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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan]

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Message [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan]   [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan] EmptyMar 23 Fév - 2:47
Depuis combien de temps suis-je parti du désert ? Je ne sais plus trop. À vrai dire, le temps a été difficile à suivre, surtout depuis que j’ai perdu ma sœur. J’ai l’impression que j’ai sombré bien plus loin qu’elle ou plutôt, que je ne suis pas encore tout à fait revenu. Comme un vautour qui repaire les carcasses pourrissantes, j’ai repéré les conflits. Parfois sans intérêt et d’une insignifiance absolue. Mais j’avais le besoin impérieux de m’y plonger corps et âme et de m’y oublier. J’ai d’abord attiré ma sœur vers cet appel plus puissant que celui de l’est lointain, mais elle m’a quitté, lasse de suivre mes lubies. Je la comprends. Je suis lasse également de ne pas pouvoir résister à ses pulsions qui viennent d’ailleurs. L’appel de la guerre est plus fort que moi. Depuis combien de temps est parti le corbeau ?

Mais j’arrive, je le sais, je le sens. Il est temps. Les sœurs que j’ai ramenées sur la route sont épuisées. Certaines sont mortes. Mais nous avons besoin de nous séparer du nécessaire. Il est important pour la communauté des sœurs de pouvoir renaître, mais il faut trouver des gens faibles. Le peuple de l’eau n’a pas le tranchant des enfants du sable. Ces endroits sont trop riches, la terre trop gorgée de vie et ils ont chassé la mort toujours plus loin. Ils sont faibles et les faibles doivent être élevés. Ils ont manqué d’une mère, capable de faire pour eux les choix difficiles pour qu’ils puissent avancer. Est-ce pour ça que je suis venu dans ces terres et que j’ai répondu à cet appel. J’ai découvert aussi quelque chose qui m’a choqué. Une masse blanche et froide. Une autre forme d’eau. Comme si elle avait remplacé la terre, éparse, froide. Peut-être que les gens qui vivent dans trop d’eau sont aussi aiguisés que ceux qui survivent sans ?

Puis, il y avait ses citadelles que mon instinct me commandait de conquérir. Il me fut difficile de résister à cet appel, mais j’ai pu m’en tirer grâce à la voix des mères. Je les entends mieux maintenant, elle m’avait manquée. Masquée par la rage de la guerre et cette soif encore plus violente qu’après une marge dans le désert. Ces tours de pierres seront bientôt brisées et le peuple de l’eau comprendra la puissance de la logique de l’épée. Alors, je vois mes sœurs trembler et j’en vois encore partir. Il n’en reste plus que deux ou trois, blessées mes fières. Les prochaines mères qui feront naître les sœurs à venir. Fière, je me tourne vers elle et j’enlève mon casque. Je leur adresse le sourire chargée de l’amour d’un millier de mères. Puis, d’un signe de tête, elles me suivent et ensemble nous passons une large porte de pierre noire, semblable à celle du désert.

Nous passons ensuite près d’une porte composés de crâne et de roche… Non, pas de roche. De chair. Nous sommes à l’intérieur de quelque chose. D’un démon de peau et d’organes si grand qu’il représente une citadelle plus grande que celle que j’ai pu voir jusqu’alors. Plus labyrinthique que les grandes villes du peuple de l’eau de Perse. Mais cet endroit me répugne, me dégoûte. Il fait naître en moi une sourde colère, une haine profonde. Les mères n’aiment pas cet endroit et moi non plus. Une impression étrange semble d’y faire, semble contente de répondre à l’appel. Oui, c’est là que je devais aller, mais à quel prix ? Alors, avec ma sœur, leur ordonnant de rester près de moi, leur arme à la main, nous avançons. Des gens vivent ici, des guerriers des soldats. Mais ils semblent reconnaître qui je suis, alors que je ne sais pas qui ils sont. La guerre est de retour et ils savent sûrement où je devrais les mener.

