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Avril 553 AD (Jusqu'au 5 mai 2021)
 
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 [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]

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Message [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptyVen 26 Fév - 2:28
J’ai réussi. Elle est là.

Je suis partie dans le désert et j’ai touché la mort du doigt. Plus que n’importe qui, je me suis enfoncé loin dans la mémoire. Je m’y suis perdu et je me pose la question, maintenant, dans le chaos du désert, fouetté par le vent, si j’en suis vraiment revenue. J’aurais sûrement ma réponse quand il sera trop tard, j’aurais ma réponse le jour de ma mort. Mais qu’ai-je fait ? L’espace d’un instant, mon coeur bondit, gorgé et saisit d’effroi, de haine et de rancœur. D’amour aussi, un mélange d’émotion opposé qui me donne l’impression d’imploser, de céder sous le poids de mes épaules. Mais peut être qu’il s’agit simplement de la fatigue ? Je l’espère. Je me relève doucement et j’ai du mal à tenir sur mes pieds, je vois déjà le désert boire le sang. Il est trop tard pour ramasser leur eau, celle-là de tout façon, est gorgée de magie et de mort. Elle sera notre réponse : notre trépas.

Alors que j’avance vers elle, au coeur d’un assemblage de cercles et de dessins concentriques occultes dont la signification m’échappe maintenant, je vois des flashes devant mes yeux. Souvenirs d’une danse avec la fin. Je tourne la tête et je vois d’où vient se sang : de mes sœurs qui sont mortes. Je ne me souviens plus de ce qui est naît ici, de pourquoi elle est venue, je me rappelle que de son nom et… de la sensation de la mort. Le souvenir que les mères m’ont offert, qu’elles m’ont laissé voir par-delà un voile sombre et obscur, c’est un souvenir de mort. Je me souviens de la sensation de la pourriture, de l’entropie et de la disparition. Un souvenir dont j’ai dû me séparer, un souvenir… auquel j’ai donné vie ? Je ne sais pas qui elle est. J’aimerai le savoir. Il faut qu’elle soit l’arme dont nous avons besoin pour sauver la vie de nos sœurs, contre les guerriers d’obsidienne du peuple de l’eau…

Je suis maintenant près d’elle et je pose mes yeux noirs sur elle. Le sang semble suivre des paternes et tout semble avoir été mis en scène pour conduire à sa naissance. Les carcasses bientôt seront dévorées par le désert quand le jour viendra. Non… il ne fait pas nuit. Nous sommes dans l’oeil d’une tempête ou bien notre magie l’a fait naître. Il est difficile de voir ce qui est devant ses yeux quand on a le coeur partagé entre une légion de vie. Le sable frappe mon coeur et la douleur me ramène un peu plus à la raison et à la vie. Mais cette soif ne s’éteint pas pour autant. Pas celle que l’eau et la vie peuvent apaiser. Non, une soif étrange, une ambition aussi brûlante que dévorante. Je suis devant elle et je lui offre alors un sourire. Celui d’une mère devant son enfant, celui d’une sœur devant la moitié d’elle-même, celui d’une âme sœur devant sa moitié, celui d’un ennemi devant sa haine.

« - Je suis Ghanima, soit la bienvenue parmi nous, ma sœur. Puisses-tu être celle que les mères m’ont promise, Morrigan. »

Et j’espère que ton nom n’est pas simplement aussi noir que les ailes d’un corbeau et que cette absence de lumière sera ce que tu offriras ces bruissements de plume à nos ennemis. Car mes ennemis sont les tiens, ton est mon coeur. Je me penche doucement alors vers toi et, sans savoir vraiment pourquoi, je l’amène délicatement contre moi et la serre contre mon coeur. J’éprouve là le contentement d’une mère qui prend son enfant, un plaisir que j’ai cru avoir sacrifié depuis longtemps. Mais alors, pourquoi ai-je envie de tordre son cou et de l’envoyer rejoindre le monde qu’elle vient de quitter ? Pourquoi je n’arrive pas à me souvenir et pourquoi j’ai l’impression d’avoir tué plutôt que donner naissance…


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Message Re: [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptySam 27 Fév - 20:18
Je navigue dans l’immatériel. Je sens dans les cordes de mes incarnations la chaleur des expériences qui se consument pour transformer les souvenirs en une énergie qui ferait ma nouvelle identité. En moi, je trouve l’intuition de la connaissance. Les mots dansent dans mon esprit, dans un dialecte commandé par une voix qui m’appelait. Étais-je influencée par l’écho d’une âme étrangère ? Qui pouvait-elle être ? Devant son reflet invisible, je me dessinais, me découvrais. J’étais un serpent cosmique, tirée des enfers pour mordre les constellations. Titanesque, je prenais l’envergure d’une créature spirituelle à l’échelle terrestre. Sous cette forme ophidienne, j’étais maintenue dans un point d’ancrage par les hurlements sourds des sacrifiés. Ceux-là m’attachaient à la terre, là où j’aurais pu éparpiller ma conscience jusqu’à me perdre moi-même.

