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Février 553 AD (Jusqu'au 30 Septembre 2020)
 
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 [Février 553] Moi

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LudmilaLudmilaArmure :
Cuirasse du Zmeï

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Message [Février 553] Moi   [Février 553] Moi EmptyDim 23 Aoû - 11:56
[Février 553] Moi JydH0ab




Son sommeil est agité.
Elle passe pourtant le plus clair de son temps à dormir, comme si les deux ans de captivité ne lui avaient pas suffis. Evidemment ce n'est pas la bonne raison ; la réalité, c'est que cette distance avec le Dédale la ressource malgré tout. Ce repos la conforte, l'appelle même, contrecarrant son désœuvrement habituel.
Alors elle dort. Ne se réveille au mieux que pour picorer quelques oléagineux ou fruits, avant de s'en retourner à son inlassable répit.
Voilà quelques jours maintenant qu'elle a pris fonction dans une parcelle de ces bois ombrageux. Les temps sont encore calmes, aussi la mission confiée par Zvezdan reste relativement confortable ; les autochtones sont sages, respectueux autant que craintifs vis à vis de tout ce qui sort des Portes d'Obsidienne. Même une femme.

Une femme... Est-ce que ce terme la caractérise encore ?
Dans ses rêves, jour comme nuit, elle rencontre le Zmeï. Leurs conversations sont personnifiées par le mutisme. Ils se toisent seulement. A priori, il s'agit d'une relation à sens unique - Ce dernier a obtenu ce qu'il désirait, il a capturé sa princesse et se contente juste de cette possession. Égocentrique, comblé.
Au cours de ces faces à faces, Ludmila flotte quant à elle en pleine introspection. Une partie de son être représente certainement cette princesse des mythes draconiques, comme si elle avait tronqué sa captivité par une autre. Pour autant, en son for intérieur demeure cette âme chevaleresque, cette flamme, ce potentiel latent qui par moment défie le totem de sa cuirasse au gré de quelques regards plus intenses. Elle saurait l'occire. S'en rend t-il compte ou le nie t-il ? L'attitude de cette bête au sang froid suinte l'assurance voire la nonchalance. Le profit silencieux et durable.

Dragon, Princesse, Chevalier... Il est raconté au travers de cet habile triangle une histoire riche en émotions. A chacun son rôle, à chacun sa fatalité. Chaque protagoniste applique sa raison d'être, en toute simplicité. Se sent entier, quelque soit sa partition. Et l'histoire se termine.