J’avance alors dans des couloirs semblables à des entrailles. C’est là que semble vivre la plupart des gens. Là que nous devrons vivre ? J’espère qu’il en sera autrement. Cet endroit cultive certes la force, il s’y dégage la même ambiance de mort et de force. Mais il s’agit sûrement d’une force corrompu. Les mères n’aiment pas cet endroit. Je continue de marcher, je sens la panique de mes sœurs et je les calme de quelques mots. Elles me suivent encore dans la forme étrange de gouffre géant rempli de miasme et sûrement de maladie. Un endroit plus que jamais qui porte la mort. Mais une mort sale, la mort de la pourriture, celle de l’abandon. Une mort triste car celui qui meurt des maux du sang et du corps ne peut servir les siens dans la mort. Enfin, nous entrons dans un endroit où les crocs osseux se disputent le rythme d’un souffle méphitique. Une fenêtre vers le soleil, une fenêtre vers la fin. Suis-je ici chez moi ?


cuirasse de la Guerre:
 



Ils viendront à l'appel de la violence: leurs visages s'offriront au vent d'est et ils recueilleront le sable captif.
[Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan] Ghanim16


Dernière édition par Ghanima le Ven 26 Fév - 1:07, édité 1 fois
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Message Re: [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan]   [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan] EmptyJeu 25 Fév - 21:18
Dans le sillage de Mort, Guerre ne tarde pas non plus à se montrer.

Je la sens. Cette présence à la fois étrangère et familière, qui passe les murs du Dédale. Ce n'est pas bien longtemps après que j'ai eu ma conversation avec Morrigan. Un court laps de temps que je n'ai pas passé à rien faire. J'ai observé, cherché, une curiosité prédatrice dans le regard dans ma silhouette éthérée. J'ai cherché les créatures. Ce dont m'a parlé Zelislaw, a Camelot. Bien assez tôt, j'aurais le fin mot de l'histoire. Je n'ai pas l'intention de m'éterniser en Britannia, si mes propres terres sont en proie au trouble. Je n'ai ni le temps ni le luxe de vaines festivités, de mon côté. Enfin... Pas ce genre-ci.

Déjà, la rumeur pourra se répandre. Celle d'une silhouette de Pontifex qui marche son Domaine, ce alors même que la délégation Berserker n'est pas encore revenue. Le fantôme d'un futur proche.

Mes pas me mènent naturellement jusque vers ce qui a longtemps été mon Domaine. Un endroit impersonnel, où je n'ai posé ma marque que dans mes quartiers et alentours. Un endroit qui était à Lui, avant d'être à moi. Un lieu à part ici cela dit, qui a toujours été plus en accord avec mes humeurs.

Le Petit Colisée de Chair. Ce fragment de civilisation, dans une grotte de deliquescence.

Je suis assis sur un espèce de large trône exotique, au sommet de gradins circulaires faits d'une roche organique – ou d'une chair rocheuse ? Une immense pièce façonnée à même le Dédale, dans une des artères principales des Crocs Destructeurs. Ovoïde, avec en son centre une grande arène, une plaine de Rien au sol organique, entourée par les gradins plus en hauteur, séparés du sol de l'arène par une hauteur. Sur le plan de l'arène comme dans les gradins, des grottes et artères qui donnent sur d'autres pièces du Dédale. Des entrées, des sorties, des salles pour se préparer, et Dieu seul sait quoi d'autre... Au plafond, la large Béance des Crocs Destructeurs est visible, si bien que l'arène est quasiment à ciel ouvert, entourée des crocs du Dédale. J'ai toujours préféré cet endroit à d'autres dans le Dédale. Il a cet aspect martial, guerrier, et Concret qui manque ailleurs. Les murs, même s'ils sont de chair, ne suintent pas, ne bavent pas. Et pour peu qu'ils aient été gris, l'on aurait facilement pu croire à un édifice creusé à même la roche de la montagne. Une structure plus rigide, plus spartiate, une architecture pratique, mais... Mais assez majestueuse.

Là, j'attends, au milieu du grand vide inoccupé de cet endroit. Il n'est pas rare que l'arène soit fréquentée, mais... Mais il y a comme un frisson. Comme un murmure dans l'air, qui intime à ceux qui ne sont pas invités d'éviter cet endroit. Et à vrai dire, une seule personne est invitée.

Celle destinée à être la nouvelle Maître des lieux après moi.