Dans ce bal ésotérique, se mêlaient la peur et l’excitation. L’appréhension de naître. L’émerveillement de bientôt vivre. Dans le même temps, mon angoisse était balayée par une force que je n’oubliais pas, que j’aurais dû perdre. Mais non, pour cette incarnation, il en serait autrement. Dans le sang, je me constituais en un serpent de chair. Et alors que s’entretenait le rituel dans son esquisse sanguinaire, je muais, à la manière d’un monstre ophidien, pour en sortir, sous l’apparence humaine que je tiendrais pour cette existence. À la chaleur organique du serpent qui m’avait vu naître, j’étais soudain saisie par le glacial d’une brise que je redécouvrais, à l’air libre. Ce froid mordait ma chair exposée et encore humide.

Glacée, je tremblais. Mais plutôt que de me recroqueviller sur moi-même, je clignais plusieurs fois des yeux, pour observer l’environnement qui m’avait attirée ici. J’y voyais le sang, les carcasses des sacrifiées. Des femmes que j’avais dévoré, malgré moi, mais que j’avais rejeté de mon essence à l’instant de ma renaissance. Simplement parce qu’elles n’étaient pas moi. Elles étaient l’énergie qui m’avaient permis d’exister comme la Mort que je devais incarner. Et la Mort ne garde rien de ce qu’elle arrache. Elle transforme. Elle marque les ruptures dans le Cycle. Elle ouvre la voie à la Vie en la fermant. Et ce faisant, je jetais dans l’atmosphère un sentiment de vide profond, nimbé de perdition.

Relevant mes prunelles grisâtres, je remarquais la présence d’une personne bien vivante, qui dominait l’œil d’une tempête dans le désert. Et cet œil nous regardaient toutes les deux, comme nous prédestinant à quelque chose de plus grand que ce que nos conditions humaines laissaient croire. Tandis qu’elle m’adresse un sourire, je demeure interdite, médusée, mais en même temps sonnée. Était-ce elle, la femme que je devais estimer comme ma mère ? Non, comme une sœur ? Toujours était-il qu’elle me donna le nom qui serait le mien : Morrigan. À peine pouvais-je en apprécier la sonorité, retenant par là même le nom de Ghanima, que cette dernière se mit à mon niveau pour me serrer contre elle. Ainsi, se dissipait bientôt la froideur qui m’avait saisi, au bénéfice de cette chaleur qui m’étreignait doucement, de plus en plus. À cet instant, ma réaction spontanée fut de refermer mes propres serres sur son dos, afin de resserrer l’étreinte.

Pour autant, la joie que nous partagions dans ce moment sempiternel masquait une autre émotion, bien ambivalente. Une tension animale, qui excitait le mien dans ce moment privilégié de complicité. Une tension qui pouvait diriger mon geste en vue de lui ôter la vie. Était-ce de cette femme que je retirais cette pulsion ? Quelque chose qui ne m’était pas commandé par la haine. J’étais simplement le miroir de ses tourments. Car si les sœurs de Ghanima avaient été sacrifiées pour ancrer ma vie sur ce sable aride, je sentais qu’autre chose avait été consumé. Quelque chose qui me lierait irrémédiablement à cette personne torturée. À sa prière, je lui répondais, dans un murmure que notre proximité respective rendait audible :

– Et que t’ont-elles promis, Ghanima ?


