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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre

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Message [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyDim 29 Nov - 10:29
:: La diplomatie est en marche...

Le tutoiement. Liao n’était pas à l’aise avec ce concept en règle général, mais devant les marinas et d’autres généraux, il n’aurait pas voulu continuer le vouvoiement alors qu’elle le tutoyait ouvertement. Un élan de fierté ou une envie de montrer sa force. L’Hippocampe distilla quelques conseils à la Saint. Des informations qu’il jugeait nécessaire de fournir compte tenu des circonstances. Et puis Nimuë lui était très sympathique, il ne souhaitait pas avoir à lutter contre elle pour le moment. Un jour ils seraient amenés à s’affronter, mais le marina espérait que cela se déroule le plus tard possible. A côté de ces sentiments personnels, le chinois jugeait que le moment n’était pas encore venu pour les atlantes d’affronter ouvertement les Saints. Ils n’étaient pas prêts et avaient besoin d’un peu de temps pour préparer un plan digne de ce nom, qui commencerait sûrement par la libération du général des Lyumnades. Ces pensées tourbillonnaient dans son esprit, avant qu’il n’en soit sorti par la proximité de l’émissaire du Sanctuaire. Le général du pacifique nord retint une expression de dépit et un soupir devant l’attitude des deux autres généraux, et remarqua rapidement que ce comportement avait été capté par leur invitée. Ce genre d’informations nécessitait de rester secrète. Le mal était fait à présent, et Liao profiterait d’une prochaine occasion pour rappeler les deux généraux à l’ordre ou demander au Grand Prêtre d’intervenir sur ce point.

Arellys quitta le Sanctuaire sous-marin après avoir exprimé un dernier avis, destiné à son homologue du Kraken plus qu’à l’émissaire du Sanctuaire. Nimuë confirma certaines rumeurs courant sur le compte du Grand Pope, et Liao nota ces détails dans un coin de son esprit. C’était un homme dangereux et étrange. Mais l’information la plus importante aux yeux du marina était que la pirate était déjà au service d’Athéna lors de leur rencontre quelques années plus tôt. Un détail échappé ou volontaire révélé par l’intéressée. L’Hippocampe sonna le départ de leur marche vers le temple de Poséidon. Une fois les salutations faite au Kraken, pour lequel le chinois se contenta d’un signe de tête, ils se mirent en marche d’un pas lent et assuré pour le guide. L’atlante écouta l’émissaire évoquer une situation qu’elle ne désirait guère à priori, et préféra ne faire aucune remarque pour le moment. Il se contenta de prendre une petite rue adjacente en entendant le bruit de son estomac. Après quelques pas, le marina s’arrêta devant une petite échoppe, déposa une pièce et prit quelques pains avant de les tendre à son interlocutrice.


_ « Cela t’aidera à te sustenter le temps de l’entrevue avec notre Grand Prêtre. Si jamais tu as besoin d’un peu de repos ou de soin avant de le rencontrer, nous pouvons aisément reporter un peu cette entrevue. Je pense que notre Grand Prêtre ne t’en tiendra pas rigueur. »

Liao avait eu le loisir de remarquer les bandages de la jeune femme. Il l’avait détaillé autant par habitude et jugement que par plaisir dans le fond. Le marina pouvait au moins reconnaître ce détail même si il le conserverait pour lui. Cette personne lui était sympathique. Une sorte de proximité l’étreignait en sa présence, bien qu’il n’ait aucune idée d’où pouvait provenir ce sentiment particulier. Ils reprirent leur marche sous l’impulsion de l’Hippocampe, qui arrêta son avancée l’espace de quelques secondes le temps de retirer son écaille. Elle partit en direction du pilier du pacifique nord, laissant le chinois dans ses vêtements quotidien.

_ « De cette manière nous serons tous les deux plus à l’aise, et sur un pied d’égalité. » Il fit un léger sourire à l’attention de Nimuë avant de reprendre. « Pour ton information c’est un peu par devoir et aussi par envie. Je te l’ai dit ton avenir sur Atlantis est totalement entre tes mains, mais je te promets que tu pourras repartir de ce lieu au terme de ton entretien. » Il marqua une pause et ajouta sur un ton plus léger. « Une allégeance peut évoluer si la manière dont on te traite ne te plait pas. » Après tout si Nimuë ne se plaisait pas au Sanctuaire, elle était libre de sa destinée. Il reprit finalement. « Laissons cela de côté pour une autre discussion. Quelle que soit ta mission, l’issue de cet entretien et son déroulement sont à ta convenance. La courtoisie et le respect te permettront d’obtenir un accueil chaleureux et simple. L’arrogance et le dédain engendreront une situation bien plus complexe avec notre Grand Prêtre. Et notre amitié… connaissance… ou relation d’affaire. Nomme notre lien comme tu préfères ne pourra t’aider. Mon allégeance est acquise à mon Seigneur et à son représentant. »

Les paroles de Liao n’avaient qu’un but préventif et non menaçant. Il énonçait des faits simples. Le général connaissait suffisamment le Grand Prêtre pour appréhender les réactions de cet homme, ou en tout cas tenter de les anticiper. C’était une situation délicate, et même si il jugeait un affrontement inopportun à l’heure actuelle, le chinois se rangerait aux côtés du Grand Prêtre et de sa décision… aussi mauvaise qu’elle puisse lui paraître. Finalement le temple de Poséidon fut en vue. Un édifice imposant complètement vouée à la gloire du Dieu. Liao lança un regard vers la jeune femme, autant pour écouter son éventuelle réponse que pour lui indiquer leur destination. Le général pénétra dans les lieux, son cosmos ayant prévenu depuis quelques minutes Hassan. Ce dernier était à sa position habituelle dans ce genre de situation, et l’Hippocampe s’approcha se mettant à genou quelques secondes avant de se relever comme il le faisait toujours. La présence de Nimuë ne modifiait aucunement le comportement du général face au grand Prêtre. Elle devait avoir compris durant leur marche le rôle du chinois sur Atlantis. A ses côtés, personnes n’osaient la défier du regard ou même tenter quoi que ce soit.

_ « Grand Prêtre. Je vous présente Nimuë » Liao insista sur le prénom de la demoiselle avant de continuer. « Chevalier d’Or des Poissons et émissaire du Sanctuaire. Elle souhaitait un entretien avec vous sur ordre du Grand Pope. Le général du Kraken, Lytès, qui lui servait d’escorte m’a confié cette tâche pensant à juste titre que je serais plus à même de juger de votre disponibilité. »

Cette fois, Liao choisit le vouvoiement face au Grand Prêtre. La présence de Nimuë entraînait cette réaction chez le général pour montrer son respect, et son importance sur Atlantis. D’ailleurs, en insistant sur le prénom de la demoiselle, l’Hippocampe escomptait rappeler au grand Prêtre l’origine de leur rencontre. Deux ans auparavant, Hassan lui avait confié la mission d’assurer la sécurité des navires de ravitaillement pour Atlantis. Il avait alors fait son rapport en mentionnant cette capitaine pirate ainsi que son rôle dans les prochaines arrivées de navire.


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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyDim 29 Nov - 12:23
Que s'envolent les illusions







Comme à son habitude, le Général faisait montre d'une délicatesse et d'une prévenance dont Nimuë n'était pas familière. Si généralement elle s'en serait moquée ou faussement offusquée, la pique qu'elle aurait d'ordinaire lancée ne vint jamais. Prise de court, la jeune femme accepta de bonne grâce ces petits pains au demeurant fort appétissants. Son estomac avait reprit son chant de plus belle, la forçant à accepter le tout sans rechigner. Elle s'empressa de remercier Liao comme il se doit avant de secouer la tête de droite à gauche. C'était inutile, secondaire. Sa mission, prioritaire.

- Ce n'est pas la peine, et je ne voudrais pas le faire attendre. Tu disais qu'il était très différent de notre Grand Pope ? J'espère dans le bon sens. J'ai toujours fais en sorte de me tenir loin de lui ! Or récemment il m'a présenté aux autres Gold Saints. Nimuë inspira profondément et imita la voix de Belisaire, comme cette fois là, alors qu'elle pensait être seule au milieu de la forêt bordant Rodorio. Je vous présente Nimuë des Poissons, une jeune femme qui mérite tout notre respect ! Ou une connerie de ce genre. Quel enfoiré.

Sans doute en avait-elle trop dit. Mais ce souvenir avait éveillé son agacement. Elle aurait tout donné pour échapper au Crusos Sunagein. Tout. Car déjà sans blessure la jeune pirate pouvait être un danger, mais avec des plaies ouvertes et sanguinolentes, elle était un cadeau mortel. Empoisonnée. De sa malédiction, Nimuë n'en parlait pas, pourtant, pendant ce rassemblement elle n'avait pas hésité à le faire savoir. La curiosité poussait à faire des choses stupides parfois et elle qui n'était pas habituée à être ainsi entourée d'inconnus, avait fait montre d'une froideur et d'une agressivité à peine dissimulée. Ainsi était Nimuë. Elle n'était véritablement à l'aise que sur un bateau, à naviguer sur les flots et sentir les embruns de l'océan sur sa peau de nacre. Absorbée dans le fil de ses pensées, la Sainte faillit ne pas s'arrêter quand Liao libéra son corps de son armure. Profitant de l'instant où il ne regarderait pas pour manger un morceau, elle souleva le rebord inférieur de son masque et se hâta d'avaler le tout sans autre forme de procès. Si bien qu'elle faillit s'étouffer quand le Général s'adressa de nouveau à elle. Assez surprise par son discours, Nimuë s'empressa de mastiquer et de déglutir.

- Oh mais tu vas pas te faire engueuler ? S'étonna t-elle tout en replaçant correctement son masque de fer sur ses traits, le bas de son visage brièvement découvert, dévoilant à peine une bouche aux lèvres pleines et étirées d'un joli sourire. Ton armure te vas bien, au fait.

Elle marqua une courte pause, hésitante. Et murmura sans s'en rendre compte.

- Qui voudrait d'un cadeau empoisonné ?

La jeune femme sursauta légèrement avant de continuer à évoluer aux côtés de l'atlante. Ses conseils étaient avisés et elle les nota dans un coin de son esprit. Sur ces recommandations, elle se prit à rire quand Liao s'essaya à définir leur « lien ». Oui, comment pourrait-il se définir ? Après tout, Nimuë n'avait pas été tout à fait transparente avec lui mais, et aussi surprenant que cela puisse être, il ne semblait pas lui en avoir tenu rigueur. Malicieusement, tout en lui proposant le dernier pain qu'elle avait gardé pour lui, la jeune femme glissa :

- Je ne sais pas … je n'ai pas beaucoup d'amis pour ne pas dire aucuns … tout dépend de toi, comment tu me vois. Mais très bien ! Le message est clair Général Liao ! Le devoir avant tout, hein ?

Par jeu elle esquissa un salut militaire avant de retomber dans un drôle de mutisme quand son regard devina les pourtours du Temple de Poséidon. Muette de surprise, une certaine appréhension la gagnait. Un sentiment inconnu noua sa gorge et ce fut dans un glorieux silence, qu'elle continua sa progression. Son rôle d'émissaire du Sanctuaire aurait dû lui faire adopter une attitude détachée dont la neutralité l'aurait fait paraître hautaine et protocolaire. Cependant ces deux caractéristiques ne définissaient pas cette jeune femme franche au fort tempérament. Comme la mer pourtant, elle pouvait être calme et majestueuse. Peu à peu alors, tandis qu'elle jetait des regards subjugués tout autour d'elle aux côtés d'un homme maître de ses émotions, elle, se ressaisit enfin. Non sans se hâter de remettre de l'ordre dans sa chevelure de feu et ses vêtements. Geste qui avait quelque chose d'amusant surtout quand on la connaissait un peu et qui traduisait sa nervosité grandissante. Arrivée en vue du Grand Prêtre de Poséidon, Nimuë ne sut détourner son regard, si bien, qu'elle ne s'inclina pas. Immobile comme une statue de sel, la belle fut prise d'un léger vertige. Ce même sentiment de tout à l'heure galopait en elle à l'instar de mille chevaux lancés au grand galop. Sa poitrine la brûlait de plus en plus. Inconsciemment sa main droite s'était posée contre sa gorge où brillait légèrement ce beau rubis qu'elle possédait depuis sa naissance. Ce fut la voix de Liao, une fois encore, qui la ramena à la raison. À son tour elle s'inclina.

Mais ses mots se heurtaient dans son esprit. Tant et si bien qu'elle fut incapable de parler. Elle remercia la Déesse Athéna et cette stupide loi sur le port du masque. L'illusion était-elle pour autant intacte ?






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[Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre Cxyl
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyLun 30 Nov - 4:07
Cinq ans. Cinq longues années le séparaient de ce jour où lui et son peuple avaient du plier l’échine devant les armées d’Athéna. Comme s’il n’avait fait que fermer les yeux un bref instant, il se rappelait de tout. De chaque murmure de malheur venant résonner au sein de son temple, de chaque larme qui avait trouvé naissance dans les yeux des siens, de chaque regard vide sur le visage des mères qui apprenaient que jamais elles ne reverraient leurs enfants. Jamais il n’avait pu oublier, et jamais il ne l’avait désiré. Bien que l’Atlantide avait retrouvé de sa splendeur d’antan, beaucoup souffraient encore de la sévère défaite infligée par les Saints, et lui-même en portait tout le poids. Une défaite dont il n’avait aucun mal à se rappeler chaque jour, par l’absence contrainte d’Ariane, ultime affront infligée aux Atlantes. Du moins, c’était celui qui le touchait le plus. Il avait vu chacun de ses généraux, anciens et nouveaux, se faire appeler à Atlantis. Il avait fais connaitre la voie du Seigneur des Mers à certains jusqu’à leur donner leurs écailles. Chacun d’entre eux qui avaient trouvé la mort suite à ses décisions en temps en guerre étaient une cicatrice de plus qu’il portait, sans vouloir oublier.

