

L'histoire des Atlantes était plus complexe qu'elle n'y paraissait et peu savait qu'à l'origine, Atlantis était sur la surface elle aussi. Mais que la cité avait été châtiée. Ces magnifiques piliers étaient ceux qui permettaient à sa cité de survivre. Et sans eux, la punition des dieux aurait simplement conduit Atlantis et sa population à disparaître. La technologie dépassait de loin celle de la surface. Et les pirates tueraient pour atteindre sa ville. Il le savait.
    - Une question parfaitement légitime, il est vrai. Mais la réponse est assez simple finalement. Pour la préserver. Que pensez-vous qu'il arriverait à une telle cité si le commun des mortels avait conscience et connaissance de son existence ?

Ce n'était là qu'une question rhétorique. Rudjek était un homme clairement cultivé. Des nations puissantes et riches attiraient toujours la jalousie, l'envie et le vice. Des guerres éclataient alors. Les trésors étaient pillés ou détruits. Les Atlantes ne pouvaient prendre ce risque. Que ce soit Atlantis et ses colonies sous marines, il se devait de préserver le secret. Il en allait finalement de leur survie à tous.
    - Les Hommes sont cupides, envieux. Nombre des trésors de ce monde ont été pillés et saccagés simplement parce que d'autres désiraient se les accaparer. Pourquoi devrions-nous risquer une guerre ou des massacres alors qu'en restant cachés, nous préservons nos traditions et Atlantis elle-même ? Les Puissants sont prêts à tout pour découvrir les secrets qui leur échappent. Vous comprendrez aisément, j'en suis sûr, le fait que nous préférons protéger les nôtres. J'ai vu de mes yeux ce que l'ambition et la jalousie pouvaient entraîner comme dégâts. Certaines choses doivent restées des légendes.

Et puis les dieux accepteraient-ils qu'Atlantis revienne à la surface ? Le Merinita en doutait fortement. Ils n'étaient pas réputés pour pardonner facilement. Leurs propres guerres résultaient souvent d'incompréhension ou de querelles ridicules. Mais qui prenaient des proportions inquiétantes à chaque fois. Poussant un petit soupir alors que son regard s'était portée vers la ville au loin, il reprit ses esprits.
    - Que ce soit le titre d'Oracle de Kephri ou votre tenue, tout semble vous ramener à l'Egypte. Si tel est le cas, vous savez aussi bien que moi les ravages que les pillages peuvent avoir sur les trésors d'une nation. Êtes-vous originaire de ces contrées ?

Le contraire serait étonnant mais Orphéus savait d'expérience que certains titres, au sein des factions divines, étaient liés à l'armure et non pas à la naissance de l'homme. Les Généraux en étaient les parfaits exemples. Alors qu'il prenait le temps de siroter son verre, une autre question pointait le bout de son nez.
    - En tout cas, je suis ravi de vous accueillir ici. Je désirais renouer le contact avec les émissaires d'Apollon depuis un moment déjà mais il était difficile de pouvoir vous trouver sans attirer l'attention de ceux qui vous veulent du mal. J'ai appris les multiples persécutions dont vous avez fait l'objet. Et je pleure la perte des Tours qui étaient le symbole de votre puissance. Sans doute ne le savez-vous pas mais j'ai eu l'immense honneur de rencontrer votre Augure. A une époque où ni lui, ni moi ne possédions les titres de "Voix" de nos Seigneurs respectifs. Son emprisonnement est une hérésie...

Là encore, il n'y avait aucune volonté de tromper l'homme face à lui et ce dernier, s'il était attentif, pourrait le deviner. Cuchulainn avait été une rencontre particulière pour lui et sa soeur. Surtout de par la prophétie qu'il avait énoncé et qui s'était révélée exacte. Mais plus que cela, ils avaient échangés et Orphéus s'était reconnu en lui. Quant aux persécutions, il préférait que les Atlantes se cachent précisément pour les éviter lui aussi. Car Narsès n'était pas qu'après les Oracles... Les flottes près de l'Arche de Carthage attestaient de son envie d'écraser Atlantis.
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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyJeu 20 Aoû - 22:38
Les premiers échanges laissèrent présager le meilleur quant à cette entrevue. Le Légat était de toute évidence à la hauteur de l'image que ses Généraux avaient de lui. Il apparaissait être un homme d'honneur et de culture. Tout comme sa sœur. Ensemble, ils portaient un regard franc et respectueux sur l'Oracle, et la surface dont il provenait, sans se départir de leur fierté. C'était là une marque des personnages d'exception. Et que demander de plus qu'une agréable compagnie, dans un cadre aussi magnifique? S'il n'avait été ici que pour le loisir, rien de plus.
Malheureusement, Rudjek comme Orpheus semblaient avoir plus d'ambition que de passer une simple et plaisante soirée.

Les présentations faites et les premiers repères pris, la conversation s'était tout naturellement portée sur Atlantis, un sujet de toute évidence cher au cœur de toutes les personnes présentes. La question posée par Rudjek pouvait être délicate, et avoir bien des réponses. Le Légat avait opté pour une approche simple et prudente. La raison du secret était pour lui la préservation de ce qu'il avait sous sa garde, la continuité du Rêve de son seigneur et son peuple. Une réponse sensée, pour un homme de sa qualité. Néanmoins l'Oracle ne pouvait que regretter ce triste sort, qui condamnait le monde à être privé de cette merveille. Après tout, s'il n'y avait personne pour l'observer, qui pouvait affirmer que cette cité et son peuple existaient réellement?
Après un bref instant de silence et de réflexion sur les paroles d'Orpheus, le serviteur d'Apollon s'exprima.

    - Je vois. Je comprends cette logique, même si je ne peux complètement y adhérer. Je suis de ceux qui estiment que les personnes qui revendiquent l'excellence ont un devoir de briller, de s'exposer là où tous peuvent les voir. Après tout, le rayonnement d'une culture ne peut s'estimer qu'à l'aune de l'influence qu'elle a sur autrui, et celle-ci contribuera à sa propre grandeur. Si véritablement leurs œuvres touchent à la perfection divine, alors elles perdureront. Ni le temps ni la jalousie des hommes ne pourront l'entacher. Peut-être Atlantis n'est-elle pas encore prête à lever le voile du secret pour se révéler au monde? Pourtant vous semblez disposer d'une force militaire conséquente, et l'accessibilité à votre cité limite grandement tout risque d'une invasion extérieure, même pour le monstre qu'est l'empire byzantin. Craignez-vous donc une menace d'une autre nature? Hmm...

Suite à ces réflexions exprimées à haute voix, le regard doré de Rudjek se perdit sur l'horizon de la cité. Armée de son savoir et de sa protection divine, Atlantis pourrait surement revendiquer son indépendance si elle se révélait au monde. Elle avait les moyens de s'en protéger. Mais le monde extérieur serait-il prêt à accepter ses prodiges? Cela était une autre question. Si les hommes étaient capables du meilleur comme du pire, la cité de Poséidon avait surement plus à perdre qu'à gagner en ouvrant ses portes, aux yeux de ses dirigeants. Comme le Légat avait dit, pourquoi prendre ce risque? Ses paroles traduisaient qu'au-delà de sa volonté de protéger les siens, il n'attendait que bien peu des habitants de la surface. L'opinion de l'Oracle était plus mesurée, sur ce point.
Les lèvres de l’Égyptien goûtèrent au vin qui avait été versé dans sa coupe. Après quelques secondes pour en apprécier la saveur unique, il se tourna vers Orpheus pour achever son discours, un léger sourire aux lèvres.

    - Enfin... N'y voyez nulle critique de ma part. Je suis, à l'image de celui que je sers, à la poursuite d'un idéal inaccessible. Et Atlantis était encore, jusqu'à il y a quelques jours, une légende pour moi. Je serais bien sot de prétendre pouvoir porter sur elle un avis éclairé.

