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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 [Fin Février 553] Après l'hiver...

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Message [Fin Février 553] Après l'hiver...   [Fin Février 553] Après l'hiver... EmptyVen 2 Oct - 0:49
Traverser l'empire en trois jours et deux nuits. En temps normal, Paros se serait vanté de cet exploit auprès de son Maître et de ses camarades. Il n'y avait pourtant nulle trace de triomphe sur les traits du jeune homme alors qu'enfin, loin en contrebas, il reconnaissait les vallées familières qui entouraient le sanctuaire d'Athéna. Le poids du fardeau qu'il ramenait ne laissait nulle place pour de quelconques réjouissances.

Ses nuits avaient été courtes. Porté par l'urgence et la peine sourde qu'il sentait encore en son torse, le Bronze n'avait fait que deux arrêt en Italia, une fois au nord, une fois au sud, pour s'autoriser du repos. Celui-ci avait cependant été agité. Que ce soit sous le toit d'une auberge ou à la belle étoile, ses rêves le ramenaient invariablement vers Tolosa, et ce qu'il y avait vu. Au cœur de la paix, la vision d'un sombre futur, et la mort d'une légende. Les images des visions et les paroles du Prince tournaient sans arrêt dans l'esprit de Paros. Il y cherchait un signe, un espoir, quelque chose qu'il n'aurait pas compris sur le moment... Mais la révélation lui échappait, et ses réflexions ne lui renvoyaient que ses propres erreurs, ses propres échecs.

Les ailes de lumière qui l'avaient porté au travers de deux royaumes et un empire commencèrent à se déliter. L'approche du Sanctuaire d'Athéna, et de l'aura qui le protégeait, l'empêchait de conserver son altitude. La tension qui habitait le corps et l'esprit du Chevalier du Bronze lui permit de dépasser son état de fatigue pour le réaliser. Progressivement, il se rapprocha du sol, décidant d'atterrir à Rodorio plutôt que devant la porte du Sanctuaire. Serrant contre son torse ses affaire et sa clothbox vide, il finit par toucher terre dans une clairière en bordure des habitations. Là, au contact du sol, la force de ses jambes se déroba à lui. Les ailes brisées, Pégase s'effondra dans l'herbe.

Quand il rouvrit les yeux, le ciel crépusculaire au-dessus de sa tête commençait à sombrer dans l'obscurité. Paros ne se souvenait pourtant pas s'être assoupi. La respiration lourde, il resta un instant allongé dans l'herbe, loin de tout, oublié de tous. Une part de lui ne souhaitait que de rester dans ce bois et oublier à nouveau ses peines en se livrant à l'étreinte de Morphée. Son devoir, cependant, était trop pressant pour le lui permettre. Avec un effort qui lui sembla rivaliser celui d'Atlas, Pégase se releva.
Le reste de la route fut calme. Parmi les visages familiers qu'il croisa sur son chemin, certains l'abordèrent, mais nulle réponse ne leur parvint. Son pas pressé ne leur laissait pas le temps d'en demander d'avantage. Son silence perdura jusqu'au début de l'ascension divine. Dès lors, au jugement de ses pairs se substitua celui des marches ancestrales.

La silhouette du Temple du Taureau se dessina au-dessus de lui, quelques instants plus tard. Sa structure imposante, d'ordinaire rassurante, lui semblait pour la première fois intimidante, presque étrangère. Avant de passer le seuil, Paros prit une profonde inspiration. Partagé entre hâte et crainte, il ne savait encore comment faire face à Airôth après l'échec de sa mission à Tolosa. Surement la réponse lui viendrait-elle plus naturellement une fois qu'il poserait ses yeux sur lui. Du moins l'espérait-il.
Le grand hall était encore éclairé par des braseros. Son Maître devait donc surement encore être présent. Le premier Temple étant pour l'instant vide, le second gardien était la première ligne de défense. L'élève savait que son mentor n'était pas homme à déléguer ou abandonner une telle charge. Pas sans raison, du moins.

    - Maître?