Pourtant, et malgré le souvenir de sa défaite qui restait plus vivace que chez nul autre, son ancien adversaire avait choisi d’envoyer un émissaire, comme pour leur rappeler que quelque part, loin du calme des eaux, se dressait toujours une puissance contre laquelle les atlantes avaient fléchi. C’est en tout cas ce qu’en pensait Hassan, à peine curieux de savoir sous quelle forme se présenterait la provocation. Bélisaire et lui n’avaient de toute façon rien à se dire, et si le premier avait pu oublier la fierté atlante, le second aurait tôt fait de lui rappeler.

C’est ainsi qu’il avait confié à Liao le soin de la tenir proche de lui et de l’emmener le voir si elle en exprimait le souhait, ce qu’il savait pertinemment qu’elle ferait. Les méthodes du Grand-Pope n’étaient pas à son goût, et si il ne se posait pas vraiment de question sur les paroles sans doute déguisées que l’émissaire apporterait, les réelles motivations de Bélisaire l’intriguaient. Hassan avait donc pris place sur le majestueux trône de Poséidon. Patiemment, il avait attendu, discernant avec soin tous les cosmos qui s’approchaient de l’inconnu venu de la surface. Le Kraken avait fait son travail en recevant l’étranger et en lui ouvrant les portes d’Atlantis, celles-ci se refermant bien entendu derrière ses pas, comme le désirait Hassan. Un saint qui venait jusqu’ici prenait vraisemblablement des risques, d’autant plus si il se considère en terre conquise. Un sentiment qu’il ne tolérerait évidemment pas au sein du royaume des mers. C’est vers l’Hippocampe que Lytès avait emmené l’émissaire, la direction qu’ils empruntèrent confirmant au Grand Prêtre que le moment de poser ses yeux sur le pauvre homme envoyé par Bélisaire était arrivé.

Assis bien au fond de son siège, sa lourde écaille toujours équipée comme-ci il pouvait en avoir besoin à chaque instant, son seul œil vif et perçant guettant l’entrée, le Grand Prêtre de Poséidon était un homme qui pouvait impressionner. Il ignorait l’image que pouvait se donner le Grand Pope chez lui, enhardi par ses victoires. Il devait probablement se plaire à s’imposer en maitre absolu, fier d’être parvenu à vaincre ses adversaires, et tout aussi fier de leur rappeler, l’émissaire en étant la preuve. Son nom glorieux ne devait que renforçait son impression qu’il était un homme au dessus des hommes. Hassan, lui, n’avait pas de nom glorieux, il n’était qu’un cilicien parmi d’autres, un homme qui avait vu sa renaissance et son salut dans les eaux. Plus qu’un dirigeant, il était un homme, un pirate, un général, qui avait voué sa nouvelle vie à son peuple, à la mer, et à son Dieu. Il n’appréciait pas ces accueils cérémonieux, et pourtant il savait qu’il devait s’y plier. Au moins, durant les premières minutes de la rencontre.

Liao et l’émissaire du Sanctuaire ne tardèrent pas à enfin se montrer. Son Général affichait la même sobriété et le même sérieux qu’à son habitude, si ce n’est qu’il ne portait pas son écaille, tout comme l’inconnu qui l’accompagnait. L’œil d’Hassan se tourna bien vite vers l’intéressée, pour ne plus la quitter durant toute leur avancée. Le regard sévère, le visage froid, il ne laissa rien transparaitre. Pourtant, l’émissaire n’était pas ce à quoi il s’attendait. Alors qu’il pensait voir un représentant du Sanctuaire tout d’or vêtu, rempli d’arrogance parce qu’on lui aurait conté une victoire auquel il n’aurait même pas participé, c’est une femme sans armure qui apparu. Habillée sobrement, une longue chevelure rousse, un masque cachant son visage, elle était loin du portrait qu’il s’était fait de l’émissaire type du Sanctuaire. Il guetta toute son avancée, et ne la quitta pas du regard alors même qu’il écoutait Liao la présenter, surveillant avec attention les réactions de la jeune femme. Alors qu’elle s’inclinait à son tour, comme ci elle s’était brusquement souvenue du protocole à observer en de telles circonstances, il laissa passer quelques secondes, toujours observateur.

L’entente de son nom, prononcé de la bouche de Liao, lui rappela le rôle qu’elle avait joué dans la sécurité de navires atlantes quelques années auparavant. Une capitaine pirate, selon les rapports. L’une de ses semblables, dans une autre vie. Pourtant, quand lui avait choisi de vouer sa vie à la mer, elle avait fait le choix de vouer la sienne à Athéna, de servir ceux qui avaient lutté contre Atlantis et qui leur faisaient encore payer. C’est d’un hochement de tête respectueux qu’il reçu les paroles de son plus fidèle Général, mais un acte ne pouvait faire oublier l’allégeance d’une vie. Elle appartenait à un autre monde, avait accepté leurs règles, son masque qu’elle portait même ici en était pour lui une preuve. C’est dans ses paroles qu’il la jugerait, et au-delà de toute la rancœur qu’il tenait envers les Saints, elle restait un émissaire. Gardant son regard sévère, Hassan brisa enfin le silence, parlant avec la franchise dont il avait l’habitude.


- Rares sont les serviteurs d’Athéna à avoir pu franchir les portes de notre cité. Et plus rares encore sont ceux qui en étaient dignes. Aujourd’hui, vous foulez notre sol, marchez aux côtés des nôtres sans même porter votre armure, traversant nos rues comme-ci tout était oublié. Ce droit de fouler cette terre sacrée, vous l’avez obtenu dans le sang de nos frères, vous le conservez en nous forçant à vous donner comme tribu l’un des enfants d’Atlantis.

Si ses paroles pouvaient paraître agressives, il n’en exprimait pas moins son avis. Ce n’était pas elle qui était visé, n’importe quel envoyé du Sanctuaire aurait eu droit aux mêmes paroles. C’était bien l’action de Bélisaire qu’il critiquait, pas la femme que le Grand-Pope ne respectait même pas assez pour l’autoriser à enlever son masque. Hassan avait tenu à faire comprendre qu’il n’appréciait pas sa venue, et il n’hésitait pas à dire avec franchise ce qu’il pensait.

- Sachez, Nimuë des Poissons, que vous n’êtes pas la femme venue du Sanctuaire que je désirai voir franchir ces portes.

Il parlait évidemment d’Ariane, contrainte à rester loin de chez elle depuis cinq années déjà. Il était important pour lui de resituer les positions dès les premiers instants. Elle aurait l’hospitalité d’Atlantis, et serait traitée de la même façon que l’on traite son Général. C’était l’une des raisons pour laquelle il avait accepté de la recevoir. Tenter de connaitre les intentions de Bélisaire à travers les paroles de son envoyée en était une autre. Hassan reprit donc la parole, revenant aux raisons de sa venue, l’air toujours aussi sérieux.

- Vous êtes donc venue me transmettre la parole du Grand-Pope.

Une pointe de mépris pouvait se lire sur ses lèvres, alors que son dos retrouvait le dossier de son siège, tout en reprenant.

- Alors parlez.

L’œil droit rivé sur Nimuë, il attendit qu’elle lui dévoile les raisons de sa venue. Des raisons qu’il espérait valables, et qui contredirait l’impression qu’il avait de quelqu’un envoyé uniquement pour le provoquer. De ses prochaines paroles et de sa manière de répondre dépendaient la suite de cette entrevue.
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyLun 30 Nov - 12:48
:: La diplomatie est en marche...

Sur le trajet les menant vers le temple de Poséidon, Liao conversait naturellement avec Nimuë se montrant même plus familier qu’avec certaines connaissances du sanctuaire sous-marin. Cette proximité étrange avec la demoiselle était étrange mais intéressante. Le général s’arrêta pour acheter un peu de nourriture pour l’émissaire du Sanctuaire. Il comprenait les raisons de cet appétit, et préférait éviter d’entendre ce genre de bruit pendant la discussion avec le Grand Prêtre. Elle se sentirait mal à l’aise, et même si elle représentait l’ennemi, le chinois ne souhaitait pas la laisser dans cette situation. Son offre de se reposer un peu fut refusée, et il s’était attendu à cette réaction. La bienséance l’avait amené à faire cette proposition malgré tout. Un haussement d’épaule fut sa seule réponse sur la différence avec le Grand Pope, la comparaison était difficile dans la mesure où Liao ne connaissait Bélisaire qu’au travers de ses faits d’arme et des rumeurs. Son agacement pour le représentant d’Athéna était étonnant autant qu’amusant. Sa relation avec le représentant de Poséidon était bien différente et basée sur une confiance mutuelle, et d’ailleurs il n’avait jamais vu Hassan se conduire avec condescendance ou dédain vis-à-vis d’un autre atlante. Liao avait l’impression que sur Atlantis, les marinas formaient une famille plus qu’une armée comme au Sanctuaire. C’était un ressenti personnel basé sur une seule observation de sa part, et peut-être se trompait-il… peut-être que cela avait été la cause de la défaite de son camp lors de la précédente guerre.

Retirant son armure, Liao ajouta quelques paroles pour éclairer son interlocutrice sur la situation actuelle. Un sourire accueillit sa remarque. Hassan ne lui ferait aucune réflexion, à part peut-être pour lui faire remarquer sa décontraction étonnante devant Nimuë. Le Grand Prêtre ne lui tiendrait pas rigueur de cette attitude, et vu qu’elle ne portait pas son armure, il comprendrait sûrement le raisonnement du gardien du Pacifique Nord. L’avantage d’avoir un lien respectueux et de confiance avec son supérieur. Contrairement à Nimuë, qui donnait l’impression de craindre Bélisaire bien plus qu’elle ne le respectait. Un hochement de tête accueillit le compliment sur son armure. Des mots agréables pour l’intéressé. Il trouvait effectivement son écaille magnifique, bien plus belle que celle des autres généraux… en toute objectivité ou presque.


_ « Merci. » Une simple réponse avant de continuer sur un changement d’allégeance possible, en cas de mauvais traitement. Après tout si elle ne se sentait pas à l’aise au Sanctuaire pourquoi y rester. Sa réponse fut accueillie par un regard interrogateur. « Tu pourrais être surprise. »

Il avait ajouté cela à mi-voix, préférant couper court à cette conversation. Ce n’était ni le lieu ni le moment, mais il avait envie d’approfondir ces paroles énigmatiques à l’occasion. Nimuë l’intriguait au plus haut point, en tant que personne et à cause de cette proximité qu’il ressentait avec elle. Un peu comme si elle était aussi une marina. Un détail étonnant pour lui, qui avait vu les Saints décimer ses frères d’arme cinq années auparavant. Si la rage l’avait toujours étreint de manière discrète en entendant parler du Sanctuaire et des chevaliers, son interlocutrice n’engendrait qu’un sentiment de curiosité et de proximité. Silencieux, encore une fois, Liao se dit qu’il devrait aborder ce sujet ultérieurement concernant leur relation. Comment la voyait-elle. Il allait devoir réfléchir à cette question pour apporter une réponse à la demoiselle, mais pour le moment elle n’était pas une ennemie. Finalement ils se retrouvèrent face au Grand Prêtre, dans la position où s’était attendu à le trouver l’Hippocampe. Il fut le premier à prendre la parole pour présenter l’émissaire. Nimuë semblait étrangement silencieuse et intimidée. Nul doute que cela ferait plaisir à Hassan. Dès cet instant, Liao fit un pas en arrière se postant en retrait de la Saint des Poissons. Elle se trouvait prise en étau entre le général et le grand Prêtre.

L’intervention d’Hassan intéressa Liao, et il le trouva étonnement calme pour le moment. Ses paroles étaient rudes et sincères. On y sentait l’amertume et l’énervement. Des sentiments compréhensibles compte tenu de la situation. Sa remarque concernant Ariane amusa l’Hippocampe, qui se garda bien d’exprimer cette émotion. Son visage conservait cette sobriété si naturelle pour lui. Le jour où le Grand Pope renverrait Ariane sur Atlantis serait un jour à surveiller. Cela signifierait une attaque en règle de la cité sous-marine. Liao était curieux d’entendre la réponse de Nimuë. Que souhaitait transmettre Bélisaire. Que souhaitait-il encore. Ses intentions étaient probablement de rappeler la position de force du Sanctuaire, tout en mettant en avant l’épée de Damoclès pesant au-dessus de la tête du général des Lyumnades. Ils pourraient ne pas tenir compte de cette menace, mais le Grand Prêtre n’accepterait jamais de sacrifier Ariane et aucun général ne pourrait l’accepter. Quel que soit les liens unissant chacun d’eux. Ils étaient une famille.


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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyLun 30 Nov - 13:28
Une vérité crue







Son cœur blessé se fissurait peu à peu, ses yeux n'étaient qu'un vaste océan d'incertitudes. Elle se souvenait. Oui elle se souvenait de cette scène, qui, cinq années plus tôt lui avait fait connaître les tragédies de la guerre. Ses affres et ses sanglantes machinations. Elle se souvenait qu'une douce matinée avait été le prélude au chaos innommable, d'une lutte acharnée et cruelle que dirigeait Narsès, l’Eunuque. Les côtes Égyptiennes avaient été témoins d'une frappe aussi vive qu'expéditive, renvoyant des soldats appelés en renforts, entre les bras sombres de la Mort. Elle se souvenait des cris et des pleurs des défunts, de leur yeux révulsés, perdus à jamais dans cette vaste immensité qui s'étendait au dessus de leur tête. Leurs corps pulvérisés, réduits en charpie par la main barbare. Et toutes ces roses, mortelles qui formaient un manteau, comme un linceul.

Le célèbre général Arménien lui avait alors demandé de le suivre en Atlantis pour livrer une nouvelle bataille contre les atlantes, se venger de leur tentative rebelle et s'assurer ainsi une victoire totale. Ainsi était la guerre et son cortège d'absurdité. Or Nimuë à cette époque, bien que jeune, détenait en elle cette part de monstruosité que Lucius avait forgé tout au long de ces années d'entraînements. Le poids de son armure lui avait parut bien insupportable, et, couverte du sang de ses ennemis, elle n'avait eu d'autre choix que de suivre les ordres.

Sa part de noirceur. Ne lui avait-on pas dit qu'elle était un monstre ? Les soldats en retrait affichaient clairement leur mépris, ils ne pouvaient qu'être en accord avec leur Grand Prêtre. Nimuë était une Sainte et à ce titre une ennemie. Un indésirable.

