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Mai 553 AD
 
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 [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan]

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GhanimaGhanimaArmure :
Cuirasse de la guerre
Message [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan]   [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] EmptySam 2 Oct - 13:30
Cet endroit change et je change avec lui. Il y a quelques jours, l’entièreté de cet endroit sans âme a été changé. J’ai pu sentir le chaos de la tempête me passer au travers. Je demande à quel point j’ai évolué. Je sens une nouvelle présence dans le chaos qu’est mon esprit. Il n’y a plus seulement les mères de jadis dont je connais les voix comme s’il s’agissait de la mienne. Quelque chose en plus que la cuirasse et son murmure de tentation sanglante, ses promesses de conquête et son arrière-goût amer de folie. C’est comme si le monde maintenant s’était lié à moi. Cet endroit, je lui appartiens et je le possède tout autant. Qu’as-tu fait, Zvezdan ? Que nous as-tu fait ? La transformation n’est sûrement pas terminée, mais maintenant, les quartiers de la guerre ressemble plus à… ce que j’ai pu connaître dans le désert. À ces abris de roches enfoncées dans la terre où l’air frais permet de ne pas succomber au soleil. Qui garde aussi la chaleur de la journée pour éviter que le froid de la nuit ne soit trop mordant.

Mais surtout, ces lieux où l’eau peut vivre et, avec peu d’ingéniosité, être conservé. Je suis donc celle qui a changé cet endroit ? Jusqu’à quel point serais-je donc capable de le modifier ? J’aurais les réponses à mes questions bientôt. Et en écho, ce n’est pas la seule chose qui a changé. Doucement, je sens que guerre s’adapte à moi, renonce à Zvezdan et à celle qu’elle fût pour devenir celle qu’elle est. Je dois cependant, en plus de tout cela, régler un problème d’importance. Celui de ces monstres étranges avec qui nous cohabitons. Ils sont… spéciaux et il s’en faut parfois de peu pour que les choses ne s’enveniment. D’un comme de l’autre, nous avons de la retenu mais, d’un côté comme de l’autre, ici, personne n’est vraiment humain et raisonnable. Je quitte alors l’endroit qui m’appartient, mon antre, pour me rendre là où la mère de ses choses résident. Je pense que nous avons des choses nous dire, d’une mère à une autre.

Je n’ai pas loin à aller, car cette personne s’est installée dans le lieu voisin du mien, le domaine de la pestilence. Je n’aime pas cet endroit et je remarque que, contrairement au reste du Dédale, il n’a pas beaucoup évolué. Comme si le temps lui-même avait été rongé par la maladie. L’odeur y est acide, effluve remontant de la digestion de ces monts de cadavres venant d’on ne sait où. Et il valait mieux ignorer cette information. Je me dirige donc, serpentant vers les quartiers de l’ambassadrice de cet ordre étrange dont je n’entends pas grand-chose. Zvezdan a été bref, comme il l’est toujours. Nous n’avons besoin de savoir ce que nous avons besoin de savoir, pas plus, pas moins. Et comme le reste, c’est lui qui contrôle. Je finis par trouver, en demandant à quelques soldats servant dans l’armée de la famine l’emplacement des appartements de cette personne. Devant ces derniers, je finis par frapper à la porte :

« - Dame Luan, je suis Gahnima, cardinal de la guerre j’aimerais… discuter avec vous. »


cuirasse de la Guerre:
 



Ils viendront à l'appel de la violence: leurs visages s'offriront au vent d'est et ils recueilleront le sable captif.
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LuanLuanArmure :
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Message Re: [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan]   [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] EmptySam 9 Oct - 13:01

Lorsque Ghanima serait invitée à rentrer, elle arriverait dans ce qui ressemblerait à un immense ventre. Un espace où les parois étaient transpercées d’innombrables petites cavités qui donnaient sur l’obscurité. En entrant, la cardinale serait frappée en premier lieu par deux monstruosités.

[Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] Pnj710

La première se trouvait à gauche de l’entrée, en retrait. Une créature qui n'avait d'humain que son visage qui se révélait, soit dit en passant, très joli, si on oubliait l'expression placide qui lui retirait toute son humanité. Encore que certains y verraient au contraire une émotion bien humaine de dépit. De celles qui n'attend rien d'autrui. Ce visage était porté par un long cou de six mètres de long ornementé de centaines de tentacules métalliques qui caractérisaient sa chevelure. Le tronc de son corps était vaguement humanoïde, féminin, à genoux au sol. Ses bras quant à eux étaient tirés vers l'arrière et dévoilent des ailes qui la feraient ressembler à un ange s'ils n'étaient pas aussi composés de ces tentacules de métal. Sa posture, pour gracieuse pouvait-elle apparaître, mettait en évidence son incapacité à se déplacer aisément, appréciant visiblement de demeurer immobile au même endroit. De sa part, un regard glacial viendrait sonder l’héritière de la Guerre.

[Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] Pnj510

La seconde se trouvait plus au centre. Une louve de quatre mètres de long, à moitié décharnée. La fourrure chaotique sur sa peau bleuâtre. Un tissu lui couvrait le haut du crâne, semblant l'aveugler. Il apparaît toujours que des hantises la torturent, participant au caractère angoissant de sa silhouette vaguement humanoïde qui a ceci dit gardé tout ce qu'un loup possède de dangereux : des griffes acérées et une myriade de petits crocs carnassiers. Elle était jusqu’alors assoupie, réveillée par la présence de la Berserker. Et cette venue ne lui inspirait visiblement rien de bon, révélant ses canines et faisant entendre des grognements qui n’allaient certainement pas lui souhaiter la bienvenue.

Enfin, il y avait une humaine d’une grande beauté qui se reposait sur la fourrure de la louve, tranquillement. Sa chevelure roux-châtain s'arrêtait à mi-chemin de son dos, la partageant entre raffinement et sauvagerie. Une impression paradoxale, renforcée par ses prunelles d'ambres sur lesquelles baignaient des pupilles ophidiennes. Elle portait une robe de haute facture, entre le brun et l'écarlate. Pour autant, cet accoutrement sophistiqué contrastait avec ses pieds nus. Gracieuse dans sa gestuelle, on ne saurait passer à côté de ce sentiment bestial qui paraissait traîner dans son aura de manière latente. Deux forces contraires qui se confrontaient, pour lui donner une allure énigmatique. La première à s’exprimer serait la louve, menaçante :

– Que viens-tu faire ici, vermine… Tu nous penses ignorants ? L’un des tiens a sauvagement massacré Yasen, mon frère ! Si tu es venue te moquer… je jure de te…
– C’est assez, Luciella.


Une ordre qui venait de celle qui ressemblait le plus à une humaine. Quelque chose qui serait renforcé par les mots de la dernière créature.

– Ne sois pas vulgaire en présence d’une guerrière qui n’a encore rien montré de la barbarie que tu dénonces. Cela est vulgaire de prêter sur une tête ce que nous souhaitons y voir, sans chercher à discerner ce qui est vraiment.
– Zora, évite d’en rajouter. Tu sais comme ta sœur a souffert de la perte de son frère.


Un infime baissement de tête accompagnerait la réponse de Zora.

– Je vous prie de me pardonner, mère. Je n’avais pas l’intention de blesser ses sentiments. Mais il ne faut pas non plus qu’ils nous tirent vers la sauvagerie.
– Bien entendu.


En parallèle, Luciella qui réprimait ses pulsions. Ses traits se défiguraient, au point de ne pas rendre si évidents les larmes de sang venant couler de sous le tissu qui lui couvrait les yeux. L’humaine, quant à elle, viendrait l’apaiser en lui caressant un instant la fourrure, délicatement, avant de se relever pour s’avancer en direction de Ghanima. S’inclinant un peu, elle lui présenterait ses excuses.

– J'espère que vous ne prendrez pas pour vous la colère de ma fille. Le meurtre de mon fils a résonné comme une morsure à son cou et la douleur lui fait voir l’ennemi partout. Pour ma part, si cette nouvelle m’a également profondément blessée, j’ai pu en discuter avec le Pontifex et recevoir de lui la promesse que le coupable serait bientôt mis à jour et châtié.

Laissant ses prunelles serpentines rencontrer celles de Ghanima, son expression n’afficherait aucune émotion particulière. Un sourire de façade. Mais dans le même temps, aucune chaleur dans son regard.