Ces quelques jours passés dans la cité étaient bien peu de chose, en comparaison de l'éternité qu'il lui aurait fallut pour découvrir tout ce qu'elle avait à lui apprendre. Rudjek n'allait pas prétendre donner des leçons à l'un de ses dirigeants. Il pleurait simplement l'ignorance de ceux qui continuaient leur vie sans avoir pu, comme lui, profiter de cette vue.

Orpheus manœuvra habilement en établissant un parallèle avec l'Egypte. Il en profita pour interroger son visiteur à propos de ses origines, de son lien avec la terre des pharaons. L'évocation des pillages des ruines de ses ancêtres, acte infâme auquel Rudjek lui-même s'était adonné avant qu'il ne le paye de sa vie et que la lumière du Soleil lui offre une seconde chance, fut particulièrement piquante pour la fierté de l'Oracle. Il remercia le destin d'avoir placé Orpheus sur son chemin dans cette vie, et non dans la précédente. Opinant de la tête, il confirma sans trop tarder les suspicions du Légat.

    - Je suis effectivement originaire de Haute Egypte. C'est un royaume dont l'ancienne gloire s'est éteinte depuis bien longtemps, mais où subsiste un aveuglant éclat de ce qui fut. L'empire byzantin pense l'avoir sous son joug, cependant nous ne parlons leur langue ni ne prions leur dieu. J'ai longtemps parcouru les rivages du Nil pour y recueillir des connaissances occultes et améliorer mon art afin de mieux servir Apollon. Mon constat est que même si le Soleil de Ré ne brille plus sur l'Egypte, les flammes qu'il a allumé, elles, sont toujours vivaces.

Beaucoup ne considéraient l'Egypte que comme une terre conquise, pillée par les envahisseurs successifs qui avaient marché sur son corps... Et ils avaient raison. Partiellement. Une nation vaincue ne disparaissait pas aussi facilement. L'histoire et la fierté de son peuple rendaient les légendes à son sujet réelles. Il fallait pleurer de ce qui était perdu, mais se réjouir de ce qui subsistait. Et il subsistait, en terre d'Egypte, beaucoup de trésors qui se battaient contre l'oubli.

Lorsque vint enfin le sujet de l'Italie et du reste de son ordre, l'intérêt de Rudjek s'éveilla de nouveau au fond de ses prunelles. Alors qu'il écoutait Orpheus, l'Oracle ne nota rien qui puisse trahir un quelconque manque de sincérité dans ses paroles. Pourtant, le Légat s'étendait peu sur les détails des événements qu'il évoquait. "Ceux qui vous veulent du mal", des "persécutions", et surtout... L'Augure. Le représentant de Poséidon s'attendait-il à ce que tout cela soit déjà connu de Rudjek? Ou bien était-il en train de le tester? Dans un cas comme dans l'autre, l'exercice était intéressant. La Pythie décida de naviguer à partir de là le plus prudemment possible.

    - Vous connaissez donc l'identité de l'Augure? Je dois vous avouer que je ne peux en dire autant. Ce qu'il s'est passé en Italie m'est assez étranger, en vérité. J'en étais bien loin, lors de la chute de la Tour. Je n'en ai eu que des échos, et des rêves qui ont agité mon sommeil. Les choses sont depuis bien différentes...

Baissant les yeux, l'Oracle porta les doigts de sa main libre à son menton pour se donner quelques instants de réflexions. Comment procéder? Quelle direction prendre, à présent que la conversation s'engageait sur ce terrain que Rudjek comme Orpheus devaient attendre depuis le début? Alors qu'il observa son breuvage tourner à l'intérieur de sa coupe, une idée vint.

    - Peut-être pourrions-nous commencer par là. Dites-moi donc ce que vous savez, ou pensez savoir, sur mon ordre. Je pourrai vous corriger ou compléter vos connaissances, si besoin est. Nous aurons ainsi une meilleure idée de comment nous pouvons nous aider l'un l'autre.

Car c'est de cela qu'il était question, au final, n'est-ce pas?
La volonté de contacter les serviteurs d'Apollon, cette rencontre qui avait été organisée aussi rapidement que somptueusement, le risque pris d'ainsi accueillir un Vulgaire dans la cité... Tout cela dénotait d'une volonté qui dépassait la simple politesse. Le Légat devait espérer quelque chose de cette rencontre, pour ainsi avoir accepté de le recevoir alors qu'il était venu à Atlantis sans mission ni mandat. C'était là une attente tout à fait légitime. L'Oracle aussi, après tout, espérait pouvoir retirer quelque chose de cette entrevue. Restait à savoir si un terrain d'entente pouvait donc être trouvé.
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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyLun 31 Aoû - 10:04
Qu'il n'y adhère pas, Orphéus pouvait le comprendre. Il était difficile de saisir la complexité de ce sujet sans être un véritable Atlante. De l'extérieur, il était facile de juger que cette politique soit trop extrême. Après tout, l'histoire d'Atlantis ne regardait que les natifs de leur cité et les Vulgaires n'avaient pas à y mettre leur nez. Mais il prenait note des remarques de l'Oracle. Et écoutait. Véritablement. Il était toujours bon de savoir à qui l'on avait à faire avant d'émettre un jugement trop hâtif et le Borgne n'était pas prompt au jugement.

Craindre une menace extérieure ? Il y avait de ça en effet. Il eut même un petit sourire alors que Rudjek émettait cette hypothèse. Mais là encore, il n'aurait pas de franche réponse. Les Dieux avaient jugés la cité et la punition avait été extrême. Seule la clémence de Poséidon avait permit à ses ancêtres de survivre. C'était aussi pour cela et pour racheter les fautes du passé que les Merinita respectaient plus que nul autre la Loi et les Règles édictées pour protéger Atlantis.
    - Je comprends que notre politique puisse soulever des questions, surtout chez un érudit tel que vous. Néanmoins, le sujet est bien plus complexe qu'il n'y parait de prime abord. Pour nous, il existe des trésors qui ne doivent jamais être découvert. Le Roi des dieux lui-même ne verrait pas d'un très bon oeil que la Grande Atlantis revienne à la surface.

Sous peine de voir leur civilisation détruite. Et cela, aucun Atlante ne l'accepteraient. Certes, ils disposaient d'une force militaire conséquente. Mais cet homme n'avait-il jamais entendu parler de la loi de Zeus ? Si l'on attaquait Atlantis, les Marinas riposteraient avec toute leur puissance. Et le commun des mortels découvriraient alors que des élus possédaient des dons qui dépassaient l'entendement. Une nouvelle punition divine frapperait alors leur cité. Il ne pouvait l'accepter. Il laissait donc l'homme face à lui saisir la raison principale de ce jeu de "dupe". Des secrets. Toujours. Malheureusement.
    - En tout cas, soyez rassurez. Je ne vois dans vos propos aucune critique et j'apprécie sincèrement l'intérêt que vous portez aux nôtres.

Cet homme portait clairement en lui la volonté de celui qu'il servait. Apollon. Il savait que Poséidon ne détestait pas ce dernier. Ils s'étaient même par le passé associés lorsque cela s'était avéré nécessaire. Et surtout, Poséidon respectait le combat de ce dernier face aux entités sombres qui gravitaient dans les profondeurs des mers. Ainsi donc, en dépit des dernières mésaventures entre leur ordre et celui des Atlantes, Orphéus appréciait ces Oracles. Et sa rencontre avec celui qui était désormais l'Augure avait renforcé ce sentiment. Même s'il restait méfiant quant à cette histoire de cycle que mettait en avant les membres de l'ordre du Dieu Solaire. Une vision différente de celle des Marinas.

Mais pour l'heure, il écoutait les propos de Rudjek sur son parcours. Et sur l'Egypte. Cette nation avait une importance singulière pour le Borgne et même pour ceux de son peuple. Il comprenait aisément cet instinct protecteur. Ce besoin de rester fidèle à ce qu'ils avaient été en dépit de la présence de l'empire Byzantin. Il le disait : pas les mêmes dieux, pas la même langue. Le sourire du Merinita s'intensifiait alors que Rudjek mettait en lumière la fierté des Egyptiens. Car c'était aussi de cela dont il s'agissait. Le besoin vital de ne pas se soumettre sans combattre. Même si cela ne passait pas par les armes, ils résistaient.