Mais cette fois-là elle n'était pas entrée en Atlantis, elle s'était fait violence, avait ouvert les yeux juste à temps avant de sombrer dans cette frénésie qui l'animait quand elle combattait. Elle n'avait été qu'une simple observatrice, une vague silhouette écarlate perdue au milieu du champ de corail. La pirate avait assisté, impuissante, à ce massacre, à écouter les chants des défunts. Faiblesse d'âme ? On aurait pu mettre cela sur le compte de son inexpérience, pour autant Nimuë n'avait répondu qu'à un appel instinctif, à ses propres convictions.

Or bien qu'elle n'ait pas prit part à ce conflit, la faute lui incombait tout de même, le sang d'innocents souillerait ses mains à jamais. Il y avait des plaies indélébiles, des rancœurs tenaces que les Poissons comprenaient. En revanche, ce qu'elle ignorait, c'étaient les motivations du Grand Pope à l'envoyer, elle, comme émissaire. La véritable raison. À cause de son échec, de son inaction Bélisaire la punissait-elle ? Voulait-il lui rappeler qu'elle était une Sainte sous la bannière de la Déesse de la Guerre ?

Le message n'était pas très clair. Ainsi Nimuë avait-elle décidé de laisser parler son cœur plutôt que sa raison.

Sa présence seule était une provocation, elle le savait. Étrangement la belle s'était présentée sans armure, espérant de ce fait atténuer les souffrances d'un passé pas si lointain. Il n'en était rien pour l'homme qui, tout en majesté la toisait du haut de son trône, ne la saluant même pas, se contenant de déverser sur elle des mots froids et implacables où transparaissaient une haine presque palpable. L'Irlandaise accusa le coup sans broncher. Non, vraisemblablement pas, elle n'était pas l'image même que l'on se faisait d'un chevalier d'or, fier et orgueilleux d'être au dessus du Monde. Pas d'or dans son apparat. Ce rôle de fier guerrier, à l'allure noble irait mieux à certains de ses confrères, comme ce Childéric, ce prince déchu au cœur tendre et au rire tonitruant. Un léger soupir s'extirpa de ses lippes.

Elle n'avait rien d'une Sainte et pourtant. Le silence s'était imposé depuis un peu trop longtemps, quelques servantes encore présentes pour leur Seigneur s'étaient même arrêtées, curieuses de l'immobilité de l'intruse. La voix de la Voix des Mers avait éclaté comme un fouet. En comparaison, la sienne sonna d'une douceur et d'une émotion qu'on ne lui connaissait pas. Mue par un élan. Une intuition.

- Cinq années se sont écoulées. Il y a cinq ans j'ai moi-même assisté à votre chute, aux portes d'Atlantis. Je me souviens encore de la clameur des assauts du Général Narsès contre votre cité que j'ai regardé brûler sans ciller. Incapable d'y prendre part. Je devinais vos piliers, perdus dans une forêt de corail éventrée par notre force de frappe. Je me rappelle du bruit des cors qui résonnaient partout à la fois, des cris de vos hommes et de vos femmes. Vos enfants.

Ses doigt n'étaient plus que des nœuds de phalanges blanchies. Elle reprit, mesurant ses mots qui vacillaient dangereusement.

- Je suis toute aussi fautive que mes pairs et je suis consciente, plus que quiconque, que je ne suis pas la bienvenue ici. Je ne mérite même pas de me tenir devant vous tant la honte m'accable. Comme c'est celle-ci qui m'anime aujourd'hui en tant qu'émissaire. Pas émissaire non. Ambassadeur. Ce titre je me le suis octroyée toute seule, au risque d'attirer les foudres de Bélisaire. Mais vous savez quoi ? J'en ai rien à foutre.

Il y eut des murmures interloqués, des regards échangés. Prenant une profonde inspiration, la jeune femme fit quelques pas pour se mettre à la hauteur de Liao qu'elle gratifia d'un petit sourire sous le couvert de son masque. Avait-il remarqué la large balafre qui barrait ce dernier ? Il ne verrait pas cette mimique, mais ses yeux, couleur d'océan, chantaient sa tristesse, sa mélancolie ainsi qu'une excuse muette. La vérité éclatait.

- Assurément je ne suis pas celle que vous attendez. Mais je vous promets que votre « enfant » est bien traitée. Je m'en assurerais personnellement, en attendant qu'elle puisse rentrer chez elle. Je l'aurais bien fait plus tôt mais le fait est que jusqu'à récemment, je n'avais jamais mit ne serait-ce qu'un doigt de pied au Sanctuaire. Pour des raisons personnelles, j'ai le devoir de rester loin de mes … frères et sœurs d'armes. Ainsi ai-je pris quelques libertés, libertés qui me coûtent chères. Je pense que je suis ici pour faire acte de rédemption envers mon Grand Pope. Grand Pope qui se rappelle à votre bon souvenir d'ailleurs. Si je pouvais vous éviter le laïus tant attendu de notre prétendue supériorité, ça m'arrangerait.

Elle plongea ses prunelles dans celles du Grand Prêtre, presque effrontément. Nimuë était une pirate après tout. Sa vie avait fait d'elle un être franc et impulsif.

- Si je suis sans armure, ce n'est pas parce que j'ai oublié … nous, pardon. C'est parce que je me présente à vous en tant que Nimuë, juste Nimuë, sans armes, sans défenses.

En toute simplicité, honnêteté.

- Je ne demande pas de faire table rase du passé. Ce que je voudrais savoir, c'est si vous êtes disposés, comme moi, à tendre la main vers un ennemi. Pour espérer un futur plus clément.

Son discours semblait utopique. Peut-être la prendrait-on pour une jeune écervelée, naïve. En vérité elle était bornée. Dans sa main apparut alors une unique rose rouge. Celle que son maître Lucius lui avait offerte avant de mourir. Le seul fragment de lui qui lui restait. La jeune femme demanda alors silencieusement la permission à Liao pour s'avancer, ce qu'elle fit après quelques secondes d'hésitation. Ses pas se stoppèrent à quelques mètres du trône sous les regards courroucés des gardes qui la virent, une à une, arracher les épines de la fleur. Le symbole était fort. Puis, conservant le silence, la dame empoisonnée s'agenouilla, présentant avec douceur, cet objet qu'elle avait autrefois tant chéri, préservée sous une cloche de verre. Aucuns risques pour le Grand Prêtre, celle-ci, avec la mort de son propriétaire, ne possédait plus aucune trace de poison. Nimuë l'ayant absorbé pour achever les Liens écarlates. Qui avaient fait d'elle, une abomination.

Cette brûlure contre sa poitrine était de plus en plus insupportable. L'éclat de la Stella Rubius, de plus en plus fort et perceptible, vrombissait plus elle approchait d'Hassan.

Rugissait de colère et d'indignation.





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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyDim 6 Déc - 3:08
Son œil toujours rivé sur Nimuë, il avait attendu patiemment que sa voix vienne résonner dans le Temple de Poséidon, incarnation de la puissance atlante au cœur de leur cité. Comme il lui avait dit clairement, peu de chevaliers d’or avaient eu l’honneur de franchir les portes d’Atlantis. De ses treize années en tant que Grand-Prêtre, il ne se rappelait d’ailleurs d’aucun qui ait pu traverser cette grande salle avant elle. Un sentiment de malaise logique pouvait donc se lire sur le corps de l’émissaire, que les paroles inhospitalières de Hassan avait du renforcer. Au contraire des Marinas, aucun Saint ne pouvait espérer une réelle chaleur de la part du représentant de Poséidon sur terre. Celle-ci, bien qu’elle l’ait aux premiers abords surpris de par son apparence, n’avait pu échapper à la règle. Elle portait la parole du Grand-Pope, et il n’y aurait pas de faux semblant. Hassan était bien trop fier pour ça.

Pourtant, dans l’attente des mots qui expliqueraient sa venue, la curiosité était toujours de mise. C’est avec attention qu’il écouta chaque phrase prononcée par Nimuë, une voix douce venant de nouveau briser le silence, mais les mots ne l’étaient pas pour autant. Entendre parler des évènements qui s’étaient passés cinq années plus tôt de la bouche de l’une de celles qui avait vu, comme lui, toute la peur et la tristesse s’emparant de son peuple ne manquèrent pas de le toucher. Incapable d’y prendre part, elle avait pu l’être, devant les carnages orchestrés par l’armée de Narsès. Pourtant, c’est de l’œil du vainqueur qu’elle avait vu la scène. Quand les siens fêtaient une victoire, les atlantes pleuraient et enterraient les leurs, s’écroulant en voyant les flammes s’emparer de leur monde. Bien qu’Hassan ne laissait rien transparaitre sur son visage, la colère avait grandit en lui à mesure qu’elle avait parlé. Une colère qu’il parvenait à voiler derrière un masque de sévérité.

Cependant, et après un léger silence, le discours des Poissons changea. La voix presque vacillante, elle avouait sa culpabilité, reconnaissait ses torts. Au-delà de la mission conférée par le Grand-Pope, c’était la honte d’avoir participé à cette guerre si douloureuse qui l’avait mené jusqu’à eux. Sa dernière réplique exprimant clairement ce qu’elle pensait des ordres de Bélisaire parvint même à arracher un début de sourire à Hassan, bien que difficilement perceptible dans sa barbe. Il appréciait ce franc-parler, et c’est toujours avec intérêt qu’il observa la jeune s’avancer de quelques pas, alors que tout autour, les courtisans montraient leur surprise devant les mots qu’elle avait employé. Elle ne tarda pas à reprendre, toujours sur le même ton dénué d’agressivité. Ses paroles concernant Ariane et l’assurance qu’elle était bien traitée furent un réconfort bienvenu, bien qu’il ne puisse croire sur parole un serviteur d’Athéna, qui n’aurait pas eu l’audace de dire le contraire en plein cœur d’Atlantis. De plus, elle disait elle-même n’avoir presque jamais mis les pieds au Sanctuaire, pour des raisons qu’elle disait personnelles. Difficile d’assurer le « retour chez elle » de son Général de sa place, d’autant plus qu’elle ne semblait pas particulièrement dans les bonnes grâces de Bélisaire. Non, les élus de Poséidon s’en sortaient seuls, et il n’avait pas besoin de douces paroles pour savoir qu’Ariane reverrait la cité sous les mers.

Enfin, elle termina par aborder les raisons plus précises de sa venue. On l’envoyait selon elle pour faire acte de rédemption envers son Grand-Pope. Celui-ci se plaisait surement à tester ses propres hommes, peut être ici pour le manque d’entrain des Poissons à bruler Atlantis avec les siens. Toujours est-il que Bélisaire tenait à ce qu’on se rappelle de lui, et le souvenir était loin d’être bon, comme le soulignait ironiquement Nimuë, la tête haute et les yeux rivés vers l’œil du Grand-Prêtre. Elle termina par s’expliquer sur la non présence de son armure, soulignant son statut d’ambassadeur autoproclamé. Pas moins que ses dernières paroles, cependant, qui tendait clairement vers la conciliation. Qu’il tende la main vers un ennemi, vers ceux qui avaient fait bruler sa ville, fait souffrir son peuple, priver l’une des leurs de sa liberté, c’est donc ce qu’elle voulait.

Hassan resta toujours inflexible, alors que la jeune femme demandait la permission à Liao de s’avancer, une rose rouge étant apparu dans sa main. D’un geste à peine perceptible de la main, Hassan ordonna à sa garde de la laisser faire, alors qu’à quelques pas du trône, celle-ci commençait à arracher les épines de la fleur. Elle ne tarda pas à s’agenouiller de nouveau, et lui présenta la rose devenue inoffensive. Le Grand Prêtre avait entendu parler des capacités des chevaliers d’or des poissons, et des ravages que pouvaient causer le poison qui résidait dans ces simples fleurs. En ôter les épines était un geste noble, le présent symbolique de la paix qu’elle désirait. La raison semblait perceptible dans sa posture, dans les mots qu’elle employait. C’est les regrets qui l’animaient en cet instant. Peut-être que comme lui, dans les moments où elle était seule avec elle même, les mauvais rêves et souvenirs la hantaient toujours. Au-delà des titres, des devoirs, un Grand-Prêtre tout comme un chevalier d’or restait humain. Elle parlait avec sincérité, et bien qu’il n’appréciait pas son ordre ou ce qu’elle représentait, la femme derrière le masque le surprenait favorablement. Du moins, tant qu’elle parlait en son nom, loin des dures réalités qu’elle semblait oublier en omettant l’ombre de Bélisaire. Après quelques instants, l’œil fixé sur la rose, Hassan prit la parole, forçant le silence des courtisans qui n’avait cessé de murmurer entre eux sur les agissements de l’invitée du Sanctuaire.


- Tendre la main à un ennemi… Combien de mains d’innocent ont été tendus, devant les hommes de votre chevalerie qui ont regardé sans sourciller. Les regrets vous hantent, et je le comprends. Les cris de nos hommes, de nos femmes, de nos enfants.. Tout comme moi, vous devrez vivre avec.

Si elle cherchait le repentir, ce n’était pas Hassan qui lui donnerait. Il ne parlait pas que d’elle, dans sa réponse. Bien d’autres devaient se sentir coupable de ce qui s’était passé ici cinq années plus tôt. Pourtant, tous recommencerait sans sourciller sur le moindre ordre du Grand-Pope. Peut-être Nimuë était-elle différente, la rose et sa posture ne faisant que confirmer sa sincérité. Le Grand Prêtre se leva alors soudainement de son trône, arriva vite devant la jeune femme, et s’abaissa pour récupérer la fleur. Tout en se relevant, un éclat vint détourner son regard, qui se tourna aussitôt vers la source de lumière. En une seconde, son œil se mit à briller, comme-ci en un instant il était redevenu le pirate de sa jeunesse, découvrant un trésor auquel il ne s’attendait pas. Un bref instant lui suffit pour analyser la pierre, et bien vite, il se rappela. Une jeune femme qu’il avait sauvée de la noyade, l’étrange collier, ses recherches et ce que lui avait appris Poséidon sur ce talisman dont Nimuë devait certainement ignorer toute la valeur. Comment était-ce possible qu’il arrive à eux en cet instant, Bélisaire était-il au courant… ? Tournant brièvement le regard vers Liao, il fit un discret signe de tête pour lui indiquer que la situation venait de prendre une toute autre importance.