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Message Re: [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptyDim 28 Fév - 2:08
Quand nos corps se serrer, j’ai pu sentir la chaleur la gagner. J’ai d’abord eu la désagréable impression de prendre dans mes bras un cadavre, serais-je devenue l’espace d’un instant, une femme éploré pleurant sa maternité ? Non, j’ai senti la vie afflué en elle, mais cette chose que j’avais fait naître, était-elle vraiment vivante ? Pouvait-elle vraiment l’être ? Ces questions tordaient mon coeur et je n’arrivais pas à trouver leur réponse. Les mères, également, étrangement muette. Peut-être le fait de se retrouver seule face à soit même, seule face au silence. Mais je me suis senti glacé d’un effroi profond, d’un vide absolu. Comme le si le grand désert avait posé sa main sur moi et que je n’étais plus qu’un tas d’ossements polis par les vents dans lequel viendrait se longer un scorpion. Très vite, je chassai cette impression. Après tout, j’étais celle qui parlait pour le dieu des lames, la maîtresse du couteau et je devais appliquer sa logique : ces sentiments, je devais m’en couper. Était-elle mon épreuve ?

Sa voix sifflante me ramena à moi. Le vent du désert aurait presque étouffé ce murmure s’il n’avait pas sonné plus profondément en moi que les hurlements d’un fou dans une caverne, accompagné de l’écho qui lui répond. Un frisson me saisit brusquement je me recule légèrement d’elle, néanmoins, nos corps restent extrêmement proche. Ma main se pose sur son visage et j’y essuie par réflexe une saleté que le vent du désert venait d’apporter. Je lui souris. Aussi étrange qu’elle soit, elle n’en reste pas moins une sœur de la tribu. Je pose doucement mes mains sur ses épaules et l’écarte un peu de moi pour l’observer au mieux. Et je lui réponds alors d’une voix douce, mais ferme :

« - L’arme pour renverser une guerre perdue, la mort de mes ennemis et la destinée du sang versé. »

Je me redresse alors et lui tend ma main pour qu’elle puisse également se dresser sur ses deux pieds. Bêtement, je me demande si elle sait marché ou, si comme un petit enfant, je devrais être son bouclier contre les chutes trop dangereuses. Pourtant, il faudra que je la laisse tomber, voire même que je la pousse, pour qu’elle apprenne, tant à tenir debout qu’à tomber. Oui, puis je pourrais la jeter au bas d’une crevasse, caché par le sable, qu’elle ne saura pas repéré et je pourrais ensuite contempler son crâne broyé et le contenu de son corps rependu sur le sol. Pourquoi ce désir profond se dispute en moi la volonté de l’aimer comme un fragment de moi ? Les mots sortent tout seul, je m’entends, mais je n’ai pas l’impression d’être celle qui parle. Que c’est étrange. Suis-je devenu la sorcière folle du désert que le peuple de l’eau voit en moi ?

« - Es-tu cette sœur, cette fille qui fera pencher la balance pour les nôtres ou au contraire, ai-je été piégé par une divinité pour t’amener parmi nous ? »

Pourtant, je suis celle qui parle pour la lame. Je suis celle qui blesse le vent et ne trouve le repos que dans le sang. Mais pourquoi je ne me souviens pas de ce souvenir, pourquoi, quand je veux me rappeler des mots des mères, que j’ai entendu à la frontière de la mort, dans mon étreinte avec le désert ? Pourquoi ne m’évoque-t-elle que la mort et le désespoir ? D’elle viendra la fin. Oui, c’est sûr. Mais la fin de qui ? La fin de quoi ? Dois-je la tuer avant ou au contraire, voir en elle le héraut de la force et des choix difficiles qu’une mère doit imposer à ses enfants. J’ai laissé entrer le loup dans la bergerie. Mais les moutons qui ne seront pas dévorés, deviendront des loups à leur tour… Aux dieux, pardonnez moi… Qu’ais-je fait ! Pourtant… je l’aime autant que je la déteste. Et la hais autant que je l’aime. Elle est ma sœur et ma fille, ma meilleure amie et ma pire ennemie. Ma réussite et mon échec, ce que je serais et ce que je fus. Nous sommes… que sommes-nous exactement ? Ce lien… Oui, je le ressens plus certainement que ma propre vie. Et elle aussi doit le ressentir. Nous sommes… Voilà. Simplement. Nous sommes. C’est peut-être ça la réponse qui me torture l’esprit. Pourquoi les mères ne me répondent pas ? Ce silence me fait… peur ? Non. Je ne connaîtrais pas la peur, car la peur tue l’esprit.


