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 [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan]

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Message Re: [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan]   [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan] - Page 2 EmptyMar 24 Nov - 19:28
Main rendue, même si je n'aurais pas craché sur l'idée de la lui voler encore un peu plus longtemps. Je souris, content de voir que l'expérience a été plaisante. C'est quelque chose que j'aime faire, de temps en temps. Après tout... Ce pouvoir, je n'ai pas à utiliser que ses applications chaotiques et violentes en combat, hm ? Je ne suis pas obligé d'inspirer que les traumas et les peurs. Je peux bien offrir un peu d'émerveillement de temps en temps... Ou un peu de tromperie, un peu de joue, d'autre chose.
Un peu de tout.

- Une vision peut-être Uuuuun peu romancée, je veux bien l'avouer. Mais je suis prêt à ce genre de petite pirouette si ça permet de soutirer un sourire et des yeux qui brillent. J'espère que tu me pardonneras cette petite malhonnêteté, Rowena. C'est pour la bonne cause. Il y a des endroits que l'on peut visiter, sans jamais se voir y vivre. Apprécier de loin, apprécier, mais à petite dose... Peut-être que la région pourrait être ça pour vous ? Une destination vacances? Je lance la supposition avec un sourire mutin. Des vacances. En voilà une idée saugrenue... Mais tentante.

Je répond d'un faible hochement de tête, quand elle confirme. Qu'elle confirme que ça lui fait envie, de venir voir. Venir parcourir ces terres sauvages et capricieuses. Guide, c'est bien ce que j'ai prétendu pouvoir être, hm ? Tseh. Va savoir vers quoi je pourrais te guider, Rowena.
Va savoir si c'est une si bonne idée, de suivre dans mon sillage, d'emprunter la même route que moi.

- Alors, contrairement à ce qu'on pourrait se dire, cette partie-ci n'était pas romancée. Je précise, amusé, tout à la fois sincère et espiègle. Les gens continuent de parler des bêtes de légende, sur nos terres. À raison. Rares, mais elles existent. Ceux dans les villes diront que ceux qui y croient sont des fous... Ceux dans les forêts savent. Ceux autour et dans le Dédale, ceux dans les villages de forêt,, et tant d'autres.

Mais tant mieux que ceux dans les villes doutent. Ça m'arrange. Car ça reste un doute teinté de crainte. Alors ils laissent les forêts qui entourent le Dédale tranquilles. Les rumeurs, ça aide.

Une dernière gorgée pour vider mon verre, et le poser sur la table. Mon regard se relève vers Rowena, et... Et je pense. Hésite. Cogite. Si bien qu'il y a ce court moment de silence, où l'esprit parle, mais la vois se tait. J'hésite, oui.
Parce que j'ai ce foutu murmure qui me dit que... que ça ne ferait de mal à personne, si on poussait cette rencontre plus loin qu'un verre partagé et une danse à un bal. Non ? Non?
Je sais qu'il ment, ce murmure. Mais j'ai quand même envie de l'écouter. J'ai envie de... Prendre le risque.
Tsh. Plus tard, peut-être.

- Merci pour le verre. J'en aurais bien taxé un ou deux de plus avec plaisir, mais... Mais je participe au tournoi en ville, dans pas bien longtemps maintenant... Et Je voudrais pas non plus me pointer sur place avec une démarche qui tangue. L'idée est amusante, remarque. Par contre... si je peux vous réquisitionner le temps du trajet jusqu'aux arènes... je ne dis pas non.

Un prétexte, encore.

- Je suis curieux, moi aussi. Curieux de Rome. J'ai déjà visité il y a longtemps, très longtemps... Mais je serais curieux d'entendre Votre Rome, plutôt que la mienne. Si vous vous sentez d'humeur conteuse?

Je propose. Je lance ça, de façon ouverte, qu'elle puisse accepter ou refuser, et si elle accepte... Qu'elle me dise ce qu'elle veut bien me dire. Comme moi avant, en fait.
J'avoue que j'ai toujours ce petit truc, quand même. Ce truc qui me pousse à vouloir creuser. Qu'est-ce que tu voulais dire Rowena, par « à la maison » toute ta vie ?
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Message Re: [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan]   [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan] - Page 2 EmptyDim 29 Nov - 17:40
Seulement un peu romancé ? Le sourire qu’elle lance à ces mots se fait suspicieux et amusé, trahi d’un froncement de sourcil à peine étonné. Elle l’avait supposé à plus d’un titre, mais Ô combien elle ne lui en veut pas d’une telle pirouette, car le voyage avait été des plus plaisants, nourrissant son esprit si peu échappé jusqu’alors des murs de la Tour. Une part d’elle, celle encore un peu sage, veut passer outre le compliment à peine dissimulé, mais elle répond pourtant d’un rictus plus doux encore, remerciant du regard le Berserker pour cette expérience si délicieuse.