- Sortez, tous !

Sur ces paroles, tous les serviteurs et courtisans ne se firent pas prier pour disparaitre, par les différentes sorties que présentait la salle du trône. Liao resta évidemment, sachant qu’il n’était pas concerné par un tel ordre. Sa présence était appréciable, et il devrait être informé sur l’histoire des Stella Rubius au plus vite. La présence de la deuxième de ses pierres au sein d’Atlantis n’était pas à prendre à la légère. Déjà, celle-ci semblait réagir en proximité du pilier. Comment avait elle pu obtenir ce talisman ? L’avait-elle pillé durant ses années de piraterie ? Restant à portée d’elle, il reprit pourtant, détournant son attention de la pierre pour ne pas éveiller les soupçons.

- J’espère moi aussi un futur plus clément pour les miens. Je l’ai espéré également il y à cinq ans, lorsque vous avez apporté vos ténèbres jusqu’à nos contrées, et qu’il a fallu reconstruire ce que vous avez brisé. Pourtant, nous nous somme relevés. Les conséquences de notre défaite ont été payées dans les larmes et le sang, les chaines que les vôtres ont imposées ont été enduré, et le sont toujours. Et aujourd’hui, je devrais tendre la main vers Bélisaire ?

Le visage était toujours sévère, mais la question était presque sincère. Elle pensait réellement que parce qu’elle désirait la réconciliation, Bélisaire serait du même avis ? Qu’Hassan accepterait de faire le premier pas et de tendre la main vers un son ennemi, alors que lui-même n’en avait pas exprimé le souhait ? Les intentions de Nimuë étaient nobles, sans doute sincère, mais elle devait comprendre que de sa place, elle ne pouvait parvenir à enterrer des années de rancune. Pas de cette façon, pas dans ses conditions.

- Vous parlez avec franchise, et je n’ai guère envie de douter de la sincérité de vos regrets. Pourtant, aussi noble peuvent être vos intentions, vos paroles se perdront dans les flots. C’est la main de Bélisaire que je veux voir tendue. Je veux sentir l’ombre du Sanctuaire disparaitre d’Atlantis, je veux savoir chaque atlante loin de son emprise. Quand les chaines seront brisées, alors je pourrais distinguer l’avenir plus clément dont vous parliez. Alors je serai disposé à parler de mains tendues.

Il avait répondu à sa question, et ce n’était donc clairement pas lui qui ferait le premier pas. Ils avaient trop subis jusqu’ici pour le faire, quand bien même il pouvait apprécier celui de Nimuë. Ce n’était simplement pas celui qu’il attendait, mais peut être pouvait elle changer la donne. Son allégeance envers Bélisaire semblait vacillante, et de nombreux doutes avaient éclot dans l’esprit d’Hassan à son sujet lorsqu’il avait vu le talisman, qui appartenait à une ancienne lignée atlante. L’œil rivé de nouveau sur celui-ci, qui semblait faire éprouver d’étranges sensations à la jeune femme, Hassan en approcha lentement la main, comme pour essayer d’en sentir la chaleur que la pierre semblait dégageait. Il avait gardé des manières rustres, et n’avait pas hésité à s’en approcher sans se soucier vraiment de Nimuë. Pourtant, il recula sa main avant de poser ses doigts sur le dangereux objet, se ressaisissant.

- Liao m’a parlé de vous. Cet étrange collier, c’est du cou d’un homme que vous l’avez arraché ?

Si ce n’était pas le cas, tout portait à croire que sa lignée était plus importante qu’elle ne le pensait. Pourtant, c’est dans le camp des Saints qu’elle se trouvait.

- Comme moi, vous avez voué votre vie à la mer. Comme moi, vous avez senti l’eau remplir vos poumons, mais vous avez refusé de voir son don. Ce n’est pas Athéna qui a interféré pour vous sauver de la noyade il y a quelques années.

Il parlait évidemment de la noyade la jeune femme, ayant à présent la certitude que c’était bien elle qu’il avait sauvé quelques années plus tôt. Poséidon guide ses pas, et il avait voulu qu’elle vive. Une seconde chance lui avait été offerte, mais il était parfois difficile d’ouvrir les yeux. Un jour peut être verrait elle la vérité. Le véritable visage de Bélisaire, d’Athéna, de ce qu’ils représentent. Hassan était certain de la surprendre, la jeune femme ne devant pas se douter qu’il était au courant de cette partie de sa vie. Encore moins que ce sont les mains du Grand Prêtre qui l’avait secourue.

- Je regrette de vous voir porter l’or aujourd’hui. Il me plaisait de croire que votre destin vous promettait plus que de servir sous les ordres d’un homme qui n’a pas la moindre idée de ce qu’il a combattu. Vous connaissez le bruit des vagues, le souffle de l’air marin sur votre peau. Vous avez refusé de prendre part à la destruction d’Atlantis, car vous n’êtes pas de leur monde…

Qu’importe qu’elle en vienne à nier ses paroles, il savait ce qu’il disait, et pourquoi il le disait. Elle-même devait savoir qu’il y avait de la vérité dans ses mots, quand bien même elle n’en avait peut être pas vraiment conscience. Il la connaissait en tout cas mieux qu'elle le connaissait, et même si ses paroles pouvaient parfois être dure, il avait probablement moins de colère envers elle qu'envers quelqu'un d'autre de son ordre. Elle avait en tout cas montrer tout ce qu'il fallait pour éviter des réponses sourdes et une agressivité grandissante du Grand-Prêtre. Malgré qu'il se devait d'être fidèle à son titre, Liao, son général de confiance à ses côtés, était probablement quelqu'un de plus tempéré que lui. Hassan avait déjà quitté sa posture supérieur du haut de son trône, et c'est debout face à elle qu'il attendit ses réponses, la salle étant vidée de tout ses occupants depuis un moment déjà.
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyDim 6 Déc - 12:00
:: La diplomatie est en marche...

Le général était resté dans le temple comme prévu avec le Grand Prêtre précédemment, en cas de visite d’un émissaire. Il resta immobile aux côtés de Nimuë, reculant d’un pas volontairement, et conserva le silence pour observer la scène et laisser Hassan prendre les choses en main. Liao savait que sa présence calmerait légèrement le Grand Prêtre, qui serait plus enclin à se contenir en sa présence. Enfin c’était l’une des raisons de sa présence selon l’intéressé. Hassan agissait souvent de manière un peu étrange. Les premières paroles d’Hassan furent justes bien qu’acerbes. Un agissement des plus naturels compte tenu de la situation. Lui-même ressentait cette même rancœur et cette envie de voir revenir l’une de ses sœurs, mais son attitude était plus posée et sobre comme à son habitude. D’ailleurs le chinois préférait être à sa place qu’à celle du Grand Prêtre actuellement. L’émissaire était restée silencieuse jusqu’à présent, mais avait fini par prendre la parole après les mots puissants du Grand Prêtre. Liao se montra attentif et à l’écoute. De douloureux souvenirs remontaient à la surface, et des sensations envahissaient l’esprit et les sens du chinois. Il revoyait les morts et les blessés ainsi que les mines tristes et contrites des marinas lors de ces combats. La guerre apportait son lot de malheur, mais Liao reprochait la destruction d’une cité complète et de ses habitants. Ces derniers avaient été innocents, n’ayant simplement profité de la bénédiction du Dieu des Océans. Dans le fond, les paroles et agissements du Sanctuaire et d’Athéna étaient souvent opposés du point de vue de l’Hippocampe.

La teneur du discours de Nimuë étonna les personnes présentes, et provoqua quelques réactions vives. A l’exception d’Hassan qui écoutait attentivement, et de Liao qui retrouvait la personne qu’il avait imaginée lors de leur première rencontre. Cette attitude ressemblait au pirate rencontré deux années auparavant, à cette personne simple et honnête avec laquelle il avait discuté et même proposé une aide. Nimuë n’avait jamais profité de cette possibilité malheureusement. Liao aurait aimé apprendre à la connaître, et peut-être aurait-il pu lui permettre de se sentir plus à l’aise et plus libre dans le Sanctuaire sous-marin qu’elle ne semblait l’être sous les ordres du Grand Pope. Ces paroles furent rassurantes concernant le sort d’Ariane, même si on pouvait légitimement douter de la véracité de celles-ci vu sa présence au Sanctuaire. Malgré tout le chinois le concevait aisément, car toute maltraitance entraînerait une réaction de la part des marinas. Le Grand Pope ne semblait pas souhaiter une nouvelle guerre entre eux, en tout cas son attitude actuelle laissait penser ce genre de pensées. Nimuë souhaitait repartir à zéro, mais était-ce simplement sa conviction profonde ou une envie du Grand Pope par la même occasion. Hassan semblait du même avis que le général. Il fallait que ce soit Bélisaire qui fasse cet acte de main tendue, et non son émissaire qui annonçait clairement agir contre la volonté de l’homme. Finalement Nimuë recula à la hauteur du chinois, et sembla l’interroger pour une chose précise. D’un hochement de tête, Liao accepta sa requête comprenant qu’elle souhaitait approcher du Grand Prêtre. Ce détail l’amusa car la décision ne lui appartenait pas vraiment.

Hassan la rejoignit pour prendre la rose qu’elle lui tendait. Le général sentit tout le poison disparaître de la plante avant qu’elle ne soit tendue. C’était un véritable geste d’amitié, et un risque qu’elle courrait en agissant de la sorte. Le Grand Prêtre s’approcha et récupéra la fleur. Son attention fut attirée par quelque chose. Il avait ce regard brillant de l’homme ayant découvert une chose intéressante, et le général n’avait vu cette expression que rarement. Mais il en comprenait toute l’importance chez cet homme. Fronçant légèrement les sourcils, le chinois mit ses sens aux aguets et son intérêt fut renforcé. Il sentait son écaille vibrer auprès de son pilier, prête à rejoindre son propriétaire si cela devenait nécessaire. L’Hippocampe observa tous les atlantes sortir de la pièce sur ordre du Grand Prêtre, et il conserva sa sobriété habituelle sachant qu’il n’était pas concerné. Hassan avait des choses à dire, et il souhaitait que le chinois soit présent pour l’entendre. Le Général fut surpris des premières paroles du grand Prêtre, et son regard oscilla entre l’homme et la femme. Pourquoi faire sortir les atlantes pour de telles paroles. Il écouta toujours avec attention attendant la conversation qui nécessitait une telle intimité entre eux. Finalement l’Hippocampe fut cité avant qu’Hassan ne parle d’un collier. Discrètement, sans un bruit, Liao vint se poster aux côtés du Grand Prêtre pour observer ce fameux collier dont il parlait. Cette lueur lui semblait familière, mais il ne pouvait remettre clairement ses idées en place pour le moment.

La suite de la conversation surprit le général, dont l’expression trahit pleinement ce sentiment. Ainsi donc la jeune femme était celle qu’Hassan avait sauvée de la noyade. Lors de leurs nombreux échanges, l’Hippocampe avait entendu parler de cette histoire par le Grand Prêtre. Ce dernier s’interrogeait sur le devenir de cette personne. Cela confirmait les doutes concernant l’allégeance de Nimuë. L’Hippocampe la trouvait plus à sa place au cœur d’Atlantis qu’en tant que gardienne d’or pour le Sanctuaire. Ce n’était que son avis selon des critères et des connaissances finalement peu nombreuses. La simplicité et l’honnêteté semblaient être les maîtres mots de cette entrevue, et pourtant Liao n’en oubliait pas le rôle de la jeune femme. Pour le moment elle restait une ennemie des Atlantes.


_ « Cela expliquerait peut-être pourquoi tu ne te sens pas totalement à ta place et à l’aise au Sanctuaire. Sans vouloir donner plus de crédits aux paroles du Grand Prêtre. Comme je te l’ai dit une allégeance se choisit, elle ne s’impose pas pour des raisons extérieures… aussi bonnes qu’elles puissent paraître. »

Liao s’était permis cette petite intervention. Le marina appréciait la jeune femme, et ne souhaitait pas avoir à la combattre ni même qu’il lui arrive un quelconque malheur dans ces lieux. En tout cas Hassan semblait plus curieux que belliqueux pour le moment, et le général sentait que l’homme ne ferait pas de mal à une personne dont il avait sauvé la vie quelques années auparavant. En tout cas tant que la Saint conserverait cette attitude courtoise et respectueuse. L’Hippocampe se demandait ce qu’allait être la suite de la conversation, et quelle réaction allait arborer la rousse. Son regard se posait lourdement sur elle, autant que l’avidité de celui du Grand Prêtre. L’un comme l’autre semblaient attendre les réponses de l’intéressée.


" We all have inner demons to fight, we call these demons, fear and hatred and anger.
If you do not conquer them then a life of one hundred years is a tragedy.
If you do, then a life of a single day can be a triumph. "
lumos maxima
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyDim 6 Déc - 13:56
Abandonnée







Sous l'injonction du Grand Prêtre de Poséidon, servants, soldats et courtisans atlantes se retirèrent rapidement. La jeune femme quant à elle, ressassait les mots du représentant des Océans. Apprendre à vivre avec ce sentiment, pire que son propre poison, était-ce seulement envisageable ? En avait-elle seulement le droit ? Sa tête se secoua avec lenteur, elle avait certes apprit à mettre de côté ses remords mais chaque fois qu'elle glissait dans le royaume des songes, c'était pour être aussitôt rattrapée par ses cauchemars. Bien souvent la Sainte d'Or se redressait sur sa couche le cœur battant, un cri au bord des lèvres, le visage en sueur, marqué par la main terrifiante de dame souvenir. Comment envisager de vivre avec ça ? Si cet homme qui fut au cœur de la tourmente, du côté des vaincus, ce sentiment qu'elle même éprouvait chaque jour, chaque minute, chaque seconde, devait être autrement plus … effroyable ! Assurément, il possédait une force de caractère qu'elle n'avait pas. Ou la sienne, en comparaison, paraissait bien pâle.