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Message Re: [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptyDim 28 Fév - 13:59
À ma question, je la sentais tressaillir de tout son être. Une infime distance se creusa entre nos deux corps, juste assez pour que nos regards se rencontrent pour la première fois. Inscrivant dans ma mémoire les particularités de son visage, je m’étonne de l’attention maternelle qu’elle me porta. Une douceur qui contrastait avec ce que je ressentais au fond de mes tripes. Ses mains se posant sur mes épaules pour mieux apprécier l’enfant qu’elle avait fait naître, je resta docile, intriguée par cette gentillesse ambiguë. Une gentillesse bien loin des motivations qui l’avaient amenée à sacrifier les siens pour m’ancrer à ce désert.

Une arme, donc. C’était là ce que j’étais. La place que m’offrait cette incarnation. Celle qui fermerait l’existence de ses ennemis. Un avenir qui dessinait un charnier. Une sombre vision, qui ne me fit pas ciller. Au contraire, je gardais sur mon expression ce sourire silencieux, contrastant avec le regard enflammé qui avait soif de vie. Lorsque Ghanima se releva pour me tendre la main, je la saisissais, me laissant porter par sa force pour me tenir debout. Une initiative fort bienveillante, qui ne me vit pas chanceler une fois sur mes deux pieds. J’avais l’expérience d’une quantité indénombrable d’incarnations. D’autant plus que cette femme avait partagé avec moi une part de ce qu’elle était. Dans ces circonstances, je ne pouvais décemment trouver de difficulté à réaliser la prouesse d’une nouvelle-née.

Derrière mes prunelles grisâtres, se lisaient une mûre compréhension. De cette hauteur qui se gagne à la fin d’une vie, tout en entretenant la lueur de la jeunesse, celle qui nous fait avancer, grandir. Et forte de cette empathie, je lisais chez ma mère ses tourments. Elle était en proie à des hésitations qui la torturaient, bousculaient l’identité qui l’avait forgée. Était-ce l’angoisse d’avoir sacrifié quelque chose de trop précieux ? L’angoisse que je ne sois pas celle qu’elle avait désiré ? Pire, que je sois à l’avenir son fardeau ? Une autre de ces camarades qu’elle avait pris l’habitude de perdre dans ces plaines désertiques ?

Ses questions suivantes confirmaient ce que j’avais ressenti en l’observant ; si forte, mais en même temps, si vulnérable. Elle couvait en elle l’effroi de la proie, mais en même temps, la haine du prédateur. Suivant ma réponse, elle pouvait bien décider de mettre un terme à mon existence, immédiatement. Sans réfléchir si cette mère pouvait être capable d’éteindre ma vie, je lui répondais avec le plus grand naturel, sans perdre à aucun moment le contact visuel qui nous liait.

– Avant d’être cette sœur, cette existence dont tu as rêvé pour tes projets… je suis moi. Je ne suis pas une malédiction, pas plus que je ne suis une bénédiction. Je suis la Vie que tu as fait naître. Une Vie qui s’est forgée dans les coupures de la Mort, avant de se réunir en un métal. Un métal prêt à fondre dans le moule que tu m’as réservé. Tu en as le droit, car tu es ma Mère. Et si je dois prendre la forme d’une arme, alors je serai ton sabre.

Chaleureuse, je veillais à lui dire ce qu’elle voulait entendre. Pourtant, il n’y avait aucun mensonge dans mes mots. J’étais seulement prête à m’adapter à ce nouvel environnement. M’adapter à ce guide belliqueux. Mais au contraire d’un simple outil, je possédais ce regard acéré. Ce regard qui sait. Ce regard qui comprend. Et ce regard veut connaître.

– Je te sens tourmentée, Ghanima. Que crains tu que je sois ? Que crains tu d’avoir fait ? Que crains tu d’être devenue ?

Car tes tourments sont les miens. Et si je ne sens pas avec la même acuité la douleur de la morsure qui te saisit, il m’importe de te voir grandir, Ghanima. Même dans la Mort, la Vie doit pouvoir trouver son chemin.