« Si c’est pour ces raisons alors, je veux bien l’accepter. » Et puis elle songe. Elle si faite pour les villes s’envie à voyager, découvrir l’ailleurs sans l’envie encore de se poser. Elle le peut, elle a le droit. Alors oui, considérer comme une destination de vacances ? C’est presque trop beau, égoïste même, mais l’idée lui plait qu’elle pourrait l’envisager. Et une part d’elle, moins sage cette fois, lui souffle que ce n’est peut-être pas que pour la beauté des paysages qu’elle s’y rendrait… Cette voix, il vaut mieux cependant l’étouffer. « En voilà une idée, je vais la considérer oui. » Mais le regard ne trompe pas, ils savent que ce que l’envie recherche n’est pas toujours accordés par les devoirs qui sont les leurs. Les affaires. Toujours. Et puis, si elle écoute véritablement la voix de la raison, plus grinçante hélas, elle sait combien ce pourrait être imprudent. Ou plus encore douloureux…

Ne plus tant donner. Ne plus prendre. Ne pas s’attacher, c’est ce qui marche encore le mieux pour ne plus souffrir. Comme elle aimerait que ça soit aussi simple. Mais elle a raison. Une simple appréciation, et ne pas s’engager. Ne rien trop dire et ça suffirait.

« Il est vrai qu’on pourrait en douter. » Répond-t-elle du même ton que lui. Mais quoique peut-être légèrement surprise que les créatures vues dans ces visions ne soient pas uniquement le fruit d’une grande imagination. Mais elle ne devrait pas s’en étonner plus que de raison. Après tout, ne sont-ils eux même pas des êtres de légendes aux yeux des Dormeurs qui ignorent tout de leur monde et des machinations divines ? L’existence de ces créatures et animaux dans les forêts reculées forts peu exploités n’est finalement qu’une suite logique. « En un sens, il vaut mieux qu’ils continuent de le croire. C’est mieux pour eux. » Ce n’est pas dit sur le ton grave d’une réflexion préoccupées, c’est plutôt le simple constat d’une âme qui a d’ores et déjà fragmenté son existence sur l’échiquier des dieux.

Le court silence qui suit revient appeler les pensées. Pour sa part, l’Oracle préfère taire à nouveau les siennes plutôt que s’y laisser submerger. Son verre attire toute son attention et la couleur du vin tente de l’inspirer à relancer la discussion. Elle pourrait poser tant de questions encore, s’intéresser comme elle le fait déjà sans s’exposer. Mais rien ne vient et plus vite qu’elle n’y songe la voix du Berserker revient rompre le silence agréable qui s’était posé entre eux. Rien de tendu heureusement, mais les mots sont un premier pas vers ce qui semble être la fin de ce doux moment. Encore une raison pour rester pourtant. Une raison de s’accompagner et se suivre. Et il serait certainement plus intelligent de s’arrêter ici, de laisser les verres comme les témoins finaux des discussions. Mais au diable cette pensée. Après tout, quel risque y a-t-il de continuer à marcher ? Nulle auberge ou autre chambre où se retrouver. Juste un chemin jusqu’aux arènes, en toute tranquillité.

« Assurément, ça ne ferait pas très bon genre. J’avais complètement oublié l’existence de ce tournoi, vous me le rappelé. » Elle en avait vaguement entendu parler un peu avant son arrivée, mais ces choses là ne l’intéressait pas réellement et elle n’avait pas spécialement l’intention de s’y rendre pour observer les participants. Cela étant, il la rendait toujours plus curieuse. « Je ne dis pas non également. Je ne compte pas venir regarder le spectacle, mais ce sera ma façon de vous encourager avant. » Elle ignore qui concours dans cet événement, alors il n’y a certainement aucun mal à donner ses encouragement au Berserker devant elle !

Elle ne s’attend pas cela dit au revirement de la discussion. Jusqu’ici, Zvezdan était resté plutôt discret à son encontre sans trop poser de question à son sujet. Elle ne peut pas dire que la question soit intrusive de quelque façon que ce soit, et certainement moins que celle qu’elle a pu poser un peu plus tôt. Aussi, une petite part d’elle le lui dit « elle lui doit bien ça ».

« Hmm. » Un instant, son regard se fait penseur, tentant de trouver les mots pour décrire sa vision de Rome qui ne soit pas quelque chose que… tout le monde connait. Pas de banalités ennuyantes tout en évitant de - peut-être - trop en révéler. « Pour moi, Rome n’était pas ma maison, c’est la Tour qui l’était. Je suis née dans la ville, mais je n’y suis pas restée longtemps je crois. J’ai plutôt le souvenir persistant d’une cité vu des hauteurs, et même si j’ai déjà marché dans ses rues et que je les connaissais, son nom m’évoque la hauteur des clochers plus que les pavés du sol. Avec le temps, j’ai vu la décadence et la chute. Et nous étions là pourtant, au dessus. » Comme des êtres intouchables à observer la lente déliquescence d’un empire disparu depuis moins d’une centaine d’année, et d’une ville aux habitants qui se fige et se laisse pourrir malgré la sainteté des lieux. Elle ne l’a jamais dit, a personne. Et elle même a du mal à se l’avouer et c’est presque étonnant que les mots sortent dans cette confidence. Rien d’aussi beau que ce qu’avait pu lui montrer le Berserker, son simple constat et avis sur la ville. Mais pour elle qui commençait à avoir du vécu, simple observatrice pendant longtemps, elle ne peut pas totalement mentir. Un maigre sourire un peu désolé vient couvrir la suite de ses mots. « Ça n’est pas très vendeur comme avis, je sais. La ville a eut son heure de gloire et les avancées artistiques ont néanmoins fortement grandit, mais la Tour les récupérait. » Elle les protégeait et abandonnait presque Rome finalement. « Enfin, je ne me suis rendue compte que récemment de tout ça, en y réfléchissant. Je n’avais pas connu grand chose d’autre et aujourd’hui que j’ai découvert de nouveaux horizons… » je n’ai peut-être plus envie d’y retourner aussi facilement. Ses mots ne se terminent pas mal, mourant dans sa bouche, mais ils font écho a ce qui a déjà pu être dit plus tôt, caché entre les lignes.