L'homme à l’œil unique se tenait devant elle, droit et fier, insondable. Nimuë fut surprise néanmoins par son attitude, se risquant même à briser, pour un instant, sa position de supériorité pour cueillir la fleur entre ses doigts. Se faisant, n'osant se départir de sa posture humble, les Poissons crurent capter un léger trouble chez le Grand Prêtre, son iris jusque là sévère, se nimbant d'un léger éclat qu'elle prit pour de la surprise. C'était ce qui l'avait amené à chasser ses gens, la laissant plus hébétée que jamais, ainsi perdue dans ses pensées. Sa main avait trouvé le chemin jusqu'à la pierre, la soustrayant d'instinct à cette main dont les doigts n'avaient fait qu'effleurer vaguement la surface du rubis. Ce simple contact avait suffi pour faire grimper son malaise.

Elle chercha un soutien, bien que vain, en la personne de Liao. Mais ce dernier se montra distant, simple observateur, comme il l'avait laissé entendre avant qu'ils ne soient en vue du Palais de Poséidon. Son attention revint vers le Grand Prêtre qui, à juste titre, remettait en question le bien fondé de ses paroles. Il n'enlevait rien à sa sincérité, il espérait juste que cette main qu'elle lui tendait vienne du Grand Pope. En son for intérieur, la demoiselle se demandait si en fin de compte, l'ancien Scorpion serait hostile à cette idée ? La Voix d'Athéna était-elle si impénétrable ? Si absolue ? Toute plongée dans ses songes, son silence, restait finalement lourd de sens. Qui ne dit mot, consent.

La question d'Hassan la tira de ce dernier, sa réponse, trahissait l'offense qu'on lui faisait. Piquée au vif et prestement, la Sainte se releva pour lui faire face. Face à l'affront.

- Je n'ai rien volé du tout ! Ce collier est à moi, c'est la seule chose que les nonnes au couvent aient trouvé sur moi ! Je ne vous permets pas de …

En comprenant son emportement soudain, la jeune femme se rembrunit, baissa la tête, prêtre à s'excuser. Mais elle ne le fit pas, elle avait aussi sa fierté. Et bien qu'elle était une pirate et qu'elle avait mené une vie dissolue, pleine de pillages et de batailles pas toujours très nobles, il n'en demeurait pas moins qu'elle avait un certain sens de l'honneur ! Sa bouche se referma, ravalant d'autres répliques qu'elle regretterait. Le porteur de l'écaille de Polyphème, ses prochaines paroles qu'il eut envers elle, acheva de l'ébranler. Le voile venait de se lever. Une vérité qu'elle avait pressenti. Non, au fond elle avait toujours sut. Elle savait que ce n'était pas Athéna qui était intervenue pour la sauver, cette fois-là.

Une sourde colère grimpait en elle sans qu'elle ne se l'explique. Nimuë fit un pas en arrière, comme si elle avait reçu un coup. Toute fébrile la jeune femme tenta de calmer le flot d'images qui arrivait, cette fois-là, où elle venait d'avoir dix-sept ans. Dix sept ans et toute une vie qui s'ouvrait devant elle. Ignorante du funeste destin qui l'attendait, lui tendait les bras. Elle se souvenait de la noirceur des abysses, du froid qui l'avait entravé, gagné l'ensemble de ses membres engourdis. Le sommeil semblait s'être posé sur ses paupières tandis que l'eau emplissait ses poumons. La pirate avait senti l'ombre de la Mort, elle n'avait pas eu peur de lui tendre les bras. Mais en fin de compte il l'avait sauvé.

Et aujourd'hui son sauveur se dévoilait. La blague était de très mauvais goût !

Une tempête s'annonçait, le rubis s'éveillait au contact de son ire qu'elle tentait de faire taire.

- Alors c'était vous … fit-elle dans un souffle à peine audible, les mains tremblantes alors qu'il continuait de parler. Brusquement, ses yeux pers se vissèrent dans celui d'Hassan. Elle laissa planer un lourd silence durant lequel Liao se permit une petite réplique qui ne fit qu'attiser le feu de sa rage. Figurez-vous que je n'ai pas choisi !

Hurla t-elle en laissant éclater son cosmos. Ce dernier, d'une odeur capiteuse, s'étira peu à peu, faisant éclore par dizaine, des roses d'un rouge magnifique. Sa chevelure animée par un vent invisible, la belle continua, d'une voix vibrante. Elle grondait, à l'instar d'un animal sauvage qu'on venait de courroucé, de blesser, d'acculer. Ce qui la rendait d'autant plus dangereuse. Contre sa poitrine, l'énergie de la Stella Rubius pulsait, en échos.

- Pourquoi ? Pourquoi vous ne m'avez pas laissé crever ! J'ai refusé de voir SON don ? Ahahaha ! Nimuë partie dans un rire désabusé, sans joie. Je n'ai rien choisi du tout ! En me sauvant vous n'avez fait qu'une chose ! Sceller mon destin ! Vous avez permis que je devienne … que je devienne …

Un souffle, un chuchotis.

- Un monstre.

Ses bras retombèrent le long de son corps, son aura de sang palpitait toujours, avec de plus en plus de vigueur. La dame aux roses continua, sur un ton neutre, comme éteint.

- Je connais le chant des vagues, leurs murmures, je sais éviter une tempête et calmer leurs ardeurs. C'est en naviguant que je me sens chez moi. Mais comme votre « enfant » que nous tenons sous notre joug, vous, vous avez décidé d'en abandonner un. Car c'est bien à votre monde, que j'aurais dû appartenir ?

Sa voix mourut dans un sanglot qu'elle ravala.

- Je n'appartiens à aucuns Mondes, je suis une paria aux yeux de tous. Une arme mortelle, de la chair à canon qu'on envoi volontiers, pourvu qu'elle trépasse malencontreusement. Maudite, empoisonnée que l'on craint, que l'on haï. Sans le savoir – peut être - vous m'avez donné en pâture à une Bête. Oh mais je vous rassure vous n'avez pas été le seul à me vendre à lui, mon père adoptif l'a fait aussi ! Sans hésiter.

Ses yeux bleus chantaient une douloureuse tristesse. Elle observa Hassan et Liao tandis qu'un léger tremblement se fit sentir sous leurs pieds.

- Vous m'avez abandonné, ne vous étonnez pas que je porte l'Or. Ne le regrettez pas. Je « devrais vivre avec », hm ? Acheva t-elle en paraphrasant le Grand Prêtre.

Elle se tenait là, dans une parfaite immobilité, au milieu de ses fleurs empoisonnées, de ces ronces qui pourraient écorcher sa peau, faire perler son sang. Sous son masque, une expression si vive de douleur s'esquissa, la laissant toute pantoise, un autre coup elle la jeune femme se plia en deux, prête à choir.

Du néant surgit une ombre menaçante, appelée par la Stella Rubius.





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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyLun 7 Déc - 20:56
Depuis combien de temps étais-je en train de tomber ?
Un siècle ou une seconde ? Impossible à dire. Au début je vis défiler une multitude d'étoiles, un spectacle magnifique, des sensations saisissantes. J'étais une part du Cosmos, et je faillis en perdre de mon identité.
Puis vinrent les vies et les morts. J'aperçus les visages de maints inconnus, certains illustres, d'autres communs. Avec comme unique point commun, le fait d'avoir une histoire à conter. Je distinguais sous mes yeux épuisés des empires s'effondrer, des coups d'état, des meurtres et des naissances. Et malgré tant de dérivatifs, je ne déviais pas de ma ligne de pensée : retrouver cette femme.
Je percevais sa présence le long du chemin cosmique que j'empruntais. Pourquoi, comment, par quelle volonté ? Impossible à dire et je m'en moquais pas mal !
J'étais fou d'avoir emprunter cette voie, d'avoir fait plier le destin par mes suppliques. Mais soit.
Je ne pouvais vivre là où elle n'était plus. Je ne pouvais rester immobile en sachant qu'on la cachait là où je me rendais.
De tout mon étrange voyage, je n'ouvris pas la bouche malgré les merveilles et les terreurs. Inflexible, j'avançais, ou je volais droit vers ce point de lumière. Pourtant lorsque je sentis de nouveau la morsure de l'air sur ma peau nue, je ne parvins pas à retenir une exclamation de surprise, ou d'effroi peut être. Ma chute cosmique ne m'avait pas préparer à... tomber de cette hauteur !
Je sentis la réalité se distendre, le ciel se fissurait pour me recracher dans un fracas d'apocalypse vers la terre ferme. Le paysage qui s'offrait à mes yeux m'était pourtant étrangement familier. Par l'enfer, pourquoi devais-je atterrir au beau milieu du royaume sous-marin ?! Ma traversée n'avait-elle été qu'un mirage ?
Toutes ces fascinantes questions furent bien vite reléguées au second plan lorsque la pesanteur, cette charmante amie, se rappela à mon bon souvenir. Trop épuisé par mon voyage, je renonçais à prendre un quelconque envol et préférais me parer de ma protection enflammée pour mieux amortir ma chute. Véritable comète ardente, je traversais le toit d'une structure de pierre, pour heurter le sol avec fracas.
Un bras en sang, et la tête lourde, je mis quelques instants à me relever avec peine. Sans prendre la peine de me draper dans une quelconque dignité, je rampais pour m'extirper de la cavité creusée par ma chute, et j'écarquillais les yeux de surprise en m'apercevant que quelques inconnus se trouvaient à proximité. L'une d'elle me fit vite oublier tout ce qui m'entourait.
Cette chevelure de feu, cette allure, une telle présence... Et pourtant mon cœur me souffla bien vite que cette femme n'était pas la mienne, étouffant la lueur d'espoir qui m'avait saisie.

Où... Où suis-je ?

Rien de bien original comme demande, certes. Mais à moitié nu, aussi embrasé qu'un démon venu des tréfonds des enfers, et catapulter dans un monde dont j'ignorais tout, je ne voyais nulle interrogation plus logique.
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyLun 7 Déc - 23:44
Un sourire perceptible était venu apparaitre sur le visage du Grand-Prêtre, lorsque la jeune femme s’était emportée, piquée au vif par sa question. Le fait de demander si la pierre avait été prise sur quelqu’un n’était qu’un moyen de savoir ce qui l’intéressait vraiment. Ce qu’elle venait donc de lui confirmer. Que la question la blesse importait peu, cela pouvait même être étonnant pour une pirate qu’elle s’en offusque. Il avait lui-même acquis nombre de richesse en les prenant par la force à ceux qui osaient braver les mers et ses dangers, et il n’y avait en réalité aucune méchanceté derrière la question. L’important était qu’il venait de découvrir que la Stella Rubius était à son cou depuis sa naissance, et que tout portait donc à croire qu’elle était issue d’une des plus anciennes familles atlantes. Elevée au couvent, elle ne devait avoir aucune connaissance de ses véritables origines. Cela pouvait expliquer la vie qu’elle avait choisi, plus proche de la mer que de la terre. Cela devait aussi être la raison pour laquelle ses pas l’avaient mené jusqu’à elle le jour de sa noyade. Poséidon avait tenu à la sauver, et bien que ses intentions véritables pouvaient parfois être floues, il commençait à comprendre pourquoi.

Hassan se perdait dans ses pensées, essayant aussi rapidement que possible d’analyser la situation et ce que la Voix des Mers désirerait. S’il avait voulu que la seconde pierre revienne en Atlantis, il aurait trouvé le moyen de le faire ce jour là, quand il suffisait à Hassan de tendre les doigts pour s’emparer du précieux collier. Il n’avait pas voulu qu’elle meurt non plus, ce qui pouvait laisser penser que la pierre restait entre de bonnes mains, même au cou d’une Saint. Du moins, tant qu’elle n’était pas au courant de sa véritable fonction, ce qui serait sans aucun doute une arme dont pourrait se servir Bélisaire contre Poséidon et les siens.

La réaction et la colère grandissante de Nimuë en réaction des révélations qu’il lui apportait l’obligèrent pourtant à réorienter toute son attention sur elle. Apprendre l’identité de celui qui lui avait sauvé la vie semblait la bouleverser plus qu’il ne l’aurait pensé. La remarque de Liao soutenant les révélations qu’Hassan venait d’apprendre grâce à la pierre terminèrent d’attiser sa colère. La douceur et la fébrilité de sa voix s’en allèrent, pour laisser place à l’assurance d’une voix forte exprimant une rage enfouie. Son cosmos avait explosé dans la salle, faisant par la même occasion éclore des roses rouges à divers endroits. L’éclat de la Stella Rubius résonnait en rythme avec sa porteuse, ce qui continuait d’attirer son regard, bien que la jeune femme elle-même l’intriguait tout autant. Ses mots exprimaient le regret d’avoir été sauvé, le regret d’être ce qu’elle était devenue en ayant survécu. Un monstre, selon elle. Elle se calma, mais ses paroles continuaient d’exprimer une colère et une tristesse perceptible. La jeune femme lui reprochait de l’avoir abandonné, et semblait penser que c’était sa faute à lui aussi si elle avait prêté allégeance à Athéna. Elle avait raison, son sang était d’eau et de sel, et bien qu’Hassan l’ignorait jusqu’à aujourd’hui, sa place n’était pas au Sanctuaire. Il était regrettable de voir comme une enfant de la mer pouvait se percevoir, loin de ses racines, torturée entre deux mondes, bien qu’elle n’en avait pas eu de preuve jusqu’ici. Hassan avait beau être l’oreille et la voix de Poséidon, il ne connaissait pas toujours ses intentions. Peut être avait il vu, lui, qu’elle finirait par servir sa nièce, et avait accepté que cela arrive tout en le sachant. Peut être avait-il simplement tenu à ce qu’elle soit sauvé et puisse vivre loin d’Atlantis, mettant par la même occasion en sécurité la Stella Rubius. Le Grand Prêtre ne pouvait répondre et apporter plus à la jeune femme, et il doutait que cela serve de toute façon. Les véritables intentions du Seigneur des Océans finiraient par être révélées.

A mesure que Nimuë avait parlé, la pierre avait semblé raffermir son emprise sur elle, si bien que lorsque les derniers mots de la jeune femme furent prononcés, l’œil d’Hassan n’était plus rivé que sur celle-ci. Les émotions de la porteuse pouvaient probablement avoir un effet sur la pierre, mais les pulsations de plus en plus régulières de la Stella Rubius le subjuguaient malgré tout. De plus, celle-ci semblait presque faire souffrir Les Poissons, qui se mit à se tordre à la fin de son discours, sans que les deux hommes n’aient le temps de répondre. La puissance émanant de l’objet termina de lui confirmer qu’il se passait quelque chose d’anormal, et le Grand-Prêtre, sans bouger de place, leva le bras en l’air pour ordonner à des gardes qui n’attendaient qu’un signe de ce genre de se manifester. Alors que les soldats arrivaient sur les lieux, l’œil d’Hassan resta rivé sur le cou de la jeune femme, attentif à ce qui allait se produire.