Vint enfin le sujet d'importance. Les Oracles et leur Ordre. S'il fut déçu d'apprendre que l'homme ne connaissait visiblement bien peu de chose sur ceux qu'ils servaient, Orphéus n'en montra pas le moindre signe. Sa soeur darda le regard sur lui, comme pour tenter de le lire mais même elle ne put décrypter quoi que ce soit sur le visage du Légat. Lui qui avait fondé de grands espoirs dans cette rencontre se voyait indirectement rejeté. Sans même que Rudjek n'en soit véritablement responsable. Il prit quelques instants à réfléchir aux propos de son invité. Pesant ses mots avec soin.
    - Soit. Cela me parait le mieux en effet. Comme je vous l'ai spécifié, je connais l'identité de votre Augure. Un homme Sage. Et avec des compétences... Particulière.

Il se tourna vers sa soeur, lui adressant un petit sourire. Celle-ci le lui rendit. La vision du Loup et de son Maître s'était révélée exacte il y avait quelques semaines de cela à peine. Alors qu'elle avait été énoncé quelques années auparavant et que la fratrie en avait oublié l'existence. Mais le destin s'était rappelé à leur bon souvenir. Il n'avait d'ailleurs pas échappé aux deux la mention des "rêves" de Rudjek.
    - Ce que je sais de votre ordre, c'est que la Tour des Vents a été détruite sous la férule des Saints et de l'Empire Byzantin. Que vous avez été traqués, tués, pillés. Ce que je sais, c'est qu'il y a deux ou trois mois de cela, nos prêtresses ont senti une onde très puissante en provenance de l'île de Délos. Et qu'à partir de ce moment, des rapports ont fait mention de l’émergence de nouveaux Oracles un peu partout. Même si nous n'en connaissons pas la raison, il m'est apparu comme évident que cette Onde est à l'origine de cette renaissance.

Pour les Atlantes, l'Onde était en réalité du cosmos. Autre nom, même nature. Délos. Orphéus savait qu'il s'agissait de la terre des Muses. Mais pourquoi, comment ? Voilà des réponses qu'il ne possédait pas.
    - Je dois vous avouer qu'en dépit du fait que j'ai des yeux et des oreilles un peu partout, je ne suis pas parvenu à en connaître l'origine. Qu'est-ce qui a pu pousser les Muses d'Apollon à se réveiller ? Et qu'ont-elles fait ? Cela m'échappe.

Pour le coup, Orphéus se montrait franc. Il ne cachait pas les informations qu'il possédait. Pourquoi jouer cette carte alors même qu'il comprenait que l'homme ne saurait pas l'aider ? Et bien l'espoir persistait dans l'esprit du Borgne. Un simple fil. Mais suffisamment résistant pour ne pas se rompre. Ce fut au tour d'Aurora de prendre la parole.
    - Vous avez parlé de rêves, de songes, qui vous ont montrés des choses. Serait-ce possible que vous puissiez nous en dire plus à ce sujet ? Voyez-vous l'avenir ? Le passé ?

En sommes, était-il comme Culian ? Comme Cuchulainn ? Ou n'était-ce que de simple "prémonition". S'il voyait des choses, alors il pourrait devenir utile. Une lueur d'intérêt naquit dans l'oeil unique du Merinita. D'étincelle, l'espoir pouvait prendre l'allure d'un véritable feu si Rudjek possédait bel et bien ce genre de don. Pour le bien des Marinas. Mais aussi de l'humanité.


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Oracle de Képhri - Patron de la Sculpture

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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyJeu 17 Sep - 20:05
Comme Rudjek l'avait espéré, cette discussion était riche en information. Outre cette découverte exceptionnelle qui se dévoilait à lui sur la vérité derrière les anciens mythes, le Légat lui révélait petit à petit des vérités sur son ordre que l'Oracle lui-même ignorait. Les muses avaient été, lors de leurs brèves rencontres, bien avares en information. Et les rêves, s'ils étaient bine beaux et riches, n'étaient pas toujours compréhensibles par les mortels.
L'Augure. La Tour. L'Empire et ces mystérieux Saints. Et un nom qui, s'il ne lui était pas inconnu, était nouveau dans ce contexte. Délos... L'île de naissance des Dieux Jumeaux. Un lieu sacré. Ce n'était pas une surprise qu'il soit lié à leur Ordre. Mais pourquoi aux Muses? Pourquoi maintenant? Peut-être lui faudrait-il y faire une étape pour en apprendre plus, avant ou après Rome. Le Légat de Poséidon semblait lui aussi intrigué par les agissements des filles de Mnémosyne. Rudjek, après avoir rencontré Uranie, avait au moins un début de réponse à cette question.

    - Les Muses ont agi pour suivre la dernière volonté d'Apollon avant sa disparition. Quoique non... Ce n'est pas tout à fait exact. Même avant la chute de la Tour, elles avaient commencé leur œuvre. Il devait savoir ce qui allait arriver, et leur a confié les Chlamydes pour cette raison.

Tout était à dessein. Le Dieu Solaire comme ses serviteurs avaient un rapport tout relatif au temps et à l'histoire. Il était tout nature de s'y préparer. Si le Patron de la Sculpture ne pouvait encore comprendre tout la grandeur et l'importance des plans d'Apollon, il pouvait au moins éclairer son interlocuteur sur ce qu'il s'était passé dans les ombres depuis les tragiques événements d'Italie. Les drames datant d'avant son avènement n'avaient, après tout que peu d'importance pour lui. Son regard englobait le prosent, pour se tourner vers l'avenir. Après une courte pause, la Pythie reprit donc.

    - Notre ordre n'est plus tout à fait celui de l'ancien cycle. Les Oracles parcourent aujourd'hui le monde pour accomplir leur Itinérance. Nous polissons nos dons, apprenons, créons, imaginons... Tout pour que, lorsque le moment viendra, nous puissions devenir les fondations d'une nouvelle Tour, dont la hauteur et la splendeur feront rougir la précédente de honte.

La chute, et la renaissance qui vient ensuite... Ce sont là des histoires qui se répètent, mais les acteurs n'y sont jamais les mêmes à chaque fois.

Rudjek porta son regard dans la prunelle saphir du Légat, mais l'homme demeurait imperturbable. Nul trouble ne pouvait se lire sur son visage. Était-il déjà au courant de ces détails? Un mystère. La maîtrise de soi et l'assurance du représentant de Poséidon était admirables. C'était assurément un public difficile. Mais même en l'absence de réaction, la pièce devait se poursuivre.
L'égyptien porta sa coupe à ses lèvres et termina le vin qu'on lui avait versé. Ses yeux se tournèrent vers la sœur du Légat, Aurora, qui revenait sur un mot qu'il avait laissé échapper. Elle et son frère avaient de toute évidence deviné la nature prophétique de ses dons. Mais après tout, Oracle, Pythie, Augure... Tous ces noms, aux yeux des habitants de la légendaire Atlantis, devaient revêtir un sens bien réel. Pour autant, à la vue de l'intérêt que les deux Méritinas semblaient accorder à cette question, le don de prémonition ne devait pas être répandu, en Atlantis. Une carte à jouer, donc, comme il s'y était attendu. Et une carte qu'il fallait jouer correctement.

    - Jamais rien d'aussi clair, je le crains. Mes rêves ne sont rien de plus que des signes, des images qu'il me faut comprendre, interpréter... Le vol d'une multitude d'oiseaux qui se disperse aux quatre vents, la splendeur d'une citadelle trônant dans le ciel, le son des racines d'un arbre de sang qui se répandent sous la terre... Ce genre de choses. Certaines me guident. D'autres... Demeurent un mystère. Je crois que ces rêves ne me sont pas tous destinés, que ce n'est pas toujours à moi d'en faire sens.