– Vous souhaitiez me parler ?
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Message Re: [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan]   [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] EmptyLun 11 Oct - 20:51
Je rentre dans cette antre infecte. Miroir de ce que cet endroit a de pire à offrir. Je ne perçois pas la moindre trace de divinité ici. Pire encore que dans le reste de ce Dédale de chair. Pourquoi sommes nous prisonnier de cet endroit ? Quel genre de plan sordide ou de punition infâme ton dieu veut nous infliger, Zvezdan ? Toujours est-il ma tête se tourne vers l’étrange créature qui se tient à ma droite. Un être qui n’est que vaguement humain ou tout du moins, qui le fut simplement. Une créature monstrueuse, à l’image de cet endroit. Reste à savoir si cette chose se range dans ceux qu’il faudrait mettre à mort, pour leur éviter les tourments de leurs existences, pour tester leur force aussi. Le nombre ne fait pas la qualité. Et les laisser s’entre-dévorer pour faire sortir des cadavres ceux capables de penser et de survivre serait sûrement une idée raisonnable. Mais Zvezdan aura bientôt besoin de ces cadavres. Nous sommes tous égaux dans tes plans, après tout.

Cette chose d’appendice et de métal n’est pas seule dans cette pièce et ce n’est toujours pas cette Luan que je viens voir. Ce loup m’inspire plus de méfiance que la créature de métal. Mais cette appréhension n’est pas vraiment entièrement la mienne. Les mots des mères glissent dans mes oreilles et la méfiance pour celui qui a l’apparence du prédateur connu est grande. Pendant longtemps, après tout, les loups ont fait peur aux hommes et les mères se souviennent des lointains hurlement perçant la nuit. Mon regard se fait dur quand il commence à parler et ne se détourne pas de cette bête. L’hostilité est palpable, le danger réel, mais nécessaire. J’écoute ses menaces et je bouge pas. J’attends avant de répondre, car je ne suis pas de celle qui crache gratuitement du venin. Tranchante mais jamais gratuitement. Je me tourne donc ensuite vers cette créature de tube et lui adresse un signe de tête, la remerciant de ces mots adressés.

Je me tourne enfin vers leurs mères… Cette Luan que je suis venue rencontrer. Décidément, Zvezdan aime à s’entourer de femmes. Mes yeux passent sur Zora, puis Luciella et enfin, Luan. C'est vers cette dernière que mon regard va s’arrêter, c’est à elle que je suis venue parler, après tout. Et je ne suis pas là pour m’adresser aux enfants.

« - Oui, j’aimerais m’entretenir avec vous. »

Je fais un pas en avant, changeant de bras le casque de la cuirasse de la guerre que je porte sur le dos. Je reprends ensuite, après avoir laissé un silence d’un battement de coeur.

« - Je suis désolé pour la perte de votre enfant. Je sais à quel point cette douleur peut peser à une mère. Zvezdan nous en a parlés et j’ai questionné les miens. Ils n’y sont pour rien. »

Dans ma voix froide et distante, l’empathie malgré tout de celle qui comprend. Plutôt de la douleur enfermée. Je ne peux m’empêcher de la comprendre, de penser à mes enfants que j’ai amenés à la mort contre ces guerriers aux armures noirs…

« - Et je désire en effet vous parlez au nom de mes propres enfants. J’aimerais voir s’il n’est pas… possible d’arriver à une meilleure cohabitation. Certaines de mes filles ont eu des démêlées avec certains de vos enfants. Rien de grave mais il serait triste que cela le devienne. »


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Message Re: [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan]   [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] EmptyMer 20 Oct - 18:22
Une lueur s’esquissa dans le regard de Luan lorsque Ghanima se présenta elle-même comme une mère. Quelque chose d’anodin, si on oubliait le peu d’émotion que la Reine du Dédale prêtait à ses interlocuteurs en temps ordinaire. La plupart du temps, elle ne trouvait à adresser qu’un mur de froideur, un peu comme elle le démontra au Cardinal de la Pestilence lorsqu’il vint enquêter sur ses faits et gestes. Un détachement peu réceptif des menaces d’actes ou de situations.

– Vous souhaitez en discuter ailleurs, n’est-ce-pas ?

Derrière, Luciella de frémir à cette perspective. Un soupçon de panique se lisait malgré ses traits monstrueux. Une angoisse irrépressible.

– Non, Mère ! Ce n’est pas prudent ! Et si ce monstre en venait à vous…
– S’il te plaît, Luciella. Je sais ce que je fais.
– Mais…


Devant les atermoiements de sa fille inquiète, Luan vint se retourner et s’approcher de sa fille. Arrivée à son niveau, elle poserait une main maternelle sur ce museau fébrile.

– Souviens toi de notre promesse. Je ne t’abandonnerai pas. Tu ne seras jamais seule. C’est le vœu que je t’ai porté, et pour qu’il s’exauce, il me faut tenir mon rôle.

Le silence de suivre ces mots. Une contenance peu aisée de ses pulsions. Luan quant à elle d’esquisser un sourire plus humain que tout ce qu’elle avait pu offrir à ceux qui n’appartenaient pas à sa famille.