Le mot, plus timide qu'à l'accoutumée, retentit faiblement dans le grand hall. Les jambes comme les paupières lourdes, Pégase n'avait pas vraiment fière allure. Déposant à terre son baluchon et sa clothbox, il fit quelques pas pour s'avancer vers le large bassin à ciel ouvert au centre du hall, et s'asseoir sur le rebord. Alors qu'il reprenait son souffle, ses yeux ses baissèrent sur ses mains... Propres, en apparence. Mais la sensation du sang sur sa peau demeurait.


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Message Re: [Fin Février 553] Après l'hiver...   [Fin Février 553] Après l'hiver... EmptyLun 12 Oct - 13:23

L'attente, impitoyable. Elle était une arme aussi pernicieuse que pouvait l'être le silence ou la solitude. Les rencontres s'étaient succédées, les avis échangés et les réponses données. Pourtant le revoilà à tenir le mur, dans son rôle le plus strict : celui de Gardien. Dans ce temps qui semblait s'allonger plus que de raison son esprit en profitait pour l'assaillir, lui rappelant sa simple place d'Homme. L'inquiétude s'était insinuée au plus profond de son être. Pour elle. Pour lui. Aucune nouvelle. A croire que durant toute sa vie il avait œuvré pour éviter cela inconsciemment. S'éloigner des autres alors qu'il ne voulait qu'en être plus proche. Triste ironie, celle d'un poison.

L'absence de Nebu impliquait bien des choses, à son tour chargé d'une tâche de la plus haute importance, restait donc le Taureau Blanc qui, comme par le passé, prenait la charge de premier rempart. Une tâche qu'il ne connaissait que trop bien. Et pourtant, cette fois, il aurait préféré être ailleurs alors qu'il avait pourtant passé les derniers mois à n'espérer que son retour ici même, entre ces murs. La nature profonde des Hommes, celle de n'être jamais satisfait de ce que l'on a. Alors, il se tenait là, le regard perdu vers la demeure des Gémeaux. Comme si son corps protestait, à l'inverse de l'endroit où il devait se tenir. Qu'attendait-il au fond, depuis les hauteurs ?

Tellement obnubilé par ces marches montantes, dans l'attente des les voir foulées qu'il n'avait même pas senti cette présence pénétrer dans le Temple. Ce ne fut que le murmure lointain porté par la pierre de la bâtisse qui le fit sursauter. Et cette voix...

- Paros..?

Un long frisson lui caressa le bras avant de remonter jusqu'à sa nuque, son visage tourna vers cette sortie - ou entrée - avant que sa masse ne suive le mouvement. Le pas preste il s'enfonça dans la douce chaleur, apercevant alors la silhouette du jeune garçon. Ses yeux s'ouvrirent en grand, de surprise, alors qu'il commença à courir pour franchir ce long couloir parsemé de piliers. Dans un éclat de lumière émanant de son corps en mouvement, l'armure du Taureau éclata pour s'éparpiller ça et là, illuminant les fresques et frises au passage des pièces qui naviguaient jusqu'à finir sur le bassin où la bête estropié prit place, fière, droite et éclatante.

- PAROS !

La distance qui les séparait alors fut supprimée en un instant, et le voilà donc, immense, face à lui. Il était assis, mais il n'en avait cure. De son bras il l'entoura pour le soulever et le serrer contre lui. Les yeux clos, il soupira, ressentant une douce et profonde chaleur lui envahir le buste. De celles qui rassurent. Quelques secondes, dans le silence, avant qu'il ne le dépose, le visage éclairé par une bouffée nouvelle ayant éliminé les traits sombres qui le tiraillaient jusqu'alors. Il était là. Il était en vie.

- Je suis heureux que tu sois ici saint et sauf. Je n'aurai pas du m'inquiéter autant... Pourquoi es-tu revenu ?

Peut-être parce que lui n'était pas revenu, comme il le devait. L'attente, cruelle, revenait planter sa lame froide.