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Message Re: [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptyDim 7 Mar - 13:43
Je l’écoute parler, je laisse le son quitter ses lèvres et ce visage salit par le vent, que j’ai envie, comme une mère, de nettoyer. Me voilà sentimentale avec une arme. Peut-être que fatalement, elle est plus que ça. Une arme qui se retournera contre nous ? Inévitablement. La mort n’a pas de camp, elle est, c’est tout. Ses mots sont forts d’un sens profond, son corps, celui d’une soeur et son âme celle d’une mère. Il ne faudra rien lui apprendre, elle sait déjà. Je reste silencieuse face à sa déclaration. Elle sera l’épée qui tranchera et je serais la main qui la maniera. Ensemble, peut être, nous aurons une chance contre les noirs guerriers du peuple de l’eau. Il le faut, nous n’avons plus beaucoup d’autres options et le cadeau de mort des vieilles mères ne doit pas être utilisé à la légère. Ses mots sont comme le miel qu’on utilise pour piéger les mouches ou attirer les fourmis… Et lequel de ces deux insectes suis-je à ses yeux ou plutôt, au mien ?

Et ses questions font naître un tempête en moi. Ou plutôt, un vent qui fait bouger les dunes comme une marée de cette infinie étendue d’eau salée que j’ai vu dans le souvenir des mères. Le désert n’est jamais le même, il s’adapte, il évolue en permanence. C’est ce qu’il attend de ceux qui y survivent. Qu’ils soient capables de le suivre dans toutes ses transformations et dans son mouvement permanents. Je suis là face à un de ses grands moments où l'architecture de mes dunes a été bouleversée et je dois m’adapter à ce changement. Je dois refaire mes repaires, changer mes habitudes et les chemins entre le sable. J’ai sacrifié une partie de moi, je me suis tué en partie pour la voir arriver. Alors…

« - Je suis morte pour te donner naissance, ma fille, ma sœur. Je ne comprends juste pas à quel point je t’ai donné de moi, c’est tout. »

Est-ce vraiment après tout ? Je ne sais pas. Sûrement pas. Si j’ai pu m’en séparer, c’est que ce n’était pas une nécessité et de cette séparation, j’ai accompli la volonté du couteau, je me suis appliqué ma propre logique, celle de l’épée. Quand le désert te frappe, ne lutte pas, tu ne peux pas gagner. Chercher un abri et attend. Attendre, c’est tout ce qu’il faut faire maintenant. Attendre de voir ce que nous allons devenir et si j’arriverais à forger cette lame. Je ne me souviens plus de ma rencontre avec les plus vieilles mères, seulement quelques ombres, des voix désincarné qui raisonnent dans mon esprit. Encore moins de comment mener ce rituel, il me sera impossible de recommencer. Sûrement même, que vu son prix, il ne peut être mené qu’une seule et unique fois. Alors voilà la fille que je n’aurais jamais. J’en suis… plutôt… fière ? Oui… fière. Il faudra encore éprouver le tranchant de sa la lame, voir si elle ne se brise pas mais, je sens elle ce dont nous avons besoin.

« - Je t’aime, Morrigan. Tu es ma fille. Tu es ma sœur, tu es une partie de moi. »

Pourquoi ai-je ressenti le besoin de lui dire ses mots alors que je peux aussi sentir en moi bouillir la soif de sang de la lame. Cette ambivalence déchire mon coeur et tourmente mon âme. C’est là mon épreuve, mon fardeau. Ce choix difficile que j’ai pour sauver les miens de ces âmes sombres qui chercher à nous dévorer dans le sable du désert. Mais ils nous pensent faible. Ils nous pensent sans défense alors ils comprendront trop tard leur erreur et leur souffrance sera grande. On ne sous-estime pas le désert sans en payer le prix du sang.

« - Montre moi ta force, ma fille. »

Je veux savoir le genre d’arme que tu es. Je veux savoir comme t’utiliser et savoir si fatalement, tout ça n’était pas pour rien. Montre moi l’acier brut que tu es et je te ferais lame, précise, tranchante et indestructible.


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Message Re: [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptyVen 19 Mar - 0:47
Je percevais sur ses traits maints tourments, paradoxaux, qui s’affrontaient. Ma chère mère appartenait-elle donc à ces existences torturées ? Attendait-elle de ma naissance que je lui serve de remède ? Étais-je à ses yeux la fille qu’elle n’aurait jamais eu, autrement ? Par certains aspects, j’esquissais les contours de son portrait. Je me demandais, jusqu’à quel point s’était-elle retenu de vivre, jusqu’à présent ? Dans ses mots, je lisais un puissant sentiment de devoir. Sans doute était-ce lui qui l’avait portée jusqu’à présent, faisant fi de ses rêves d’enfance. Sans doute s’était-elle convaincu de la justesse de sa vision, négligeant le vide qu’avait créé ce refus de céder à ses envies. Sans doute ignorait-elle comme la destinée hante nos nuits lorsque nous dévions de la voie à laquelle nous aspirions à la naissance.