Il avait appris maintes choses au sujet de ces objets. Jusqu’ici, il était convaincu que les deux Stella Rubius devaient être réunis pour pouvoir exercer leur véritable et dangereux pouvoir. Pourtant, celle-ci venait de lui prouver le contraire. Un homme torse-nu apparu, comme sortant de la pierre, sous les yeux médusés des soldats. Hassan porta un bref instant l’œil vers Nimuë, reprenant toute la sévérité qu’il avait eu lors des premiers instants de l’entrevue. Une manière de demander si elle était au courant de ce qui venait de se passer. Il ne s’attarda pas pourtant, l’homme ayant prononcé des mots d’incompréhension, demandant où il se trouvait. Comme réponse d’Hassan, il n’eut droit qu’à un nouveau bras levé, intimant cette fois aux gardes de le maitriser, le contraignant avec force à garder ses bras dans son dos tout en le mettant à genoux. Une simple précaution. Il n’appréciait pas du tout qu’un homme dont il ignorait tout puisse apparaitre au beau milieu de sa salle du trône, au cœur d’Atlantis. S’il y avait des réponses à écouter, c’est lui qui devrait les donner. Et accessoirement, peut être Nimuë avait elle aussi des choses à en dire. Hassan porta un regard à Liao, suivi d’un hochement de tête, comme pour souligner l’évidence que cet homme devait être contrôlé, et ne ressortirait pas d’ici de sitôt. L’air renfrogné, il reprit.


- Je n’apprécie pas les entrées théâtrales, pas plus que les surprises.

Il ne prit pas la peine de répondre à sa question, s’il était un guerrier envoyé par un autre Dieu, il ne tarderait pas à comprendre. Qu’il en parle serait pour lui une information de plus. Il se contenta de parler froidement, simplement.

- Qui es-tu ?

Il ne le vouvoya pas, il ne le méritait pas. Voir un homme à moitié dénudé devant lui dans le plus sacré des lieux était parvenu à l’irriter, et l’homme avait tout intérêt à donner des réponses correctes. De plus, il se doutait que Liao aurait lui aussi toutes sortes de questions à lui poser. Il était certain que leur nouvel invité resterait plus longtemps que la jeune femme, qui n’avait pas bougé depuis l’apparition de l’homme. Celui-ci avait semblé légèrement intrigué par Nimuë. L’œil de nouveau sur elle, Hassan reprit.

- Je ne m’attendais pas à être dérangé lors de notre entrevue. J’ose espérer que vous non plus.

Il avait parlé toujours froidement. Il se doutait au vu des réactions de la jeune femme qu’elle ne s’attendait pas à une telle apparition. Pourtant, il était obligé de laisser une maigre place aux doutes. De plus, l’ombre de Bélisaire planait toujours, et si elle n’était au courant de rien, cela ne voulait pas signifier que le Pope ignorait. Hassan reprit à destination unique de Nimuë, parlant assez lentement pour que l’homme ne puisse pas entendre.

- Il y a nombre de choses que j’aurai voulu voir, et savoir. Comme vous, j’ai suivi le chemin que m’a tracé la Mer. Je ne sais pourquoi Il a voulu que mes mains vous sauvent ce jour là. Sachez pourtant que le chemin qu’il vous a choisi n’est pas terminé. Des choix à prendre, vous en aurez. La sirène est un monstre, pour les gens de la surface. Vous trouverez votre place.

Il avait presque murmuré les paroles. Il ne pensait pas véritablement calmer la colère de Nimuë en lui donnant cette réponse, pourtant sincère. Le chemin qu’on lui avait choisi était difficile, et il pouvait comprendre le statut de monstre qu’elle se donnait, qu’il soit conféré par ses pouvoirs ou par la vie qu’elle avait du vivre. Bélisaire ne voyait probablement pas les choses comme lui, et Hassan pouvait presque regretter la vie qu’avait du mener une descendante d’Atlantis. Elle pouvait en vouloir à Poséidon, et même à Hassan si elle le pensait juste, cela ne changeait rien. Si le Grand-Prêtre avait tenu à lui affirmer son estime malgré tout, c’est qu’il savait que rien n’était terminé. Servir Athéna ne voulait pas dire lui vouer sa vie, et tout laissait croire qu’elle avait bien plus donné à la Mer qu’à la Déesse de la Guerre. Cela pouvait changer, elle était jeune, et lui-même avait vu tardivement les dons de Poséidon. Il lui avait fallu du temps avant de véritablement accepter de lui offrir sa vie, jusqu’à littéralement s’abandonner à lui dans les eaux une nouvelle fois. Elle aurait elle aussi à choisir, un jour. C’était pour lui à ce moment là qu’elle trouverait sa place, quand bien même elle ne voyait pas encore ne serait-ce que la possibilité. Alors il pourrait l’accueillir à bras ouvert comme tout autre enfant d’Atlantis.

Hassan se dirigea enfin vers son trône, pour y reprendre place, reportant son attention sur l’invité indésirable. La rose de Nimuë dans sa main, symbole de paix, il arborait pourtant de nouveau toute la sévérité que l’on pouvait donner aux heures de guerre. Un étranger était un ennemi, jusqu’à preuve du contraire. Si Nimuë avait acquise l’hospitalité des siens, il en était tout autrement pour lui.

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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyMar 8 Déc - 12:33
:: Un intrus...

Liao observa une scène étrange se dérouler sous ses yeux. Il sentit le trouble de Nimuë, mais il ne pouvait intervenir. Elle représentait un émissaire, et Hassan était le grand prêtre. C’était un homme de confiance, et un ami aux yeux du général. Il le connaissait suffisamment pour savoir que son geste actuel n’était ni belliqueux ni même réellement volontaire. Cette expression sur son visage, il la connaissait très bien. Des révélations furent faites sur le passé de la jeune femme, et elles ébranlèrent la Saint. Ce n’était probablement pas le but du Grand Prêtre, mais le résultat était le même. L’Hippocampe ne put contenir une légère remarque, pour appuyer les paroles de son supérieur. Cela sembla faire perdre son sang-froid à la jeune femme, dont la colère fut palpable. Son cosmos éclata et dégagea une odeur dangereuse dont le souvenir fit frissonner Liao. Instinctivement le général, placé aux côtés d’Hassan, laissa exprimer son propre cosmos. A l’aide de geste rapide des mains et des doigts, il créa une barrière impénétrable pour l’odeur et le cosmos de la Saint entre elle et les marinas, protégeant ainsi le grand Prêtre. Le chinois préféra se concentrer sur la protection, et conserva le silence offrant ainsi le loisir à la jeune femme de se calmer et de retrouver son calme. Son état l’empêcherait d’entendre toutes paroles que les deux hommes pourraient prononcer. Hassan sembla adopter cette attitude. Et pourtant une expression de désapprobation s’empara des traits de Liao face au contenu du discours. Une telle image de sa personne n’était pas acceptable. Que lui était-il arrivé. Comment la traitait-on au Sanctuaire pour qu’elle se convainque d’une telle chose.

Tout au long du discours, comme en réponse au courroux de sa propriétaire, le bijou pulsa et dévoila une énergie puissante. L’Hippocampe se fit la réflexion d’interroger Hassan sur ce détail une fois que Nimuë aurait quitté les lieux. C’était étrange. Et pourtant la puissance dégagée par l’objet semblait bien familière. L’atmosphère changea. Instinctivement, Liao interpella son écaille comme pour la préparer. Une chose se déroulait même si il n’en comprenait pas totalement la portée ni le contenu. Hassan appela des gardes. Le général observa le spectacle simplement, imaginant difficilement Nimuë attaquer ou tenter quoi que ce soit dans ces circonstances. Son attitude n’était pas suicidaire de ce qu’il pouvait connaître d’elle, et au cœur d’Atlantis, attaquer le Grand Prêtre reviendrait à accepter une mort certaine. Liao sentit alors cette vibration et cette puissance. Son regard tenta de capter un mouvement ou un indice sur la source de cette menace. Nimuë était-elle venue accompagner, avec un espion ou un assassin prêt à agir. Cela ne ressemblait pas à Bélisaire. Cette action ne revêtait aucun attrait stratégique. Un fracas vint du toit, et un homme le traverse pour s’écraser aux côtés du trio. Interloqué, un moment de silence pesant s’installa jusqu’à ce que l’homme n’émerge complètement nu et blessé en prononçant des paroles d’incompréhension. Cela ramena les personnes présentes à la réalité. Des soldats rejoignirent cet intrus et le maîtrisèrent.

Sur ordre du Grand Prêtre, Liao avança vers l’intrus. Son écaille le revêtit pièce par pièce à chacun de ses pas. Portant sa protection intégrale, même son casque, le chinois donna l’ordre au garde tenant l’étranger de lui céder la place. Avec fermeté, l’Hippocampe emprisonna l’homme dans une prise. Aucune pression n’était exercée contre lui, mais le moindre mouvement serait difficile et douloureux. Si il tentait de forcer sa libération, il se déboîterait l’épaule dans le meilleur des cas et le coude ainsi que l’épaule dans le pire des cas. Quand Hassan interrogea l’intrus sur son identité, Liao le bouscula légèrement comme pour montrer le peu d’option s’offrant à lui. Le regard du chinois se porta sur Nimuë. Après les dernières paroles du Grand Prêtre, Liao reprit la parole à l’attention d’Hassan.


_ « Peut-être pourrions-nous reporter cette entrevue, et offrir l’hospitalité à notre invité pour la nuit. Le temps que nous puissions faire le point sur cet étranger, et sur les révélations de cette discussion. » Il se tourna vers Nimuë. « A moins que tu aies déjà transmis ton message, et que tu préfères retourner au Sanctuaire. » Il reprit à l’attention du Grand Prêtre. « Dans tous les cas, je pense que nous devrions conduire notre invité inattendu en prison pour le moment. Nous pourrons l’interroger par la suite »

Le général maintenait une prise ferme et puissante sur l’intrus. Il se demandait ce qui avait pu se passer. En tout cas une chose était évidente. Le bijou de Nimuë avait une part de responsabilité dans cette intrusion, mais Liao était convaincu que ce n’était pas une action du Grand Pope ni de son émissaire. Quelle entrevue des plus étonnantes. L’Hippocampe aurait de nombreuses questions pour l’intrus, comme pour le Grand Prêtre. Le chinois releva son prisonnier.

_ « Une cape. » Un ordre simple à l’attention des gardes pour couvrir l’homme qu’il tenait fermement. « Je vais relâcher ma prise pour vous permettre de vous couvrir. Au moindre geste suspect, vous serez remis dans le droit chemin de manière définitive. »

Accompagnant ses paroles, Liao relâcha sa prise. L’homme n’était pas libre. Vu sa blessure, il ne serait pas en mesure d’échapper au général, aux soldats et aux autres marinas montant la garde dans la cité. Le temple était au cœur d’Atlantis.


" We all have inner demons to fight, we call these demons, fear and hatred and anger.
If you do not conquer them then a life of one hundred years is a tragedy.
If you do, then a life of a single day can be a triumph. "
lumos maxima
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyMar 8 Déc - 14:31
Surgissant des ombres






La terre s'ébranla et, dans un fracas de tous les diables, cette ombre se précisa, heurta durement la pierre pour finalement choir à quelques pas de la jeune femme. Aussitôt la pierre cessa de luire, de clamer haut et fort son chant de colère. Chez Nimuë aussi, ce dernier s'évanouit, elle n'était plus qu'une poupée désarticulée qui se laissa tomber à genoux, parmi ses roses. Soudainement, elle s'était sentie si lasse, si désemparée qu'elle ne réagit même pas quand l'intrus, s'extirpant des entrailles rocheuses, se traîna, pitoyable, l’œil hagard. Un moment, leurs regards s'accrochèrent. Un rude sentiment la piqua au vif, comme une réminiscence, un souvenir qui n'existait pas. Son esprit cherchait à comprendre, sans y parvenir. D'où sortait-il ? Était-ce … elle qui l'avait appelé ? Impossible ! À n'en point douter, elle et lui, ne se connaissait pas. Dubitative, les Poissons, retrouvant un semblant de calme, trouva la force de se redresser, tandis que les gardes marinas entouraient l'étranger.

Il avait une peau mate, deux yeux d'ambres où elle pouvait lire une profonde lassitude, une tristesse infinie de ceux, ayant tout perdu. Ce pauvre hère faisait peine à voir, et le malmener ainsi ne résoudrait rien. C'était sur cette pensée, prête à intervenir, que Nimuë fut interrompue par le Grand Prêtre, vraisemblablement méfiant d'une telle entrée. La question à son intention eut de quoi lui remettre les idées en place. Faisant volte face, la jeune femme secoua vivement la tête, signifiant par là qu'elle n'était en rien responsable de cette soudaine autant qu'étrange apparition.

De même que le Grand Prêtre Hassan, Nimuë était à la fois surprise et méfiante. Ce qu'elle espérait, c'était que les suspicions à son égard soient vite mises de côté.

- Je ne connais pas cet homme. Affirma t-elle en ne bougeant pas, mais son visage masqué tourné vers l'inconnu.

Ainsi blessé, entouré, il ne représentait pas une menace. Ses roses qui tapissaient le sol en revanche … Une aubaine pour eux que Liao eut la bonne idée de repousser leur mortelle fragrance ! D'un claquement de doigts, la Sainte les réduisit en poussière, elle moururent en une seconde, se transformèrent en cendre pour s'envoler ailleurs. Vers cette trouée au plafond, l'endroit par lequel le malheureux était entré. Tombé, plutôt. Était-il un oiseau de malheur ? Un noir messager ? Elle n'en savait rien, et son unique question confirmait que l'oiseau avait chuté hors de son nid. Loin, très loin de chez lui. Si il ne savait pas où il était, les marinas ne s'étaient pas fait priés pour le lui rappeler. Il était en territoire atlante, sous la garde de Poséidon. Et nul doute qu'il allait passer un mauvais quart d'heure entre leurs mains. Nimuë sursauta en comprenant que la Voix des Mers s'adressait de nouveau à elle, et à elle seule. À son tour, elle murmura.