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Message Re: [Fin Février 553] Après l'hiver...   [Fin Février 553] Après l'hiver... EmptyJeu 15 Oct - 18:17
La voix d'Airôth retentit dans le dos du jeune homme. Dans les poumons de ce dernier, l'air gela l'espace d'un instant, alors qu'une crainte irrationnel le saisissait. Cependant, avant que Paros puisse même envisager comment se retourner et faire face à son mentor, celui-ci se transporta devant lui. Le Taureau était rayonnant, aveuglant même, pour le jeune Chevalier encore troublé par ce qu'il avait vécu. Le regard rubis de Paros se déroba à l'or scrutateur, et ses mots chancelants tentèrent de s'exprimer.

    - Maître, je...

Pégase fut interrompu par le bras du Chevalier du Zodiaque, qui le saisit sans mal pour le soulever et le presser contre son buste. Pris de court par ce geste, Paros avança ses mains vers le dos d'Airôth pour répondre à son étreinte, mais celles-ci se crispèrent juste avant que le contact se fasse. L'espace d'un instant, ses doigts lui parurent lourds et sales. Une pensée difforme s'insinua en lui. Le sentiment de ne pas avoir le droit de toucher l'immaculé gardien avec ces mains teintées par l'échec et le sang.
Cependant, la chaleur vivante de son Maître vint réchauffer les muscles gelés de Paros. Progressivement, alors que ce dégel se faisait, un autre besoin germa, impératif, puissant. Celui d'échapper à la peine lancinante qui lui perçait le cœur. Lorsque finalement les mains du jeune homme se refermèrent sur la tunique d'Airôth, ce fut avec une force inattendue. Il en avait besoin, en cet instant, de cette chaleur, de cette étreinte, plus que tout autre chose.

Fugacement, un écho vint répondre à la sombre pensée qui avait possédé une seconde le Chevalier de Bronze. Si la main du Taureau, qui pourtant avait fait couler le sang, pouvait encore être si tendre, si chaude... Alors peut-être les siennes n'étaient-elles pas aussi indignes qu'il le pensait.
Et, juste le temps de ce silence, sa peine se calma.

Paros prit une profonde respiration, et dans l'expiration qui suivit retrouva un semblant de paix. Airôth lui donna encore quelques secondes de cette quiétude, avant de finalement rompre le contact en le reposant à terre. Il exprima son soulagement de le revoir, mais également son interrogation sur les raisons de son si rapide retour. Une ombre passa sur le visage de l'élève, mais cette fois il trouva la force de lever les yeux pour capter le regard du Taureau.

    - Le Grand Diacre Pâris... Est mort. Il a mis fin à ses jours à Tolosa, peu après votre départ. Je suis désolé, je n'ai rien pu faire pour empêcher... Et ensuite Amadeus m'a dit de retourner auprès de vous.

L'amertume perdurait dans la bouche de Pégase alors qu'il prononçait ces paroles, mais il devait aller jusqu'au bout de celles-ci. Ce qu'il avait vu et entendu était trop important pour que ses états d'âmes viennent entraver son rôle de messager. Paros continua après une courte pause, son regard déviant à nouveau sous l'effet du stress et de la fatigue, qui sur lui reprenaient l'ascendant.

    - Nous avons eu une autre vision, avant que Pâris ne soit pris de folie. Je devais vous avertir, vous et le Grand Pope...

Et peut-être enfin en faire sens, avec leur aide. Car malgré trois jours à se remémorer les paroles de Pâris et d'Appolon, Paros ne s'était jamais senti aussi loin de comprendre ce qui se préparait aux confins du monde.


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Message Re: [Fin Février 553] Après l'hiver...   [Fin Février 553] Après l'hiver... EmptyMar 3 Nov - 17:59

Ses pensaient fusaient de bas en haut, influencées par les assauts des différentes sensations qu'il éprouvait. Un livre ouvert, décrivant simplement de l'inquiétude, de la joie bien sûr, suivie de la curiosité. Il brûlait d'impatience d'écouter le récit de jeune Chevalier qui semblait désemparé, épuisé. Son esprit avait assailli par bien de sombres présences... Cela il n'en doutait pas. Mais lesquelles ?