Mais que se passe t-il lorsque ces trois entités n'en forment plus qu'une seule ?
Étrange mélange.
Pourtant, chaque situation est la source d'une nouvelle histoire. Ici, une tendance doit prendre le pas sur les autres.
La princesse pleure. Mais qui du Chevalier défendant sa Royauté ou du Dragon défendant son Trésor est le plus légitime à sécher ses larmes ?...

~~~~~~

Son sommeil est agité. Encore.
Ce n'est plus le même rêve. Juste les tambours: Ceux de la Guerre. Ces ennemis à chasser. Ces citadelles à croquer. Ces terres à se réapproprier. Dormir devient déplaisant ces derniers temps, quoique toujours étrangement nécessaire. Incompréhensible repos. A chaque réveil la vandale baigne dans sa propre transpiration et ses draps déchirés démontrent une agitation dépassant les simples songes relatifs à la torpeur. Elle ne sort pratiquement pas, se contente d'observer vaguement les alentours sans quitter sa demeure.
Demeure qui n'est rien d'autre que la tour de guet surplombant le vaste campement clanique dont elle a la charge, en amont d'un village plus conséquent.
Elle se doute que ses troupes parlent de son cas. Fantomatique.
Elle s'en moque. Retourne se coucher, maussade, lasse et passive. Ses séances de somnolences sapent toute son énergie, mangent ses forces et rongent ses articulations tout comme ses nerfs. Sa rage n'a jamais été aussi sage.
Puisque profondément orageuse.

Le temps s'écoule continuellement.

Si bien que cette chambrée se fait tout à coup trop étroite. Trop frêle pour accuser cette aura oppressante. Trop modeste pour accueillir le trésor du Zmeï, qui dégouline pourtant déjà du sol au plafond, avec comme épicentre ce lit largement charcuté. Amas de satin en lambeaux imbibé par la sueur.

Par tous les dieux, comme son ennui est effroyable. Pourquoi manque t-elle autant de courage, pourquoi n'arrive t-elle pas à décoller de cette indolence ? Aucune nouvelle ne vient l'arracher à son insatisfaction, rien ne l'appelle ailleurs. Seule face à elle même. Avec comme unique ressource en sa possession la confiance de Zvezdan.
Terrible confiance.
Elle n'est même plus sûre de la raison de cette confiance dans cette affaire. Lui a t-il confié ce poste pour la gâter ou parce qu'il attend réellement une certaine gestion ? Elle se souvient lui avoir répondu franchement... mais s'il l'a voyait dans cet état, au bout de si peu de temps... quel tête ferait-il ?

Elle frissonne.
Pieds nus, pataugeant à moitié dans cet agglomérat de pièces et autres bibelots d'or et d'argent constituant son logis, Ludmila attrape un miroir raffiné afin de s'y contempler.
Affreuse.
Alors elle l'envoie aussitôt valser, laissant les éclats de verre se mêler au reste du splendide désordre. Se redresse puis attrape une jarre toute aussi reluisante, soulève la porte en tissu et saute aussitôt de la tour. S'en suivit une réception parfaite rapidement masquée par un nuage de fumée. D'ordinaire ses brèves sorties avaient lieu la nuit, sauf que cette fois-ci il n'est pas même midi, ce qui surprend les nombreux soldats à la routine perturbée. Il faut dire qu'elle n'est pas bien vêtue, et que même son manque d'hygiène ajoute une touche sauvage quelque peu captivante si l'on est pas trop regardant.

Une affaire qu'elle compte justement régler incessamment sous peu en se dirigeant vers la rivière. Une baignade fugace, purement pratique afin de se décrasser et se délasser. Ainsi que refaire son stock d'eau. Sitôt fait, elle reprend son chemin inverse puis escalade sans un mot l'échelle la ramenant à sa vie de troglodyte.



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Message Re: [Février 553] Moi   [Février 553] Moi EmptyDim 23 Aoû - 12:40


Nouveau miroir - Ou plutôt un large bouclier décoratif à l'éclat si pur qu'elle y trouve son compte.
En détaillant son reflet, elle réalise par ailleurs l'espace d'un instant l'ampleur de toute cette richesse étalée tout autours d'elle. Celle-ci n'avait fait que croître à mesure de ses périodes d'inconscience, et jamais encore elle ne l'avait relevé. Comme si cette atmosphère semblait naturelle. Un acquis comme un autre. Mais cet éclair de lucidité ne dure pas. La vandale se perd déjà dans sa propre contemplation, toujours insatisfaite mais suffisamment revigorée pour s'attaquer à son propre cas.
Alors elle se taille les cheveux au couteau, les réagence sans se perdre du regard. Cette attention seule suffit à lui redonner du baume au cœur, l'apaisant autant que la flattant. Elle aime ce qu'elle voit.
Et ce n'est pas fini.

Comme une gamine, elle se déplace instinctivement dans sa cage bordélique, la plante de ses pieds se tordant de par la surface tout en relief du sol. Se coupant au passage faute aux morceaux de verre d'ores et déjà oubliés. Elle ouvre un coffre, en sort de nouveaux habits, puis au passage de nouveaux draps. Elle trouve tout ce qu'elle cherche. Mieux encore, elle trouve ce qui dépasse sa pensée. Toujours plus beau, toujours mieux taillé. Marche inverse, elle jette la pile de tissu neuf près du bouclier et attrape ses vieux draps afin de les jeter dehors d'un simple geste. Ceux-ci prennent feu en plein vol, déversant quelques cendres éparses par en bas.

Restant debout et à une certaine distance de son miroir de fortune, Ludmila s'enveloppe de vêtements plus communs mais néanmoins raffinés, définitivement éloignés de sa grossière cuirasse.
Quelques mimiques, parsemées de sourires.
S'ajoute au tout un long manteau amarante bordé de jaune.

On y est.

Ce qui représente une anodine séance pour beaucoup est un exploit pour elle, une authentique découverte. Jusqu'alors, seule Rhiannon l'avait véritablement sensibilisée à de telles us et coutumes, sans qu'elle ne puisse s'y projeter - En fait, à l'époque, elle la jalousait même. Se sachant pertinemment incapable de vivre ainsi. Pourtant cette pulsion soudaine démontrait aujourd'hui même le contraire.
Une femme, c'est bien ce qu'elle est. Ni Arès ni le Zmeï ni le Dédale ne sauraient le lui enlever, après tout.
Cette vie nouvelle qu'elle souhaite tant, ne suffit-il pas de se la créer ?
Rhiannon l'avait fait. Son domaine, son jardin, son entourage... Tout n'était que beauté.
La règle du Gladius empêche après tout les coups en traître de compères furieux, alors aucun risque de voir ses efforts réduits à néant une fois le dos tourné...

L'ancienne Hyène n'existe plus. Elle n'est rien d'autre que Ludmila désormais.
Bête pensée. Une bête pensée qui lui redonne des forces. La canalise.
Elle ne veut plus dormir, bien au contraire.
Prête à passer d'un extrême à l'autre... Tout cela au gré d'une nouvelle émulsion psychologique au tempo insondable, qui parait-il lui appartient.

Fin prête, elle fend une fois de plus la toile donnant sur l'extérieur, déclarant de vive voix à la surprise générale :

MON CHAR !... DANS CINQ MINUTES ! Puis s'engouffre à nouveau dans son antre.

Enfile ses bottes, gagnée par l'adrénaline.


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