Un regard vers son verre, elle termine la maigre gorgée de boisson qui y reste et dépose quelques pièces sur la table, comme pour finir avec cette affaire. Elle sait que si elle continue, elle pourrait en dire trop. Si ce n’est pas déjà le cas.

« Bien, nous y allons ? Il ne faudrait pas que vous soyez en retard. » Lance-t-elle avec un air d’amusement léger. Un bon moyen pour repousser ce qui ne plait pas.
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Message Re: [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan]   [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan] - Page 2 EmptyLun 30 Nov - 0:13
- Si j'étais quelqu'un d'opportuniste et intéressé, je penserais presque à m'arranger pour pouvoir... Un visage qui cherche ses mots, un instant. Finalement, un sourire, une lueur maligne dans les yeux. Suggérer un choix d'envoyé aux Oiseaux de Rome, pour leur prochaine visite dans la région.

Tu vois où je veux en venir avec ça, hm ?
Je lance le sous-entendu, un air de filou fier de son idée sur mon visage. Tseh. Après tout, quitte à être en « bons termes théoriques » avec les Oracles, autant... Autant en profiter, non ? Non ? Mauvaise idée ? J'y penserais plus sérieusement une fois rentré au Dédale, et à froid... Je me dirais que c'est une mauvaise idée ? Peut-être. Peut-être bien. À vrai dire, c'est sans doute comme ça que ça va tourner.
Mais là, là maintenant tout de suite... Que c'est tentant, de gentiment abuser de son pouvoir. Que c'est tentant, de faire une terrible erreur.

Une parmi tant d'autres.
Au final, ce ne sont que des mots. Est-ce qu'ils deviendront plus que des mots ? L'avenir le dira. Mais simplement en parler, simplement l'envisager, ça a le mérite de m'amuser. M'intéresser, aussi. Bref. J'aurais tout le temps de me pencher sur mes idées idiotes et irraisonnables plus tard. Là où je penserais aux mauvais côtés aussi, pas seulement les bons.

Pas seulement les bons, les mauvais aussi. La phrase marcherait aussi, pour cette théorie du voyage que je propose. Parce que tu ne verras pas que le bon si tu viens sur nos terres, Rowena. Le filtre de la fantaisie s'en ira, et tu verras aussi le sombre, le dangereux. La vérité... La vérité, c'est que cette proposition que je te lance à demi-mot, elle est égoïste. Je ne devrais pas encourager qui que ce soit à approcher le Dédale. Pas pour ça, en tout cas. Pas pour de la plaisance.
Mais voilà : je suis égoïste. 'Fin, j'imagine que c'est ça.
Ce n'est pas que ça ? Va savoir. J'ai assez donné dans l'introspection pour aujourd'hui.

En attendant, je souris. Je souris à la remarque : oui, on pourrait en douter. On Devrait en douter, en fait. Ce serait mieux, exactement. Ans ce monde tel qu'il est, en tout cas. Heureux sont les ignorants. Une réplique, une gorgée, un regard entendu. On est tous les deux bien placés pour le savoir : ils ont de la chance à leur façon, les Dormeurs. Tout serait plus facile, si on ne savait pas.
Tout serait plus facile, si toute cette supercherie n'existait pas.

Le songe me traverse rapidement, quand il y a ce silence de verre vide. Rapidement après suit le songe d'un dernier bout de chemin à partager. C'est qu'il faut être en état pour le tournoi, hm ?

- Je me suis dit que ça serait un passe-temps amusant, le temps des festivités. Puis, qui sait ce qu'on peut y apprendre, qui on peut rencontrer. Rencontrer les adversaires de demain, dans cette arène avec ses règles particulières. Et peut-être pouvoir s'en servir ? Peut-être. Mais surtout : un passe-temps. J'ai trop à faire pour me fatiguer à prendre ce truc au sérieux par-dessus le marché. - Oh, encouragements. Si je suis le champion de cette Demoiselle, ça me fait enfin une vraie bonne raison de m'investir dans ce tournoi.

Espiègle, de mon visage jusque jusqu'à mon ton... Et pourtant, un brin sérieux, au fond. Juste un peu. Mais si je dois être le champion de Rowena... Alors je dois apprendre à connaître Rowena un peu plus, aussi. Rien qu'un petit peu.
Enfin, pardon, connaître Rome.

Alors j'écoute. Assidûment. J'écoute, et je fais mes déductions, silencieusement. La Tour, plutôt que Rome, la chute, le sentiment de.... D'Impuissance ? D'injuste ? J'ai du mal à dire. Le sentiment d'avoir été là, d'avoir vu, mais de n'avoir rien fait, quant à cette décadence. C'est le sentiment que ça me laisse. Un sentiment désagréablement familier... Qui trouve pourtant racine bien loin de ce genre de choses.
Est-ce que se serait une sorte de culpabilité, ce que j'entends ?