Tant de spéculations qui reposaient sur fort peu de choses. Aussi les laissais-je s’évanouir dans mon esprit pour accorder de mon attention à ces mots forts particuliers. Des paroles peu anodines que j’entendais. Ainsi, cette Mère pensait m’avoir abandonné une part d’elle-même. Mais une mère ne renonçait-elle pas naturellement à ses rêves et ses identités au moment de donner la Vie ? Peut-être avait-elle bien perdu quelque chose de lourd. Quelque chose que je lui avais dérobé pour naître. Mais j’ignorais si cela recouvrait vraiment ce que cette personne s’imaginait. En effet, rien n’était plus indestructible, plus intime, que sa propre âme. Je doutais que cette dernière puisse être partagée. Et si je me trompais, alors je pouvais être traversée d’une profonde déception. Quel intérêt autrement, à s’acharner à suivre ces éternelles expériences si on pouvait les voler si aisément. Quand bien même, ce vécu n’aurait alors plus d’odeur.

Et tandis que mes yeux vinrent chercher ceux de Ghanima, je ne lui trouvais pas de cette absence d’odeur. Au contraire, elle brillait de vitalité. Ce ne pouvait être la marque d’une personne à qui l’on venait de retirer une part d’elle-même. À moins que je me fourvoie. À la vérité, mes pensées étaient encore brumeuses depuis que j’avais retrouvé un corps de chair et d’os. Je possédais simplement cette envie irréfléchie de la contredire. Seulement, au dernier moment, je me retins. Non, quand je la regardais, je sentais que ce n’était pas ça qu’elle voulait entendre. Aussi, je la laissais naviguer dans ses pensées. Patiente, j’accueillais son affection d’un sourire chaleureux. À ses yeux donc, j’étais une partie d’elle-même. Je la laissais sur cette conclusion, silencieuse.

J’entretenais ce silence, car je devinais que sa décision n’avait pas été prise pour la naïve volonté de trouver une âme-sœur. Autre chose logeait au fond de son regard. Et cet autre invité se révélerait à l’emploi de ses derniers mots. Ainsi, c’était de ma force dont elle voulait s’assurer. Fermant un moment les paupières, je me concentrais. Rouvrant les yeux, je retrouvais ceux de mon interlocutrice avec empathie. Ma main s’approcha de la sienne. Exposant sa paume, j’effleurai de mon autre main sa peau au creux de la sienne. À cet instant, Ghanima sentirait nos essences respectives se toucher. Elle éprouverait la sienne, personnelle. Avec ses tourments, ses espérances, ses réminiscences.

Dans le même temps, elle rencontrerait la mienne, singulière. Bien sûr, une étrange familiarité liait nos deux âmes. Un lien comme il pouvait apparaître symboliquement entre une mère et sa fille. Entre deux sœurs. Entre deux membres d’une même famille. N’en demeurait pas moins cette différence fondamentale. Une démonstration pour la rassurer, mais en même temps, la corriger. Ghanima était Ghanima, et le demeurerait. Quant à moi, eh bien, j’étais juste Moi. Une existence qu'elle avait sorti de l’outre-tombe pour me lier irrémédiablement à sa destinée. Et dans le sourire que j’arborais, le regard posé sur nos mains, se lisait de cette joie. Une joie accompagnée par la chaleur de mon cosmos.

Cette première rencontre décevrait probablement tes attentes. Celles que t’avaient intimé ton devoir. Cela, je le comprenais. Quand bien même, ce n’était pas la première impression que je souhaitais t’offrir de moi. Pour autant, je devinais que tu avais besoin d’être rassurée. Car la menace à l’extérieur demandait que tu ne te sois pas trompée dans ton choix. Tu avais besoin d’une arme. Et le comprenant, je puisais au plus profond de moi-même pour éveiller ce qui m’avait sortie du cycle des réincarnations.

Ce voile de Mort qui ferait trembler l’âme de Ghanima, soudainement traversée d’un sentiment de précarité. L’angoisse que ses fondations, ce qu’elle s’était acharné à construire, pouvait être balayé en un instant. Non pas que je la dominais. Je respirais simplement de cette odeur macabre qui ne m’appartenait pas vraiment. Cette effluve qui ne m’appartenait pas encore. Elle pouvait ressentir que j’étais incomplète. Et dans la résonance de nos âmes, elle comprendrait qu’elle-même l’était tout autant. En cela, un espoir. Nos destinées respectives n’avaient pas fermé les yeux devant nos vies fragiles. Au contraire, elles nous réunissaient sur une même voie. Une voie où elle pouvait être ma Mère.