Un frisson. Glaçant. Son bras s'en était retrouvé tétanisé. Impossible. Au delà de cette tragédie et du traumatisme évident qu'elle avait causé au jeune Pégase se trouvait une conséquence bien plus grave ; cette marche franchie, ce fossé qu'il s'évertuait à combler depuis le premier corps enterré en Italia s'étiolait une fois encore. Les perles d'or perdirent alors leur éclat alors qu'il observait son disciple, et pourtant il ne le voyait pas. Perdu dans le vide, les souvenirs se mélangeaient alors aux pensées, des murmures profonds, des mots indicibles. Il fallut que la voix du Bronze s'élève à nouveau pour qu'il revienne. Une autre vision...

Voilà un fait qui n'avait rien d'étonnant au moins, pas avec eux en tout cas. Les rubis fuyaient déjà... Etait-ce par honte ? Le malheur s'était bien emparé de lui. Le Taureau Blanc ferma les yeux alors, soupirant légèrement. Il se releva alors, inspirant en se tenant droit. Ses paupière se rouvrirent alors lentement, révellant à nouveau la lueur dansante de l'or.

- Suis moi dans la cuisine, tu as besoin de boire et manger avant tout.

Et alors un sourire dans sa direction avant de commencer sa marche vers la cuisine. Forcément, la cuisine. Toujours cette cuisine... A croire que l'avenir même du Sanctuaire s'y jouait !

I commença par préparer une assiète avec un peu de pain, de viande séchée et quelques fruits avant de la déposer sur la table et d'y rajouter un gobelet qu'il remplit à moitié de vin. Silencieux et souriant. Il s'en servit un avant d'inviter son protégé à trinquer avec lui, s'installant sur un tabouret.

- Tu verras le Grand Pope demain, seul, après t'être reposé. Il te faudra tout ton courage pour cela, mais... Si son acte est le sien, tu n'as rien à te reprocher Paros. Tu n'y es pour rien, preuve en est qu'Amadeus t'a invité à revenir au plus vite. Une petite pause alors que récipient touchait ses lèvres. Raconte-moi un peu plus, prends ton temps. Tout va bien. Et je veux savoir pour cette peinture aussi.

Un clin d'oeil à la mention de cette dernière. Cette œuvre qui devait éclairer le jeune porteur d'une armure devenue mythique...

Les conséquences, elles, pouvaient attendre... Après tout, il y avait mort d'homme, non ?


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Message Re: [Fin Février 553] Après l'hiver...   [Fin Février 553] Après l'hiver... EmptyVen 6 Nov - 19:24
Comme il l'avait craint, Paros perçut un trouble en la personne de son Maître lorsqu'il révéla la triste raison de son retour. Pas de la colère, ni tout à fait de la déception… Juste de l'abattement, devant la mise en péril d'un projet qui lui tenait à cœur, pour lequel il œuvrait depuis longtemps. Ce moment de choc, bien que bref, qui se glissa sur les traits d'Airôth firent naitre une boule dans les tripes du jeune homme. Il avait le sentiment d'avoir trahis son Maître, ses attentes, et son enseignement. Plus que tout, il s'en voulait de n'avoir pu l'aider en cette occasion, alors que le Taureau avait tant fait pour lui par le passé. Se lèvres comme son cœur se pincèrent.

Il n'y eu pas de reproches. Paros savait que le second Gardien ne lui en tiendrai pas rigueur. Pégase le regrettait presque. Peut-être une réprimande l'aurait-elle aidé à se débarrasser de ce poids qu'il se trainait. Au lieu de cela, Airôth l'invita à le suivre jusqu'à ses quartiers, dans la même cuisine où il avait croisé le Grand Pope. Difficile à croire que c'était déjà il y a presque un mois...
Le Taureau prépara à son apprenti une rapide collation. De quoi retrouver les forces qui lui faisaient cruellement défaut, accompagné de paroles rassurantes. Paros répondit à son geste avec un remerciement, inhabituellement timide. Il redoutait ce qui allait suivre, et qui ne manqua pas d'arriver. Le questionnement du comment et du pourquoi, que le Bronze se sentait bien incapable de correctement expliqué. Il eut un moment d'hésitation, ne sachant trop par où commencer, puis se raccrocha au dernier élément que son Maître avait évoqué. Une ancre jetée au milieu de la tempête pour commencer le récit.