Pour une fois – et c'est rare – je n'ajoute rien. Je n'ajoute rien à cette phrase inachevée, je laisse le silence se faire. Mais elle saura que j'ai écoute : ce n'est pas le silence d'un manque d'attention, c'est un silence délibéré, après avoir entendu. La bouche ne parle pas, mais l'esprit est plein de mots, de phrases. Pensées parasites.

- Hm, oui, ça serait dommage de perdre sur un retard. Voire un peu rageant.

Et de se lever, et d'offrir mon bras, comme avant ce verre partagé. Et tranquillement, prendre la direction de l'Arène, avec toujours ces pensées qui me tournent dans la tête. Quelques mètres, comme ça. Quelques bons mètres, Une poignée de minutes de balade calme, reposante, sans mot, sans jeu, sans rien d'autre que ce contact, et ces songes.

- Un héritage familial. Silence brisé, trois mots sans contexte. Et ma main qui va chercher le pendentif à mon cou. Une caresse à sa surface, du bout du pouce. C'est comme ça que j'ai décrit ce pendentif. Si je devais être tout à fait honnête. Ça n'est pas Que ça. Je ne sais pas si tu as fait attention, Rowena. Le contraste. Tu as eu ta main au creux de la mienne, alors tu sais que j'ai cette prise ferme mais délicate, une peau douce. Mais est-ce que tu as vu le dos de mes mains ? C'est toujours le dos des mains qui prend le plus, chez quelqu'un qui a l'habitude de les refermer sur des armes. Est-ce que tu as vue les cicatrices ?

- Héritage d'une cité, d'un peuple, aussi. Moi... Moi, Carthage était ma maison. J'y suis né et j'y ai vécu mes jeunes années. J'ai été un jeune noble capricieux et gâté, au milieu d'un peuple guerrier qui s'est oublié derrière les murs d'une cité solide. Mes Ancêtres étaient nomades... C'aura été notre plus grande erreur, de se sédentariser. Un rictus désabusé sur mon visage. Un soufflement de nez, une ironie dans la voix. Mais c'était quand même ma cité. Quand même mon peuple. Une erreur, mais Notre erreur. Arrachée dans le sang.

Le sourire se meurt. Pas remplacé par quelque chose de trop négatif, mais quand même... Une nostalgie amère. Doucement amère.

- Alors fatalement, c'est aussi comme ça qu'on nous l'a reprise. C'est bizarre, hein ? Je sais pertinemment qu'il y a deux ou trois générations de ça, mes Ancêtres ont pris Carthage par la Guerre. Mais j'ai quand même eu ce sentiment d'injustice des années durant, quand l'Empire nous l'a prise de la même façon. Un rire, qui ne dure pas. C'est un idiot, un gosse. Surtout un Zvezdan gosse. Pleurer et maudire, mais rien de plus. Spectateur. C'est ce que j'ai été. Parce que je pouvais pas vraiment être plus que ça, hm ? J'aurais aimé être un guerrier à peine sept ou huit années dans les jambes. Ne pas être condamné à regarder de loin. Un regard vers Rowena. Depuis Ma tour, a l'abri derrière les murs, pendant que l'affaire s'est décidée dans le sang, dehors.

Je m'en rappelle, oui. Les non-combattants, condamnés à espérer depuis l'intérieur de la cité. Je me rappelle, quand l'armée qui a passée les portes, ce fut l'armée Byzantine.

- J'étais là pourtant, au-dessus. Je reprends ses mots, mais ils ont un goût différent. Mais j'étais un gosse. Un peu comme on est des gosses dans les jeux des Dieux, malgré ce qu'on est. Une fissure, dans notre petit jeu. Je me demande si j'aurais fini par me lasser de cette ville, si j'avais dû y passer toute une vie. Sûrement.

Pourquoi tu parles de tout ça, abruti? La voix résonne. Et je sais pas trop quoi lui répondre. Si ce n'est que ouais... J'suis con de parler de tout ça.
Un dernier silence. Comme une réalisation. Tu parles trop. C'est ce sentiment d'impuissance que j'ai cru percevoir, ça m'a... Tseh. Laisse. Laisse tomber.
Laisse tomber, Zvez.

- La Tour... Est-ce que c'était vraiment une maison?

Ou bien vas-y, enfonce-toi donc. Plus rien à perdre au point où tu en es, c'est ça ?
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Message Re: [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan]   [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan] - Page 2 EmptyDim 6 Déc - 20:50
« Mais vous ne l’êtes pas, bien sûr, opportuniste et intéressé. » Le ton facile et léger dans la voix se couvre d’un soupçon de plaisanterie.

Le peut-il cependant ? S’arranger pour que l’émissaire des Oracles auprès des Berserkers, ce soit elle ? Vu la situation conflictuelle dans laquelle se trouve les enfants d’Apollon à l’heure actuelle, l’idée ne lui semble pas si improbable, et elle ne peut clairement pas dire qu’elle serait contre à cet instant. Mais il doit avoir le pouvoir nécessaire pour le demander s’il fait la proposition, et cette information fait chemin à l’esprit de Rowena. Sans deviner la vérité caché par leur jeu, ni faire de suppositions hâtives, elle n’avait cela dit pas imaginé Zvezdan autrement que bien placé dans sa propre hiérarchie. Sa confiance forte et son assurance naturelle, peut-être, lui avait fait penser une telle chose. Le sous entendu actuel, lui, tend à confirmer la possibilité.