Bien assez tôt, je la vois arriver. Engoncée dans une armure familière... Quelque chose qui résonne. Depuis l'entrée qu'elle a empruntée, elle arrivera directement en contrebas, dans l'aire de combat de l'arène. Plus haut, elle pourra la voir : la silhouette d'un homme à la peau de cendres, nappée d'une aura au rouge doux, drapée dans une tunique prés du corps, ouvragée, avec un pantalon de lin aux jambes. Une drôle de chaleur qui se dégage de la forme, jambes croisées, accoudé contre le trône. La neutralité au visage, j'avise en contrebas, une curiosité qui pétille dans mes yeux noirs.

- Ghanima, je présume. Morrigan est arrivée avant toi pour t'annoncer.

Une oeillade vers les femmes qui l'accompagnent. Un songe dans le regard, une question à mon esprit. Et qui sont-elles supposées être, celles-là?

Lentement, décroiser mes jambes. Me lever, puis descendre les marches des gradins jusqu'à arriver au rebord. Là, l'enjamber, et me laisser tomber souplement au niveau de l'arène. Me redresser, et faire quelques pas vers elle.

- Zvezdan, Pontifex d'Arès. Et toi donc Ghanima, Cardinale de la Guerre. Un dernier pas en avant. Je m'arrête, balaie la salle du regard. Puis reporte de nouveau mon regard vers toi. Je me suis laissé dire que se rencontrer ici plutôt qu'au milieu d'un couloir organique pourrait être plus approprié.

Un fin sourire au coin des lèvres. Et ces yeux qui sondent.
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Message Re: [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan]   [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan] EmptyVen 26 Fév - 1:09
Une étrange sensation émane de la cuirasse alors que j’avance, avec mes sœurs derrière moi, dans cette bouche infâme. Je peux sentir le souffle méphitique grogner, cette chose abjecte se soulever au rythme d’une respiration damnée. Cela révulse toutes les fibres de mon être. Cet endroit… Peut-être qu’il est plus difficile encore d’y survivre que dans le coeur du désert, bien que j’en doute. Mais la force qui ressort de cet endroit transpire la transcription, la corruption. Une force, semblable à un acier dont on aurait raté l’épuration, une force gavée de particulier superflu, qui ne font que conduire la lame à son explosion. Mais c’est autre chose qui me préoccupe ici. Cette impression de… contentement, oui, c’est le mot, de contentement, qui émane de la cuirasse. Elle n’a montré que du désir, de la faim. Une soif de conquête et de conflit que j’ai eu le plus grand mal à canalisée. Une soif de conquête qui me ronge encore car j’entends sa voix me murmure doucement de détruire cet endroit et de mettre à bas ces murailles…

Alors je le vois, cet homme qui est à l’origine de cet état de la cuirasse. Comme un animal qui… retrouverait un maître qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Ou comme un enfant qui retrouverait son père, lui montrant, en bombant le torse, l’homme qu’il est maintenant devenu. Je ne comprends pas vraiment encore les émotions qu’elle me murmure, mais je sais que mes mères l’en détourne. Lui, elle ne veut pas le conquérir et de lui, il émane la même aura que celle qui m’a fait venir ici. Est-ce lui qui m’a appelé. J’avance donc vers lui, le casque sous le bras et d’un geste de la main, simple mais impérieux, j’ordonne aux quelques vaillantes sœurs qui m’ont suivit de s’arrêter. Elle ne pose aucune question, elle s’arrête, simplement, et me laisse aller seule au-devant de cet étrange humain à la peau cendrée. Une monstruosité de l’eau ou bien de cet endroit ? En tout cas, il a l’air… d’une lame. D’une force pure, bien forgée. Pas seulement d’ici donc, je suppose. Les mères me murmurent de me méfier de lui. Mais il est prophète et parle pour les dieux, je le sais, je le sens, je le comprends !