– Faut-il que je te montre autre chose ?

Disais-je, la voix douce, qui cherchait à la rassurer. Apaiser ses démons. Les yeux toujours rivés sur nos mains, je commença à presser un ongle contre mon doigt, jusqu’à ce qu’une goutte de sang finisse par s’en échapper. Ce sang chaud, de couler au creux de la main de Ghanima. Une main que je refermais doucement. À cet instant, mes yeux vinrent retrouver les siens.

– Mon sang t’appartient, Ghanima. Nous le verserons ensemble. Nous le verserons là où tes chaînes pourront être brisées. À ce moment, les parts de toi-même te reviendront d’elles-mêmes, j’en suis persuadée.

Car je ne t’avais rien volé. Tu avais seulement éparpillé de toi-même qui tu étais. Ton identité profonde. Et peut-être serait-ce dans le sang que tu te reconstruirais. Après tout, n’était-ce pas dans le sang que j’avais trouvé la Vie ?


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Message Re: [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptyVen 19 Mar - 19:29
Je plonge mon regard dans le sien et je ne comprends pas vraiment ce que j’y vois. J’ai l’habitude de planter mes yeux dans l’âme d’une personne et à travers elle, de voir les mères qui l’accompagnent, de ne pas la regarder elle, mais toutes celles qui l’accompagnent. Comme il en va de même avec moi et mes yeux. Mais ici, plongé dans ses iris je vois quelque chose d’autres, que je semble voir pour la première fois. Quelque d’envoûtant et de repoussant à la fois. La solitude de la mort ? Je laisse doucement sa main se déplacer vers la mienne. Je réprime le réflexe de la repousser. Depuis combien de temps quelqu’un n’a-t-il pas saisi ma main de cette façon ? Je… ne m’en souviens plus vraiment. D’un soupir étrange, je laisse sa main se refermer sur la mienne donc et laisse opérer sa propre magie. Mais j’ai pu ainsi plonger mes yeux dans sa nature profonde et voir une partie de qu’elle était vraiment avec une vérité froide, qui me fit l’effet presque d’un violent coup dans le ventre.

Que verrait-elle en regardant en moi de cette façon ? Si l’on peut voir, on peut être vu en retour. Est-ce qu’elle pourrait jeter ses yeux sur la lame d’acier que j’étais devenue. La seule chose que j’avais pu faire, être. Cette lame nécessaire pour la survit des miens. Mon chemin marqué le devoir, le sang et le sacrifice. Ma dévotion profonde pour mes enfants et le poids du manque qui ronge mon âme. La solitude est une libération quand on peut vraiment être seule. Je ne me souviens même plus de la dernière fois où j’étais seule dans mes propres pensées. Ces présences ont toujours fait parti de moi et je me demande ce que tu as vu, ma sœur, ma fille. Je me demande ce que tu comprendras de moi en posant tes yeux sur l’âme profonde de celle qui ne recule devant rien pour aiguiser la lame qu’elle est devenu. De celle qui n’a ni peur de la mort ni peur de la vie, mais peur de la solitude et de l’oublie.

Une vague plus puissante qu’une violente tempête du désert profond vient alors m’emporter. Cette aspect de mort, ce voile de fin. La fin, voilà ce qui frappe contre les murailles de mon mois profond. Le fait de voir le monde s’écrouler, de voir la mort de tous et toutes autour de moi. Elle m’impose alors simplement la logique de l’épée. Qu’on peut tout perdre et qu’il faut l’accepter. La mort ne m’a fait jamais peur. Quand on survit dans le royaume du sable et du soleil, vite, on apprend. D’autant plus quand on porte les espoirs fou d’un peuple voué à la disparition. Mais un peuple qui ne partira pas… seul ! Peut-être est-ce pour ça que je t’ai fait venir ma fille, pour que nous ne partions pas seule. Pour que tu marches à mes côtés même dans l’autre monde et que jamais je ne sois seule. Devoir égoïste. Ambition folle.