Puis le ton revient à quelque chose d’un soupçon plus sérieux. Juste ce qu’il faut pour répondre comme il se doit : « Sans doute la personne choisie aurait-elle de la chance donc. » Un assentiment égoïste de sa part, une confirmation donnée sans un oui franchement prononcé. Mais il n’a sans doute pas besoin qu’elle en dise plus après tout ce qu’ils ont pu échanger avant cela. Une chance… elle sait que par certains côtés, le charme de cette vision qu’elle a eut tomberait face à la réalité. Voudrait-elle pour autant faire demi tour ? Pour l’instant, elle n’y songe pas.

Sans plus de réponses, elle laisse la discussion continuer jusqu’à ce tournoi évoqué. « Et qui observer. » Il est vrai, il y a sans doute plus que l’intérêt amusant du tournoi pour vouloir y participer. Cela dit, elle peut comprendre que certains se laissent porter à ce genre d’activité en pleine période de festivités, même si elle n’y goûte que peu elle même. Il n’en vient pas encore à lui faire regretter de ne pas assister à cette première manche, mais il la fait néanmoins de nouveau sourire quand il accepte cette forme d’encouragement avec un enthousiasme à le faire gagner l’événement. « Oh j’espère que vous n’attendiez pas d’être le champion d’une demoiselle pour vous investir pleinement au combat. » Taquine, elle le regarde l’oeil pétillant avant de continuer : « Mais je souhaite que mes encouragements vous porterons chance en ce cas, et que je puisse assister à une seconde manche, qui sait ? » Elle ne changerait pas d’avis pour ce jour de regarder le spectacle, mais une autre fois peut-être ? En tout cas il a titillé sa curiosité à ce propos.

Une joie rapidement mesurée par la question qui suit et ses propres réponses. Rien qui n’appelle à une répartie quelconque, et la discussion se meurent entre eux quand elle propose de prendre la route vers les arènes. Un changement de sujet bienvenue à son sens, mais elle sait que les rouages des pensées tournent sous le crâne du Berserker, qu’elle a vu l’observer attentivement à chaque instant de son court récit. Un instant, elle craint d’avoir dit quelque chose de mal, d’en avoir dit trop ou d’avoir évoqué quelque chose de sombre et déplaisant. Elle s’inquiète un peu, mais le garde sous ses traits charmants quand enfin il se lève et lui propose son bras. Elle le prend avec un semblant d’hésitation, et tous deux retrouvent la route extérieur à l’auberge. Pas d’autres mots échangés et le Cygne ne cherche pas à rompre le silence qui s’est installé. C’est un mélange étrange de calme entre eux et d’un brouhaha alentours. D’une légère tension qu’elle sent grimper dans son dos dans l’attente qu’il dise quelque chose, sans espérer quoique ce soit vraiment. Quand enfin la voix masculine s’élève, elle n’est pas sûre d’être prête à ce qui va suivre.

Elle ne s’attendait certainement pas à ça.

Les prunelles bleues suivent les mouvements. Notent le langage corporel qui en dit beaucoup mais qui ne parle pas. Les doigts qui enserrent le pendentif. La douceur d’une paume qui caresse avec ses souvenirs le métal. Très vite, même sans le contexte, Rowena devine que ce qu’elle a sans doute dit plus tôt à rappelé quelque chose chez lui. Les mots qui s’échangent et trouvent des similitudes. Des passés qui ne sont pas commun, mais qui sont marqués des mêmes douleurs. Alors sans interrompre, elle se fait oreille attentive comme il l’a été. Sa main délicate se resserre sur le bras qu’elle tient, un soutien silencieux qui promet l’attente sans jugement.

Un coeur qui se livre. Une plaie ouverte jamais refermée parmi tant d’autres. C’est ce qu’y voit l’Oracle et le coeur tendre et compatissant qui est le sien se serre en pensant à cette enfance arrachée par la guerre. Cette enfance qui ne sera jamais plus et qui s’est brisé aussi surement que les rêves de l’avenir qu’il avait. Elle comprend la peine qui s’est fait commune à la sienne. L’impuissance face à la guerre. L’impuissance face au temps. La lente tombée d’une chose qui ne peut-être attrapée ou sauvée. Ou tout du moins, pas pour tout le monde. Elle est surprise, intérieurement, qu’il se livre autant à elle, mais elle sait, en l’entendant, qu’elle ne prendrait pas cette confession pour la retourner contre lui. Doucement, elle attrapait les mots pour les couvrir avec bienveillance. Et si les sourires se sont fanés en même temps que les paroles fleurissent, il n’y a pas de rejet, de pitié ou de jugement dans le regard du Cygne, particulièrement attentif. Il y a de l’émotion pourtant dans ces yeux bleus d’une clarté limpide. La compréhension est la première avec la compassion. Un soupçon de tristesse tendue pour un passé si sombre, et une touche de frustration à ce sentiment commun qui a été l’impuissance. L’une passé, l’autre peut-être encore récente.

Quand le silence revient, elle n’est pas certaine - comme lui l’a sans doute été - de ce qu’elle doit dire. De quel façon interrompre ce flot de pensées.