Je lève les yeux vers lui et je vois dans ses yeux la lumière de la curiosité. Celui qui cherche cependant à trop regarder le soleil, fini toujours par s’y brûler. Montre moi ce que tu regardes comme ça, prophète, et je comprendrais qui tu es. Oui, mères, je sais. Je suis dans son arène, dans son antre. Il est roi du sang dans un domaine d’os. Je le suis du regard pendant qu’il descend. Alors, le roi de sang abandonne son trône. Il ne prend pas de haut ceux qui se présentent à lui. Je n’ai pas l’habitude de ployer le genou, et j’espère que ce n’est pas ce qu’il attend de moi. Il sait qui je suis, il sait qui nous sommes, mères. Notre sœur le lui a sûrement expliqué. Et je sens qu’il a les réponses dont j’ai besoin. Qu’il suinte des pores de sa peau, une force semblable à celle qui m’a fait quitter mon désert, après la nuit de rouge et d’obsidienne. Je plonge mes yeux dans les siens un instant avant de répondre :

« - En effet. Je suis Ghanima, et visiblement, cardinale de la guerre. J’ai bien des questions pour toi… Zvezdan, Pontifex d'Arès. Et j’espère que tu as mes réponses. »

Je l’observe alors silencieusement quelques secondes. Quelle est cette impression qui émane de lui ? Il est un homme mais… les mères se méfient de lui, certes, mais elles éprouvent du respect pour lui. Oui, il est fort nul doute qu’il pourrait faire saigner le sable. Je me demande pourquoi sa peau a la couleur de la cendre. Mais c’est une question pour un autre jour.

« - Cette… chose de métal sur mon dos semble te connaître. Elle semble… comme contente de te revoir. Elle fait naître le besoin de la conquête et de la guerre, pourtant… pourtant elle ne semble pas vouloir te conquérir toi… pourquoi ? Tu es une sorte prophète n’est ce pas ? Je peux le sentir… »

Oui, cette aura qui suinte des pores de ta peau, elle est celle d’un prophète véritable, celui qui entend les voix des dieux de jadis, des monstres des légendes des mères. Qui es-tu donc vraiment Zvezdan ? Et pourquoi ai-je l’impression qu’à tes côtés, je pourrais conquérir tout ce qui se présente sous mes yeux et imposer aux peuples de l’eau la rudesse du désert ?


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Message Re: [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan]   [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan] EmptyVen 26 Fév - 2:52
- Pose donc tes questions.

Elle est différente.
Différente de Morrigan. Très. « Soeur », m'a-t-elle dit... Mais je gage que ce n'est pas à prendre au sens littéral. Tu n'es pas une privée de mort, toi aussi, hm ? Va savoir. Tu m'as l'air... étrange, aussi, à ta façon. Un ressenti. Quelque chose qui émane de toi. Multiple. Quelque chose de familier, là aussi, mais différent. Et ces deux contraires se croisent beaucoup, quand je te fixe.

Plus martiale, plus rude. Plus spartiate. Et ces femmes derrière elle, elles suivent. Si elles suivent, c'est qu'elle mène. L'idée élargit subtilement mon sourire. Peut-être que la Cuirasse a bien choisie, là encore. Mais ton histoire à toi et Morrigan semble... Inhabituelle, même pour les standards de notre monde. Alors tu ne seras pas la seule à avoir des questions. Moi aussi, j'ai mes interrogations. Mais avant d'en arriver là...

- Aujourd'hui, elle te guide jusqu'ici. Jusque sur les champs de bataille, jusque la où la guerre résonne, que tu puisses y plonger. Jadis, elle me guidait moi. Le temps m'a appris à la déchaîner là où je veux faire couler le sang, plutôt que de suivre ses caprices à elle. Elle rage, elle murmure, la Cuirasse. Un murmure sans mots, sans phrase, sans réel sens. Un murmure d'instinct, de pulsions. De concepts. Conquérir, détruire, s'accaparer. Prendre et arracher. Elle s'immisce dans les humeurs, et elle joue. J'ai mis un moment à m'en rendre compte. Parce qu'elle est insidieuse, subtile. Des années durant, elle m'a mené par le bout de ma haine, de mes vengeances, pour satisfaire son propre appêtit. J'ai mis un long moment à comprendre que je n'étais pas Totalement moi, quand elle murmurait. J'ai mis un autre long moment à combattre son influence. Aujourd'hui, j'en suis libre. Mais... Je suis un vieux combat qu'elle a longtemps mené. Qu'elle a gagné un temps, puis qu'elle a finit par perdre. Alors aujourd'hui, elle sait. Aujourd'hui, elle a changée de guerre. De partenaire-ennemi.