La réponse était mesurée, mais sincère. Rudjek taisait une partie de ce qu'il avait vu, mais détaillait au mieux ces songes étranges qui peuplaient son sommeil. En bon acteur, il ménageait les attentes de ses spectateurs... Avant de reprendre, et de les dépasser.

    - Du moins, c'était ainsi jusqu'à mon arrivée à Atlantis. Le Général du Kraken vous l'a peut-être rapporté, Légat, mais j'ai eu en touchant le Pilier de l'Arctique une vision... La plus claire et intense depuis celle de mon Eveil. Je soupçonne que les lieux de puissance, ou les œuvres divines, peuvent influer sur mes dons. Cela fait partie des secrets qu'il me faut découvrir pour accomplir l'Œuvre de mon Maître.

Des visions plus nettes que ses Rêves. Seuls des circonstances particulières les avaient provoqué. Le Pilier de l'Arctique, le Tombeau de Képhri, les Pyramides... A chaque fois, des merveilles architecturales. Le lien se vérifiait, et prenant tout son sens quand on connaissait l'un de ses titres. Restait à savoir ce que le Légat et sa sœur comptaient faire de cette information. Les yeux dorés de l'Oracle allèrent d'un Atlante à l'autre, avec un sourire énigmatique. Reposant sa coupe désormais vide sur une table, il se tourna vers eux pour poser la question, et entendre leur réponse.

    - Est-ce donc cela qui vous intéresse? Le pouvoir de discerner le Temps? De connaitre le passé et l'avenir de votre Cité?


[Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] Rudjek12
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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyMer 14 Oct - 17:49
Le fait que les muses soient capables de percevoir des brides du futur n'était pas une information surprenante. Apollon était aussi lié à la divination après tout et celles qui personnifiaient les arts ressentaient les choses, tout comme lui. Sans doute de manière différente mais cela n'enlevait en rien les dons de ces muses.

Poséidon lui avait parlé une fois de ce qu'il pensait d'Apollon. Le dieu était changeant. Et son rapport à l'humanité très différente de celle du dieu marin. S'ils ne voyaient pas l'histoire des cycles de la même manière, ils n'en restaient pas moins liés par certains événements passés. Des guerres. Des alliances précaires mais utiles. Quoi qu'il en soit, Rudjek pouvait comprendre que l'intérêt d'Orphéus était réel. Et s'il donnait les informations qu'il possédait sans sourciller, il en attendait autant de la part de l'Oracle.

Cette histoire de nouvelle tour surprenait le Légat. Etant donné la politique des Byzantins à l'égard des Oracles, il était étonnant de croire qu'ils laisseraient faire sans réagir. Mais peut-être avaient-ils un plan ? Un projet qui surprendrait tout le monde ? En tout cas, on ne pouvait enlever à l'homme un don certain pour captiver son public. Le Merinita était accroché à ses mots et appréciait cet échange, même s'il gardait pour lui l'essentiel de ses pensées.
    - Vous semblez être un homme sage, Rudjek. Comprendre que certaines visions puissent concerner d'autres que vous et qu'il faille le concours d'autres personnes pour en cerner le sens, voilà un signe qui ne trompe pas. Ne pas être en permanence tourné vers soi mais aussi vers les autres, une qualité rare.

Il avait parlé des compétences particulières de leur Augure. Et notamment de cette fameuse prédiction qui était sortie de nul part. Entendre que Rudjek puisse être sensible aux mêmes types d'énergie, voilà qui avait quelque chose de rassurant pour l'avenir. Du moins est-ce ainsi que le Borgne envisageait les choses. Sa soeur semblait souhaiter questionner l'homme. Ce sujet, surtout pour elle, revêtait une importance toute particulière. Mais alors qu'elle allait prendre la parole, l'information en rapport au Kraken arriva. Elle tourna le regard vers son frère qui opina doucement de la tête. Il le savait, évidemment. Deukalyion ne lui cachait rien de ce qui se passait au coeur d'Atlantis. Moins encore quand il s'agissait d'une révélation comme celle-ci. Mais pour le coup, il n'avait pas jugé bon de l'en informer, préférant attendre cette rencontre pour y voir plus clair.
    - Il m'en a parlé, effectivement. Mais des mots rapportés de la bouche d'un autre n'ont pas le même poids que s'ils viennent de la source principale. Auriez-vous l'amabilité de me conter ce que vous avez vu ? Alors peut-être que ma soeur et moi-même serions en mesure de vous éclairer.

Il y avait réfléchi un peu de son côté. Mais Rudjek avait raison : parfois, le sens était difficile à deviner. Ils en avaient fait l'expérience bien des années auparavant. Et c'est seulement lorsque la prédiction s'était vérifiée qu'ils avaient finalement compris le sens caché de la parole de l'Augure. Quant à la dernière question de l'Oracle, la réponse était évidente. Orphéus n'espérait rien de moins que protéger sa cité. Les anciens dieux avaient tentés de renverser Atlantis. Certains y étaient presque parvenus. Mais elle restait aussi forte que possible. Jusqu'à quand ?
    - Il est toujours dangereux de s'aventurer sur cette voie. Essayer de comprendre le futur, voilà une tâche difficile. Quelque soit l'avenir réservé à Atlantis, j'essaie de faire du mieux possible pour parer à toute éventualité. Essayer d'envisager le pire pour pouvoir réagir vite. Mais cela ne suffit pas toujours. Même pour ceux qui possèdent ce don, il est difficile d'anticiper. Non, ce n'est pas exactement cela que nous recherchons. Toutefois, cette capacité à ressentir ce qui a été... Peut-être que cela nous aiderait à palier à un problème auquel nous sommes confrontés. Peut-être que cela nous permettrait de comprendre comment certaines choses fonctionnent.

Il se tût. La Flèche d'Apollon. Le Sceau Protecteur. En réécoutant la vision de Rudjek, il saurait comment mettre ce sujet sur la table.

Citation :
Et encore une fois navré, ce délai est assez inadmissible !

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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyMer 28 Oct - 0:36
Confronté au choix auquel tout dirigeant était destiné à être confronté, Orpheus Meritina avait fait un choix. Celui de s'adapter plutôt que de prédire. Celui d'envisager une multitude d'avenirs plutôt que de s'enchainer à un seul qui lui aurait été imposé. Un choix fier, à l'image de son peuple et de sa cité. Digne de celle du Dieu qu'il représentait. Rudjek ne pouvait que l'admirer pour cette clairvoyance et cette détermination.
Et donc, en application de cette doctrine, lorsqu'il lui était offert de connaitre le futur de sa cité, le Légat de Poséidon refusait humblement. Plutôt que le futur, c'était le passé et ses connaissances, ses secrets, qu'il espérait découvrir. Mieux comprendre le passé pour mieux appréhender l'avenir. Une règle simple, mais si rapidement oubliée. Orpheus avait flatté son invité en le comparant à un sage, mais de toute évidence son hôte n'avait rien à apprendre de lui. Il était à la hauteur de sa fonction.

Restait à savoir si l'Oracle pouvait réellement offrir au Légat ce qu'il désirait. Rudjek ne pouvait choisir la teneur ou le sujet de ses visions. Orpheus pourrait-il se satisfaire d'un résultat aussi incertain, alors que l'intérêt d'Atlantis était en jeu? Il le faudrait pourtant bien. Fort heureusement, la fratrie Meritina semblait comprendre les implications et les exigences liés à la connaissance du destin. A eux qui inspiraient ainsi sa sympathie et sa confiance, il pouvait faire son offre.

    - Intéressant. J'en conclus que vous recherchez donc dans le passé une solution pratique à un problème qui l'est tout autant. J'ignore si le capricieux don que m'a accordé le Seigneur Apollon pourra vous donner une réponse aussi claire que vous l'espérez... Mais je me dois d'essayer, pour vous remercier l'hospitalité que vous m'avez offert.