Tu as toujours été trop douce à vouloir aider. Oui, c’est peut-être ce qui autrefois à coûté si cher. Mais changerait-elle ce qu’elle est ? Sans doute pas. Alors à nouveau, la main se resserre sur le bras chaud contre elle. Les pas se sont ralentis un peu, la marche n’est qu’un prétexte pour étouffer les mots qui ne sortent pas. Un réconfort doux comme elle peut tant bien que mal l’apporter jusqu’à ce qu’une réponse veuille se former à sa pensée. Rien qui ne vient assez vite quand la question tombe. Le coeur de l’oracle se serre, car elle connait la réponse et ne veut pas l’avouer. Elle sait parfaitement la vérité, même cachée si régulièrement sous des couches de dénis, qu’elle lui brûle le bord des lèvres. Mais elle ne peut le dire. Elle ne peut l’avouer. Alors mieux vaut esquiver.

« L’impuissance est un terrible fardeau que l’on ne devrait pas avoir à porter. Tu… » Elle fourche une seconde mais se reprend vite, masquant un début d’émotion vive dans sa voix. « Vous étiez un enfant, vous ne pouviez rien faire. Et on ne devrait jamais demander à un enfant de sacrifier sa jeunesse à la guerre. » Ni aux jeux divins des dieux. La pensée est si douloureuse qu’elle transperce le coeur de la jeune femme, quand elle y repense. Sa fille. Sa petite fille… « Ce n’était pas votre faute. » Elle ne sait si ce qu’elle dit pourrait aider d’une quelconque façon, car elle n’a entraperçu qu’un fragment de ce coeur tailladé par son passé, mais elle le pense. Elle sait qu’un enfant malmené par les jeux des plus grands et la guerre n’a pas eu son mot à dire. « Nous n’avions pas cette même excuse à Rome. Je n’étais déjà plus une enfant… » Il y a si longtemps que tu ne l’est plus. « Et pourtant il s'est passé ce qu'il s'est passé. Je n'ai rien fait et j'ai... je devais simplement rester à observer. » Prisonnière de ton propre serment, années après années, sans intervenir. Détachée de tout, même de la propre chair qu'elle a mise au monde.

Apollon avait disparu pendant si longtemps, laissant la Tour vide d’Augure et Rome sans la lumière de son savoir. Il avait laissé la ville tomber entre les mains des byzantins pour des raisons qui n’appartenaient qu’à lui. Et au fond, une part de Rowena, l’oracle, avait fini par le comprendre. Chaque civilisation devait connaître une apogée et un crépuscule pour mieux renaitre et refaire ses fondations. Rome. Carthage. La foi qu’elle avait lui soufflait qu’il devait en être ainsi. Mais le coeur qu’elle cachait sous les plumes blanches du Cygne ne pouvait totalement excuser les morts d’innocents et la perte des vies comme des Savoirs. Tant et tant d’années à voir la lente chute d’une ville, d’une civilisation… Combien d’autres jeunes oracles pouvaient comprendre sa peine ? Elle avait été puni, et de bien des façons visiblement. Mais elle ne peut plus faire marche arrière. Car abandonner serait rendre vain les sacrifices jusqu’alors consentis. Quand enfin sa réponse vient, c’est au plus proche de ce qu’elle peut donner comme vérité :

« C'est... C’est la seule maison que j’ai jamais eu. » Une maison comme peut l’être une cage dorée pour un oiseau en captivité. Mais maintenant qu’elle même avait connu sa renaissance, peut-être est-il temps de chercher un autre nid. Quelque chose de différent.

Soufflant un peu, essayant de rechercher dans l’air quelque chose pour reprendre un souffle nouveau, elle ose enfin relever un peu plus les yeux vers le Berserker. « Je suis navrée que ces discussions vous aient ramenés ces souvenirs. Je ne voulais pas... » Elle l’avait bien vu, l’amertume grimper dans son regard et grignoter les prunelles déjà sombres de Zvezdan. Elle aurait voulu que l’instant demeure l’oubli et la légèreté. Elle aurait voulu que les choses douloureuses restent à jamais cachées. Et pourtant, ces souvenirs qu’il a donné, c’est tendrement qu’elle les gardes entre ses doigts graciles. « Peut-être devrions nous simplement continuer notre chemin jusqu'aux arènes et vous laisser garder votre concentration pour le combat ? » C'est une question, il est vrai, mais elle espère qu'il acquiescera à cette idée. Le jeu s'est déjà fissuré et elle ne veut pas continuer, ni même imposer d'autres souvenirs qui s'en viennent, à lui comme à elle. La journée reste si douce, et elle veut à nouveau sourire sans une tâche négative en elle.
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Message Re: [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan]   [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan] - Page 2 EmptyMar 15 Déc - 13:33
- Oooopf, disons que ça aide. On y met toujours un peu plus de cœur quand on se bat pour quelqu'un d'autre. C'est les derniers mots échangés sur ce ton léger, plaisant, avant de tomber dans de plus sombres souvenirs. Les derniers, avec cette répétition amusée. Qui sait.

Les derniers mots, puis ce silence. Cette marche. Et puis... Et puis ça. Moi. Moi, qui parle. Qui parle ce passé, qui raconte ces choses. Qui en dit trop, sans doute. Oui, clairement, tu parles trop, Zvezdan. Trop pour ton propre bien, trop pour le sien, trop pour le bien de cette rencontre. Tu entaches un agréable souvenir avec l'encre des mémoires amères. Je devrais pas. Je sais très bien que je devrais pas. Mais les mots sortent quand même, s'enchaînent. C'est... J'ai du mal à m'arrêter, parfois, quand je pars sur ce sujet. Du mal à fermer la valve.
Alors je parle. Encore, encore et encore.