– Tu me fais confiance ?
– … Oui.
– Bien, en ce cas, je reviendrai.


Puis, de revenir vers Ghanima. Tout ce temps, Zora était restée immobile et impassible. D’évidence que l’inquiétude l’affectait moins. Cette fille là ne souffrait pas de cette cécité qui confinait à l’angoisse.

– Je vous suis. Où souhaitez-vous que l’on se rende ?

Et dans la foulée, quand les deux femmes sortiraient de cette antre peu engageante, Luan de reprendre la parole.

– Vos excuses sont appréciées. Je souhaite aussi que nous cohabitions, bien que je m’interroge parfois sur la question… J’ai conscience que mes enfants incarnent pour beaucoup ici des erreurs de la nature. Vous avez parlé d’incidents. De quoi est-il question ?
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Message Re: [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan]   [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] EmptyDim 24 Oct - 1:41
Je ne sais que penser de la lumière que je vois brièvement passer dans ses yeux. Je me doute assez facilement du genre de femme qu’elle peut-être. Dure comme les roches les plus enfouies du désert. Acéré par le vent qui les balaie sans arrêt. Alors, que me vaut cette attention ? Les mères ont leurs propres avis. Méfiance. Comme si j’avais besoin de me l’entendre dire. Enfin, ce n’est pas tant de la mère que je me méfie, mais des enfants. Je ne connais que trop bien cette propension qu’ils ont à désobéir et à se mettre en danger quand on détoure le regard d’eux. La perte de l’un des leurs les ont-ils suffisamment affectés pour qu’ils choisissent de désobéir à leurs mères ? Mais je reste maîtresse de moi-même et je ne montre rien de mes questionnements. Je lui adresse un courtois signe de tête en réponse. Il serait en effet plus sage que nous parlions entre mères, sans les enfants pour nous entendre.

Je fais un pas en arrière quand l’une de ses filles semble y trouver à redire. Pas suffisamment loin ne pas entendre, mais ce pas de retrait montre le respect que j’ai pour cette autorité maternelle qui est la sienne. Pour ce cocon familial qui est le leur, bien qu’il soit si étrange. Après tout, je suis celle qui a mis un pied dans leurs vies et leur intimité. Elle revient enfin vers moi, après un dernier coup d’oeil vers la plus calme de ses enfants. Triste que sont ces créatures. Mais l’affection qu’elles portent à leur mère est bien réelle.

« - Nous n’avons pas à aller très loin. Quelques pas dehors devraient suffire. Suffisamment pour ne pas trop inquiéter votre enfant. »

Nous venons de sortir, laissant ces choses derrière nous. Et elle n’attend pas pour commencer à entamer le dialogue. Je l’invite d’un geste de la main à poursuivre dans un des corridors de cet endroit damné. Cet endroit vivant a changé, depuis que j’y suis arrivée. Mais certains de ses organes sont restés les mêmes. Pourquoi ? Je ne suis pas certaine de vouloir avoir la réponse à cette question. Je me tourne vers elle et lui répond d’un sourire.

« - Des bêtises d’enfants. »

Un peu plus violente que des jouets volées ou des coups distribués lors d’un jeu un peu trop vigoureux.

« - Quelques coups, quelques blessures. Les miens et les vôtres ne se comprennent pas. Je pense que c’est cela le nœud du problème. À vrai dire, je suis étonnée de voir qu’ils tous aussi différents les uns des autres. Je m’attendais en tout état de cause à les trouver similaires à ceux qui errent les recoins du Dédale. Moi-même, je ne vous connais que de réputation, dame Luan. Peut-être serait-il bon de commencer par là ? »

Mes lèvres de se fermer un instant. Puis de reprendre :

« - Il n’est que justice que je commence. Après tout, vous ne devez probablement pas savoir grand-chose de moi. Alors je suis Ghanima, cardinale de la guerre, prêtresse du couteau, mère d’une tribue nombreuse et porteuse de leur deuil éternel. Sorcière du désert, comme on me nomma avec mépris. Mais je suis mère avant tout. Je suis celle qui veille sur les miens et fait pour eux, les choix difficiles qui les mènent vers l’accomplissement d’eux même. Voilà qui nous aidera déjà à mieux nous comprendre l’une l’autre, pour le bien de nos enfants respectifs. »


cuirasse de la Guerre:
 



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Message Re: [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan]   [Début mai 553] - A la mère qui ne m'a jamais fait naître [PV : Luan] EmptyHier à 21:00
Ghanima et Luan se trouvaient enfin seules, sans qu’aucune de ses progénitures n’en vienne à encombrer leur conversation. Il était des discussions qui ne pouvaient être entretenues qu’entre « adultes ». Car oui, ces enfants portaient souvent avec eux leur lot de troubles. Des « bêtises », comme on aimait les appeler. Et cette dénomination détendit un peu Luan. Des échauffourées, selon toute évidence. Mais rien de véritablement problématique, du moment que les personnes en responsabilité veillaient au grain.