De prix, il n'était pas question de discuter. De bien des manière, il avait déjà été payé. Et la Pythie, qui souhaitait mettre ses capacités à l'épreuve, était également curieuse de savoir quel type de problème pouvait ainsi pousser le représentant de Poséidon à de telles extrémités.
Pour l'heure, Orpheus avait demandé à ce que lui soit conté sa précédente vision. Un moyen comme un autre d'estimer à quel point le don de l'Oracle pouvait lui servir, surement. Soit. Rudjek pouvait bien lui accorder cela. D'autant plus que de ce qu'il avait vu dépendait peut-être le sort de la cité d'Atlantis. Et même ignorant qu'il était des desseins et luttes des divinités de ce monde, l'architecte qu'il était n'aurait jamais pu fermer les yeux sur l'imminente ruine qui guettait une telle merveille.

Rappelant à son souvenir la prédiction vers laquelle le Pilier et le Soleil l'avaient guidé, le visage de Rudjek se ferma peu à peu, perdant le sourire affable qu'il affichait jusqu'alors. L'égyptien s'avança jusqu'au balcon qui offrait cette vue splendide sur le joyau des mers, et s'appuya sur la balustrade. Ses yeux à l'éclat solaire se portèrent au loin, vers le titan qui supportait l'Arctique. Il entama alors son récit, sur un ton rendu lourd par une inquiétude non-feinte.

    - La vision induite par mon contact avec le Pilier de l'Arctique n'avait rien de plaisante. J'ai vu ce dernier qui gisait devant moi, brisé en de multiples fragments. Un froid et une neige surnaturels enveloppaient votre cité. Des nuages orageux masquaient ce ciel si unique, et en leur cœur une intense étoile rouge brillait comme un ultime signe de ruine.

La main de l'Oracle s'était levée vers la voute océanique qui surplombait Atlantis, là où il avait vu cet éclat écarlate percer ce voile nuageux. Quel étrange phénomène pouvait avoir causé ces phénomènes, ici, au fonds des mers? Rudjek l'ignorait. Était-ce un pouvoir étranger, venu étendre son influence sur le fief de Poséidon? Ou un témoignage de la colère de l'Ebranleur de Sols face à l'intrusion d'envahisseurs en son domaine? Ce serait au Légat d'en juger. Abaissant son regard vers les rues en contrebas, la Pythie continua son récit.

    - Plus troublants encore étaient les hommes que j'ai vu marcher dans vos rues. Ils ne ressemblaient en rien à votre peuple. Des guerriers à l'allure hirsute et sauvage chantaient à l'unisson dans une langue qui m'était inconnue. Une multitude de tentes avait été dressée, faite de cuirs et de peaux de bêtes, dans les ruines de vos avenues. Ils semblaient être ici en assaillants... Peut-être même conquérants? L'un d'eux a mis un terme abrupte à ma vision, en projetant une dague qui a traversé mon corps pour se loger dans le cœur du Général Algos, dont l'image se trouvait derrière moi. Avait-il remarqué ma présence? Un éveillé au milieu de ce Rêve? Ou assistai-je, invisible, à la mort de votre Kraken? Je ne sais pas. Je me souviens seulement que la sensation de l'acier dans ma chair était bien réelle.

Sur ces dernières paroles, Rudjek se retourna vers les deux Meritina et écarta ses bras en signe de résignation, avant de les croiser pour marquer la fin de son récit. La vision avait été rapide, et des détails lui avaient peut-être échappé, mais l'essentiel était là. L'Oracle demeurerait de toute façon à leur disposition pour répondre à leurs questions qui, inévitablement, ne tarderaient pas à tomber. Avant cela cependant, il avait une dernière information à leur donner. Un dernier conseil, qui n'était pas de lui.

    - Une fois revenu de la transe causée par ce présage, le Soleil m'a fait l'honneur d'entendre sa Parole. "Cherchez le Temps" était son conseil. Quant à ce que cela signifie... Vos théories seront tout aussi crédibles que les miennes, je le crains.

Apollon était un disciple de Chronos, le concept même du Temps. Les incitait-il à rechercher des conseils ou une solution auprès de lui? Auprès de ses enseignements? Ou bien était-ce par une énigme que le Soleil avait décidé de s'immiscer dans les affaires d'Atlantis? Que de mystères. La seule certitude était que ce mot, tiré de la bouche d'Apollon, ne pouvait pas avoir une signification triviale.

L'Oracle laissa à Orpheus et Aurora le temps qu'il leur fallait pour assimiler et réfléchir à ses paroles. Il y avait matière à réflexion pour eux, dont le devoir dictait de protéger Atlantis de tout. Il fallait espérer que ces informations, pour eux, leur offrirait suffisamment d'indices pour que ce funeste présage ne soit jamais rien de plus. Juste un triste rêve d'une catastrophe à jamais écartée...
Un temps s'écoula, mis à la disposition de la fratrie pour questionner l'Oracle quant à ce qu'il avait vu. Celui-ci se tourna ensuite vers Aurora. Il avait noté, un peu plus tôt, qu'elle avait hésité à prendre la parole lorsque la question de son don avait été évoqué. La discussion alors avait été trop chargée en sujets et en importance pour lui permettre de s'exprimer, mais une nouvelle occasion, à présent, se présentait. Appuyé contre la balustrade du balcon, Rudjek adressa un sourire engageant à la sœur du Légat. Une invitation, accompagnée de quelques mots.

    - Dame Aurora, vous semblez témoigner un vif intérêt pour ce don de prescience. Avez-vous quelque chose en tête? Ou souhaitiez-vous simplement en entendre davantage à ce sujet?


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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyMar 10 Nov - 21:10
Il l'écoutait comme il aurait écouté n'importe lequel de ses conseillers. Avec une attention extrême et avec une confiance sans faille. Au delà du talent de cet Oracle, c'est surtout sa façon de s'exprimer et de comprendre ce qui n'était pas dit que Orphéus appréciait chez lui. Apollon avait trouvé en cet homme un émissaire parfait. Et le destin avait fait en sorte de l'amener à Atlantis au moment même où un grave danger apparaissait. Orphéus ne pouvait ignorer des signes aussi évidents.

Et la suite retira de son visage le sourire qui s'était affiché précédemment. Ainsi donc Rudjek avait-il vu la destruction d'un pilier. La destruction d'Atlantis. Des guerriers sauvages. Et un froid surnaturel. Des informations qu'il enregistrait avec précaution. Il était sans doute temps de prendre des dispositions pour préserver cette nation qu'il chérissait tant. Les jumeaux échangèrent un bref regard. Aurora comprenait la situation dans laquelle était son frère. Le Protecteur d'Atlantis allait devoir faire face à un défi titanesque. Sans réellement savoir d'où venait le danger même si des pistes étaient apparentes.

Le silence se fit donc, suite aux paroles de l'Oracle. Orphéus prit quelques instants pour digérer ce qu'il venait d'entendre tandis qu'Aurora écoutait la question de leur invité. Elle était intéressée par cet étrange don. Mais surtout, se demandait s'il était aussi fiable que cela.
    - Disons que je m'interroge. J'ai déjà eu le loisir d'entendre quelques prophéties. Ces prédictions... Sont-elles inéluctables ? Ne servent-elles qu'à nous prévenir sans pour autant nous permettre de congédier le sort ? S'il est impossible d'agir, alors à quoi bon posséder ce talent. A mes yeux, j'estime qu'il s'agit là plus d'une malédiction que d'un véritable don. Voir sans pouvoir agir. Voir sans pouvoir comprendre. Je ne vous envie pas, Rudjek.

Elle plongea son regard dans celui de l'Oracle, afin de déceler les émotions qui seraient les siennes en écoutant la jeune femme. Elle souhaitait comprendre. Mais on pouvait aisément sentir de l'amertume quand elle parlait de ce don. Et Orphéus ne pouvait pas lui en vouloir. Après tout, on lui avait prédit la perte de sa conscience, de son corps, afin de laisser la place à une Reine. Une déesse. Et si son devoir la poussait à l'accepter sans rechigner, il existait quand même en elle de la colère. Et de la peine. Car elle allait laisser son frère seul face aux dangers de ce monde. Elle acceptait mal ce fait. Son regard se portait de nouveau vers son jumeau. Ce dernier avait fermé son oeil unique et elle percevait que sa "mélodie" avait changé. Il se reprit toutefois.
    - Qu'en penses-tu, mon frère ?