Je sens cette main qui se resserre sur mon bras. Je sens, pendant que cette espèce de culpabilité s'empare de mes mots. Une amertume particulière : celle du désarmé. Celui qui aurait aimé faire, mais qui n'a pas fait. Celui qui aurait aimé être, mais n'a pas su. Qu'est-ce que j'aurais pas donné pour être capable de faire la différence à l'époque. Qu'est-ce que j'aurais pas donné pour avoir les moyens de ma haine.

Je parle, puis j'arrête. La marche ralenti, je sens cette étreinte un peu plus forte à mon bras. Je souris faiblement, le regard droit devant moi. Droit devant, parce que là maintenant tout de suite, je ne veux pas croiser son regard. Je ne veux pas lui montrer ce qui luit dans mes yeux. Je veux... Tseh. En garde un peu pour moi. J'ai déjà trop parlé. Je ne vais pas trop m'apitoyer par-dessus le marché.

- Oh, ils n'ont jamais été regardants sur l'âge. Il y en a des montagnes entières, d'enfants sacrifiés sur l'autel de la guerre. « Ils ». Le mot semble anodin, sans lire derrière les lignes. Mais cette phrase, je la lance avec une mâchoire serrée. Une rudesse courroucée dans la voix, un regard dur, fixe sur un horizon qui pense. « Ils ». Les Dieux et leurs caprices. Leurs lubies, leurs projets, leurs idéaux et leur bêtise. Et nous. Les pions, les pièces, les petites choses insignifiantes qu'ils s'envoient dans leurs grand jeu puéril. Tsh. Si persuadés d'être meilleurs, si persuadés de savoir mieux que tout le monde comment le monde devrait être fait. « Le Rêve d'Athéna », disent-ils au Sanctuaire. Parce que ce sont de petits choses soumises, incapables de rêver par elles-mêmes. Le Cycle d'Apollon, disent-ils à la tour. Parce que ce sont de petite choses lâches, incapables d'affronter la difficulté de la mort. Tout est plus facile, quand on s'éloigne, hm ? La Rage d'Arès, disent-ils au Dédale. Parce que ce sont de petites choses incontrôlées, incapables de voir plus loin que le bout de leur haine, de leur soif de sang, de leur folie.

Je pourrais continuer. Longtemps, très longtemps. Je suis bien placé pour, non ?

- Je sais. Je sais de qui est-ce que c'est la faute. Je sais. L'Empire, et les Saints derrière eux, et Athéna derrière eux encore. Mais il ne s'agit pas d'une faute à me reprocher. Il s'agit d'une faiblesse. Celle de l'enfant ? Pas seulement. Pas vraiment. Celle du mortel, surtout. Du mortel face à la volonté de ces Dieux qui décident. Alors... Alors non, Rowena. C'est pas ta faute non plus. Mon regard se baisse trouver le sien, cette fois. Une colère froide. Pas contre elle, et elle pourra le sentir. Contre autre chose... On peut pas aller contre le cycle après tout, hm? Contre lui. Lui parmi tant d'autres. Il y a ce sarcasme féroce, dans ma voix. Froid, mais tranchant. Calme, mais profond. La colère a toujours été une proche voisine de l'amertume, dans mes humeurs. Les choses ont changées avec le temps, mais ça, ça n'a jamais totalement changé. Juste... évolué.
Tsh. Tu t'emportes, Zvezdan. Du calme. Commence pas à dire des choses que tu pourrais regretter.

- Désolé. Le regard revient sur ce chemin. Les yeux se ferment. J'inspire, j'expire, longuement. Je rouvre les yeux, une mine plus composée, sur ce visage qui se détend. J'écoute. J'écoute, et je reviens vers toi, Rowena. Te fixe. Seule maison...

- C'est rien, c'est pas votre faute. J'suis juste trop bavard pour mon propre bien, quand je m'y mets. Un sourire plus volontaire, plus vrai. Allez, reprends-toi, abruti. Moui, oui, faisons ça, on devrait plus tarder de toute façon... M'allez. Et disons que si je gagne, ce sera grâce à vos encouragements et je vous serais redevable... Ce sera à vous de me dire comment repayer ma dette. Qu'est-ce que vous en dite?

Tant bien que mal, je tâche de ramener un peu de couleur dans cette fin de trajet morose. J'aurais dû m'y prendre autrement. J'aurais dû... Tseh. Fermer ma gueule, comme souvent. Mais ce qui est fait est fait. Et maintenant qu'on arrive tout proche de l'arène, je me dis que je dois bien rattraper ça.

- Bien. J'ai un combat à gagner, parait-il... souhaitez-moi bonne chance? Une risette, un corps qui pivote pour me planter en face d'elle, main dans la sienne. Dans mon dos, l'entrée du bâtiment, les gens qui affluent. On se revoit au bal. Promis, pas d'histoire triste cette fois.

Un clin d'oeil, et je m'éloigne, sans lâcher cette main jusqu'à y être forcé. Quelques pas à marcher en arrière, un signe de la main, et je tourne le dos, pour me mélanger à la foule qui s'engouffre dans l'enceinte du bâtiment.