De l’incompréhension. Comment pouvait-il en être autrement considérant leurs natures respectives. C’était comme s’attendre à ce que des herbivores se réjouissent de la cohabitations avec leurs prédateurs. Des prédateurs certes muselés, mais traînait toujours cette menace qu’à un moment, l’inhibition de leurs instincts primordiaux reprennent le dessus. Mais si on reconnaissait aux herbivores leur individualité, n’était-il pas naturel de considérer qu’il en allait de même pour les prédateurs ? Oui, ses enfants étaient chacun différents. Mais dans le même temps, similaires. La femme aux prunelles ophidiennes serait toujours la seule à le saisir et ne s’en offusquait. Après tout, n’en allait-il pas de même pour cette Cardinale envers ses filles ?

Cette dernière ne voulait pas s’arrêtait aux qu’en dira-t-on sur la Sluagh. Elle voulait éprouver de ses propres yeux ce qu’il en retournait vraiment. Et à cette fin, de montrer l’exemple en commençant par se présenter plus avant. Cette histoire de tribu semblait intriguer l’ambassadrice, ainsi que le regard qu’elle portait sur son rôle dans tout ça. Une histoire qui étrangement, semblait faire écho avec quelque chose. Dans son regard monstrueux, Luan n’était pas étrangère aux expériences traduites par son interlocutrice. Une posture difficile à supporter, plus exigeante que d’être simplement une enfant. Une position qui appelait des responsabilités et entraînait des choix que des étrangers pouvaient bien houspiller par ignorance.

Silencieuse le temps des confessions de Ghanima, Luan regardait devant elle, songeuse. Ce n’était pas une discussion à quoi elle avait été habitué entre ces murs organiques. Pour la première fois, elle pouvait sortir de la fonction au bénéfice de l’être.

– À l’apparence de mes enfants, vous devez deviner que j’ai peu à voir avec vous autres, humains. À la vérité, mes semblables ont longtemps vu en vous du bétail. Et il nous en a coûté que ces bêtes d’élevage nous chassent désormais jusqu’à nous faire craindre notre extinction pure et simple. Cet état de fait nous a conduit à nous adapter pour survivre. Et cela explique ma présence ici comme ambassadrice au service d’un ordre…

La Sluagh ne termina pas sa phrase qu’on en devinait à son visage indifférent le peu d’attachement qu’elle prêtait à ses employeurs. Elle parlait avec une honnêteté surprenante. Les mots n’étaient pas vraiment de ceux qui cherchaient à se donner une belle image. Ils n’étaient pas ceux d’une ambassadrice. Et en cela, ses paroles prenaient une étrange tonalité.

– Cela doit faire une éternité que je n’ai pas vécu pour moi-même. Au point où je pense avoir oublié comment faire. Et pourtant, je me souviens avoir essayé. Même en dehors du cercle de mes congénères. Parmi les humains. Mais vous savez, les humains sont déjà presque incapables de se faire confiance entre eux plus de dix ans. Alors, des humains et des monstres…

Ces derniers mots furent pour elle l’occasion de planter son regard ophidien dans celui de la Guerre. Sans avoir à l’exprimer, le mot était passé qu’elle doutait qu’une cohabitation durable soit seulement possible. Et pourtant, ses choix dans cette Citadelle contredisaient son attitude présente. Le signe d’une personnalité résignée par une vie qui ne se fondait que sur de mauvais choix ?

– Le lien du Sang est éternel. À la fin, lui seul éclaire notre chemin. Vous devez connaître ce sentiment, comme Mère. Nous leur consacrons nos existences car nous avons oublié comment vivre autrement. Et quand meurent nos enfants, cela revient à regarder mourir des parts de nous-mêmes. Il n’est pas de sentiment plus cruel.

Était-ce en réponse à ce que Ghanima lui avait confié ? Une forme de compassion devant la peine qu’elle avait rencontré à la mort de ses propres enfants ?
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