- Un monstre à la surface mais sous l'eau, de l'autre côté du miroir …

Il y eut une pause durant laquelle la fille O'Bannon observa le petit manège qui se jouait sous ses yeux. L'homme, l'imprudent, se faisait maîtriser par des mains solides. Sous l'ordre de l'Hippocampe, il l'exhorta à se couvrir. Ce fut en cet instant que Nimuë vit un étonnant dessin qui courrait tout le long de son torse, à partir de son cœur, là où une main aurait pu se placer, des symboles s'y glissaient, remontaient en flammes noires jusqu'à son bras, le dos de sa main ensanglantée. Un soupir. Toute cette agitation, ces révélations avait eut raison d'elle. L'offre d'hospitalité était attrayante. Mais était-elle raisonnable et au goût du représentant de Poséidon ?

- Je ne voudrais pas m'imposer d'avantage, mais je ne dirais pas non à une nuit entre vos murs. Quand bien même je juge que pour l'heure, ma mission ici est terminée. Je n'oublierai pas mes promesses et vos mots. Je m'excuse pour ... mon emportement. Son œil glissa vers leur nouvel invité surprise. Me permettez-vous de le soigner ? Ou au moins vous le rafistoler un peu. Dans cet état il se pourrait qu'il ne vous révèle pas grand chose. Et l'art de guérir, paradoxalement, est ma spécialité.

Elle n'attendit pas un accord quelconque pour s'approcher de l'homme. Arrivée à sa hauteur elle leva ses yeux dissimulés par l'ombre de son carcan de fer pour le regarder. Sous la tourmente de ses cheveux d'or, elle devinait un éclat farouche et sauvage dans ses prunelles. Elle s'en détourna pour jeter un coup d’œil au Général Liao.

- Votre épaule est démise, je vais devoir la replacer.

Joignant le geste à la parole, la jeune femme à la longue chevelure rouge s'empara du poignet de l'intrus, plaça sa main sur l'épaule en question, émit une légère pression, d'abord sur celle-ci et, sans donner le moindre signal, tira un grand coup, sec, et précis, sans hésitation. Un craquement sonore retenti. Elle ne sut s'empêcher de tapoter l'autre épaule du blondinet, en un geste assez familier. Une vieille habitude. De là elle concentra son cosmos, nimbant ses mains d'une aura verdâtre qui n'avait rien à voir avec celle de tantôt. Une à une, elle referma les plaies, bientôt, il n'en resterait plus qu'un vague souvenir et sans doute quelques cicatrices. Une nouvelle œillade et Nimuë se permit un trait d'humour.

- De nouvelles histoires à raconter à vos futures conquêtes. Hm … mais vous devriez vous couvrir, ça ne plaît pas à ces messieurs. La bienséance, sans doute.

Elle partit dans un petit rire moqueur.

- Bon courage pour votre séjour en taule. Je n'aimerais pas être à votre place.

Nimuë O'Bannon se déroba pour stopper ses pas aux côtés de Liao. Il ne le vit pas, mais elle lui souriait gentiment.

- Je te remercie pour tout Liao, je suppose que tu vas t'occuper de celui-là, peut-être pourrait-on se retrouver avant que je ne lève l'encre ?

Se risqua t-elle à proposer avant de se murer dans un silence respectueux. Curieuse de connaître la suite des événements. Quelque chose lui disait que l'inconnu n'allait pas être des plus coopératif.





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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyMar 8 Déc - 20:46
J'étais béni des dieux, c'était un fait. Un véritable élu... dans le domaine d'attirer les ennuis de toutes sortes ! Et même dans cette époque encore inconnue, mon don ne semblait pas m'avoir oublier.
Je me retrouvais donc dans une posture possiblement mortelle, quasiment nu au beau milieu d'un temple inconnu, et désormais malmener par des gardes trop zélés.
Une subite et instinctive envie de bruler ces mortels agaçants me saisit aussi vite qu'elle s'envola. Ce n'était ni le lieu, ni... l'époque pour m’adonner à mes légendaires accès de rage. J'ignorais encore les effets qu'avaient eu les bouleversements temporels sur ma personne, mais je sentais d'ors et déjà que mon étoile maléfique protectrice était restée de l'autre coté du miroir de ma réalité. Je me retrouvais donc de nouveau mortel !
Masquant bien mal mon envie de rébellion face au traitement musclé auquel on me soumettait, je tournais le regard en tout sens pour mieux saisir l'identité des personnes présentes et mon nouvel environnement. Je commençais à avoir un doute sur la question lorsqu'un premier homme m'apostropha sans amabilité.
Ainsi, il n'aimait pas les entrées théâtrales ?! Et bien, pauvre bougre, il n'aurait pas intérêt à trop me fréquenter... J'avais une légère tendance à tout détruire sur ma route, même de manière involontaire. Les premiers temples du Zodiaque en étaient témoins ! Sa première question me fit hausser un sourcil courroucé. D'emblée cet homme m'inspira un sentiment d'animosité aigu. Que lui répondre ? Rhadamanthe de la Wyvern, héraut d'Hadès et redouté juge des enfers ? Vainqueur d'une guerre sainte ? Mieux valait éviter de me complaire dans mes gloires passées. Sans l'appui de mon souverain, et perdu dans un monde inconnu, je restais...

Arbhaal. Juste Arbhaal.

Bon, ce n'était au final que la stricte vérité et cela me fit sourire. De manière totalement et cruellement ironique depuis combien de temps n'avais-je pas été aussi libre d'être juste moi même ?
Un général des mers m'empêcha de poursuivre le fil de mes pensées. Au moins, la révélation de son statut semblait m'indiquer la nature du lieu où je me trouvais, ce qui au final n'était déjà pas mal. Cet homme n'était pas n'importe qui et l'ampleur de son cosmos apparent en attestait. Aussi ne résistais-je pas lorsqu'il remplaça l'un des gardes pour s'assurer de mon impuissance. Quelques flammes commencèrent à courir sur ma peau ensanglantée quand son écaille me toucha de son contact glacé mais je parvins à me dominer suffisamment pour éviter l'éveil de mon aura ardente. La secousse dont cet homme venait de me gratifier me fit serrer les dents de douleur, mais je ne lui fis pas le plaisir d'émettre le moindre grognement. Bon sang, mais quel guêpier...
A ma grande surprise, l'étreinte se relâcha et le général des mers m'autorisa à couvrir ma nudité d'une cape. Ce geste de compassion couplé au vouvoiement par lequel il s'adressa à moi me poussa à revoir mon jugement à son égard. Une étincelle de gratitude et de respect illumina mon regard lorsque je tournais brièvement la tête pour croiser le sien.

Je vous remercie...

Sans autre cérémonie, je revêtis le bout de tissu avant de redresser les épaules pour adopter le port fier dont j'étais coutumier.

Vous pouvez garder vos menaces pour les esprits impressionnables... Je ne suis pas assez stupide pour défier un général des mers dans situation aussi défavorable. Et de toute manière, je n'ai nulle raison de le faire.

Et c'était vrai. Je pensais cet homme assez raisonnable et empathique pour saisir la franchise de mon ton. Avec Jack O'Bannon comme seul repère, je ne disposais pas d'une bienveillance ou d'une estime particulière envers les marinas de Poséidon. Et pourtant, cet inconnu me semblait plus noble que les futurs héritiers de sa cause. C'est alors qu'intervint la troisième actrice de ce début de scène. Malgré sa ressemblance étrange avec ma douce Satine, cette femme semblait ne pas me connaitre. Et pourtant, elle vit spontanément preuve d'humanité en se proposant pour soigner mes plaies. Tout à mon étonnement initial, je fis l'impasse sur un détail d'importance. Ce n'est que lorsque la belle rouquine masquée me remit l'épaule démise en place que je réalisais l'urgence ! Par la douleur qu'elle m'infligea, dans un but louable, la malheureuse éveilla la fureur du feu qui courrait dans mes veines. Fort heureusement, je parvins à endiguer la naissance du brasier qui menaçait d'embraser mon corps dans un réflexe protecteur. Mais les premiers effets visibles furent plus rapides que mon esprit. Des gerbes de feu jaillirent de mes plaies encore ouvertes pour cicatriser mes blessures, et meurtrir celui ou celle qui menaçait mon intégrité physique. L'espace d'un instant, deux ailes embrasées se déployèrent dans mon dos avant que je ne puisse les résorber.
Par réflexe et pour éviter toute brulure à cette femme généreuse, je me laissais tomber en avant pour heurter le sol avec fracas. Un gémissement de douleur s'échappa de ma gorge, non à cause du choc mais par l'effort de volonté que me couta la maitrise de mon sang infernal.
Par l'enfer, comme si j'avais besoin de ça dans une telle situation ! Mes nouveaux geôliers risquaient de se méfier encore plus de moi. Et comment ne pas les comprendre...

Merci... Du fond du coeur.

Dans mon état de nerfs et de fatigue, je n'étais pas en mesure d'en dire davantage. Et pourtant, je brulais, sans mauvais jeu de mot, de répondre à la taquinerie de cette femme, de lui faire saisir ma reconnaissance envers sa bonté.
Las, prisonnier, perdu et moralement ravagé, je sentis une larme couler le long de ma joue glabre avant de s'évaporer dans un nuage de fumée sous l'effet de la chaleur de mon épiderme. Un seul mot, un seul parvint à percer mes lèvres closes par l’abattement.

Satine...

Où était-elle en ce moment ? Où plutôt quand était-elle ? A quelle époque ? La retrouverais-je un jour ? Décidément, je n'étais qu'un fou qui courrait après la lune. Un soupir de profond désespoir s’échappa de ma gorge alors que j'attendais qu'on m'amène en détention. Je n'avais rien d'autre à faire : attendre.
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyDim 13 Déc - 1:37
Nombre d’imprévus étaient venus ponctuer cette journée. Le Grand Prêtre avait eu beau écouter sans relâche les murmures des flots et les chants du monde marin, dans l’espoir de discerner le moindre signe annonciateur de ce qui viendrait le perturber, rien ne l’avait préparé à ce qui était arrivé aujourd’hui. De quoi penser que même le Seigneur Suprême des Océans pouvait lui aussi être surpris. Pourtant, comme Poséidon, Hassan ne pouvait rester sans réaction face à l’imprévu. Il était un homme d’action, et il n’avait pas hésité une seconde à faire maitriser l’homme qui semblait avoir été appelé par la Stella Rubius. Il avait beau être totalement pris de court, il n’en laissa rien paraitre, laissant comme prévu son plus proche Général affirmer son contrôle sur l’individu, son écaille étant venue le revêtir comme la situation l’exigeait. Qu’importait son état, cela était bien égal à Hassan, qui n’avait pas hésité à le faire malmener par la garde sans s’en soucier. Nimuë, quant-à elle, semblait tout aussi surprise qu’eux, il ne douta pas de sa réponse lorsqu’elle affirma ne pas le connaitre. Il ne répondit pas plus lorsqu’elle murmura quelques mots au sujet de la façon dont elle était vue à la surface, ce qui évidemment n’était pas le cas ici bas. Enfant de la mer, sa lutte n’était pourtant pas terminée, et les combats de l’intérieur étaient souvent les plus difficiles à mener. Il s’agissait de renouer avec ses pères et son sang, au détriment d’Athéna et de l’allégeance qu’elle avait prêtée. Chaque chose viendrait en son temps, et c’est un nouveau sourire qui vint s’afficher sur son visage en guise de réponse.

Toujours observateur des réactions, son œil allant et venant sur les différents protagonistes de la scène, il écouta Liao prendre la parole et proposer de mettre un terme à cette rencontre. En effet, l’arrivée impromptue de celui qui disait se prénommer Arbhaal était une chose qui devait se gérer immédiatement. Il proposa à Nimuë l’hospitalité pour la nuit tout en s’assurant que son message avait bien été délivré, ainsi que de mettre l’inconnu en prison, ce qui était déjà dans les intentions d’Hassan. Néanmoins, les deux hommes n’étaient pas semblables en tout point, et derrière sa froideur souvent apparente, il savait que Liao était un homme bon. Pas seulement envers les siens, comme pouvait l’être Hassan. Il laissa sans sourciller son Général faire couvrir l’homme, tout en le laissant relâcher son emprise sur lui, ayant une confiance aveugle dans les capacités de Liao à le maitriser quoi qu’il arrive. Les remerciements de l’individu furent vite suivi de ce qu’Hassan perçut comme une provocation, bien que cela n’en était pas vraiment une. C’était en tout cas preuve d’une certaine confiance, qui indiqua malgré tout qu’il avait bien conscience d’à qui il avait affaire et de sa situation, entouré de Marinas.

Aussitôt, Nimuë reprit la parole, confirmant qu’elle ne serait pas contre l’hospitalité d’Atlantis, tout en s’excusant et en annonçant qu’elle considérait sa mission terminée. Elle demanda la permission de soigner Arbhaal, sans l’attendre cependant, montrant à son tour un peu de compassion pour l’étranger venu du ciel et ayant cassé son toit dans la chute. Une perte de temps, selon lui, la vie de l’homme se jouerait de toute façon peu après selon les réponses qu’il donnerait. Une épaule démise serait dès lors le moindre de ses soucis. Il laissa pourtant faire, voyant en l’observation de la scène une plus belle opportunité qu’en l’interdisant simplement. A peine le geste fut émis, que la douleur vint se manifester sur le corps de l’inconnu d’une manière peu commune. Des gerbes de feu jaillirent des plaies qui se refermaient grâce à la magie de Nimuë, alors que des ailes vinrent se dresser dans son dos, l’espace d’un court instant. L’homme se laissa alors tomber sur le sol, sous l’œil intrigué d’Hassan, sans émotion. Pas plus qu’il n’en eu lorsqu’une larme vint couler sur son visage, pour s’évaporer aussitôt grâce au feu qui semblait sommeiller en lui. « Satine »… Il n’avait aucune idée de qui elle pouvait être, et encore moins de qui était cet homme. Un utilisateur du cosmos, il n’y avait plus de doute. Mais quel Dieu avait fait qu’il atterrisse au cœur du royaume sous-marin…

Il se perdit un instant dans ses pensées, alors que Nimuë s’était arrêté auprès de Liao pour lui proposer de se revoir avant le départ. Une rencontre qu’il voyait étrangement être une bonne chose. Elle avait beau être une sainte, les révélations de cette rencontre lui avait appris également qu’elle était fille d’atlante. Tristement, sa place était ici, et il pouvait éprouver une certaine compassion pour elle. Assez pour penser que la présence de son Général pouvait l’aider à mieux discerner l’avenir, et les chemins qui s’offriraient à elle. Il profita de l’instant pour officialiser l’hospitalité, répondant à Liao qui avait proposé une suite à ces évènements.