Tseh. À quelques minutes de mon combat, mais mes pensées se projettent déjà à ce soir.
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Message Re: [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan]   [Mi-Mars 553] Ce que veulent bien dire les signes [Zvezdan] - Page 2 EmptySam 13 Fév - 2:40
Ce n’est pas voulu, mais l’air semble s’épaissir à mesure de cette conversation. Les mots qui s’échappent dans un flot des lèvres de Zvezdan comme un besoin qui ne peut s’arrêter. Des confessions lourdes, une douleur et une culpabilité dans un fond de prunelles qui se noircissent un peu plus. Sans défenses, l’oracle ne peut qu’observer silencieuse, et répondre de toute sa compassion. Elle sent bien l’animosité et la colère qu’éveille les mots - pas les siens - dans le coeur du berserker, et un quelque chose de froid remonte le long du dos de Rowena. Pourtant, elle ne lâche pas ce bras qu’elle tient, ce soutient qu’elle apporte. Elle pourrait vouloir reculer, et l’instinct le lui soufflerait certainement, mais quelque chose de plus doux et bienveillant la laisse accrochée, rassurante malgré un regard qui finit enfin par croiser le sien. Il l’a évité longtemps, alors qu’ils marchaient. Il a évité de la regarder en face pour lui laisser entrevoir le fond des pensées qui se bouscule et les émotions qui s’y lisent. Et elle voit enfin. Après les reproches à demi mots sur des « ils » qu’elle n’était pas sûre de comprendre, et une cible à la vengeance déjà toute décidée, elle perçoit l’éclat de colère froide.

Ce n’est pas sa faute.

Mais il est en colère.

Et son coeur se pince simplement que de fil en aiguille, les questions innocentes soient devenus plus perçantes, jusqu’à déclencher cet instant.

Pas sa faute.

Mais « On peut pas aller contre le cycle après tout ». Il a raison. Et c’est sa faute au fond car elle a choisie de suivre une telle voie. Elle a choisi d’y croire, tout en laissant une part de son coeur ne pas pouvoir entièrement l’apprécier. En se laissant dévorer petit à petit d’une angoisse et d’une culpabilité terrible. Elle ne lui en veut certainement pas à Zvezdan de toucher du doigt un peu trop violemment cette évidence, mais cela fait mal. Alors elle détourne les yeux, l’air désolé dans le regard. Les civilisations tombées, les villes laissées à l’oubli, les cycles se terminant sous les regards des oracles… c’était leur faute. C’était leur choix, de celui d’adhérer à la vision du divin solaire, pour le bien commun. Pour un avenir plus radieux. C’est ce qu’ils disent et ce qu’elle croit. Même si c’est douloureux. C’est une amère vérité qu’elle ne niera pas. Ni même qu’elle tenterait d’expliquer. Car il est difficile de justifier un tel point de vue, et hors de question de paraitre condescendante à faire valoir un point aussi complexe. Surtout quand tout son coeur ne l’accepte pas totalement. Le bien commun, disent-ils…

Un voile léger sur les yeux, elle secoue la tête négativement quand la voix de Zvezdan revient légèrement plus calme. Elle ne sent plus son regard sur elle, et tous deux semblent se concentrer sur la route. Elle souffle à peine du bout des lèvres. « Ne le soyez pas… » Et il revient à elle, mais à nouveau elle n’ose pas le regarder. Elle sait qu’elle n’a pas encore réussi à se composer un visage acceptable. D’instinct, sa main vient glisser jusqu’à son visage, cacher une seconde son regard au monde en laissant son bras sur celui du Berserker la guider dans la foule. Juste quelques secondes de silence, avant de revenir à un masque moins enjoué, mais définitivement plus neutre et recomposé. Elle change alors de sujet, et c’est pour le mieux.

« Ce n’est rien. » Et elle le pense. Elle ne lui en veut certainement pas d’avoir laissé une part de son coeur être entrevue, de cette douleur que les prunelles sombres n’ont pu entièrement masqué. Elle est juste désolée que les choses ne soient pas restées plus douces, plus innocentes, mais cela reviendrait. Car son sourire qui tente sincèrement d’éloigner les ténèbres ramène un petit rictus sur ses lèvres. C’est comme un souffle qui vient nourrir les poumons d’air, comme une tension qui peu à peu tombe. Cela redevient ces quelques instants auparavant, avec juste cette douleur titillante au fond du coeur, mais qui saurait se taire bientôt.

« Hm » Le plus sage, murmure son esprit, serait de ne pas accepter. Nier la proposition, ignorer poliment et se souvenir de simplement se rencontrer au bal et oublier. Elle ne le fera pas. « Je vais de ce pas m’atteler à réfléchir à comment vous faire payer cette dette, si jamais vous gagnez. » Cela revient doucement illuminer son visage. Un sourire plus franc. « Une nouvelle robe peut-être, ou un bijou. » Elle fait mine de réfléchir, mais en vérité, elle sait parfaitement qu’elle n’exigera jamais rien du Berserker. Et quand ils arrivent enfin aux arènes, il y a un fond de regret que cette rencontre s’achève, avec une note douce-amère qui entache cette fin. Pourtant, elle ne lâche pas la main quand il s’éloigne, attend comme lui le dernier instant sans le quitter des yeux, sourire encourageant aux lèvres : « Promis. » Dit-elle pour lui, dans un échange de regard. « Bonne chance. Soyez gagnant ! » Un encouragement. Et même si elle s’éloigne, n’assistera pas au match, ses pensées resteront pour l’heure à venir sur le Berserker, lui souhaitant toute victoire possible.

Citation :
Fin du rp
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