    - Cette peinture... C'était une représentation d'Apollon. Mais il avait une allure... guerrière. Différente de celle qu'on lui connait. Il tenait une épée impressionnante, et son corps était recouvert de tatouages tribaux.

Le jeune Chevalier se souvenait à quel point il avait été ébloui par cette œuvre. Vivante, resplendissante, malgré le sombre caveau dans lequel elle reposait. Elle avait quelque chose d'unique, que même un paysan dénué de toute connaissance artistique comme lui avait pu capter. Cependant, ce n'était au final pas elle que Pâris avait mis au centre de leur discussion, mais plutôt... l'armure de Paros.

    - Le Seigneur Pâris m'a parlé du destin du Chevalier de Pégase... En son temps, il avait combattu quelqu'un qui portait la même Cloth que moi. Il m'a aussi dit qu'Apollon avait vu des choses importantes dans le futur de cette armure. Je n'ai pas tout compris...

Les yeux rubis de l'élève fuyaient toujours ceux du Maître en restant fixés sur la nourriture posée sur la table. Il finit par se saisir d'une tranche de viande pour mordre dedans. Il ne sentait pas la faim mais, dans le même temps, redoutait tellement les paroles qui allaient suivre qu'il accueillait avec plaisir le délai offert par la nécessité de mâcher ses aliments.

    - Il m'a demandé de montrer un fragment de l'armure à la peinture. Un fragment qu'il avait lui-même récupéré, à l'époque de la chute de Troie... Lorsque je l'ai fais, tout s'est accéléré.

Pégase pris une profonde inspiration. Il n'avait pas de mal à se souvenir: les images étaient toujours vivaces dans son esprit. Mais déjà, il sentait les battements de son cœur commençaient à accélérer.

    - Des fleurs pavots se sont mises à pousser dans la pièce. Le parfum était... surnaturel. Il y a une femme chevalier que j'ai rencontré, pendant votre absence, qui pouvait tisser des illusions avec l'odeur de ses plantes. Il me semble que c'était un phénomène semblable. Ces fleurs m'ont donné mal à la tête... Mais c'était pire pour Pâris. Je crois que... que ça l'a renvoyé dans ses souvenirs les plus douloureux de la Guerre de Troie. Il hurlait comme sous la torture et répétait les noms de Patrocle, Achilles, Hector...

Le Prince Troyen l'avait même confondu, à plusieurs reprise, avec le Myrmidon mort en prenant la place du légendaire Lion d'autrefois. En d'autres circonstances, Paros en aurait été heureux, honoré même. Mais toute la peine qu'avait Pâris lorsqu'il prononçait le nom de Patrocle... Que leur était-il réellement arrivé, à ces héros d'autrefois? Quelle mort l'ancien Pégase avait-il connu, pour ainsi causé tant d'émoi?
Et quel sort devait-il attendre, lui, déclaré par une légende vivante comme son héritier?
Une nouvelle bouchée. Un nouveau silence. Une nouvelle inspiration. L'élève prodigue reprit.

    - Au même moment, Apollon est apparu dans une vision, avec l'apparence de la peinture. Il portait une coupe en bois, qui débordait de Cosmos... Et autour de nous, la lumière se répandait sur un monde de froid et d'obscurité pour ramener l'équilibre, la vie. Les fleurs se sont consumées dans les flammes, mais c'était trop tard. Le Grand Diacre était perdu dans ses tourments et... et il a... percé son cœur. Avec sa propre dague.

Paros déglutit. Il réalisa que c'était la première fois qu'il le disait aussi clairement. Même face à Amadeus, les mots n'avaient pu sortir. Cette réalité, imposée par le verbe, le frappa de plein fouet mais... Paradoxalement, le soulagea aussi d'un poids qu'il avait porté sur toute cette distance.

Pégase expira. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais ses lèvres se refermèrent. C'était déjà beaucoup à appréhender. Le messager ressentait le besoin d'entendre ce que son Maître aurait à dire de tout cela. Quel serait le verdict final de cette première mission, ô combien inattendue. Paros tendit la main vers le verre de vin qu'il lui avait versé et, dans le léger picotis de l'alcool coulant dans sa gorge, trouva le courage de relever le regard vers Airôth.


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