- Qu’elle reste aussi longtemps qu’il lui plaira.

Il tourna le regard vers la jeune femme pour lui adresser les prochaines paroles, tout en levant la main pour faire appeler deux nouveaux soldats.

- Vous avez l’hospitalité d’Atlantis. Des gardes vous vont accompagner jusqu’à vos appartements.

Il resta bref, c’était à elle de comprendre à quel point les portes d’Atlantis pouvaient lui être ouvertes. L’hospitalité, il ne pouvait lui refuser, son sang était atlante, encore plus que le sien. Aussi longtemps qu’elle se tiendrait en tant que « Nimuë, juste Nimuë », elle ne pouvait qu’être la bienvenue. C’est presque au nom de Poséidon qu’Hassan parlait en cet instant, du moins il savait que c’était ce que le Dieu désirait. Du temps loin de la surface lui serait profitable. Bien qu’il ne lui ait jamais dis clairement qu’elle était forcément issue d’une vieille lignée atlante, il espérait qu’elle le découvre et le comprenne par ce qu’il avait pu en dire. Elle parviendrait à se rendre compte d’elle-même qu’elle était chez elle ici. Le temps ferait le reste. Il avait en tout cas confiance en elle pour retranscrire ses pensées à Bélisaire, ainsi que de s’assurer qu’Ariane se portait au mieux. Peut être un jour, ce n’est pas une mais deux enfants d’Atlantis qu’il verrait franchir les portes. Hassan reporta enfin le regard sur Arbhaal, qui semblait pour le moins mal en point, avant de reprendre la parole.

- Quant-à lui, enfermez-le dans une cellule.

D’un nouveau geste de la main, des gardes s’approchèrent pour s’emparer de lui et l’emmener vers l’une des cellules du Temple de Poséidon. Il n’en dit pas plus, c’était inutile. Il devait parler à Liao, et le moment venu, le plus rapidement possible d’ailleurs, ils iraient chercher les réponses que l’homme pouvait leur donner. Laissant quelques secondes de réflexion, il reporta son regard sur Liao et Nimuë, puis se leva subitement de son trône. Tout en se dirigeant vers l’une des sorties arrières du Temple, menant vers ses propres appartements, il reprit une dernière fois.

- Liao, nous devons parler.

Il quitta aussitôt le reste des personnes présentes, peu soucieux du protocole, l’entrevue ayant pour lui depuis un moment perdu son caractère officiel. Il était dès lors redevenu le vieux pirate qu’il était, et son esprit était maintenant tourné vers les évènements à venir. Il savait que Liao comprendrait l'urgence de la chose, et qu'il ne tarderait pas à le rejoindre. Il avait des choses à lui dire, et à lui montrer. En tant que son homme de confiance le plus proche, il devait à présent être mis au courant.
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyLun 14 Déc - 13:51
:: Un intrus...

Le général était intervenu pour maintenir le prisonnier à la place des gardes. Non par manque de confiance en eux, mais par simple précaution et prudence face aux capacités encore inconnues de l’étranger. Cet incident était assez troublant, et demandait un peu de temps de réflexion ainsi qu’un interrogatoire poussé. Personne ne tombe dans la cité d’Atlantis à moins d’y avoir été appelé. Cet homme ne semblait pourtant pas être un élu, sinon une écaille serait déjà venue à sa rencontre. De nombreuses questions qui demandaient des réponses. L’Hippocampe proposa d’ajourner les conclusions de cette entrevue. Cela permettrait de gérer l’étranger, d’offrir un peu de répit et de réflexion à Nimuë tout en permettant à Hassan d’éclaircir certains points auprès de Liao. Le chinois proposa l’hospitalité à la jeune femme pour la nuit, attendant l’accord du Grand Prêtre malgré tout et surtout une réponse de la première intéressée. Cette offre sembla lui convenir, et fut acceptée par Hassan. Des gardes se préparèrent à l’emmener dans ses appartements. Pour éviter tout débordement dans la cité, Liao glissa au plus proche de lui de l’emmener dans ses quartiers. L’étonnement de l’homme était compréhensible mais un regard intense de la part du marina élimina toute remontrance ou discussion. C’était un ordre tout simplement. Faisant preuve de courtoisie, comme à chaque fois, Liao relâcha son étreinte sur l’intrus et demanda à ce qu’on lui apporte quelque chose pour se couvrir. Ce n’était pas une tenue digne en présence d’une dame. Arbhaal le remercia avant de lui répondre sur un ton de défi. Le chinois sentit que la nuit s’annonçait longue, et que l’interrogatoire serait des plus laborieux.

Une fois couvert, Arbhaal bénéficia des soins de Nimuë. En la voyant agir ainsi, le général se demandait pourquoi elle se décrivait elle-même comme un monstre. Plus il en apprenait sur elle, et plus il ne voyait pas en quoi elle pouvait l’être. L’Hippocampe restait prudent. Les suspicions étaient effacées concernant une connivence entre l’intrus et l’émissaire, mais l’étranger restait une menace autant pour Atlantis que pour la jeune femme. Si il décidait de l’attaquer, les marinas se retrouveraient dans une situation très délicate. Les réactions d’Arbhaal étaient des plus étranges, et ses douleurs semblaient provenir d’une autre source que celle de ses blessures. Quel homme étrange. Un feu puissant bouillonnait à l’intérieur de cet homme, et Liao le laissa reprendre contenance lui-même. Il intervint même pour empêcher un geste malheureux de la part des gardes. Le mot « Satine » fut prononcé… Il n’échappa à personne dans la pièce. Un prénom. Le général se demandait ce qu’avait pu vivre cet homme. Il semblait totalement abattu pour le moment. Le Grand Prêtre rompit le silence gênant créé par le prénom pour donner des ordres. Liao comprit qu’il n’était pas concerné par ceux-ci au travers de la formulation et des mots choisis. Hassan se leva et partit vers ses appartements. Ce comportement était caractéristique de l’urgence et d’inquiétude de la part de cet homme.


_ « Avec plaisir Nimuë. Nous nous verrons avant ton départ, c’est une certitude. En attendant considère ma demeure comme la tienne le temps de ton séjour. »

Sans même observer sa réaction, Liao releva le prisonnier avec délicatesse. Autant par respect que pour éviter un nouvel élan de ce feu le consumant. Il l’attacha et le tendit aux gardes chargés de l’escorter. Son regard oscilla entre l’étranger et les gardes avant qu’il ne reprenne la parole pour donner ses ordres. Ses premiers mots furent à l’attention d’Arbhaal.

_ « Vous déciderez de la manière dont vous serez traité en ces lieux. Ces hommes vont vous mener en prison pour le moment, et vous fournirons des vêtements et de la nourriture si vous vous comportez convenable. Pour les soins, notre invitée s’en est déjà chargée. » Il reprit à l’attention des gardes. « Soyez prudent, et traitez le avec respect. Nourrissez-le et fournissez-lui des vêtements. Si il fait la moindre histoire, mettez le cachot dans l’état dans lequel il est pour le moment. »

Liao préféra cette méthode d’action. Arbhaal n’était pas un Saint ni même un ennemi pour le moment. Il semblait tout aussi perdu qu’eux sur les circonstances de son arrivée, et ses origines restaient un mystère plein et entier. Le général n’avait donc aucune raison de se montrer belliqueux et rustre à son égard. Ses ordres donnés, le chinois prit la direction des appartements d’Hassan. Sa cape vola lors des premiers pas pour n’osciller qu’au gré de ses déplacements par la suite. Pénétrant dans les lieux, qu’il connaissait pour les avoir visité en de rares occasions, Liao posa un regard lourd et interrogateur sur le Grand Prêtre.

_ « Me voici. Que se passe-t-il ? Pourquoi tant d’intérêt pour Nimuë ? Je sais que la survie de cette femme que tu avais sauvée représentait un intérêt pour toi, mais je gage que c’est autre chose qui te pousse à lui parler aussi franchement et directement. »

Liao avait parlé franchement comme il le faisait à chaque fois qu’il se retrouvait seul avec le Grand Prêtre. Il avait fallu un certain temps à Liao pour arborer cette familiarité à son égard.


" We all have inner demons to fight, we call these demons, fear and hatred and anger.
If you do not conquer them then a life of one hundred years is a tragedy.
If you do, then a life of a single day can be a triumph. "
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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyMar 15 Déc - 10:47
Satine






Il s'appelait Arbhaal, juste Arbhaal. La réponse que tous semblait attendre depuis sa tombée du ciel, fit plus que largement sourire Nimuë qui, à peine quelques temps plus tôt s'était présentée comme « Nimuë, juste Nimuë » sans armes, sans armure. Aussi simplement qu'une mortelle aurait-on pu dire. Dire qu'elle n'était pas intriguée par lui aurait été faux, la jeune femme, en plus d'être d'une nature curieuse, aimait à percer les mystères. Mais présentement, elle n'aurait aucun moyen de satisfaire sa curiosité, l'homme étant sous le joug des atlantes. Emprisonné, mit aux fers et finalement emporté ailleurs pour l'interrogatoire. Ce n'était pas ses affaires, au moins avait-elle eut l'occasion de lui prodiguer les quelques premiers soins les plus importants avant de constater que cela avait été assez inutile. Son sang semblait être fait de feu, comme le sien pouvait n'être que poison. Si elle en avait été très surprise, la jeune femme avait choisit de n'en rien montrer, de ne rien dire, de se tenir à l'écart éloignée d'un dénouement qui n'était pas contestable, et qu'elle ne réfûterait pas. Bien que les remerciements qu'il lui avait adressé avait soulevé en elle une bouffée d'empathie vite refoulée. C'était la première fois qu'on la remerciait de la sorte, avant tant de sincérité. Autrefois ne l'avait-on pas attribué le surnom de sorcière ? La vile guérisseuse, crains et jamais témoin d'une reconnaissance pourtant normale. L'hypocrisie des hommes. Ils oubliaient si souvent que leur vie ne tenait qu'à un fil et qu'ils pourraient bien vite basculer aux portes de la Mort.

La Sainte s'immobilisa. Satine. Ce prénom résonna dans son esprit avec force, la laissant toute pantoise sans qu'elle sache pourquoi. Elle secoua la tête en entendant les mots du Grand Prêtre, ceux de Liao. Elle esquissa une révérence en guise de remerciement. Une main contre son cœur. Une attitude respectueuse, une gratitude perceptible dans son port tandis que quelques gardes se détachaient pour se porter à ses côtés.

Le Grand Prêtre quitta la petite assemblée sans un autre mot, suivit par Liao qu'elle gratifia d'un petit signe de la tête en guise d'accord. Reconnaissante à son tour par les bons soins qu'il lui apportait. Avant de s'en aller à son tour, entraînée par les gardes, la jeune femme regarda le jeune Arbhaal être happé par la force atlante.

- Courage, ne faites rien d'irréfléchi.


Spoiler:
 





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Message Re: [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre   [Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre EmptyVen 18 Déc - 15:58
Epuisé autant moralement que physiquement, je luttais sans relâche pour rester conscient et surtout soucieux de mon environnement.
Prisonnier… Rien de plus normal au vu de la situation. Les marinas auraient été fous de me laisser vaquer en toute liberté vu mon arrivée fracassante et le mystère qui planait autour de mon identité et de mes intentions. La mystérieuse femme à la chevelure flamboyante me souhaita bon courage, ce qui me fit automatiquement lui retourner un sourire désabusé.
Alors que les gardes s’apprêtaient à me faire élire mes nouveaux « appartements », le général des mers fit de nouveau preuve de bonté et d’humanité à mon égard. Une attitude à laquelle je fus sensible, au vu du chaos dans lequel j’évoluais depuis quelques minutes. Attentif à ses paroles, je lui murmurais en guise de réponse :

Je n’ai rien à gagner à poser le moindre problème… Je ne compte pas rétorquer à votre bienveillance par une attitude stupide. Soyez rassurer.

Un repas, un semblant de confort… Que pouvais-je espérer de mieux en de telles circonstances ? Pas grand-chose. Combattre les gardes pour m’enfuir reviendrait à me mettre la corde autour du cou sans raison logique. Certes, me laisser ainsi porter par les évènements et les décisions d’autrui demeurait un fait assez inhabituel au vu de mon caractère ardent, mais en l’occurrence je ne voyais pas quoi faire d’autre. Pour l’heure, je pouvais juste souhaiter que mon séjour en détention serait le plus bref possible, tant le besoin de parcourir le monde à la recherche de Satine prenait le pas sur toute autre priorité.
Après un dernier regard énigmatique à l’attention de la jeune femme masquée, je me laissais mener par les gardes vers mon futur domicile. Mes blessures ne me faisaient plus souffrir, ce qui était d’emblée un phénomène susceptible d’améliorer mon humeur. Ou du moins capable de ne pas l’assombrir plus qu’elle ne l’était. De toute manière que pouvais-je faire de plus ? Seul, sans allié, sans surplis, perdu dans un monde inconnu, et ayant atterri au beau milieu d’un camp jadis ennemi… Mon orgueil en prenait un sacré coup mais je devais attendre, et rien d’autre. Le risque que l’interrogatoire qui allait sans aucun doute suivre ne soit pas un moment de plaisir était réel, mais bon… Chacun chose en son temps. Et c’est sur cette pensée résignée que je sortis de la pièce, guidé par des gardes de l’empereur des mers.

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[Mai 550] L'émissaire et le grand prêtre
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