Je dis ça, et je la fixe.
Maintenant, c'est toi. C'est toi, celle qu'elle aidera autant qu'elle ruinera. C'est toi, celle qui devra soit apprendre à garder son individualité, soit se laisser grignoter par la litanie du métal rouge.
Maintenant, c'est toi, Guerre.

- Prophète, tu dis, hm? Je souris doucement. Un léger rire. Puis quelque chose qui s'élève. Qui m'enveloppe. La nuance de rouge autour de ma silhouette éthérée devient plus concentrée, plus opaque. Un Cosmos rouge sombre, une brume de faciès déformés par les émotions d'un champ de bataille. La peur, la rage, le désespoir, , la frénésie folle. Juste un instant, ils font entendre leur voix : une cacophonie fantômatique, de cris murmurés, de chuchotements bruyants. Puis, ça s'arrête. Puis, je la fixe. Quelque chose du genre, oui. Je suis la Voix d'Arès, Dieu de la Guerre. Et si tu veux voir en moi un prophète, alors sache-le : Mes prophéties sont des prophéties de Conquête, de Raid et de Représailles, de Combats et de Mort. Je les écris à l'encre de sang, sur des parchemins de Champ de Bataille, à la plume de mes Armées. Mes prophéties ne sont pas Fantastiques, ni ne sont justes. Elles sont crasses et froides, portées par le Réel, ce qu'il a de meilleur et de pire.

Un peu d'envolée lyrique pour galvaniser les nouveaux venus, ça fait jamais de mal.
Une conviction forte et dominante dans la voix, je lui dis ces mots. Je lui annonce la couleur d'un avenir entre ces murs, et sans surprise, c'est la couleur de ces murs, justement : le rouge du sang et des chairs. Je lui dis la promesse d'Arès, la mienne... Différente de celle des autres.

- D'autres prophètes parlent pour d'autres Dieux. Ils te vendront de grandes utopies, de nobles idéaux pour une humanité qu'ils voudraient élever. Sur mes traits, un rictus. À ma voix, un sarcasme. Ils te vendront des mensonges. Des Rêves, dans un monde bien éveillé. Te vendront la Lumière, dans un monde bien sombre. Et il te demanderont de mourir pour ça : des Rêves destinés à ne jamais se réaliser, une Lumière, destinée à ne jamais briller.

Des menteurs ou des fous. Ceux qui y croient, et ceux qui le prèchent sans y croire... Lesquels sont les pires, en fin de compte ?

- Moi, je te vends ce monde. Pas celui des Dieux, pas leurs ambitions folles, pas la place d'un pion dans leur grande mascarade. Un silence. Je me ravise. Pas seulement. Je te vends ce que ta Cuirasse a perçu en toi. Je te vends ce qu'elle te murmure d'aller arracher. Je ne te demanderai pas de changer pour servir. De devenir quelque chose d'autre, pour un grand idéal abscons.

Sois qui tu veux, pourvu que le sang coule là où il doit couler.
Sois qui tu veux, pourvu que la terre brûle là où elle doit brûler.
Sois qui tu veux, pourvu que tu saches conquérir ce qui dois être conquis.
En somme : Sois qui tu veux, pourvu que tu saches quand tu dois devenir Guerre.


Une voix forte, mais posée. La voix d'un quelqu'un qui connaît sa vision, qui n'a pas besoin de la penser, la réfléchir. Les mots sortent naturellement, parce que je les ais assez répétés dans ma tête. La Vérité que je veux imposer entre ces murs.

Un court silence, pour jauger Ghanima du regard. Puis, d'un ton plus léger, je confesse.

- Les ombres entre ces murs iraient peut-être ajouter une nuance plus sombre à ce que je te promets. Mais c'est ce à quoi j'aspire.

Et toi, donc. Toi qui a répondu à l'appel. Maintenant que tu es là : à quoi est-ce que tu aspires ?