Nos yeux se croisent de nouveau et je sens la goutte de sang chaude coulé sur ma main, j’entends ta voix douce, rassurante. Je comprends tes mots et vois le destin que tu apportes. Mais, que me restera-t-il quand j’aurais brisé mes chaînes ? Je l’attire alors vers moi et lui offre alors l’étreinte de mes bras. Je porte alors mes mains sur son visage. Encadrant ces deux joues et doucement, je dépose le baiser d’une mère sur son front.

« - N’offre pas ton eau profonde à la légère, ma fille. Ce sacrifice est là le plus beau que tu pouvais m’offrir. »

Je me recule légèrement, libérant son visage et mes mains. Je porte mon pouce à ma bouche et en arrache la peau d’un coup de dent, laissant couler le sang. Je reprends alors sa main et nos deux ichors se mélangent donc.

« - Et je ferais en sorte que ta vie ne se distille pas dans ce que tu promets aux autres. Si tu es celle qui brisera mes chaînes, laisse moi être celle qui, comme une mère, sera le roc dont tu auras besoin. »

Car ici, nous sommes toutes les deux nées du sang versé, du sang partagé.


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Ils viendront à l'appel de la violence: leurs visages s'offriront au vent d'est et ils recueilleront le sable captif.
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Message Re: [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan]   [Février 553] - Tant de plumes que de grains de sable [PV : Morrigan] EmptyDim 21 Mar - 1:00
La lueur dans ses yeux était bien vives pour une personne qui se donnait un tel air de froideur. Sous son enveloppe de métal brûlait un feu inégalé, destructeur. Quelque chose qu’elle devait apprendre à canaliser pour ne pas finir consumée. Mes mots ainsi que ma démonstration avaient-ils atteint leur but ? En tout cas, je n’avais pas reçu de cette Mère le moindre mouvement de répulsion, quand bien même j’avais senti de cette hésitation. Le signe que l’expérience que je lui proposais ne lui était pas naturelle. Pire, sans doute aux antipodes avec ce qu’elle avait toujours connu, accepté. En cela, serai-je son ennemie ?

Non, Ghanima, tu n’étais pas simplement une lame d’acier. À la vérité, tu étais beaucoup plus. Derrière tes prunelles glaciales, je lisais la richesse de tes émotions. Autant de sentiments qu’une pauvre arme ne pourrait jamais éprouver. Les sentiments d’une mère, d’une sœur, d’une humaine. Une existence désespérée, triste, en proie à la plus douloureuse des solitudes. Une solitude qui cherchait la chaleur d’une étreinte. Une étreinte que tu venais trouver, et qui mérita que je referme mes mains douces sur ton dos. Une arme s’exposerait-elle comme tu le faisais, à l’instant ? Pourquoi étais-tu donc incapable de l’accepter ? Qu’avais-tu vécu pour que n’apparaisse dans le vernis de ton essence que cette obsession trompeuse ? Que craignais-tu à ce point, Ghanima ? De finir seule à nouveau ? Seulement, à présent que j’étais née, je ne t’abandonnerai plus. Je venais de t’en faire la promesse. Et l’avenir te montrerai le poids de mes serments. La force de mes résolutions.

Cette assurance, Mère la trouverait dans mon regard à l’instant où elle viendrait capturer mon visage entre ses mains, avant de poser sur mon front ce baiser baignant de Vie. Dans ses mots, je recevais sa mise en garde. Une mise en garde qui sonnait plutôt comme une marque de reconnaissance. Ainsi, elle acceptait mon présent. Puis se reculant pour me rendre un peu d’espace, je l’observais saigner son pouce afin de verser à son tour de son sang pour le mélanger au mien, en même temps que se liaient nos mains. À cet instant, elle m’adressait sa propre promesse. Une promesse qui avait aussi son poids. Une promesse qui donna une saveur profonde au sourire que je lui adressais.

– Qu’il en soit ainsi. Je me reposerai sur toi, Ghanima. Comme tu te reposeras sur moi. À présent, nos Destinées sont intrinsèquement liées. Et nul humain, nul monstre, nul dieu ne sera en capacité de nous séparer. C’est la promesse que je t’adresse à toi, qui m’a offert la Vie. Nous vivrons toutes les deux, quitte à verser notre sang, parce que la naissance nous a donné ce droit.

Des mots forts, qui ne donnaient à envisager aucune hésitation. Ma détermination défierait les tourments que cette existence trouverait à nous opposer. Et je souhaitais que ma chère sœur se laisse traverser de cette pareille émotion.

[Fin du RP pour moi o/]


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