Son visage n'exprimait aucune émotion. Mais en son for intérieur, il ne savait pas quoi en penser. Il devait l'admettre, certaines choses lui échappaient. Ici, il n'était clairement pas maître de la situation. Mais connaissait un moyen de reprendre le contrôle.
    - Difficile pour le moment de me faire une opinion. Mais si la vision de notre illustre invité s'avère exacte, alors de sombres jours nous attendent.

Il avait hésité mais estimait désormais qu'il était utile de se fier à lui. Surtout sur le point qui allait suivre. Il n'était pas impossible de penser que cette vision puisse être liée au problème des Abyss. Mais sans certitude aucune.
    - Ce que je vais vous conter ici est un secret. Les Atlantes eux même n'en connaissent pas l'histoire dans son intégralité. Au coeur même de ce monde, il existe un endroit que l'on nomme "Abyss". L'Abyss est en réalité une prison, une prison de l'Ancien Temps. Par le passé, Apollon et Poséidon se sont alliés pour apposer des sceaux protecteurs, empêchant quiconque d'entrer ou de sortir de ces Abyss. La Lumière d'Apollon d'une part. Et la puissance des Océans de l'autre. Un pouvoir matérialisé par une flèche d'Or.

Une flèche d'or qui perdait peu à peu de sa puissance.
    - Ce qui est enfermé dans cette prison ne devait jamais en sortir, sous peine de mettre en péril l'humanité entière. Cependant... Les sceaux s'affaiblissent. Et nous en sommes parvenu à la conclusion qu'il n'existait qu'un seul moyen de les renforcer. Faire appel au pouvoir de la Lumière pour nourrir ces sceaux. Nous sommes déjà en possession de la puissance des Mers. Il nous manque le pouvoir d'Apollon. Je ne sais pas si votre vision est liée à cela. C'est une hypothèse. Mais ce que je sais, c'est que nous avons besoin de vous. Des Oracles. Ou au moins de votre Augure, afin de sceller de nouveau les portes des Abyss.

Il dévoilait très clairement la raison de l'importance des oracles pour cette mission. Un pouvoir rare, d'autant qu'Apollon avait disparu. Mais il restait un espoir.
    - Je pense que votre Augure possède cette lumière si importante pour nous. Ce pourquoi je vais tenter d'oeuvrer pour obtenir sa libération. Ou au moins sa venue ici. Et c'est la raison pour laquelle votre don m'intéressait. S'il vous était possible de voir le passé, alors peut-être auriez-vous pu nous dire comment refermer ce passage.

Il plaça ses mains dans son dos. Il venait d'offrir une preuve de confiance à Rudjek en lui parlant des Abyss. Mais avait-il le choix ?
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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyMar 17 Nov - 1:50
Rudjek fut surpris. Ce n'était pas quelque chose de rare, surtout ces derniers temps. Mais Aurora venait de prendre de court l'Oracle. Lui qui se pensait plutôt bon juge de caractère, il avait sous-estimé l'intérêt de la sœur du Légat pour ses visions. Il s'était attendu à de la curiosité anodine, presque innocente, comme la plupart de ceux à qui il révélait ses capacités. La noble Atlante avait cependant directement abordé un sujet des plus épineux, un cruel doute qui invariablement assaillait ceux qui touchaient du bout des doigts la trame du Temps. Quels sombres présages avaient bien pu s'abattre sur la belle pour ainsi éveiller une telle amertume dans ce regard de glace?
Pendant un instant, la Pythie ferma les yeux. Pour faire justice à la pertinence d'Aurora, elle prit soin de peser ses mots. Lorsque ses pupilles solaires se rouvrirent, son sourire affable avait disparu. Une certaine douceur, nouvelle et rare, s'était à la place glissée dans ses mots.

    - Je comprends les doutes qui vous assaillent. Ils ont aussi été les miens lors de mes premières visions. J'ai depuis... Acquis une perspective qui m'est propre de la chose. Je pense que c'est le cas de tous ceux qui partagent mon don : nous développons chacun une relation unique avec le Temps et le Destin.

Devant lui, Rudjek tendit ses bras et referma ses paumes l'une contre l'autre. Lorsqu'il les sépara, des fils de Cosmos dorés liaient ses doigts les uns aux autres. Les iris de l'Oracle soutinrent celles d'Aurora un instant. Avec un mouvement du regard, il l'invita à considérer cette image avant de commencer ses explications.

    - Dans bon nombre de mythologies, le destin des hommes comme des dieux est représenté par des fils. Ceux des Moires pour vous. Ceux de la Déesse Neith dans mon pays. Un début. Une continuité. Une fin. Un concept simple pour expliquer un phénomène qui ne l'est nullement. Pour ma part... Je trouve cette représentation du Destin parfaitement faussée.

Les poings de l'Oracle se refermèrent. Les fils du destins volèrent en éclats, avec l'illusions qu'ils entretenaient. Résumer la vie des mortels à un fil? C'était certes poétique, mais également incroyablement réducteur. Pour quiconque avait eut le loisir de jeter un œil sur la tapisserie du monde, il y avait une autre image qui s'imposait.
L'un des poings de l'égyptien s'ouvrit. Une nouvelle projection de son Cosmos doré se matérialisa. Cette fois, il s'agissait d'un arbre, qui s'éleva de sa base unique pour se diviser, encore et encore, en une voute de branches innombrables dont les plus hautes arrivèrent à la hauteurs des yeux de Rudjek. Celui-ci continua.

    - Le Temps et la Vie ne sont que possibilités. Un arbre de possibilités. Nous vivons tous notre vie à parcourir du doigt, les yeux fermés, le bois de l'arbre qui forme notre destin. Aveugles que nous sommes, nous accomplissons notre parcours en demeurant inconscients des embranchements que nous avons pris, des possibilités qui nous étaient offertes et que nous avons ignoré, des conséquences qui auraient pu en découler... Jusqu'à ce que, finalement, on arrive au sommet de la dernière branche. Ce n'est souvent qu'à la fin de leur voyage que les mortels gagnent la clarté d'esprit pour se retourner et réaliser le chemin qu'ils ont parcouru.

Pour illustrer son propos, le doigt de l'Oracle avait parcouru l'arbre, de la base de son tronc, puis de branche en branche jusqu'à en arriver au bout. Là, le parcours effectué au milieu des branches s'illumina, révélant la forme de la vie dessinée par ses choix. Un fil, au final, d'une certaine manière. Mais uniquement si on faisait abstraction de tout ce qu'il y avait autour. Lorsque son doigt se sépara finalement de cette branche, l'arbre dans son intégralité se mit à flétrir, pour finalement disparaitre.

    - Et mon don de vision? Je ne le considère en aucun cas comme une malédiction. Moi, ainsi que les autres qui en sont dotés, avons simplement le droit de brièvement ouvrir les yeux. Nous apercevons certaines branches... Parfois les nôtres, parfois celles de nos voisins. Il est certes souvent triste d'admirer toutes ces possibilités qui disparaitront sans se réaliser, toutes ces tragiques fins vers lesquelles nos semblables se dirigent... Mais ce don nous offre aussi le droit de nous faire... Jardiniers

Rudjek se releva de la balustrade sur laquelle il s'appuyait jusqu'ici. Il se rapprocha d'Aurora, et arrivé devant elle, tendit sa main vers elle. L'invitation silencieuse à lui prêter la sienne fut comprise, et une fois la main de l'Atlante dans la sienne il fit un apparaitre un nouvel arbre. Celui-ci possédait une forme différente du précédent. Unique à sa manière. Dans la direction d'Aurora cependant, une branche semblait alourdir l'ensemble, et pointait vers le bas plutôt que vert le haut.