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Message Re: [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan]   [Fin mars 553] - Tout ça pour ça ? [PV : Zvezdan] EmptyVen 26 Fév - 18:38
Je regarde son corps et la force qui transpire de lui pendant qu’il me parle. J’ai vu ce que je voulais voir à la façon dont il m’a regardé. Il se pose les mêmes questions que moi. Il est de ceux qui ont l’habitude d’être écouté. Il parle comme un homme qui donne des ordres et chez qui, l’idée qu’on ne pourrait les suivre, ne traverse même pas ses pensées. Pourtant, il n’impose pas sa lame sur les autres. Ce qui fait de lui un chef compétent. L’avenir nous dira s’il est bon chef ou non. Il me faudra voir de quel acier il est forgé avant de voir s’il est vraiment bon ou non. Mais c’est plus ce qu’il a dire maintenant qui m’intéresse. Je l’écoute me parler de la cuirasse et je comprends ce qu’il sous-entend là dedans. Cette soif de conquête… cette volonté d’écraser, de broyer sous mon talon tout se qui se présente à moi, de voir le sang coulé et de me retrouver au coeur des pires mêlées, c’est de sa faute à elle. Et bien comme les autres, cette chose devra retrouver sa place. Et de nouveau, nos regards se croisent quand je lui réponds :

« - Je traite bien mes partenaires et j’offre le sang de mes ennemis à mes sœurs. Je suppose qu’il faudra trouver un entre deux. »

Appliquer simplement la logique de l’épée à cette chose ne sera pas facile. Mais il s’agit simplement d’un rapport de force. À moi de l’écraser et elle retrouvera sa place. À moi de me débarrasser du superflu pour qu’ensemble, nous puissions briller. Les mères m’aideront. Déjà je les entends glisser leurs conseils à mon oreille et s’il n’est pas sot, il devrait ressentir que je ne suis pas seul, jamais. Je l’écoute ensuite cracher sa diatribe. C’est le propre de tous les prophètes, de prêcher. La parole de ceux à qui les dieux murmures dans les oreilles est souvent intéressantes. Arès… ce nom ne me dit rien. Alors je demande aux mères et elle me parle des guerriers grecs de jadis. Elle me parle de cette ombre guerrière, ramenée dans les bagages du conquérant Alexandre. Des souvenirs lointains et mes yeux divaguent dans la mémoire profonde pendant qu’il parle. Je l’écoute lui et j’écoute les mères également.

Pour le reste, il y a des dieux partout, sauf à cet endroit. C’est le problème fatalement de ce labyrinthe de peau, de muscles et d’ossement. Cette pièce n’a pas dieux, pas la moindre petite trace de l’un d’eux. Fatalement, moi qui suis la voix du dieu du couteau, c’est peut être de là que me vient cette aversion pour cet endroit ? Un repaire de damnée. Il s’emporte dans ses paroles. Je pourrais presque tomber dans ce petit jeu. Mais j’en connais trop bien les ficelles. Je sais ce que cachent ces envolées lyriques et ces belles paroles. Je l’ai utilisé trop de fois sur mes sœurs, pour les envoyés, dans une bataille perdue d’avance, à la mort. Tu me laisses être ce que je veux ? Bien. Alors je serais la pierre à aiguiser qui fera de l’humanité une lame capable d’imposer sa logique de la force à tous les autres. Je serais la mère qui prendra les décisions difficiles pour ses enfants pour qu’ils puissent s’élever. Je serais la lame que tu sortiras de son fourreau pour qu’elle aille chercher ton sang. J’accepte cet échange, prophète d’Arès.

Il pourra sûrement voir que son discours ne m’a pas impressionné, qu’il ne m’a pas fait frémir, comme on ne peut faire frémir un général avec ce genre de discours. Mais j’en comprends la nécessité.

« - J’aspire à prêcher pour mon propre dieu, Zvezdan. Si tu es prophète de ton Arès, je suis prophétesse du couteau. Je suis la lame qui taille la faiblesse pour ne laisser que la force. Je suis la mère qui aide les enfants à grandir, même si c’est douloureux pour eux. Je suis la sœur qui protège la tribue. Alors je serais la guerre dont tu as besoin, car ce que tu veux que je sois, correspond à ce que je suis. »

Je lui réponds sur le même ton. S’il sait ce en quoi il croit, je le sais également. La logique de l’épée et le tranchant du couteau font parti de moi depuis que je suis petite, depuis que j’ai pour la première fois, trempé mes mains dans le sang et reçu le cadeau des mères.

« - Qu’est-ce que t’as raconté ma sœur ? »

Cela devrait te permettre de poser tes questions, Zvezdan.


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