    - Pour permettre à un arbre de s'épanouir, il est nécessaire de tailler une branche qui part dans une mauvaise direction. Lorsque nous réalisons une telle chose, nous pouvons avertir celui qui parcourt cet arbre de l'embranchement vers lequel il se dirige, du choix auquel il sera confronté. Il lui appartient alors à lui et à lui seul de décider comment continuer son parcours... Quelle branche couper. C'est quelque chose que nous ne pouvons faire à sa place. C'est un acte, un choix, qui lui est propre. Un moment de vérité qui sera l'aboutissement du libre-arbitre que les Dieux lui ont accordé... Et ne peuvent lui reprendre.

Les doigts de Rudjek avaient de nouveau parcouru l'arbre, cette fois en s'arrêtant à l'embranchement tant redouté. Le choix de la branche à tailler appartenait à la Meritina. Allait-elle choisir de couper la branche qui alourdissait son arbre? Ou bien celle au-dessus, qui montait vers le ciel, mais écrasait la précédente sous son poids? Ou opterait-elle pour une troisième branche, camouflée par la taille des deux précédentes?
Des questions que les Dieux eux-mêmes se posaient. Car eux-mêmes n'en avaient pas la réponse.

    - Ne pensez pas le destin scellé, Aurora. D'autres possibilités existent. Nous ne les voyons simplement pas encore.

La main de l'Oracle se sépara de celle de l'Atlante. Il lui adressa, avec ces dernières paroles, un sourire confiant. De bien des manières, Rudjek avait simplifié les choses. Comme l'image du fil, celle de l'arbre manquait de profondeur sur certains points... Mais c'était en cet instant la plus adéquate pour illustrer ce qu'il cherchait à faire comprendre à cette jeune femme qui semblait aux prises avec le Destin. Peut-être en une autre occasion lui parlerait-il de la forêt infinie, après lui avoir exposé sa théorie de l'arbre des possibilités. Mais il avait déjà trop longtemps monopolisé la parole.

Orpheus, bien que plongé dans sa réflexion, avait surement suivi également cette nouvelle représentation que le serviteur d'Apollon avait offert aux Méritina. Rudjek, bien que curieux de savoir l'opinion du Légat de Poséidon à ce sujet, laissa plutôt la conversation retourner au sujet plus terre à terre, mais également plus pressant, qui les préoccupait tous deux.
Ce fut donc à son tour de se faire auditeur, et d'écouter avec attention les révélations du Légat de Poséidon. Il y avait beaucoup à assimiler, et encore plus à penser. De bien des manières, des pièces se mettaient en place, venant compléter ce que l'Oracle avait vu tant dans ses Rêves qu'avec ses propres yeux. Le regard perdu dans le lointain, Rudjek hocha machinalement de la tête.

    - Je vois. Je comprends mieux certaines choses. Vous menez le combat sur de bien nombreux fronts, Légat Orpheus. C'est admirable... Et inquiétant.

Sa main finit par venir enserrer son menton, un doigt scellant ses lèvres. L'Oracle se mit à marcher, ses pas étant l'espace de quelques instants le seul son à venir troubler la douce mélodie de la vie d'Atlantis, qu'on entendait en contrebas. Finalement, il se dirigea vers la table qui avait été dressée, pour se resservir une coupe de vin. Sa gorge était sèche après tant de paroles... Et Apollon ne l'avait de toute évidence pas amené ici pour qu'il soit avare en mots. Cela allait continuer. Faisant couler une gorgée pour rafraichir son verbe et son courage, Rudjek se retourna vers le Légat de Poséidon. Juste pour ce moment, il fit sien le port de son ascendance pharaonique. Que la gravité et le sérieux de ses mots soient correctement appréciés par son vis-à-vis.

    - Je n'irai pas par quatre chemins. Mon souhait, comme celui des autres Oracles, est de rendre leur liberté à notre Dieu et son représentant. Nos intérêts concordent donc, et nous n'aurons aucune objection à coopérer avec vous dans ce but. Cependant... Vous semblez en négociations ouvertes avec ceux qui retiennent le Soleil et son Augure prisonniers. Et de ce que je comprends de votre situation, il est évident que vous souhaitez autant que possible éviter un conflit direct avec eux.

Une possible divergence d'intérêt, donc. Mais qui n'était pas insurmontable. Non. Qui devait être surmontée. Un regard fut échangé avec le Méritina. Ce dernier lui avait fait l'honneur de jouer carte sur table. Rudjek se devait donc de faire de même. Il énonça donc tout haut les questions que lui comme le Légat devaient se poser tout bas.

    - Mais... Pensez-vous avoir les moyens pour forcer la mains de ces Saints, et permettre à l'Augure de vous rejoindre ici? Qu'ils le laisseront suffisamment libre de ses mouvements pour vous aider autant que vous en aurez besoin? Qu'ils n'utiliseront pas ce besoin que vous avez de l'Augure pour vous extorquer? ... Si vous doutez des réponses à ces questions, nous pourrons offrir une alternative.

Une assurance. C'était surement ce que le Légat recherchait en cet instant. Une solution de secours, si négocier avec les geôliers de l'Augure n'était pas suffisant pour protéger sa cité. C'était ce que pouvaient être les Oracles... Mais ces derniers avaient-ils de quoi répondre à ses attentes? Rudjek l'ignorait encore. Ce qui rendait son retour à Rome d'autant plus impératif. Cependant... la possibilité existait. Et Orpheus ne couperait pas cette branche avant d'avoir une vision plus éclairée. Un tuteur s'imposait pour renforcer cette option.

    - Voici ce que je peux vous proposer pour l'heure : laissez-moi voir ce sceau de mes yeux, et retourner auprès des miens pour les consulter sur leurs projets de libération d'Apollon et de l'Augure. Je vous obtiendrai la pleine coopération de mon ordre pour faire face à la menace de l'Abyss. En retour... Procédez simplement comme vous l'avez dis. Militez pour faire venir l'Augure ici. Et lorsque cela deviendra réalité... Serait-il en votre pouvoir de soustraire l'Augure, brièvement, au regard de ses éventuels gardiens? D'accorder à moi-même ou l'un de miens une discussion avec lui sans que les Saints le réalisent? Sous la protection du secret, vous préserverez vos relations avec eux, et vous comme nous pourrons progresser vers... une nouvelle aube.

Une offre. Une idée. Une inspiration. Une possibilité, au milieu de la multitude de branches.
Fugacement, Rudjek se dit que l'arbre d'Orpheus devait être bien lourd.


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Message Re: [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek]   [Février 553]Le Soleil s'invite [PV Rudjek] EmptyVen 20 Nov - 9:31
Elle ne s'était clairement pas attendue à un tel discours mais prenait plaisir à suivre le raisonnement de l'homme face à elle. Elle ne pouvait nier une certaine justesse dans ses propos. Mais elle n'en oubliait pas pour autant qu'elle n'était pas dans le faux. Certaines révélations étaient immuables selon elle. Elle en avait fait l'expérience. Ainsi savoir sans pouvoir agir, pour une femme comme elle, avait été la plus difficile des épreuves. Une Merinita ne subissait pas, d'ordinaire. Car ce sont eux qui imposaient les règles. Mais pas dans les jeux des dieux, malheureusement.

Ainsi se laissa elle embarquer. Donnant la main quand c'était nécessaire, observant les images de cosmos présentées par l'Egyptien. La notion de "jardinier" la fit sourire. Et alors qu'il en terminait, elle inclina gravement la tête. Il lui avait donné matière à réflexion, en dépit de certains désaccords, et avait clairement apprécié cet échange. Alors qu'il retirait sa main, elle resta un instant le regard perdu vers la sienne. Puis se reprit, chassant son trouble.
    - Je veillerai alors à ouvrir grand les yeux pour voir ces autres possibilités. Je vous remercie, Rudjek. Cela m'aidera, je l'espère.

Elle savait que sur le sujet d'Amphitrite, elle ne pourrait rien faire. Son destin était entre les mains de la Titanide et elle devait s'en satisfaire. En être honorée. La suite ne lui appartenait pas vraiment. Et déjà la discussion rebasculait vers le côté plus sérieux. Admirable et inquiétant, voilà les termes qu'il utilisait. Des termes qui fit sourire la jeune femme. En quelques mots, il avait dépeint sans le savoir la manière dont était souvent jugé son frère par ses pairs. Son regard se porta sur ce dernier. Lui aussi eut un sourire.

S'il avait écouté toute la partie concernant Aurora, il s'était bien gardé d'intervenir. Cela ne la concernait qu'elle et elle seule et il aurait été mal avisée d'essayer d'intervenir pour donner son point de vue. Il partageait l'avis de sa soeur en bien des points mais comprenait le raisonnement de l'Oracle. Ainsi laisserait-il la sagesse guider les pas de la Merinita sans intervenir. D'ailleurs, il avait d'autre chose à penser. Car Rudjek avait en partie raison sur la relation avec les Saints, même si de nombreuses zones d'ombre lui échappaient. Comment aurait-il pu savoir de toute façon ? S'il n'y était pas obligé, Orphéus trouvait plus juste de lui expliquer la vérité. Du moins en partie. Toutefois, ils n'allaient pas rester statique.
    - Suivez-moi, je vous prie. Je vais vous emmener dans un endroit nettement moins chaleureux que celui où nous nous trouvons masi cela est nécessaire si vous souhaitez ne serait-ce que ressentir la présence des sceaux dont je vous ai parlé.

Et déjà il avançait, prenant le soin de vérifier que l'Egyptien était à ses côtés. Nul doute qu'il ressentirait sous peu un autre sentiment que cette joie qu'il percevait en lui. L'approche des Abyss avait cet effet sur tous, après tout. Et il reprit alors qu'ils prenaient doucement le chemin de l'arrière du Temple, vers les Geôles d'Atlantis.
    - Il est difficile de qualifier nos relations avec les Saints de paisible, vous devez vous en douter. Ainsi n'ai-je pour l'heure aucune garantie. Mais récemment, un événement grave s'est produit. Et il n'est clairement pas dans l'intérêt du Grand Pope de s'opposer à ma requête. Je ne doute pas un instant de pouvoir faire venir l'Augure ici. Quant à sa liberté de mouvement, il sera entravé par la parole que j'aurai donné de ne pas le laisser fuir. Je doute que rien ne soit demandé en échange, je vous le concède. Mais rien ne sera extorqué à Atlantis. Autre que la promesse de leur restituer l'Augure.

Son regard était froid. Rudjek aurait sans doute remarqué que la parole donnée était d'importance pour Orphéus. Mais il aurait sans doute senti qu'une chose prévalait sur le reste : la sécurité d'Atlantis. Et pour cela, il était prêt à rompre toute parole donnée si cela permettait à son peuple de survivre. Sa foi en sa cité ne connaissait aucune limite. Et il était disposé à abattre toutes les barrières sur son chemin.

Sa première demande, Orphéus essaierait de la respecter. Voir le Sceau. Il savait néanmoins qu'il ne parviendrait pas à franchir le portail. Aurora en personne n'y parvenait pas. Seul deux élus au sein d'Atlantis pouvaient se permettre d'accéder si proche de la Flèche d'Or et des portes conduisant aux Abyss. D'ailleurs ils approchaient maintenant de la prison, les gardes en poste s'inclinant devant le Légat. Alors qu'ils passaient ces dernières, entourés des murs épais des Gêoles, Rudjek ne manquerait pas de ressentir un événement particulier. Ici, en ces murs, son cosmos s'éteignait peu à peu. Il n'aurait bientôt plus accès aux pouvoirs qui lui étaient prêtés par le Dieu Solaire.
    - Une fois ici, il ne me sera pas difficile de permettre un entretien entre l'Augure et l'un des vôtres. Et je peux vous garantir que les gardiens des Saints qui seront présents n'en auront pas la moindre idée. Mais je préfère me montrer clair : seule la discussion sera permise. Et je n'aiderai pas à le faire fuir en dépit de toute l'amitié que je lui porte. J'ai bien une carte à jouer concernant sa possible réhabilitation mais tant que je n'aurai pas vu le Pope, je ne saurai en dire plus à ce sujet.

Il s'arrêta, désignant un couloir plus sombre que les autres. Ici, plus de gardes. Mais différents des autres. Ils ne firent pas obstacle au Légat mais Rudjek pourrait percevoir que la soeur du Légat s'arrêtait et restait à leur côté.
    - A partir d'ici, l'accès est interdit à nul autre que moi. Vous faire parcourir ce couloir est déjà une preuve du respect que je vous porte, Rudjek. Vous avez pu le ressentir, n'est-ce pas ? Pour le moment, en ces murs, votre pouvoir est restreint. Nous allons approcher de la première porte.

Ils poursuivirent, à deux. L'endroit devenait plus sombre encore en dépit des lumières alentours, comme si les ténèbres s'invitaient ici. Ils avancèrent sur une vingtaine de mètres. C'est là qu'elle apparue. La Porte d'Orichalque. D'une couleur nettement plus sombres que les autres. De nombreuses chaînes étaient apparentes. Et autour de la porte, ainsi que sur cette dernière, de nombreux sceaux frappés du symbole de Poséidon. Alors qu'ils approchaient, ces dernières entrèrent en résonnance. Certains se mirent à luire et Orphéus leva simplement la main pour faire cesser leur avancée. Il sentit en lui l'avertissement. Nul doute que l'Egyptien l'entendrait aussi dans son esprit.

"Derrière cette porte, le Mal sommeille. Les Sceaux veillent. La Voix et le Protecteur des Abyss sont les seuls à pouvoir entrer. "

Orphéus se tournait vers lui. Mais d'ici, s'il ne pouvait le voir, Rudjek pouvait au moins ressentir le vide qui se trouvait derrière la première porte. Et ce n'était rien une fois celle-ci franchie.
    - Comme je vous le disais, il n'est pas possible pour vous d'approcher la Flèche. J'en suis navré mais il s'agit là des commandements des Dieux. Votre Lumière n'est pas assez forte pour vous permettre de franchir cette porte.

Il n'était pas l'Augure, après tout. Et Orphéus savait que toucher cette porte pouvait être synonyme de mort immédiate. Lui même n'y touchait pas. Pour franchir ce sceau, il traversait la porte, tout simplement. Celle-ci ne pouvait être ouverte. Seule la Protection du Seigneur des Mers lui permettaient cet exploit.
    - Je vous prierai de ne parler de cela qu'aux personnes essentielles, Seigneur Rudjek. Comme je vous le confiais, il s'agit d'un secret absolu et au sein d'Atlantis, personne n'a jamais eu le loisir d'approcher cette porte. Pas même le Général en charge de cet endroit. Si la moitié de votre ordre en avait connaissance, cela pourrait représenter un danger de plus pour Atlantis. Vous devez comprendre que je ne saurai le permettre.

Le Kraken était évidemment une exception. Mais de tous, il était le seul à en être capable. Le Protecteur des Abyss. Celui qui portait en lui les Ténèbres. Il s'agissait là d'une petite mise en garde.
    - Avons-nous un accord ? Retournez auprès des vôtres. Accompagné d'un de mes Généraux en escorte. Voyez quels projets ont les Oracles pour libérer votre Augure. Moi, je ferai venir Cuchulainn en ces murs pour obtenir son aide. Et j'utiliserai alors mon Onde pour le rendre accessible à celui ou celle qui sera choisi parmi les Oracles pour s'entretenir avec lui. Sans que ses geôliers ne l'apprennent.

Il ne trahissait aucune confiance ainsi mais se donnait la possibilité d'avoir accès à deux sources de savoir. Qui sait, peut-être que l'Augure saurait l'aider ? Et dans le cas contraire, la connaissance des Oracles ne serait pas de trop, ainsi que celle des Servants d'Athéna. Il était de la priorité de tous de veiller à ce que les Fomoires et leur Roi ne reviennent jamais.

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